Les mutineries de la Mer Noire

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Terraillon Marc
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Re: Les mutineries de la Mer Noire

Message par Terraillon Marc » dim. févr. 04, 2007 11:21 pm

Bonsoir,

Je viens de terminer l'ouvrage de Cesar FAUXBRAS - "Mer Noire - les mutineries racontées par un mutin" et je recherche des ouvrages complémentaires sur cette période agitée de la Marine Nationale (1918 - 1919 - Intervention des forces allièes dans la guerre civile opposant russes blancs et bolcheviks), histoire d'avoir plusieurs avis et témoignages sur ces événements.

Si vous avez des références, je suis preneur

A bientot

Nota : l'ouvrage de FAUXBRAS (1935) conte le parcours d'un marin, qui justifie son comportement et ses actes dans une démarche "révolutionnaire" peu crédible. Il est difficile de faire la part des choses entre le "temoignage", les parties romancées ou exagérées.
Cordialement
Marc TERRAILLON

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Ar Brav
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Re: Les mutineries de la Mer Noire

Message par Ar Brav » lun. févr. 05, 2007 10:55 am

Bonjour à tous,
Bonjour Marc,

J'ai trouvé ceci :
TILLON Charles, La révolte vient de loin, Paris, Julliard, 1969, 558 p.
MARTY André, Les Mutins de la Mer Noire (désolé, je n'ai pas l'éditeur, çà doit se trouver dans le gougleu)
LE RAMEY Jean, Mutins de la mer noire [Livre] [*1 doc.] - 1973
RAPHAËL-LEYGUES Jacques, Les Mutins de la mer Noire [Livre] - 1913-1994 [*8 doc.] - 1981

http://sbibbh.si.bm-lyon.fr/cgi-bin/bes ... 6&y=14

Et un petit topo trouvé sur le net qui me semble tenir la route (le propos est "orienté", à chacun de faire le tri) :

"Le 18 décembre 1918, les troupes françaises débarquent à Odessa. Les soldats deja mécontents d'avoir à "remettre ça" vont vite prendre conscience du pourquoi de leur intervention : ils sont accueillis par une large diffusion de tracts, de brochures, de journaux, rédigés en français par "le groupe communiste français" agissant en étroit accord avec les bolcheviks russes. Oui, deja des communistes français, deux ans avant le Congrès de Tours ! Ce groupe est animé par Jeanne Labourbe, venue en Russie en 1896 pour enseigner le français à des jeunes filles de l'aristocratie. Cette courageuse révolutionnaire sera executée avec neuf de ses camarades le 1er mars 1919 par des officiers français et russes blancs. Son nom était honoré dans toute l'Union Soviétique.
Dés janvier-février 1919, le 58ème régiment d'infanterie sera le premier à refuser de combattre, en mars le 176ème en fait autant. Début avril, ce sont les sapeurs du 7ème génie qui se révoltent les armes à la main et chassent leurs officiers. Des unités entières quittent Odessa, crosses en l'air en chantant l'Internationale. Le refus de se battre s'étend aux garnisons de Nikolaiev, Kherson, Sebastopol. La révolte gagne la Marine.
A Galaz le 15 avril 1919, un petit groupe de marins révolutionnaires du croiseur Le Protet, se réunit à l'extérieur du navire pour mettre au point une opération qui devrait les en rendre maitres. Fuite ou délation ? Sitot leur retour à bord, le commandant et d'autres gradés, revolver au poing, conduisent aux arrêts de rigueur quatre de ces marins dont l'ingénieur-mécanicien André Marty considéré comme le meneur étant donné sa réputation révolutionnaire. Si ces arrestations font échouer le projet, elles renforcent par contre la colère des équipages.

Généralisation de la révolte

A Sébastopol, le 19 avril, à partir d'un simple mouvement revendicatif, le refus des marins du cuirassé France d'embarquer 700 tonnes de charbon le jour de Paques (jour férié), on en arrive à la revendication à caractère révolutionnaire. L'équipage se rassemble sur la plage avant du navire en scandant "pas de charbon, ni demain, ni lundi !" et en chantant des refrains anti-militaristes à la mode. Puis les marins se mettent à revendiquer leur retour en France aux cris de "à Toulon, à Toulon !", le drapeau rouge est hissé et l'Internationale retentit, vite reprise par les marins de Jean Bart ancré à proximité.
Le lendemain 20 avril jour de Paques, les équipages d'autres navires suivent l'exemple du France et du Jean Bart, ceux du Kherson, du Justice, du Vergniaud, du Chayla. Ils quittent les navires et fraternisent avec la population; une manifestation spontanée se forme; travailleurs russes et marins français défilent ensemble, drapeaux rouges déployés, l'Internationale est chantée en français et en russe. Ils sont deja plus de 3000 dont 200 à 300 marins français, quand soudain rue Morskaia, sans sommations, des salves de mitrailleuses et de fusils balaient la rue, faisant de nombreux morts et blessés. La nouvelle se répand vite provoquant une immense colère chez les marins. Le soir de la fusillade, l'officier français qui a commandé le tir se suicide.
La révolte devient générale. Les équipages mutinés, "arborant aux mats le drapeau rouge, refusant les ordres de combat" (paroles d'une chanson de l'époque à la gloire des mutins) deviennent maitres de tous les navires et pas seulement à Sébastopol.


