Frontenay sur Dive 14-18

Évocation de parcours individuels
regis 79
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Re: Frontenay sur Dive 14-18

Message par regis 79 » dim. juin 24, 2018 6:26 pm

Il y a cent ans et 3 jours, le 21 juin 1918……
Ce 21 juin 1918, Victor Prinet, né à Frontenay en 1874, change de régiment, passant du 69ème RIT au 5ème RI.
Après avoir passé l'hiver 1917/1918 au Chemin des Dames, à entretenir les boyaux de communication ou à travailler à la tête de pont de Pargnan (Aisne), le 69ème RIT est dirigé dans l'Oise, à Maignelay-Montigny, au sud de Montdidier (Somme).
Selon l'historique du régiment, les 2 bataillons du 69ème RIT préparent le terrain en vue d'une offensive alliée. Mais l'ennemi la devance et attaque en force du 9 au 15 juin 1918.
C'est donc juste après ces combats que Victor Prinet rejoint le 5ème RI cantonné depuis peu au sud d'Amiens, à Rumigny et alentours, où il reste durant un mois, car Victor Prinet et son régiment sont subitement embarqués pour la région de Villers-Cotterêts où ils reçoivent l'ordre, d'après l'historique de cette unité, de "suivre le 167ème RI, de nettoyer les objectifs atteints et de le relever aussitôt après en le dépassant". C'est la bataille de l'Aisne et d'Oulchy-le-Château.
On retrouve ensuite Victor Prinet et son régiment du côté de Soissons en août 1918, puis en Belgique en octobre suivant, chargés avec une armée anglo-franco-belge de rompre le front ennemi et de se diriger sur Gand (Bataille de la Lys entre autres).
Durant la période du 14 au 23 octobre 1918, le régiment de Victor Prinet, pour avoir libéré une ville et 5 villages, progressé de 30 km, capturé 600 prisonniers, enlevé canons et matériels de guerre, est cité à l'ordre de l'Armée.
Voilà la fin de parcours en 14/18 de Victor Prinet qui restera mobilisé jusqu'au 26 janvier 1919 et mourra le 22 septembre 1952 à Poitiers (Vienne).

regis 79
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Re: Frontenay sur Dive 14-18

Message par regis 79 » lun. juin 25, 2018 7:32 pm

Il y a cent ans et 2 jours, le 23 juin 1918……
Ce 23 juin 1918, Abel Depoys, né à Frontenay en 1895, reçoit une nouvelle citation après celle novembre 1916 et après sa blessure du 15 juin 1918: Ordre 9482 du GQG (Grand Quartier Général) en date du 23 janvier 1918: "gradé dévoué et courageux, a vaillamment conduit ses hommes au combat et a été grièvement blessé au cours de l'action (du 15 juin 1918 à Bussiares (02))"
Croix de Guerre et Médaille Militaire
Rappelons qu'Abel Depoys va être amputé de l'avant-bras gauche entre le 15 et le 25 juin 1918.

Ce même 23 juin 1918, son cousin issu-de-germain Joseph Depoys, mon grand-père, n'en finit pas d'envoyer des cartes postales à sa fiancée et on peut le comprendre. Il écrit:
"St Léonard, le 23 juin 1918
Ma chère Marie,
Aujourd'hui dimanche, je ne peut* laisser passer la journée sans t'envoyer
de mes nouvelles, nous avons la journée libre ce qui nous fait du temps devant
nous, ce matin on a été faire un tour au marché et on a vite fait le tour de la
ville car elle n'est pas bien grande.
Dans l'après-midi on va aller faire un tour à la campagne, peut-être
une promenade au bord de la Vienne cela me plairait bien si tu étais auprès
de moi les heures sembleraient bien plus brèves et enfin dans la soirée la seule distraction
pour tous est d'aller entendre jouer la musique américaine et je te prie de
croire que les filles ne s'en font pas avec les Américains quoique ils ne se comprennent
pas en paroles leurs* idées* est la même.
Donc te voilà le récit de ma journée je ne peux t'en dire plus aujourd'hui
j'attends toujours pour partir aux eaux.
En attendant d'être plus près de toi je t'embrasse tendrement
Celui qui t'aime Joseph
"

regis 79
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Re: Frontenay sur Dive 14-18

