VOLTAIRE-II ― Cargo charbonnier ― Société en nom collectif Delmas Frères (1913~1918).

Marine, bateaux & marins pendant la Grande Guerre
olivier 12
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Re: VOLTAIRE II ― Cargo charbonnier ― Compagnie Delmas Frères.

Message par olivier 12 » mer. oct. 28, 2009 12:38 pm

Bonjour à tous,

VOLTAIRE II

Un complément sur le VOLTAIRE II

Ce navire charbonnier a été réquisitionné par la Marine.

5 Février 1917

Le VOLTAIRE II effectue une traversée de Cardiff à Bizerte avec une cargaison de charbon.

Le capitaine est SEVRAIN Jean CLC Lieutenant de Vaisseau auxiliaire

Il est armé d’un canon de 95 mm servi par

LE REGUER Gabriel QM canonnier 2e dépôt
POITEVIN André Matelot canonnier 5e dépôt
LEJEUNE Gaston Matelot canonnier 1er dépôt

Le 4 Février à 00h00, il reçoit un message du cap Clear lui indiquant qu’un sous-marin allemand a été signalé dans le sud des îles Scilly.

Le 5 Février à 11h30, il se trouve par 50°24 N et 11°44 W, route au SW, avec beau temps, mer belle peu houleuse, vent d’ouest, bonne visibilité lorsque le matelot Costagliona aperçoit un sous-marin à environ 5500 m dans l’est. qui se place dans le soleil, puis suit une route parallèle et ouvre le feu, tout en brouillant les émissions radio du VOLTAIRE qui envoie un SOS.
Le VOLTAIRE II présente alors la hanche bâbord et riposte.
Entre 11h30 et 12h35, le sous-marin tire entre 60 et 70 obus dont certains tombent à 8 ou 10 m du bord. Le cargo n’est touché que par des éclats.
En 45 mn il tire 35 coups de canon.

Vers 12h35 et alors qu’il se trouve à 8500 m le sous-marin abandonne la poursuite.

Le sous-marin attaquant

N’est pas identifié. Il était de plus difficile à distinguer, étant toujours dans le soleil. Mais il possédait deux canons dont on voyait distinctement les coups partir. Le tir fut d’ailleurs réglé grâce aux lueurs de départ. Le canon avant semblait dans une sorte de tourelle.

Récompenses

Le capitaine Sevrain est proposé pour une citation :

« Attaqué par un sous-marin armé de deux canons, a ouvert aussitôt le feu avec sa pièce de défense et, malgré le tir bien encadré de l’ennemi, a poursuivi le combat pendant 45 mn. A réussi à faire abandonner la poursuite.
Par sa crâne attitude, a fait honneur à la Marine française. »

Le capitaine Sevrain sera cité à l’ordre de l’armée et le navire recevra un témoignage officiel de satisfaction.

4 Janvier 1918

Le VOLTAIRE II est torpillé par un sous-marin allemand.

Rapport du capitaine LE GAC


« Je soussigné, capitaine du VOLTAIRE du port de La Rochelle, déclare être parti de Gibraltar où j’étais en relâche sur ordre le 4 Janvier 1918 à 13h00 avec un chargement de 3602 tonnes de phosphate, 42 tonnes d’huile et sparterie à destination de Nantes.

Au départ, nous faisions partie d’un convoi de 20 navires escortés par plusieurs bâtiments de guerre anglais et américains, le commodore étant sur un cargo. Maintenu notre poste dans la formation jusqu’au 7 au soir.
Le vent fraîchissant de NW et la mer se creusant ne nous permettent plus de dépasser 5 nœuds. Au matin du 8, on ne distingue plus les signaux du commodore. Dans l’après midi, le croiseur d’escorte, le seul qui soit resté des escorteurs du début, vient nous dire que le commodore gouvernait au N16E puis au N33E. Suivi ces routes, apercevant toujours les fumées du convoi devant nous.

Le 10 Janvier à 08h00, étant par 46°05 N et 05°10 W, je fais route pour rejoindre un point donné à la conférence de départ.

Le 11 Janvier à 03h30, par nuit noire, ciel couvert et sans lune, une torpille nous frappe par bâbord arrière par le travers du panneau 4 et nous coule en moins de trois minutes.

