Bonjour Pierre,
« nous travaillons actuellement sur un Schneider, que vous reconnaîtrez probablement. »
C’est une source secrète ? Pourquoi ne pas simplement dire que votre référence est l’autochrome du Fonds Albert Khan. Il reste assez probable qu’une partie des lecteurs de ce sujet ne posséderont pas cette référence.
On parle donc ici du Schneider M1 n° 61178 du S/L Porte, qui servait de char de Commandement au Chef d’Escadrons Bossut, dans les combats du 16 Avril 1918. Voir ci-dessous :
viewtopic.php?f=34&t=52617
Et un autre pour bien rappeler où était ce char et combien les récits et rapports à chaud de ces combats sont porteurs d’erreurs (ceci à propos de la place de ce char).
viewtopic.php?f=34&t=52641
« Nombre d'entre vous ont sans doute remarqué que les couleurs utilisées sont incorrectes, car la photo couleur disponible montre l'utilisation d'ocre dans son camouflage »
Ce char a été mis hors de combat le 16 AVRIL 1917, en partie brûlée et seulement photographié courant 1919, voir 1920. Les couleurs se sont donc très largement effacées.
Concernant votre affirmation sur la couleur ocre. Le côté gauche du char, placé en plein soleil, a été surexposé ce qui explique l’absence de détail et la neutralisation des couleurs claires comme l’ocre et le gris artillerie.
Les autochromes du Fonds Albert Khan, prise aussi après-guerre (près de la ferme de Cravençon), montre parfaitement le camouflage usine du St Chamond M2 n° 62607 avec, ici aussi l’emploi de l’ocre, et il intéressant de noter que le 62580, qui a été recamouflé, a un peu perdu de ces tons ocres.
Au final, pour le camouflage, voir aussi ce qui avait été dit dans le sujet qui suit :
viewtopic.php?f=34&t=52821
Quant à la capacité de l’intellIgence artificiel à distinguer les couleurs d’origine, sur des scans modernes de photos en noir et blanc (voir, avec retouches faites par le scanneur) et ce, sans même connaître l’objectif de l’appareil photo et le type de pellicule, utilisé à l’époque. Donc, à ce jour, de mon point de vue, tout ça relève beaucoup de la « faribole ».
Détail à supprimer sur cette maquette. Les concepteurs de cette maquette se sont basés sur le seul char photographié sur tous ses côtés qui était aussi le seul à avoir bricolé des cales en bois, pour bloquer les outils. Le 62178, n’en était pas équipé. Voir sujet qui suit :
viewtopic.php?f=34&t=52851
Numéros des tracks.
Dans le sujet qui suit est expliqué pourquoi des numéros, qui se révèlent ne pas être celui du char, sont parfois apparents sur des photos.
viewtopic.php?p=403372
«
Ce char devrait être équipé du panneau d'appel de l'Infanterie. Les photos existantes semblent indiquer le contraire, mais il est fort possible qu'il ait été détruit. »
Non ! Et comme un certain nombre d’autres chars des Groupements Chaubès et Bossut, la totalité des aménagements qui étaient prévus sur tous ces chars n’avaient pu être réalisés. Cela touchait tous les domaines (y compris le blindage).
«
fanion: Il me semble avoir lu sur le forum qu'il arborait un drapeau du Sacré-Cœur à l'arrière. Est-ce exact ? Si oui, quelqu'un sait-il où il se trouvait, car toutes les photos de chars équipés d'étendards que j'ai vues le montrent à l'avant ? »
Le fanion de Claire Ferchaud (qui n’est pas un drapeau !) faisait tout juste 20 cm. Il va falloir lire les sujets avec plus d’attention . . . Il tenait, pour une majorité de soldats qui y croyait, dans la poche de leur veste.
Votre drap de lit à l’arrière du char n’a rien à voir avec ça et il ne s’agissait nullement d’un fanion d’identification. Sur le char du Lt Delacommune, à Chaudardes, après les combats il est visible et ce fanion n’était qu’une prise de position personnel de catholiques pratiquants. Ce qui était aussi le cas d’autres chef de chars de l’AS 2
Etendard, c’est pour unités de cavalerie. Drapeau c’est pour les autres unités. Etendard plus petit que drapeau car, initialement le port à cheval, avec du vent, était compliqué par la taille.
Les ordres avec fanions, c’est autre chose (voir les nombreux règlements militaires dans Gallica).
Concernant le 61178, le sujet qui suit montre de qui était peut-être le fanion que le Cdt Bossut avait fait placé sur le char. Des photos du char détruit (il y en a une vingtaine) montre bien les restes de ce mat sur le char. Voir sujet qui suit :
viewtopic.php?f=34&t=52502
Les outils pouvaient être placés à droite ou à gauche selon les points d’attachent créés par les équipages et le choix du type d’outil était visiblement à l’initiative des équipages.
Les photos de chars détruits montrent bien qu’ils sont pillés rapidement de tout ce qui pouvait être utile aux combattants présents ou aux conquérants finaux du terrain.
Sur un char immobilisé, l’équipage, s’il en avait le temps, sabotait le moteur, le canon et une mitrailleuse, récupérait une mitrailleuse, des bandes et le trépied de mitrailleuse, pour combattre avec l’infanterie (et ou défendre le char). Les outils étaient leur toute dernière préoccupation.
Les bidons d’essence n’étaient pas emportés au combat. Les pleins des chars du Groupement Bossut ont été fait juste avant le pont de la Miette.
Le numéro de char, en petit sur la porte, n’est pas à sa place et dans une taille réglementaire. Il devait être à l’avant du char et, probablement aussi à l’arrière droit.
Pour un char, avant les combats, avoir des supports de poutres tordus et sans les madriers dont ils devaient être équipés n’est, de mon point de vue, pas cohérent. Ce d’autant qu’il possédait 4 crochets et donc deux madriers de chaque coté. . .
Au final, il aurait été judicieux de mieux lire tous ces sujets et de poser les questions avant de débuter cette maquette.
Bonne suite, avec la suivante - Michel