JEAN D'UST - Bateau piege

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Terraillon Marc
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Re: JEAN D'UST - Bateau piege

Message par Terraillon Marc »

Bonjour

Je cherche des informations sur le Jean d'Ust (bateau piege) autre que celles fournies par l'ouvrage "Mer noire"

Merci d'avance

Cordialement
Marc TERRAILLON

A la recherche du 17e RIT, des 166/366e RI et du 12e Hussards.
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Ar Brav
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Re: JEAN D'UST - Bateau piege

Message par Ar Brav »

Bonjour Marc,

Dans le répertoire de J. Vichot, il est fait mention d'un chalutier Jean D'Ust réquisitionné et armé en patrouilleur auxiliaire (1917-1918). C'est tout.
Dans le Dico, il s'agit d'une goélette 3 mâts à moteur, navire armé en bateau piège acheté par la Marine en 1917 (1917-1929) :pt1cable:

Bien cordialement,
Franck
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GENEAMAR
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Re: JEAN D'UST - Bateau piege

Message par GENEAMAR »

Image M.P.F.

Hors Officier (voir Henri SAUGRAIN, Lieutenant de vaisseau; page OFFICIER ...PARMI TANT D'AUTRES P 9) --- Officier Marinier noyé dans les mêmes circonstances le 16 novembre 1917.

- PRIGENT Hervé Marie, né le 10 mai 1879 à KERNILIS (Finistère), Maître de Manoeuvre.
Cordialement. Malou
kgvm
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Re: JEAN D'UST - Bateau piege

Message par kgvm »

Lloyd's Register of 1920 has listed a 3 masted sailing vessel "Jean d'Ust" of 210 GRT, built in 1908 as "Saevareid".
Rutilius
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Re: JEAN D'UST - Bateau piege

Message par Rutilius »

- PRIGENT Hervé Marie, né le 10 mai 1879 à KERNILIS (Finistère), Maître de Manoeuvre.
Bonjour Franck,
Bonjour Malou,
Bonjour à tous,

La fiche M.D.H. de cet officier marinier (matricule 4297 - Brest ; dernier domicile, Lesneven) est ainsi rédigée :

- " Mort pour la France le 16 novembre 1917 à bord du voilier Jean Dust (sic) échoué sur la cote algérienne."

- " Genre de mort : noyé par suite du naufrage de son bâtiment."

- " Acte transcrit le 25 novembre 1917 à Philippeville (la transcription n'a pas été faite à Lesneven).

(Aucune apostille).

Les choses s'éclairent ... ou se compliquent !

Bien à vous,
Daniel.
kgvm
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Re: JEAN D'UST - Bateau piege

Message par kgvm »

Lloyd's register of 1920 lists a 3-masted sailing ship "Jean d'Ust", 210 GRT, built in 1908, ex "Saevareid".
Miramarships says "Saevareid" was a Norvegian cargo of 208 GRT, built in 1908 by Marstal Staal, Marstal, yard number 9 ?.
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Ar Brav
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Re: JEAN D'UST - Bateau piege

Message par Ar Brav »

Bonjour à tous,

Je pense que çà va tousser, mais je le liste tout de même ;)

JEAN D’UST Bateau piège (1917-1929)

Chantier :

Marstal Staal, Marstal, Danemark.
Commencé : N. C.
Mis à flot : 1908
Terminé : N. C.
En service : 1917
Retiré : 1929
Caractéristiques : 340 t ; 210-208 tjb ; trois-mâts à moteur gréé en goélette.
Armement : N. C.

Observations :

Trois-mâts à moteur Saevereid utilisé comme cargo construit au Danemark pour le compte d’un armement norvégien
21.03.1917 : acheté par la Marine française, renommé Jean d’Ust.
Basé à Bizerte et utilisé comme bateau piège et appât pour les sous-marins ennemis, cette goélette travaille en binôme avec un sous-marin de l’escadrille de chasse de Bizerte
16.11.1917 : il s’échoue sur une plage près de Philippeville en Algérie, le commandant, LV Saugrain se noie avant d’atteindre le rivage
22.02.1918 : il est renfloué et réparé. Son utilisation comme bateau piège n’est plus possible en raison de sa trop faible vitesse et il n’est pas adapté à des opérations de croisière
1922 : il est reconverti en chaland
1929 : peut-être démoli à Toulon.