Je coule avec le navire, entraîné par le remous. Revenu à la surface, je me retrouve avec plusieurs hommes d’équipage au milieu de débris qui nous permettent de nous soutenir jusqu’à ce que nous soyons recueillis par une baleinière. De ce moment jusqu’à quelques heures plus tard, je suis resté prostré dans le fond de la baleinière et ne peux relater exactement ce qui s’est passé.

J’ai ensuite fait route sur Belle Ile, autant que possible, après avoir mis à la voile. Au soir du 11, la brise fraîchit et la mer grossit. Notre mât casse au ras du bau.
On nage pour se maintenir bout au vent jusqu’à ce que le mât soit rétabli. Sitôt paré, route au SE.

Au matin du 12, aperçu des navires, probablement en convoi. Brûlé des costons, mais le convoi passe.
A 10h00, un navire isolé passe à 1 mille de nous, voit nos signaux, mais fait comme le convoi. On se décourage.
A midi, aperçu le phare de Groix. Le vent tombe. On souque pour atterrir ; nous sommes à 12 milles, mais les hommes sont épuisés.
Quelle satisfaction lorsque nous apercevons droit derrière nous et faisant la même route, un vapeur que nous reconnaissons bientôt comme un chalutier. Il nous recueille une demi-heure plus tard et nous pouvons nous réchauffer.

Malheureusement, nous ramenons deux morts et il manque huit hommes, ce qui porte à 10 le nombre des victimes. »

Lorient, 14 Janvier 1918
Joseph Le Gac Capitaine du VOLTAIRE

On note que le canonnier Gaston LEJEUNE était déjà à bord du VOLTAIRE lors de la rencontre de Février 17. Il disparaîtra malheureusement en Janvier 18.
Je ne sais si le canonnier François Le Gac, 20 ans, de La Rochelle, disparu lui aussi, était un parent du capitaine. Le fait que ce dernier soit resté prostré quelque temps dans le canot pourrait le faire penser...

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olivier

Rutilius
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Message par Rutilius » dim. janv. 10, 2010 10:18 am

Bonjour à tous,

Le Nouvelliste de Lorient, n° 6, Mercredi 16 janvier 1918, p. 2.

« Les sauvetages du Grondin.

Notre chalutier remorqueur Grondin, appartenant à la Société Ballias et Mahé, est arrivé hier soir avec 24 rescapés du vapeur français Voltaire-II qui a coulé au large de nos côtes.
Ces 24 malheureux étaient les jouets des flots depuis 3 longs jours ; les privations et l’inclémence du temps les avaient réduits à l’état de loques humaines et, sans le sauvetage opéré par notre vaillant chalu-tier lorientais, c’était la tragédie renouvelée de l’île d’Yeu au cours de laquelle 11 marins français et nor-végiens avaient été gelés. (Voir
Illustration du 10 mars 1917, page 204). Ces malheureux sont enterrés au cimetière de Névez (Finistère).
Sur les 24 rescapés, 2 cadavres étaient ramenés au port. Ceux-là au moins auront eu une petite place en terre sainte ; 8 de leurs malheureux camarades ont coulé avec leur bateau. Sur les 22 survivants, les ¾ au moins ont dû être portés sur des cadres et soignés à l’hôpital maritime ; la plupart avaient les pieds gelés.
Au moment de mettre sous presse, nous apprenons que l’état des hospitalisés est aussi satisfaisant que possible. »

.
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Bien amicalement à vous,
Daniel.

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Re: VOLTAIRE II ― Cargo charbonnier ― Compagnie Delmas Frères.

Message par olivier 12 » lun. oct. 25, 2010 2:01 pm

Bonjour à tous,

Complément sur le naufrage du VOLTAIRE II

Télégramme de Marine Brest à Marine Paris


« 11 Janvier 1918 à 03h30 du matin 150 milles SW Belle Ile vapeur français VOLTAIRE II 3642 tx torpillé et coulé. Traversée Sfax – Nantes avec escale à Gibraltar quitté le 7 janvier. Navire réquisitionné. Affrété. 3602 tonnes de phosphate et 42 tonnes d’huile.
Pas de zigzags. Isolé. Nuit claire sans lune. Jolie brise de sud. Petit clapotis.
Une embarcation avec 22 survivants et 2 morts de froid et d’épuisement recueillie par chalutier GRONDIN. »

Le VOLTAIRE II avait embarqué à Gibraltar un signalman anglais pour communiquer avec le commodore du convoi. Mais, le navire ne dépassant pas 5 nœuds, il avait perdu le contact.

