SARDINE - Patrouilleur

Marine, bateaux & marins pendant la Grande Guerre
Rutilius
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SARDINE ― Patrouilleur.

Message par Rutilius » ven. mars 25, 2016 7:41 pm

Bonsoir à tous,

Distinctions posthumes

Par arrêté du Ministre de la Marine en date du 15 mars 1922 (art. 2 ; J.O. 18 mars 1922, p. 3.058 et 3.061), furent inscrits à titre posthume au tableau spécial de la Médaille militaire :

SARDINE - Disparus - M.M. - Capture.JPG
SARDINE - Disparus - M.M. - Capture.JPG (67.61 Kio) Consulté 135 fois
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Bien amicalement à vous,
Daniel.

Memgam
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Re: SARDINE - Patrouilleur

Message par Memgam » mer. avr. 06, 2016 8:16 pm

Bonjour,

"Le Rouget n'a rien pu faire pour sauver la Sardine.

Dans la journée du 10 février 1918, le préfet maritime en poste à Bordeaux fait parvenir un télégramme chiffré à Marine Paris. Décrypté, il donne ceci : <<J'ai regret d'annoncer perte aujourd'hui 10 février vers 8 heures du patrouilleur Sardine qui a chaviré près de la bouée du Matelier par grosse houle d'ouest et fort jusant. Il n'a pu être recueilli seulement jusqu'à présent que quatre hommes vivants et quelques cadavres de noyés>>.
J'apprendrai que le patrouilleur Sardine ex baleinier sud-africain Bitou embouquait le chenal de la Gironde, regagnant son mouillage du Verdon, rentrant d'une mission de repérages de mines avec le Rouget, aussi ex baleinier, mais norvégien, le Plattenberg.
Les deux navires faisaient route en ligne de file, à environ 3 à 4 encablures l'un de l'autre, la Sardine ouvrant la marche. Les conditions n'étaient pas vraiment optimales : pas véritablement de mauvais temps, car il y avait peu de vent mais une grosse houle d'ouest. A l'engainement des passes, l'état de la mer était donc encore acceptable, mais plus avant dans le chenal, à la remontée des fonds, les deux patrouilleurs trouvent des lames de plus en plus escarpées, faisant volutes : l'influence du violent courant de jusant (le coefficient de marée est de 86), et les navires rentraient à mi-marée descendante.
C'est alors que la Sardine est couchée par une énorme déferlante. Et là, erreur majeure et funeste, la machine est stoppée sans ordre (panique de l'un des hommes ? ).
Sans erre, exposé aux coups de mer, le patrouilleur est capelé par une deuxième déferlante qui emporte des marins, toutes les superstructures et le fait chavirer. Des hommes ont pu se tenir sur la coque retournée mais une troisième lame les emportent et le navire disparait.
Du Rouget, on a vu le drame et fait gouverner pour éviter l'épave. Stopper pour secourir l'équipage de la Sardine aurait été s'exposer à subir le même sort (la commission d'enquête le reconnaitra).
De la sorte, le Rouget n'a rien pu faire pour sauver la Sardine et ses hommes. Une fois en dedans des dangers, l'alerte peut être donnée et se sera l'Alerte, un patrouilleur sortant peu après, au début du courant de flot, dans des conditions de mer beaucoup moins dangereuses, qui sauvera quatre hommes ayant réussi à gagner à la nage l'annexe de leur navire (elle chavirera plusieurs fois).
Des dix-sept hommes d'équipage de la Sardine, treize avait donc trouvé la mort. Cinq corps seulement auraient été retrouvés."

Source : Roland Mornet, Les naufrages de Gironde, Geste éditions, 2016, pages 193-194.

Cordialement.
Memgam

Memgam
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Re: SARDINE - Patrouilleur

Message par Memgam » mer. avr. 06, 2016 9:41 pm

Bonjour,

La canonnière Alerte, Lieutenant de vaisseau Coutance, avait appareillé à 7 h 15 et fait route à 8 heures pour sortir de la Gironde. A 8 h 09, alertée par les coups de sifflet du Rouget, elle manoeuvre pour s'en rapprocher. A 9 h 16, remise en route pour aller sur la zone du naufrage et à 9 h 49, recueille les quatre rescapés, une heure plus tard, la baleinière est mise à l'eau et elle est remontée quarante minutes plus tard et à 11 h 40, l'Alerte fait route terre. A 12 h 58, elle mouille pour transborder deux noyés venant du Laparade et trois noyés venant du Janissaire. Les corps sont transférés au Fouras, à 15 h 35 au mouillage du Verdon.

LV Coutance J. , promu le 9 octobre 1910, entré au service en 1897, né le 23 novembre 1879, affecté au port de Lorient. En 1911, commandant le sous-marin Ludion à Cherbourg.

Source : Sga Mémoire des Hommes, journal de navigation de l'Alerte, SSY14, pages 519-520.
Liste navale française 1911. Voir aussi sur le forum : Officier parmi tant d'autres, page 50, de Généamar.