Message par regis 79 » mer. juin 27, 2018 11:23 pm

Ce 27 juin 1918, Joseph Depoys, mon grand-père, envoie une énième carte postale à sa fiancée. Il écrit:

"St Léonard 27 juin 1918
Ma chère Marie,
J'ai donc reçu ta lettre du 23 avant-hier et de mon côté je viens
te donner quelques nouvelles qui jusqu'ici sont toujours pareilles je ne partirai
pas avant la semaine prochaine lundi ou mardi et peut-être plus tard.
Enfin ici on peut tenir avec tout ça c'est ma permission qui retarde
toujours mais tant pis on ne les trouvera que meilleur* lorsque nous
aurons le plaisir de nous embrasser car depuis le temps en effet je serais
heureux de passer quelques instants avec toi le bonheur me semblerait
bien doux et je pense que de ton côté il en serait ainsi mais comme dit le
proverbe tout va bien a* qui sait attendre
Je vais terminer faute de place je vois que les nouvelles du pays ne sont pas
toujours bonnes mais on (n')y* peut rien
Reçois les plus doux baisers de celui qui ne t'oublie pas Joseph
"

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Re: Frontenay sur Dive 14-18

Message par regis 79 » mar. juil. 03, 2018 5:43 pm

Il y a cent ans, jour pour jour, le 03 juillet 1918……

Ce 03 juillet 1918, Joseph Depoys, mon grand-père, écrit de nouveau à Marie Panier:

"Sens le 3 juillet 1918
Ma chère Marie
En étant de passage ici
et comme j'ai bien le temps je
t'adresse en souvenir cette petite carte
Je viens d'arriver il est 10h1/2 du soir
on vient de se restaurer comme il faut a* la
cantine militaire je suis avec un copain que j'ai
fait a* St Léonard, qui vient dans la même circonstance
que moi lui pour une jambe.
Maintenant nous allons passer la nuit ici et nous
partirons demain matin a* cinq heures et a* 2h1/2
dans la soirée nous seront* a* destination ce qui fera
un voyage encore assez long car nous sommes
partis depuis hier au soir a* 6h1/2
à noter que nous avons passé la matinée
a* nous promener dans Orléans.
Bien à toi Joseph"


Depuis le temps que le grand-père Joseph attend des soins, le voilà donc sur le chemin de Bourbonne-les-Bains en Haute-Marne.

Retenons aussi un trajet en train de Limoges à Sens: 300km à vol d'oiseau en 26h00 et de Sens à Bourbonne-les-Bains: 190 km à vol d'oiseau en 9h30.
Les correspondances devaient être plutôt rares à ce moment-à, on peut aisément le comprendre....

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Re: Frontenay sur Dive 14-18

Message par regis 79 » jeu. juil. 05, 2018 2:41 pm

Il y a cent ans, jour pour jour, le 05 juillet 1918..........

Que des cartes postales de Joseph Depoys en ce moment! Eh bien oui, car après les attaques de mai 1918, je n'ai pas retrouvé de dates marquantes pour les soldats de Frontenay. Cela ne veut pas dire qu'il ne se passe rien au front pour eux, mais apparemment, soit ils sont moins sollicités, soit ils sont moins exposés à ce moment-là.
Ça ne va pas durer........... et paradoxalement, ce sont les 10 premiers jours de novembre 1918 qui vont être marquants pour deux des enfants de Frontenay-sur-Dive......

Ce 05 juillet 1918, pour en revenir à mon éphéméride du jour, Joseph Depoys arrive enfin à l'hôpital militaire de Bourbonne-les-Bains (Haute-Marne) pour y être soigné. Il écrit à sa fiancée Marie Panier:

"Bourbonne-les-Bains 5 juillet 1918
Ma chère Marie,
Je t'adresse quelques lignes seulement aussitôt mon arrivée.
D'abord j'ai fait un très bon voyage, terminé en bonne* conditions
mais qui fut un peu long car je suis arrivé ici hier au soir
après 2 jours de route exactement
Je viens de passer la visite et je suis admis en traitement
c'est a* peu près tout ce que je peut* te dire pour aujourd'hui
Je crois que je ne serais pas trop mal ici.
Je vais t'ajouter ma nouvelle adresse, afin que tu puisses m'adresser
tes correspondances qui sont toujours pour moi les bienvenues.
Bien le bonjour a* tout le monde chez toi et je te quitte pour aujourd'hui
en t'embrassant de tout cœur
Ton ami tout dévoué Joseph 346 ème d'infanterie
hôpital militaire Bourbonne-les-Bains Haute-Marne
"

Pour Joseph Depoys, la santé d'abord, même si c'est probablement trop tard, la permission attendra ......