Quand le GRONDIN recueillit les naufragés, le canonnier Le Jeune vivait encore. Mais il était trop tard pour lui et il mourut avant l’arrivée au port. Le matelot Guardiola fut sauvé d’extrême justesse.

Récompenses

Citation à l’ordre de la Division


LE GAC Joseph Capitaine au cabotage Vannes 547

« Pour la courageuse énergie dont il a fait preuve en dirigeant dans des circonstances particulièrement dures l’évacuation de son navire torpillé ».

HERVOUET Auguste Chauffeur
LE JEUNE Gaston Canonnier

« Morts lors de l’évacuation de leur navire torpillé après avoir lutté courageusement et contribué au sauvetage de leurs camarades ».

Note du Chef d’Etat-Major au Préfet Maritime de Lorient

« Je constate que le capitaine n’a pas fait les zigzags prescrits par les instructions générales.

Sans méconnaître l’attitude énergique postérieure du Capitaine au cabotage Joseph Le Gac, que j’ai tenu à récompenser, je vous prie de bien vouloir lui faire des observations au sujet de cette question des zigzags que trop de nos capitaines négligent.

J’attire votre attention sur l’intérêt qui s’attache à répandre parmi les capitaines les prescriptions de ma circulaire du 30 Janvier 1918 et vous communique ma lettre au Comité Central des Armateurs. »

Image

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Message par Rutilius » mer. avr. 02, 2014 7:33 pm

Bonsoir à tous,

Récompense consécutive à l’engagement du 5 février 1917

Journal officiel du 25 mars 1917, p. 2.390.

Image
.
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Bien amicalement à vous,
Daniel.

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Message par Rutilius » mer. avr. 02, 2014 9:31 pm

[Message supprimé]
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Re: VOLTAIRE II ― Cargo charbonnier ― Compagnie Delmas Frères.

Message par olivier 12 » sam. avr. 04, 2015 1:00 pm

Bonjour à tous,

23 Juin 1917

VOLTAIRE II avait aussi rencontré un sous-marin le 23 Juin 1917

Rapport du capitaine

Je soussigné, Le Gac J. Capitaine du vapeur VOLTAIRE II de La Rochelle, déclare avoir quitté Barry-rade le 12 Juin 1917 à 09h00. Mouillé sur rade de Penzance le 13 à 06h00. L’arraisonneur anglais nous donne l’ordre d’attendre de nouvelles instructions pour appareiller.
Appareillé à 20h15 le 14.
Le Samedi 23 à 04h00, aperçu les signaux de détresse d’une embarcation que nous secourons. Elle appartient au vapeur argentin TORO, de Buenos Ayres. Position 35°45 N et 06°50 W.

Dix minutes plus tard, l’homme de vigie et les canonniers qui se trouvent à leurs pièces affirment avoir vu distinctement, à deux reprises, le périscope d’un sous-marin faisant route au NW. Pensant à une attaque proche, j’envoie les signaux TSF prescrits. N’apercevant plus rien de suspect, j’envoie le signal « Sauvé ».
Mouillé en rade de Gibraltar à 16h00 et débarqué les rescapés du TORO. Appareillé à minuit et entré à Oran le 25 Juin à 09h30.
Appareillé le même jour à 19h00 et faisons route sur Bougie, protégé par des patrouilleurs, où nous entrons le 26 à midi. Appareillé à 16h00.
Mouillé sur rade de Philippeville le 27 à midi, puis entré au port le 28 à 05h00. Embarqué 100 tonnes d’eau douce et retourné à Bône où nous entrons le 29 à 06h00. Appareillé à 14h00, en convoi avec les vapeur SAINT JEAN et GAFSA. Entré à Bizerte le 30 à 06h00 et mouillé dans le goulet à 06h30 sans avoir d’autre chose à signaler.

Le sous-marin rencontré

C’était très certainement l’U 39 du Kptlt Walter FORSTMANN qui avait coulé le TORO la veille, à peu près à cette position dans l’Ouest du détroit de Gibraltar. Ce vapeur allait de Buenos Aires à Gênes avec un chargement de laine, mais était Uruguayen.