Quelques jours plus tard, la flotte française de la Mer Noire est ramenée en France, le commandement ne pouvant rétablir son autorité qu'à ce prix. Quand cette nouvelle est connue, la mutinerie s'étend aux navires qui transportent les troupes françaises vers la Russie, à Toulon, à Brest, à Bizerte, à Malte. La répression est violente. Charles Tillon auteur de la pétition qui déclencha la révolte de Guichen est envoyé au bagne. Mais les mutineries firent de l'intervention combinée des puissances capitalistes un fiasco et provoqua son arrêt. Privées de ce soutien décisif, les armées blanches furent écrasées par la jeune Armée Rouge Ouvrière et Paysanne, la Révolution Socialiste d'Octobre était sauvée.
Si le gouvernement français ordonna à l'Etat Major de faire machine arrière, face à la puissance des mutineries, c'est qu'en France les mutineries de la Mer Noire eurent le soutien de la classe ouvrière et des milieux populaires. Leur répercussion se fit sentir jusqu'à la Chambre des Députés. De nombreux adhérents du Parti Socialiste se déclarèrent solidaires de la Révolution socialiste et des mutins français qui la soutenaient. Ces révolutionnaires internationalistes mèneront une campagne pour l'adhésion à la 3ème Internationale communiste; ils seront majoritaires au Congrès de Tours qui donnera naissance au Parti Communiste Français (Section Française de l'Internationale Communiste). Un des premiers grands combats du jeune parti sera celui pour la libération et l'amnistie d'André Marty, Charles Tillon et de tous les mutins emprisonnés et déportés dans les bagnes."

Cordialement,
Franck
www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.

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Terraillon Marc
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Re: Les mutineries de la Mer Noire

Message par Terraillon Marc » lun. févr. 05, 2007 10:08 pm

Bonjour et merci pour cette liste,

Les auteurs sont à premiere vue d'anciens mutins (Marty, Tillon, ..) et il est difficile de se faire une idée sur la préparation du mouvement, son réel impact sur les évenements en Russie.
Je vais néanmoins essayer de trouver les ouvrages
A bientot
Cordialement
Cordialement
Marc TERRAILLON

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krystoff47
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Re: Les mutineries de la Mer Noire

Message par krystoff47 » ven. févr. 22, 2008 1:11 pm

Bonjour et merci pour cette liste,

Les auteurs sont à premiere vue d'anciens mutins (Marty, Tillon, ..) et il est difficile de se faire une idée sur la préparation du mouvement, son réel impact sur les évenements en Russie.
Je vais néanmoins essayer de trouver les ouvrages
A bientot
Cordialement
le vrai mutin de la mer noire c est moi marty et tillon n ont rien fait,voici le document de mon grand pere que de son vivant nous a toujours dit ne jamais en parler , nous serions en danger de mort , quand on est petit cela fait peur, mais maintenant y en a marre que d autres passe pour des heros a ca place son surnon a mon grand pere etait `lagardere' il ont tout fait avec son ami dit `virgile' je ne c est pas si cela a des consequences grave de devoiler la verite ; ne serait ce que pour l histoire et moi je l as connait vraiment a bientot

Dieulet
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Re: Les mutineries de la Mer Noire

Message par Dieulet » sam. févr. 23, 2008 10:41 am

Bonjour Marc,bonjour à tous
Le livre d'André MARTY "La révolte de la Mer Noire " a été édité par le Bureau d'Editions de Diffusion et de Publicité? 132 Faubourg St Denis PARIS Xé .
Livre en deux tomes édité en 28 ou 29.
Cordialement .
Jean
Au cent quarante septiem',les soldats sont toujours les mêmes !
Mon vieux cent quarante sept, repris' tes chaussettes !