Cordialement,
Franck
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alain13
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Re: JEAN D'UST - Bateau piege

Message par alain13 »

Bonsoir à tous,

Le Jean d'Hust est acheté à la Seyne par le préfet maritime de Toulon en même temps que le François-Marie et l'Hirondelle pour en faire des bateaux-pièges.
C'est une goélette à trois mâts et à moteur de 34 m de long et de 8 mètres de large dont les secteurs de tir sont assez réduits du fait des nombreux haubans.
Il est équipé de 2 tubes lance-torpilles de 381 inclinés vers l'arrière. Un faux pont est installé dans la cale pour qu'ils débouchent à environ un mètre sous la flottaison et un lest est disposé sous ce faux pont pour assurer la stabilité sous voiles et immerger les sorties des tubes.
Son armement prévu initialement était (à défaut de 75 disponibles), de deux 90 dont l'un est remplacé à la demande de son commandant l'EV Saugrain par un 65 à tir rapide.

Parti de Toulon pour Bône le 14 juillet 1917, il aperçoit le 20 juillet à 17 heures à 10 milles du cap de Fer et dans le Sud-Sud-Ouest, une voile triangulaire à l'horizon ainsi que deux chalutiers patrouilleurs à 4 ou 5 milles dans le Sud. La voile disparait bientôt pour laisser apparaître un sous-marin venant sur son arrière et qui commence à le canonner.
Malgré un simulacre d'évacuation, le sous-marin, qui avait sans doute vu les chalutiers continue à tirer. Un coup passe entre les mâts et tombe à 120 mètres à babord du voilier qui démasque et commence le feu..
La pièce de 65 arrière a le temps de tirer 7 coups et le 90 deux coups (!!!) avant que le sous-marin ne plonge et disparaisse.
(source, Amiral Lepotier "Bateaux-Pièges")

Je sais maintenant qu'il s'agissait de l'UC 54.

Bonne soirée,
Alain
Rutilius
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Re: JEAN D'UST - Bateau piege

Message par Rutilius »


Bonsoir à tous,


■ L’échouement du bateau-piège Jean-d’Ust, survenu le 16 novembre 1917 à l’entrée du port de Philippeville.


Pierre Ferdinand Maxime de COURTOIS de LANGLADE : « Une flottille française aux Dardanelles (1915). Les Patrouilles en Méditerranée centrale (1917 ~ 1918). », préface du commandant Auguste Thomazi, Impr. Girouard & Richou, Saumur, 1936, 227 p., avec cartes, croquis et planches. — p. 176 à 181.


« Les sous-marins ennemis ne se méfiant point, au début tout au moins, des petits voiliers rencontrés, on eut l’idée de réquisitionner, en secret, des bricks ou des petits trois-mâts, et d’en faire des bateaux-pièges armés de canons et de torpilles, dont le rôle consistait à naviguer avec un air d’innocence, à laisser approcher le sous-marin en croisière, et par conséquent en surface, et à le canonner ou le torpiller brusquement, si possible.
Le commandement de ces unités, dont le maniement était particulièrement difficile, fut donné au choix à des officiers connus pour leur audace et leur esprit offensif.
Parmi ces voiliers déguisés, armés secrètement à Bizerte, se trouvait le trois-mâts à moteur auxiliaire Jean-d’Ust, commandé par le jeune et brillant lieutenant de vaisseau Saugrain. Par suite d’une série de circonstances malheureuses, ce bâtiment vint s’échouer à la côte, par très mauvais temps, près de Philippeville, et j’eus la tâche pénible de présider la commission d’enquête chargée d’élucider les causes qui amenèrent la perte momentanée du bâtiment et la mort de son commandant ainsi que celle d’une partie de l’équipage.