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Message par Rutilius » mar. nov. 10, 2015 3:09 pm

Bonsoir à tous,

□ Le cargo charbonnier Voltaire fut réquisitionné, au nom et pour le compte de l’État, en vertu d’un « contrat mixte » conclu le 12 novembre 1914 entre le commissaire principal de la marine Louis Gaston CRUCHET, chef du Service de l’intendance maritime à Marseille, représentant le Ministre de la Marine, et un mandataire social de la Compagnie Delmas Frères, de La Rochelle.

Ce contrat est reproduit à l’Annexe VIII. (p. 167) du rapport parlementaire suivant :

— Chambre des Députés, Session de 1915 : Rapport n° 804 fait par M. Bouisson (Bouches-du-Rhône) au nom de la Commission de la marine marchande chargée d’examiner la proposition de loi de M. Bouisson (Bouches-du-Rhône) relative aux réquisitions des paquebots du commerce.

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Bien amicalement à vous,
Daniel.

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Message par Rutilius » ven. févr. 12, 2021 10:47 pm

Bonsoir à tous,


Marins victimes du torpillage du cargo charbonnier Voltaire-II,
survenu le 11 janvier 1918

[Jug. Trib. civ. La Rochelle, 18 septembre 1918, transcrit à La Rochelle le 23 novembre 1918]

Registre des actes de décès de la ville de la Rochelle, Année 1918, suppl. f° 22, acte n° 1.371.


Marins du commerce

[Judiciairement déclarés « Morts pour la France »]

― CHAUVELON Baptiste Edmond, né le 24 juin 1876 à Trentemoult, commune de Rezé (Loire-Inférieure — aujourd’hui Loire-Atlantique) et domicilié à Nantes (– d° –) ; disparu. Chef mécanicien, officier mécanicien de 1re classe de la Marine marchande, inscrit le 8 juin 1896 au quartier de Nantes, f° 4.066, n° 566 ; classe 1896, n° 188 au recrutement de Nantes.

• Fils de Baptiste Anselme CHAUVELON, né le 18 mai 1839 à Rezé, maître au cabotage [Brevet conféré le 27 mai 1864. Inscrit au quartier de Nantes, f° et n° 621] et de Philomène CHAUVELON, née le 20 mars 1839 à Rezé, sans profession [Lingère en 1865] ; époux ayant contracté mariage dans cette commune, le 18 septembre 1865 (Registre des actes de mariage de la commune de Rezé, Année 1865, f° 18, acte n° 35 ~ Registre des actes de naissance de la commune de Rezé, Année 1876, f° 15, acte n° 86).

• Époux de Clotilde GUY, née le 9 janvier 1877 à Lyon (IIIe Arr.), couturière, avec laquelle il avait contracté mariage à Nantes, le 24 octobre 1902 (Registre des actes de mariage de la ville de Nantes, Année 1902, 4e Canton, f° 82, acte n° 162).

Fille de Jean GUY, né vers 1854, vermicellier, et de Françoise PATRU, née vers 1858, vermicellière, époux domiciliés à Nantes, au 4, rue Marmontel (Ibid.).

[Était embarqué sur le cargo charbonnier Voltaire depuis le 12 juillet 1907, avec une courte interruption du 25 août au 18 septembre 1914.]

― GUÉGANTON Gabriel, né le 29 mars 1886 à Landéda (Finistère) et y domicilié ; disparu. Matelot, inscrit le 11 janvier 1906 au quartier du Conquet, n° 11611 ; classe 1906, n° 1.392 au recrutement de Brest.

• Fils de Jean Marie GUÉGANTON, né le 7 mars 1829 à Landéda, cultivateur, et de Marie KERSEBET, née le 15 mars 1844 à Landéda, cultivatrice ; époux ayant contracté mariage dans cette commune, le 7 juillet 1861 (Registre des actes de mariage de la commune de Landéda, Année 1861, acte n° 7 – Registre des actes de naissance de la commune de Landéda, Année 1886, acte n° 16). Célibataire.

LE BRAS Eugène Louis Marie, né le 7 octobre 1888 au Havre (Seine-Inférieure — aujour- d’hui Seine-Maritime) et y domicilié ; disparu. Chauffeur, inscrit au quartier de Paimpol, f° et n° 14.908 ; classe 1908, n° 1.006 au recrutement du Havre.