ALVF
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Re: Les mutineries de la Mer Noire

Message par ALVF » sam. févr. 23, 2008 7:56 pm

Bonsoir,

Pour se faire une idée plus objective et moins passionnée de cette période difficile de l'histoire de la Marine,je cite un ouvrage très documenté écrit par l'ancien chef de la Section historique du SH de la Marine:

Philippe Masson---La Marine française et la Mer Noire 1918-1919---Editions de la Sorbonne 1982 et réédition 1995.

Cordialement, G.F.

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Terraillon Marc
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Re: Les mutineries de la Mer Noire

Message par Terraillon Marc » lun. juil. 28, 2008 9:57 am

Bonjour et merci pour toutes ces informations !

Je vais essayer de trouver l'ouvrage de Masson pour mettre en perspective évenements et témoignages.

(désolé pour la réponse tardive mais je n'avais pas coché la notification de réponse)

A bientot
Cordialement
Marc TERRAILLON

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Terraillon Marc
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Re: Les mutineries de la Mer Noire

Message par Terraillon Marc » mar. juil. 29, 2008 12:06 am

Bonsoir

Je reviendrais sur le sujet dans la rubrique Marine

A bientot
Cordialement
Marc TERRAILLON

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Putine
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Re: Les mutineries de la Mer Noire

Message par Putine » jeu. mars 01, 2018 4:39 pm

Bonjour a tous !

La theme est tres interessant. Existaient-ils d' autres travaux ? :jap:

Bien cordialement
Igor

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plougous
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Re: Les mutineries de la Mer Noire

Message par plougous » lun. avr. 15, 2019 3:40 pm

Un article du Télégramme du 14 avril 2019:


1919. Des Bretons dans les mutineries de la mer Noire


L’armistice de novembre 1918 ne met pas fin pour autant à la Première Guerre mondiale, qui se poursuit à l’est de l’Europe. Soldats d’infanterie et marins - dont un grand nombre de Bretons - sont redéployés face à l’armée bolchevique. Une décision incompréhensible qui se traduit par une série de mutineries en avril 1919 sur les navires stationnés en mer Noire.

11 novembre 1918, alors que les combats cessent sur le front occidental, et que la France voit enfin s’interrompre une guerre commencée plus de quatre ans plus tôt sur son territoire, une partie des troupes terrestres et marines restent mobilisées et sont envoyées sur le front d’Orient. Malgré la reddition des troupes austro-hongroises et turques, le conflit se poursuit sur les pourtours de la mer Noire. Les Alliés ont décidé, malgré les réserves du président américain Wilson, de soutenir les troupes tsaristes opposées aux armées bolcheviques, après la Révolution russe de 1917. L’escadre de la mer Noire commandée par un Breton, le vice-amiral Amet, est envoyée pour soutenir les troupes au sol, mais rencontre de nombreuses difficultés. « À une situation politique particulièrement complexe sur le terrain, s’ajoute la défaillance complète du ravitaillement et des communications, expliquent Jean-Baptiste Bruneau et Thomas Vaisset dans « Histoire d’une révolution, la Marine depuis 1870 ». Surtout, l’intervention se heurte à l’incompréhension des équipages qui, la paix revenue en Europe, n’aspirent plus qu’à regagner au plus vite leurs foyers ».

Refus de combattre

D’autant plus que nombre d’entre eux n’ont pas eu de permission depuis près de deux ans ! « L’équipage se trouvait déjà à bout de souffle et de patience après l’armistice, le 11 novembre 1918, raconte dans ses mémoires Charles Tillon, homme politique breton, alors jeune marin embarqué sur le Suffren. Tout le monde désirait donc mettre le cap vers Brest et la longue permission. Sauf notre commandant à qui il manquait six mois de combats pour bénéficier d’un grade supérieur… »

Un mois après l’armistice du 11 novembre 1918, les troupes françaises débarquent, encadrées par l’escadre du vice-amiral Amet, à Sébastopol et Odessa, deux ports stratégiques de la mer Noire. À terre, l’infanterie refuse à plusieurs reprises d’engager le combat contre les troupes bolcheviques. Mais c’est le projet avorté de prise de contrôle du torpilleur le Protêt par l’officier mécanicien André Marty le 16 avril qui marque le lancement des mutineries dans la Marine française.

Sympathies révolutionnaires

« L’affaire des marins de la mer Noire est plus ancienne que les événements d’avril 1919 qui ne sont que les conséquences de l’action révolutionnaire menée à bord du France dès 1914 […] par les jeunes camarades des Jeunesses syndicalistes de Nantes, Saint-Nazaire, Brest et Paris, embarqués au titre des classes 1912 et 1913… », raconte Albert Cané, animateur du comité des marins.