Voici quelques extraits de ce drame de la mer :

" Le 4 novembre 1917, le Jean-d’Ust appareille de Bizerte pour se rendre à Port-Vendres.
" Le 8, à 7 heures, le bâtiment est obligé de prendre la cape bâbord amures, à cause d’une tempête de Nord ; le 9, il est à 130 milles au Sud 34 Est de Port-Vendres, toujours à la cape ; le 10, il vire de bord et prend le vent tribord amures. Craignant d’être dépalé dans les eaux espagnoles, le commandant vire encore de bord, mais la mer est très grosse et le vent très violent ; les lames balaient le pont, un coup de mer défonce le pont avant et projette le radeau de sauvetage contre le masque de la pièce de 75 mm de bâbord, qui tombe à la mer.
" Le 11, vers 15 heures 30, le commandant est emporté par une lame et passe à travers le dalot de mer de tribord, sa jambe gauche restant accrochée à l’intérieur du bâtiment... Un quartier-maître de timonerie, qui l’a aperçu, appelle à l’aide et peut le ramener indemne sur le pont.
" Le 12, mer énorme ; on file de l’huile avec succès à partir de midi, mais tout le monde est à bout de forces. Le navire, insuffisamment lesté, dérive beaucoup, et c’est à grand peine que le commandant peut faire des observations et fixer à peu près sa position : il se trouve au Sud des Baléares, à environ 186 milles d’Alger et à 150 milles de Bougie.
" La plupart des voiles s’étant successivement déchirées, le commandant juge nécessaire de chercher un abri pour réparer ses avaries et prend une allure de fuite. Il pouvait faire route sur Alger, mais craignant qu’on lui reprochât d’avoir choisi un poste de relâche trop agréable, il met le cap sur Bougie ; puis, le temps se calmant, il fait serrer le vent pour gagner Philippeville. Mais la brise fraîchit de nouveau et le Jean-d’Ust, ne pouvant entrer dans le port, mouille ses deux ancres devant la jetée, le 16, vers deux heures trente du matin.
" Le commandant se croit en sécurité, mais à peine est-on mouillé que la brise, modérée jusque là, force brusquement du Nord-Ouest dans un grain de grêle et de pluie ; le moteur auxiliaire de tribord qui n’avait cessé de tourner depuis le début du mauvais temps, est maintenu en marche pour alléger les chaînes. La mer, qui vient du large, est très grosse.
" Vers 3 heures du matin, Saugrain réunit les gradés et leur dit
: « La situation est grave ; si l’on vient à chasser, j’estime qu’il n’y aurait qu’à hisser les voiles qui nous restent et à nous jeter à la plage. Faites capeler les brassières de sauvetage à tout le monde ».
" On lance des fusées et on allume des signaux pour attirer l’attention des autorités du port ; celles-ci envoient au jour deux petits dragueurs que l’état de la mer oblige à rentrer. Le canot de sauvetage, ayant la plus grande partie de son équipage mobilisé, ne peut pas sortir. Heureusement, arrivent un peu plus tard deux chalutiers, un anglais et un français.
" Tous deux font des efforts méritoires pour passer une remorque au malheureux voilier, mais toutes les amarres cassent successivement. Le chalutier français réussit cependant à lui envoyer un câble en acier, les deux chaînes sont filées par le bout... C’est peut-être le salut ! Mais le câble se rompt à son tour et le Jean-d’Urst part en dérive, poussé vers la jetée par une mer en furie.
« Au voiles », crie le commandant : on va sans doute pouvoir évoluer et parer le danger... Les voiles se déchirent les unes après les autres ; l’ancre de veille, qui a été mouillée précipitamment, ne croche pas et empêche cependant le navire de prendre de la vitesse... Tout espoir est bientôt perdu.
" Quelques instants plus tard, on entre dans les brisants qui garnissent l’entrée de la rivière Saf-Saf, située sous le vent de l’amorce de la jetée du port ; un paquet de mer coiffe le bâtiment par l’arrière, et le commandant donne à tout le monde l’ordre d’aller sur l’avant.
" Il s’y rend lui-même le dernier, veille à la mise en place des bouts de filin qui doivent aider les hommes à évacuer le bord, puis, comme on talonne, il crie
: « Jetez-vous à la mer, je ne veux plus voir personne sur le pont ».
" Le youyou a chaviré dès sa mise à l’eau, il ne reste plus comme moyen de sauvetage que le radeau ; mais celui-ci ne peut pas rester le long des flancs du navire, balayé par les lames, et l’équipage en est réduit à se jeter à l’eau. Les uns, roulés par les vagues, arrivent à la plage, évanouis ou mourants, les autres disparaissent emportés vers le large, quelques uns parviennent à terre sains et saufs ; et, comme toujours en pareilles circonstances, ce sont des actes héroïques de dévouement et d’abnégation de la part des plus forts ou des meilleurs nageurs, pour sauver les plus faibles.
" Le lieutenant de vaisseau Saugrain est resté le dernier à bord avec le matelot canonnier Surrel ; tous deux descendent par le même bout de corde et nagent un instant côte à côte. Mais le commandant était déjà épuisé par les jours et les nuits de mauvais temps pendant lesquels il s’était borné à s’étendre de temps en temps, tout habillé, pour deux heures.
" Il est donc vite à bout de forces ; comme les lames paraissent vouloir les rejeter vers le large, il dit à Surrel
: « Nous sommes perdus, Surrel ». Le canonnier lui répond : « Courage, Commandant ». Mais les lames le roulent, il perd de vue son commandant, arrive à terre épuisé, et est retiré de l’eau par un camarade.
" Une fois réunis sur la plage, les survivants vont à pied jusqu’à une maison située sur les bords du Saf-Saf ; on leur prête quelques vêtements secs, on leur fait ingurgiter un peu de rhum. L’administrateur de l’Inscription maritime, accouru sur les lieux en voiture avec quelques sauveteurs dévoués, les reconduit à l’hôpital de Philippeville où tous sont parfaitement soignés. Hélas, il en manquait beaucoup, noyés ou roulés par les lames, dont le lieutenant de vaisseau Saugrain, victime du devoir."