• Fils d’Eugène Pierre Marie LE BRAS, né le 20 avril 1863 à Plourivo (Côtes-du-Nord — aujourd’hui Côtes-d'Armor), marin, et d’Anne Marie NICOLAS, née le 4 juin 1864 à Plourivo, sans profession ; époux ayant contracté mariage dans cette commune, le 13 juillet 1887 (Registre des actes de mariage de la commune de Plourivo, Année 1887, f° 12 , acte n° 11 ~ Registre des actes de naissance de la ville du Havre, Année 1888, f° 196, acte n° 3.026). Célibataire.

• Petit-fils de Jean Marie NICOLAS, marin disparu en mer d’Islande.

― LE ROUX Joseph Marie, né le 16 février 1888 à Troguéry (Côtes-du-Nord — aujourd’hui Côtes-d’Armor) et y domicilié ; disparu. Chauffeur, inscrit au quartier de Tréguier, f° et n° 20.328 ; classe 1908, n°566 au recrutement de Guingamp.

• Fils de Joseph LE ROUX, né le 6 janvier 1846 à Troguéry, scieur de long [Charpentier en 1875], et de Marie Joseph LE GOFF, née le 9 mai 1855 à Troguéry, sans profession [Domestique en 1875] ; époux ayant contracté mariage dans cette commune, le 11 septembre 1875 (Registre des actes de mariage de la commune de Troguéry, Année 1875, f° 5, acte n° 4 ~ Registre des actes de naissance de la commune de Troguéry, Année 1888, f° 4, acte n° 6). Célibataire.

― MARIN François Marie, né le 9 avril 1878 à Locmariaquer (Morbihan) et domicilié à Arzon (– d° –) ; disparu. Matelot, inscrit au quartier d’Auray, f° 2.558, n° 5.115 ; classe 1898, n° 889 au recrutement de Lorient.

• Fils de Jean Joseph MARIN et de Anne Marie LE CORVEC, son épouse (Jug. Trib. civ. Lorient, 1er mai 1890, transcrit à Locmariaquer : Registre des actes de naissance de la commune de Locmariaquer, Année 1878, f° 5, en marge de l’acte n° 13).

• Époux de Marie Anne LE DIVELLEC, née le 25 juin 1881 à Arzon, avec laquelle il avait con-tracté mariage dans cette commune, le 25 juin 1881 (Registre des actes de naissance de la commune d’Arzon, Année 1881, f° 4, acte n° 12).

― MAURICE Augustin Joseph, né le 19 mai 1890 à Barbâtre (Vendée), village de la Maison Rouge, et domicilié à Barbâtre. Matelot, inscrit au quartier de Noirmoutier, n° 406 ; classe 1910, n° 2.023 au recrutement de La Roche-sur-Yon.

• Fils de Charles Joseph MAURICE [ou MORICE], né le 10 mars 1848 à Barbâtre, cultivateur, et de Rosalie Arnès Villia COMMARD, née le 11 juin 1853 à Barbâtre, cultivatrice ; époux ayant contracté mariage dans cette commune, le 13 octobre 1873 (Registre des actes de mariage de la commune de Barbâtre, Année 1873, f° 7, acte n° 12 ~ Registre des actes de naissance de la commune de Barbâtre, Année 1890, f° 6, acte n° 17). Célibataire.

― TROUILHET François Joseph, né le 8 mai 1891 à Béziers (Hérault), au 28, rue du Capus, et domicilié à Béziers. Chauffeur, 5e Dépôt des équipages de la flotte, matricule n° 51.996 – 5 ; classe 1911, n° 1.311 au recrutement de Béziers.

• Fils de Célestin Paul TROUILHET, né le 9 octobre 1862 à Béziers, ébéniste, et de Marie Françoise Rose CLOUP, née le 29 novembre 1869 à Béziers, couturière ; époux ayant contracté mariage dans cette ville, le 30 octobre 1888 (Registre des actes de mariage de la ville de Béziers, Année 1888, acte n° 298 ~ Registre des actes de naissance de la ville de Béziers, Année 1891, acte n° 396). Célibataire.


Marins de l’État

― HERVOUET Louis René Auguste, né le 13 février 1889 aux Sables-d’Olonne (Vendée) et y domicilié, décédé le 13 février 1918 à Lorient (Morbihan), « provenant du Voltaire-II coulé par l’ennemi le 11 janvier 1918 ». Matelot de 3e classe sans spécialité, inscrit au quartier des Sables-d’Olonne, n° 1.943 ; classe 1909, n° 1.776 au recrutement de La Roche-sur-Yon.