Cordialement.
Memgam

olivier 12
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Re: SARDINE - Patrouilleur

Message par olivier 12 » lun. janv. 30, 2017 9:20 am

Bonjour à tous,

Télégramme Préfet Maritime à Marine Paris. La Rochelle 10 Février 1918 21h30

J’ai regret vous annoncer perte aujourd’hui 10 Février vers 06h00 du patrouilleur SARDINE qui a chaviré près de la bouée d’entrée du Matolier par grande houle d’Ouest et fort jusant. Jusqu’à présent il n’a pu être recueilli que 4 hommes survivants et quelques cadavres de noyés.

Image

Voici la photo (un peu retouchée) mise sur le forum en 2010 par "Hybodus 95". Il s'agit probablement du matelot timonier Emile SALIOU, tombé accidentellement à la mer et disparu 5 jours avant le naufrage de SARDINE... et 4 jours avant son dix huitième anniversaire.

Image

Cdlt
olivier

Rutilius
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SARDINE ― Patrouilleur.

Message par Rutilius » mar. juin 12, 2018 7:55 pm

Bonsoir à tous,

• Patrouilleur Jaumière — alors commandé par le second maître de manœuvre Paul Joseph François GORAGUER —, Journal de bord n° 1 / 1917~1918 — 29 nov. 1917 ~ 7 juill. 1918 — : Service historique de la Défense, S.G.A. « Mémoire des hommes », cote SS Y 284, p. num. 17.

« 10 février 1918.

6 h. 00 — Appareillé [de Bonne-Anse]. Service de convoyage du Laprade (*).

10 h. 00 — Reçu télégramme : " Chalutier Sardine en détresse à 45° 35’ latitude ~ longitude 01° 23’ W. ~ 8 h. 10. ".

11 h. 00 — Service de sauvetage.

14 h. 25 — Ramenons trois noyés à bord de la canonnière l’Alerte à Bonne-Anse.

15 h. 00 — Retour à Royan. »
____________________________________________________________________________________________

(*) Transport de passagers à roues de la société anonyme dite « Compagnie maritime Bordeaux-Océan ». Réquisitionné ; administrativement considéré comme bâtiment armé en guerre du 2 octobre 1916 au 11 juin 1918, puis du 16 juillet au 28 novembre 1918 [Circulaire du 25 avril 1922 établissant la Liste des bâti-ments et formations ayant acquis, du 3 août 1914 au 24 octobre 1919, le bénéfice du double en sus de la durée du service effectif (Loi du 16 avril 1920, art. 10, 12, 13.), §. A. Bâtiments de guerre et de com-merce. : Bull. off. Marine 1922, n° 14, p. 720 et 751.].
Bien amicalement à vous,
Daniel.

olivier 12
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Re: SARDINE - Patrouilleur

Message par olivier 12 » dim. juil. 29, 2018 9:31 am

Bonjour à tous,

Rencontre avec un sous-marin le 22 Avril 1917

Le 22 Avril 1917, le patrouilleur SARDINE a récupéré un naufragé du voilier américain PERCY BIRDSALL coulé par un sous-marin le même jour à 14h30 à 25 milles dans le S83W de Cordouan, ainsi que l'équipage du voilier norvégien VALERIE.

A bord du PERCY BIRDSALL il restait seulement un homme de l’équipage. SARDINE approcha très près du voilier après son abandon et le marin (il s’agissait du mécanicien) se jeta à la nage et parvint à gagner le patrouilleur.

L'équipage de VALERIE (Norvégiens, Danois, Suédois, Haïtien et Américain) 23 hommes en tout, avait pris place dans deux embarcations et fut récupéré peu après l'attaque.

PERCY BIRDSALL

Voilier américain de 1127 tx JB 894 tx JN construit en 1890
Au chantier Jackson, Sharp & Co, Wilmington, Delaware
Armateur Foreign & Domestic transportation, Perth Amboy, New Jersey
Traversée Bordeaux – New-York sur lest à ordre
Capitaine Conrad Emil Petersen (Norvégien)
Equipage de 9 hommes : 5 Américains, 2 Suisses, 1 Russe et 1 Anglais
Convoi de 12 navires dont 3 norvégiens, 1 anglais et 1 américain (PERCY BIRDSALL) et le reste français. Voiliers escortés par deux patrouilleurs.

VALERIE

Le voilier norvégien VALERIE de l'armement Thomas Berg, qui allait de Bordeaux à Saint Thomas (Antilles) sous les ordres du capitaine Leknesund, fut aussi coulé.

Le sous-marin est venu à 200 m par le travers et a tiré 9 ou 10 coups de canon à l’avant et dans la partie milieu de la coque. Le navire a coulé lentement, voiles hautes et a disparu vers 14h40.

Le sous-marin attaquant

C’était l’UC 21 du Kptlt Rheinhold SALTZWEDEL.

Il ne fut aperçu qu’en demi-plongée. Blockhaus blanc et coque gris noire. Canon de calibre estimé 77 mm placé dans le blockhaus.

Cdlt
olivier

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