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Re: Frontenay sur Dive 14-18

Message par regis 79 » mer. juil. 11, 2018 3:22 pm

Il y a cent ans, jour pour jour, le 11 juillet 1918……
Une fois n'est pas coutume, voici aujourd'hui une carte postale envoyée par Julien Meron, appelé Eugène, à son cousin germain Joseph Depoys, mon grand-père, à l'adresse: Hôpital militaire - Bourbonne-les-Bains Haute-Marne. Il écrit:
"Correspondance de guerre
Le 11 juillet 1918,
Cher Cousin,
Je viens de recevoir ta carte qui m'a fait grand plaisir
et moi je t'en envoie une des parages ou* je suis en ce moment
a* deux kilomètres au plus. Je vois que ta contusion est encore assez
grave mais va pendant ce temps la* tu n'es pas sous les obus. Je
te souhaite donc que ça aille pour le mieux mais de plus retourner
dans cette fournaise. Je te serre bien cordialement la main.
Ton cousin intime Meron
"
Ce qui est incroyable, c'est que le grand-père Joseph n'est à Bourbonne-les-Bains que depuis le 5 juillet précédent et que déjà du courrier lui parvient. Pas mal l'organisation du courrier en cette période de guerre!

La photo au recto de la carte, "les parages" dont Eugène Meron parle, c'est le pont de Bouchy à Liry-sur-Ourcq, là où est engagée depuis plusieurs jours la Bataille de l'Ourcq qui fait partie intégrante de la seconde Bataille de la Marne, décisive pour la victoire finale.

Et justement, à cette bataille de l'Ourcq participe avec le 90ème RAL Hubert Métayer, né à Frontenay en 1885. Si son parcours est impossible à suivre du fait de son appartenance à un régiment d'artillerie dont les batteries sont réparties un peu partout au front, sa fiche matricule rapporte qu'il reçoit une citation le 20/03/1919:
"sous off. de haute valeur, a rendu les meilleurs services à Verdun en 1916 comme agent de liaison avec l'Infanterie, s'est dépensé sans compter et a fait preuve du plus grand courage pendant l'offensive de l'Ourcq en juillet 1918, Croix de Guerre.

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Re: Frontenay sur Dive 14-18

Message par regis 79 » mar. juil. 24, 2018 8:45 am

Il y a cent ans,jour pour jour, le 24 juillet 1918 ........

Ce 24 juillet 1918 , Joseph Depoys envoie une nouvelle carte postale à sa fiancée. Il écrit:

"Bourbonne, le 24 juillet 1918
Ma chère Marie
Je répond* sans plus tarder a* ta lettre du 21 que je viens de recevoir à l'instant
et dont je suis très heureux. A propos de permission en effet que cela va faire du temps
que je ne suis pas allé au pays mais on ne peut pas tout avoir il faut s'estimer heureux
comme ça. Je crois que cette année les moissons se feront sans moi je sais que j'y serai très
utile mais il faut songer pour l'avenir et le travail ne manquera pas a* n'importe quelle
époque que j'arriverai. Ici les moissons ne commenceront pas encore cette semaine mais
vous devez avoir commencé par chez vous.
La température est cependant un peu changée depuis deux jours mais pas moyen d'avoir
de pluie ce qui serait pourtant nécessaire.
Je t'envoie un aperçu de l'hôpital la route passe sous le bâtiment et je loge juste au-dessus
ainsi tu vois la route que l'on aperçoit de la chambre avec en face l'église et d'ou* je vois
l'heure de mon lit c'est une jolie petite ville Bourbonne et commerçante d'autant plus qu'il
y a beaucoup d'Américains et de cette façon tout est assez rare ou alors très cher c'est une
richesse de plus pour le pays et en même temps le béguin pour beaucoup de femmes enfin c'est
la mode il faut que chacune ait son américain
Je ne vois pas grand choses* à t'ajouter aujourd'hui en attendant de nous revoir.
Je t'embrasse bien tendrement. Celui qui t'aime et qui ne t'oublie pas. Joseph
Bons baisers. Joseph"