• Fils de Rémi Jean Gustave HERVOUET, né le 25 janvier 1850 aux Sables-d’Olonne, quartier de La Chaume, marin-pêcheur, et de Marie Angèle TROGER, née le 28 novembre 1851 à Sainte-Foy (Vendée), journalière ; époux ayant contracté mariage aux Sables-d’Olonne, le 7 juillet 1875 (Registre des actes de mariage de la commune des Sables-d’Olonne, Année 1875, f° 15, acte n° 27 ~ Registre des actes de naissance de la commune des Sables-d’Olonne, Année 1889, f° 12, acte n° 43).

□ Par arrêté du Ministre de la Marine en date du 13 janvier 1921 (J.O. 16 janv. 1921, p. 874), inscrit à titre posthume au tableau spécial de la Médaille militaire dans les termes suivants : « Hervouet (Louis-René-Auguste), matelot sans spécialité, Sables-d’Olonne 1943, du Voltaire-II : mort lors de l’évacuation de son navire torpillé après avoir lutté courageusement et contribué au sauvetage de ses camarades. A été cité. »

― LE GAC François Marie, né le 17 août 1898 à Scrignac (Finistère) et domicilié à Berrien (– d°–) ; disparu. Apprenti marin aide-canonnier, A.M.B.C. de La Rochelle, matricule n° 112.605–2 au 2e Dépôt des équipages de la flotte ; classe 1918, n° 4.194 au recrutement de Brest~Châteaulin.

• Fils de François Marie LE GAC, né le 9 janvier 1870 à Berrien (Finistère), meunier [Cultivateur en 1894], et de Marie Louise LE PORS, née le 25 mars 1870 à Scrignac, « ménagère » ; époux ayant contracté mariage dans cette commune, le 4 novembre 1894 (Registre des actes de mariage de la commune de Scrignac, Année 1894, f° 8, acte n° 14 ~ Registre des actes de naissance de la commune de Scrignac, Année 1898, f° 14, acte n° 77) . Célibataire.

□ Par arrêté du Ministre de la Marine en date du 7 mars 1922 (art. 2 ; J.O. 15 mars 1922, p. 2.952), inscrit à titre posthume au tableau spécial de la Médaille militaire dans les termes suivants : « Le Gac (François-Marie), apprenti marin, 112.605 – 2 : mort pour la France. Disparu en mer avec le vapeur Voltaire-II coulé le 11 janvier 1918. A été cité. »

— LE JEUNE Gaston François, né le 19 février 1896 à Pléneuf — aujourd’hui Pléneuf-Val-André — (Côtes-du-Nord — aujourd’hui Côtes-d'Armor) ; corps retrouvé le 11 janvier 1918 par le chalutier Grondin. Matelot de 2e classe canonnier, A.M.B.C. de La Rochelle, matricule n° 30.690 –2 au 2e Dépôt des équipages de la flotte ; classe 1916, n° 2.016 au recrutement de Saint-Brieuc (Acte de décès établi à Lorient, le 15 janv. 1918).

• Fils de Gustave Charles LE JEUNE, né le 9 septembre 1870 à Paris (VIe Arr.), peintre en bâtiments, et de Jeanne Marie BARBEDIENNE, née le 26 avril 1874 à Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord — aujourd’hui Côtes-d'Armor), « ménagère » ; époux ayant contracté mariage dans cette ville, le 24 juillet 1893 (Registre des actes de mariage de la ville de Saint-Brieuc, Année 1893, f° 72, acte n° 70 ~ Registre des actes de naissance de la commune de Pléneuf, Année 1896, f° 7, acte n° 12).

□ Par arrêté du Ministre de la Marine en date du 11 juillet 1919 (J.O. 14 juill. 1919, p. 7.316 et 7.319), inscrit à titre posthume au tableau spécial de la Médaille militaire dans les termes suivants : « Le Jeune (Gaston), 35.690 – 1, matelot canonnier, du vapeur Voltaire-II : mort lors de l’évacuation de son navire, torpillé le 11 janvier 1918, après avoir lutté courageusement et contribué au sauvetage de ses camarades. »
.
Dernière modification par Rutilius le sam. févr. 13, 2021 4:37 pm, modifié 1 fois.
Bien amicalement à vous,
Daniel.