Le Jean-d’Ust put être renfloué ; en visitant le bord, j’eus la pénible mission d’inspecter le logement du Commandant. Sur son bureau, se trouvait son journal de bord ouvert et, dans ce journal, une lettre écrite à sa fiancée pendant le court mouillage de Philippeville, missive brusquement interrompue, sans doute, par le retour du mauvais temps, l’échouage et la mort.
Sans dépasser les limites de la discrétion, il me sera permis de dire l’émotion profonde ressentie à la lecture de ce document ; en termes simples, mais admirables, le lieutenant de vaisseau Saugrain racontait à celle qu’il comptait épouser quelques semaines plus tard, ses espoirs en quittant Bizerte, sa lutte épuisante contre les éléments toujours hostiles, le dévouement de ses hommes, sa joie d’être enfin à l’abri, ses projets d’avenir... Il devait mourir, quelques heures après, d’une mort obscure et sans gloire, mort héroïque quand même pour qui connaît la dure tâche du marin, obligé de lutter sans cesse contre les éléments.
Que les veuves et les fiancées qui liront ces lignes reçoivent ici l’hommage de mon admiration et de mon souvenir pour les victimes du petit voilier le Jean-d’Ust. »

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Bien amicalement à vous,
Daniel.
Rutilius
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Re: JEAN D'UST - Bateau piege

Message par Rutilius »


Bonjour à tous,


Le Jean-d’Ust, construit en 1908 au Danemark sous la surveillance du Bureau Veritas, était un trois-mâts goélette en acier de 350 tpl pour une calaison de 10 pieds ; il disposait de deux hélices mues par deux moteurs Alpha de 48 cv qui, à lège, lui permettaient d’atteindre la vitesse de 6,5 nœuds ; il était équipé, en outre, d’un moteur auxiliaire placé sur le pont, permettant la mise en œuvre de deux treuils, du guindeau et d’une pompe d’assèchement. Il possédait deux panneaux de 3,30 x 4,50 m.

Jusqu’à fin 1913, le Jean-d’Ust était la propriété par la Compagnie nazairienne de cabotage, qui, semble-t-il, l’avait acquis d’un armement nordique. Fin Janvier, ou début Février 1914, il fut acquis par Paul BESSET, armateur à Alger-Saint-Eugène, qui le destina au cabotage en Méditerranée.

(D'après Le Sémaphore algérien, n° 760, 8 févr. 1914, p. 1.)

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Bien amicalement à vous,
Daniel.
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