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Re: Destruction américaine ou française !

Publié : mar. janv. 20, 2026 10:41 pm
par Ingouf
Bonjour,

Complément d’information : 33e Division d’infanterie américaine. Voir la publication de Loloastre du 17 janvier déterminant les unités stationnées à Viéville-sous-les-Côtes.
À partir du 26 octobre 1918, cette unité américaine, sous commandement français (2e CAC), est déployée dans le secteur de Troyon. Du 28 octobre au 11 novembre 1918, ces Américains ont compté 329 hommes gazés par des gaz de combat. Le 10 novembre, veille de l’Armistice, le bois d’Harville, à plus de 10 kilomètres en avant de Viéville-sous-les-Côtes, est saturé de gaz au point que les combattants américains doivent s’en retirer (source : Gas Warfare in World War I, Cochrane, US Army Chemical Corps Historical Office, 1958).
Sur cette unité, une vidéo US National Archives :

https://youtu.be/qqbcJX9LZbU?si=wGSw7TUrwaJuB6LT

33rd Division, Molliens-au-Bois, août 1918.<br />Schram – Yagle – Komorowski – Koijano – Krum – Schabinger – Whitson – Eworedo – Wilkins – Lincky – Keane.<br />Photo sergent Jackson, référence NAID 55198340, archives des États-Unis.
33rd Division, Molliens-au-Bois, août 1918.
Schram – Yagle – Komorowski – Koijano – Krum – Schabinger – Whitson – Eworedo – Wilkins – Lincky – Keane.
Photo sergent Jackson, référence NAID 55198340, archives des États-Unis.
111-SC-19159_-_NARA_-_55198340.jpg (440.27 Kio) Consulté 48 fois


Dans le secteur de Viéville-sous-les-Côtes se trouve le 131st Infantry (First Infantry, Illinois National Guard). Son historique, disponible auprès de la Illinois State Library, décrit les opérations de nettoyage suivant l’Armistice. En voici une traduction :

Après l’armistice, toutes les unités du régiment, à l’exception de l’état-major régimentaire et d’un détachement de la compagnie hors rang, furent regroupées à Hannonville, où elles restèrent jusqu’au départ du bataillon provisoire vers Metz, puis jusqu’au moment où le régiment se mit en route vers la frontière allemande. La plaine de la Woëvre, qui se trouve dans l’angle nord-ouest du saillant de Saint-Mihiel, au pied du haut plateau sur lequel s’étend une grande forêt montagneuse, peut être observée depuis le bord de ce plateau sur de nombreux kilomètres en direction de Metz. Avant la guerre, elle était parsemée en tous sens de petits villages agricoles, dont on peut maintenant compter, depuis un seul point, plus d’une vingtaine en ruines. Les villages situés au pied des côtes, en bordure de la plaine, avaient été moins gravement bombardés et furent occupés pendant quatre ans par les troupes allemandes. Dans les collines, celles-ci firent construire d’immenses abris souterrains aux parois cimentées et, le long du versant, édifièrent de belles demeures pour les officiers, richement meublées grâce au butin pris aux habitants des villages situés en contrebas.



Guillaume détrôné à Metz en 1918.<br />Cette photo illustre l'historique du 131e régiment d'infanterie, et le passage consacré au &quot;nettoyage&quot; après l'Armistice. <br />Référence NAID 20809774, archives des États-Unis.
Guillaume détrôné à Metz en 1918.
Cette photo illustre l'historique du 131e régiment d'infanterie, et le passage consacré au "nettoyage" après l'Armistice.
Référence NAID 20809774, archives des États-Unis.
Ceremonies_-_Liberations_-_Lorrain-Metz_-_Wilhelm_I__dethroned__in_Metz._Wilhelm_I_has_descended_from_his__throne__in_Metz_by_the_citizens_and_soldiers_of_the_French_army_of_occupation_in_possession_of_the_city_-_NARA_-_20809774.jpg (995.54 Kio) Consulté 48 fois


Dans les bois, leurs voies ferrées à voie étroite s’étendaient dans toutes les directions pour le transport des canons et des approvisionnements. Le long de ces voies, dans des emplacements abrités, se trouvaient des pavillons de chasse et des bâtiments destinés à l’usage des officiers supérieurs, eux aussi somptueusement aménagés et pourvus de tout le confort moderne, y compris l’électricité, l’eau courante et des pianos. L’un d’eux était réservé comme résidence particulière du général von Hindenburg chaque fois qu’il se trouvait dans la région. Il était manifeste que leur intention était d’occuper durablement cette partie du pays et de la rattacher aux provinces voisines d’Alsace-Lorraine. Lorsque les Allemands furent chassés du saillant de Saint-Mihiel, tous les villages de la zone furent laissés dans un état de saleté répugnante. Après l’armistice, les troupes qui les traversaient et s’y arrêtaient pour la nuit y ajoutèrent encore leurs tas de boîtes de conserve et de détritus. Meubles, literie, vêtements et objets ménagers furent jetés dans les rues en monceaux atteignant parfois un mètre de hauteur. Nous eûmes la malchance d’être cantonnés dans certaines de ces localités du 11 novembre jusqu’environ le 6 décembre, et l’on nous confia la tâche du nettoyage. Dans notre secteur seulement, tout le régiment travailla pendant des semaines avant que l’on ne constate une amélioration et qu’un semblant d’ordre ne règne. Un seul envoi de matériel récupéré représenta à lui seul soixante-quinze voitures de marchandises, et nous enfouîmes et brûlâmes une quantité incroyable d’ordures et d’immondices.

Les divers historiques que j’ai consultés ne signalent pas la destruction du monument allemand de Viéville-sous-les-Côtes. On cherche toujours qui a fait le coup.

Bonnes recherches.
Bien cordialement.
Eric