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Message par Rutilius » sam. févr. 13, 2021 4:37 pm

Bonjour à tous,

Voltaire — Cargo charbonnier — Société en nom collectif Delmas frères (1912~1918).

Cargo en acier riveté à un pont lancé le 30 décembre 1895 sous le nom de Birnam par le chantier John Readhead & Sons Co. Ltd., de South Shield (Comté de Tyne and Wear, Royaume-Uni) pour le compte de la société Maclean, Doughty & Co. Ltd., de West Hartlepool (Royaume-Uni) ; numéro de chantier : 312. Achevé par le chantier en Février 1896 et livré le 3 mai suivant. Apporté en 1900 à la société H. Doughty & Co. Ltd., de West Hartlepool, venue aux droits de la précédente. Apporté en 1901 à la société Doughty Shipping Co. Ltd. (H. Doughty), de West Hartlepool, venue aux droits de la précédente.

Acquis en 1907 par la Société générale de houilles et agglomérés (anciennes maisons Guéret et Godard) » (S.G.H.A.) [Siège social : Paris, 27, rue de Turin (VIIIe Arr.), puis 85, boulevard Haussmann (VIIIe Arr.)] — société anonyme qui exploitait des installations de fabrication de briquettes à Bordeaux, Chantenay-sur-Loire, Le Havre, Saint-Malo, Saint-Nazaire et Bizerte, briquettes commercialisées, sous la marque « Ancre ». Renommé Voltaire. Immatriculé le 22 juillet 1907 à Nantes, f° 230, n° 685, et francisé dans ce quartier le 14 septembre 1907, n° 3.839.

En 1911, avec les autres cargos charbonniers de la flotte de la Société générale de houilles et agglomérés (Boileau, Corneille, La Fontaine et Molière), acquis par la société en nom collectif Delmas frères [Siège social : La Rochelle, 15, rue Guiton]. Immatriculé le 18 janvier 1912 à La Rochelle, f° 662, n° 1.986, con-servant son nom.

De 1912 à 1914, affecté au transport des charbons britanniques et des minerais d’Afrique du Nord à desti-nation des ports français de la façade Atlantique.

Réquisitionné le 12 novembre 1914 à Marseille, au nom et pour le compte de l’État, en vertu d’un « contrat mixte » conclu entre le commissaire principal de la Marine Louis Gaston CRUCHET, chef du Service de l’intendance maritime, représentant le Ministre de la Marine, et un mandataire social de la société en nom collectif Delmas frères. Renommé Voltaire-II.

Torpillé le 11 janvier 1918 par un sous-marin allemand non identifié à 140 milles dans le N. 9 E. du cap Ortegal (Galice, Espagne), par 46° 5’ N. et 7° 25’ W., alors qu’il allait d’Alger à Nantes avec un charge-ment de 3.602 tonnes de phosphate, 42 tonnes d’huile et de la sparterie. 10 victimes, dont 8 disparus. Alors commandé par Joseph LE GAC, capitaine au cabotage, inscrit au quartier d’Auray, f° 273, n° 547.

Caractéristiques. — Jauge : 2.651,33 tx jb et 1.627,75 tx jn. Port en lourd : 4.200 t. Dimensions : 92,65 x 13,44 x 6 ,67 m. Tirant d’eau en charge : 5,92 m. Propulsion : machine à triple expansion à pilons, com-prenant deux chaudières cylindriques timbrées à 11,5 kg ; 1.211 cv. ; une hélice. Vitesse en service : 8,5 nœuds. Aménagement intérieur : quatre cales avec panneaux d’écoutilles. Signal distinctif : ... État-major : 6 hommes. Équipage : 17 hommes.

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Inscription maritime ~ Quartier de Nantes ~ Matricule des bâtiments de commerce (1907) ~ f° 230, n° 685 : Archives départementales de la Loire-Atlantique, Cote 7 R 4 / 1322.

Charles LIMONIER : « Les 125 ans du groupe Delmas-Vieljeux (1867~1991) », T. I., « Histoire de la flotte », préface de Tristan Vieljeux, Marines édition, Déc. 1999, p. 140.
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Bien amicalement à vous,
Daniel.

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