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Re: Frontenay sur Dive 14-18

Message par regis 79 » sam. juil. 28, 2018 7:50 am

Il y a cent ans, jour pour jour, le 28 juillet 1918……

Ce 28 juillet 1918, Joseph Depoys, mon grand-père, envoie une carte postale à sa fiancée. Il écrit:
"Bourbonne, le 28 juilet 1918
Ma chère Marie
Aujourd'hui dimanche je prend un petit moment pour te donner un peu
de mes nouvelles qui comme tu sais bien ne sont pas mauvaises car ici on peut
tenir bon. Je n'ai pas grand chose de particulier a* te faire savoir car pour
moi il n'y a guère d'amélioration c'est toujours la même chose jusqu'ici.
Je t'envoie une vue de l'Etablissement civil où avant la guerre les Messieurs et
Dames de la haute venaient passer une période aux eaux mais pour l'instant
il n'y en a presque pas car la guerre se fait sentir dans beaucoup de conditions
et même jusque là.
Ce matin j'ai été à la messe et dans l'après midi on va aller faire une petite
promenade pas très loin car le temps n'est pas bien favorable hier il a tombé
de l'eau a* plusieurs reprises dans le courant de la journée et aujourd'hui
la température menace également a*la pluie.
Bien le bonjour Bonne santé. Reçois de celui qui ne t'oublie pas
ses meilleurs voeux de tendresses. Bons Baisers Joseph
"
Les dates événementielles pour les soldats de Frontenay vont malheureusement reprendre, je n'aurai pas que les lettres du grand-père Joseph à évoquer dans les prochains jours.
Même si les Allemands connaissent plusieurs échecs en cette période, ils ne sont pas loin de Paris et ils font encore très mal aux troupes alliées.
Les petits gars de Frontenay-sur-Dive vont encore et toujours être mis à contribution .........

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Re: Frontenay sur Dive 14-18

Message par regis 79 » lun. juil. 30, 2018 7:42 pm

Il y a cent ans et 1 jour, le 29 juillet 1918……

Ce 29 juillet 1918, Joseph Taupin, né à Frontenay en 1884, change de régiment. Nous l'avions évoqué le 24 février dernier avec sa campagne d'Italie et celle à venir de la Somme d'avril 1918. En mai 1918, son régiment, le 203ème RI, est toujours dans la Somme. Ses 3 bataillons se distinguent au Bois de la Gaune, à Merville-au-Bois, au sud d'Amiens, en infligeant de sérieuses pertes aux Allemands, recevant pour cela le 19 mai chacun respectivement une citation à l'ordre de la 1ère Armée et 2 citations à l'ordre du 5ème Corps d'Armée.

Deux jours plus tard, le régiment est envoyé à .........Toul (Meurthe-et-Moselle), secteur plutôt calme. Et c'est là que le 203ème, ce 29 juillet 1918, apprend sa dissolution!
C'est la raison pour laquelle Joseph Taupin est muté au 219ème RI, qui cantonne à 20 km au sud-est de Lunéville (54).

L'Historique du Régiment rappelle qu'à ce moment-là, les compagnies françaises s'amalgament avec les compagnies américaines du 305 R. I. U. S (R.I.U.S. que je suppose être Régiment d'Infanterie United States).

Le 219ème RI tient le secteur jusqu'au 1er septembre 1918, avant d'être relevé et embarqué pour l'Aube 5 jours plus tard. Le 28 septembre suivant, on retrouve le 219ème de Joseph Taupin dans la Marne, à Souain et Sommepy.
Le 219ème participe à des offensives particulièrement brillantes qui forçent l'ennemi à évacuer l'ensemble des organisations établies comprises dans les villages de Sommepy, Saint-Pierre, Saint-Clément et qui se terminent le 10 novembre sur la rive gauche de la Meuse (Charleville-Mézières).

Le JMO précise que, durant cette période du 29 septembre au 10 novembre 1918, les pertes du régiment s'élèvent à 103 tués, 487 blessés et 55 disparus. Joseph Taupin, déjà blessé par 2 fois en 1914 et 1916, ne subit aucune blessure.

Pendant la nuit, le régiment est relevé, vient cantonner à Guinicourt et Yvernaumont (08) et y apprend le matin du 11 novembre 1918 par un message téléphoné que les hostilités doivent prendre fin à 11 heures.