Plusieurs éléments déclencheurs sont à l’origine des mutineries. Outre la volonté des équipages de rejoindre la France et d’être démobilisés, la mise aux fers de Marty et l’annonce d’une corvée de ravitaillement le jour de Pâques échauffent les esprits. De plus, des permissionnaires descendus manifester en ville sont pris à partie par des troupes grecques, qui ouvrent le feu, faisant plusieurs morts. Il n’en faut pas plus pour que le vent de révolte se propage le 19 avril, comme l’explique le témoignage du matelot finistérien Jean Le Lann, embarqué sur le Jean-Bart : « Le samedi de Pâques, à 20 h, l’équipage du cuirassé France chantait l’Internationale, cela a duré jusqu’à 2 h du matin. Le lendemain, le drapeau rouge était hissé à la poupe du bâtiment. »

La contestation touche également le Jean-Bart, puis une bonne partie des bâtiments français situés dans la zone. Parmi les marins, une majorité sont d’anciens ouvriers, parfois politisés, et avec une expérience syndicale qui éprouvent de la sympathie pour les idéaux communistes.

Un retour en France précipité


Face aux troubles, le vice-amiral Amet accepte de recevoir les délégués des matelots pour écouter leurs doléances. Ils en ont assez d’être loin de la France, souffrent de l’extrême discipline qui règne à bord, du manque de permission et de distractions, mais aussi de l’absence de courrier, limitant les nouvelles de leurs proches. Le commandant breton tente de les raisonner en faisant appel à leur honneur, en vain. Il s’engage alors à satisfaire leurs demandes et à obtenir le retour en France dans les plus brefs délais. Il promet également qu’aucune sanction ne sera prise contre les mutins. Ces concessions permettent rapidement de rétablir le calme au sein de la flotte française stationnant en mer Noire.

« Bien qu’épiphénomène historique, l’importance du nombre de marins bretons sur les navires de la flotte dont le France, le Jean-Bart et le Waldeck-Rousseau entre autres, rend cet épisode intéressant pour l’histoire régionale bretonne », explique Fabien Schaeffer dans la revue En Envor.

Après plusieurs jours de troubles, les navires reprennent la direction de l’Hexagone, pour le plus grand bonheur des matelots. En réalité, ce départ avait été programmé par l’État-major en amont des mutineries. Celles-ci auront cependant eu pour conséquence de le précipiter.

Pour en savoir plus
« L’histoire d’une révolution, la Marine depuis 1870 », collectif, Études Marines n°4, centre d’études supérieures de la Marine, 2013.« La Marine française et la mer Noire (1918-1919) » de Philippe Masson, éditions de La Sorbonne, 1982.« De la Bretagne et du front d’Orient pendant la Première Guerre mondiale » de Fabien Schaeffer, revue historique en ligne En Envor : enenvor.fr

© Le Télégramme https://www.letelegramme.fr/


en complément

Récit d’une mythologie bretonne et communiste

Même si elles ne durent que quelques jours, les mutineries de la mer Noire d’avril 1919 ont des répercussions les mois suivants dans la Marine nationale. « La crise qui touche la Marine reste malgré tout profonde. Au mois de juin, un deuxième mouvement de mutinerie, probablement inspiré par les troubles du mois d’avril, touche des bâtiments stationnant en Méditerranée orientale (le Guichen, le Paris…) mais aussi plusieurs ports de métropole (Brest, Lorient, Toulon…), explique l’historien Matthieu Lépine sur son blog. Les marins refusent notamment d’être envoyés en Russie et de servir de mercenaires aux forces contre-révolutionnaires. »

C’est lors de ce deuxième épisode qu’un autre Breton se distingue : Charles Tillon. Embarqué comme mécanicien sur le Guichen, il apprend dans le journal L’Humanité l’arrestation et la condamnation d’André Marty après les mutineries d’avril, sur les bâtiments de la flotte de la mer Noire. En juin, alors que le croiseur mouille au large d’Itea en Grèce, il fait signer une pétition à ses compagnons d’équipage exigeant leur retour en métropole. La mutinerie est rapidement matée et Tillon, arrêté, passe en cour martiale à Brest. Comme Marty, le Breton est condamné à cinq ans de bagne, avant d’être amnistié à la suite de la campagne menée en faveur des mutins de la mer Noire.

Cette condamnation fera des deux hommes les figures de ces mutineries dans la Marine, et les héros du Parti communiste français, dont ils deviendront des personnalités importantes. De retour en Bretagne, Charles Tillon sera un élément incontournable de la vie politique et syndicale du pays bigouden, où il soutient notamment les grèves des sardinières, en 1925. Il intégrera, dix ans plus tard, le comité central du Parti communiste français, sera nommé ministre à la Libération, avant d’être exclu du PCF, en même temps qu’André Marty, en 1952…

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