Heureusement que l'Armistice est enfin signé, car les Allemands ont de la réserve. Le 13 novembre 1918, après le retrait des troupes allemandes, le 319ème RI se voit confier la tâche de garder 2000 (oui deux mille) wagons de marchandises que l'ennemi a dû abandonner!

Et le 22 novembre 1918, après négociations entre parlementaires français et allemands, le régiment fait prisonniers 410 soldats du 469ème RI d'outre-Rhin, régiment qui vient de mettre bas les armes après avoir tardé à rentrer chez lui.

Après-guerre, Joseph Taupin habite à Frontenay, y poursuit son métier de maréchal-ferrand, a le malheur d'y perdre sa femme en 1935 et y meurt à son tour en juin 1962.
Joseph Taupin repose avec son épouse dans le cimetière communal, où leur tombe existe toujours.


Ce même 29 juillet 1918, Daniel Amauger, né en 1888 et résidant à Frontenay depuis 1908, prisonnier de guerre depuis le 22 août 1914, est rapatrié d'Allemagne.
Ce rapatriement résulte de l'accord du 11 mai 1918 entre Allemands et Français, applicable dès le 15 mai. Il prévoit, entre autres, le retour en premier dans leur patrie des soldats captifs depuis août 1914, avec une priorité pour ceux âgés de plus de 45 ans, puis père de 3 enfants. Daniel Amauger ne remplissant pas les deux dernières conditions, c'est probablement pour cela qu'il ne rentre en France que fin juillet 1918.

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Re: Frontenay sur Dive 14-18

Message par regis 79 » lun. août 06, 2018 4:29 pm

Il y a cent ans, jour pour jour, le 06 août 1918……

Ce 06 août 1918, Joseph Depoys, mon grand-père, né à Frontenay en 1890, écrit à sa fiancée:

"Bourbonne, le 6 août 1918
Ma chère Marie
je répond* sans plus tarder a* ta lettre du 4 courant que j'ai reçue ce matin laquelle
me donne quelques nouvelles du pays.
Donc Fernand et Roger sont prisonniers tant mieux pour eux ils ne seront pas plus
mal qu'ils étaient, quant à Daniel, je savais qu'il était en route pour se rendre car
Radegonde me l'a écrit ces derniers jours il aura été heureux de coucher avec Clémence
en arrivant leur plaisir aura été bien doux et je voudrais bien pouvoir en faire autant.
Je t'envoie une vue de l'Etablissement thermal il y a dedans salle de billard
salle de jeu* et de lecture, cinéma phonographe etc.. en un mot toute sorte de distractions
pour MM les baigneurs tout cela se paye cher bien entendu et presque tout ça est
interrompu pour le moment vu qu'il y a peu de clients
Le temps est également raffraichi* de notre côté mais jusqu'ici très peu de pluie.
rien de plus particulier a* te dire aujourd'hui.
Bien le bonjour a* Daniel Marsault de ma part lorsque vous lui écrirez
Amitiés douces toujours et reçois un doux baiser de celui qui t'aime
et qui ne t'oublie pas Joseph
"

Fernand et Roger sont Fernand Auriau, fait prisonnier depuis le 27 mai 1918, interné à Minden et Roger Achard, fait prisonnier le 28 mai 1918, interné à Darnstadt.

Daniel, c'est Daniel Amauger, le jeune mari de Clémence Marsault.

L'autre Daniel, Daniel Marsault, le frère de Clémence, est prisonnier en Allemagne depuis le 15 septembre 1915 et son retour n'est pas annoncé.

Radegonde, c'est la sœur aînée du grand-père Joseph.

Au front comme en période de soins, le grand-père Joseph est informé régulièrement par sa fiancée de la situation des autres soldats de Frontenay. Daniel Amauger, qui bénéficie d'un échange de prisonniers, rentre le 29 juillet 1918 chez lui. Le 06 août suivant, Joseph Depoys en est déjà informé à 700 km de son domicile. Vu les conditions de l'époque, il faut quand même une formidable organisation pour transmettre le courrier en si peu de temps.
Et je suppose que l'organisation est aussi poussée pour le ravitaillement des troupes au front, la fabrication des munitions, l'évacuation des blessés, etc....

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