
ÉLISABETH-MARIE — Patrouilleur auxiliaire, ex-chalutier arcachonnais ARC. 1179 (1915~1919).
Re: ELISABETH MARIE - Patrouilleur Auxiliaire
Voici une autre carte postale montrant le chalutier à Bizerte, les protections antiprojectiles ne sont pas encore en place.


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olivier 12
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Re: ÉLISABETH-MARIE — Patrouilleur.
Bonjour à tous,
ELIZABETH MARIE
Attaque par sous-marin le 9 Mai 1918
Rapport de l’Enseigne de Vaisseau de 1ère classe ANGOT, commandant
Appareillé le 7 Mai à 14h00 de Toulon accompagnant un convoi composé du transport SEINE, chef de convoi, et du grand vapeur anglais sur lest BLACKHEATH. Les escorteurs sont ELIZABETH MARIE, chef d’escorte, JEAN DORE et ARMEN.
Le 8 Mai vers 16h00, passons près de deux baleinières et de nombreux débris.
Le 9 Mai à 06h00, la formation du convoi est la suivante : JEAN DORE en avant du convoi à 1,5 mille, SEINE et BLACKHEATH en ligne de front à 400 m faisant des zigzags, ELIZABETH MARIE faisant des zigzags irréguliers un peu sur l’arrière du travers de SEINE, ARMEN à 6 quarts sur l’arrière du travers du vapeur anglais à 600 m (en arrière du poste qui lui avait été assigné). Vitesse 8 nœuds, route moyenne N71E. Vent de NW assez frais, mer agitée.
A 06h00 SEINE signale qu’il vient d’apercevoir un voilier qui a disparu dans l’Est. Je préviens les hommes de quart d’être attentifs à la veille et ne quitte plus la passerelle
A 07h04, BLACKHEATH donne un coup de sifflet et vient sur la gauche. J’aperçois à30 m sur son arrière une torpille en surface se dirigeant sur l’avant de notre passerelle. La distance est de 800 m et la torpille vient d’un quart sur l’avant du travers à très grande vitesse. Fait augmenter la vitesse, mis à gauche toute et donné 8 coups de sirène. Appelé aux postes de combat. La machine obéit et la torpille passe à 15 m de l’arrière. J’estime que les deux manœuvres simultanées ont été nécessaires pour l’éviter étant donné le grand rayon de giration d’ELIZABETH MARIE et sa grande longueur. Le point duquel la torpille a été lancée est visible et décelé par un fort bouillonnement d’où est partie la trainée huileuse. Lancé des grenades à 400 m de ce point et sous le vent en tournant autour à la même distance. J’ai observé une grande tache noire due à l’explosion des grenades. Elles ont toutes bien éclaté. Seule l’explosion de la 2e a été ressentie à bord. Je suis resté quelques minutes sur les lieux et, ne voyant rien, ai rallié le convoi qui avait augmenté de vitesse.
ARMEN, qui se trouvait plus près que moi de la position du sous-marin, n’a rien fait pour attaquer. Le QM chef de quart a vu la torpille et s’est contenté de dire : « Deux hommes à la pièce, prêts à tirer ». Il a prévenu son commandant auquel j’avais recommandé avant de partir de ne pas hésiter à lancer des grenades en cas d’attaque.
Voici les télégrammes envoyés par SEINE :
07h00 SOS. SEINE torpillé (en clair)
07h15 Allo.
08h15 Tout le convoi sauvé
10h45 Télégramme d’explication
Le sous-marin ne semble pas s’être manifesté à nouveau et le Allo du CYCLAMEN ne saurait lui être appliqué.
Remarques
L’éclaireur qui ne zigzaguait pas a indiqué notre route au sous-marin qui a pu se placer à coup sûr. La protection exercée par ARMEN a été très faible sa vitesse trop petite ne lui permettant pas de tenir son poste correctement.
Le sous-marin attaquant
C’était l’UB 52 de l‘Oblt Otto LAUNBURG.
Suite du rapport
Le 12 Mai, étant dans le port de Messine, nous avons assisté au départ de deux paquebots italiens chargés de troupes. A 16h45, nous avons entendu une forte explosion et depuis la hune nous voyons le paquebot VERONA en train de couler à ½ mille dans le Sud de Reggio. Nous nous préparions à changer de mouillage et la machine était parée. Nous avons appareillé aussitôt et avons pu sauver avec notre baleinière trois italiens sur le point de se noyer dont un était blessé sérieusement. Après une heure de soins, nous avons pu le ramener à la vie et l’avons remis à l’Autorité italienne de Messine.
Je vous signale le dévouement dont a fait preuve en cette circonstance le QM de manœuvre LEFEBURE, patron de la baleinière, et le second maître mécanicien PESQUER, qui a soigné les rescapés avec intelligence et dévouement. Ce second maître est titulaire de trois propositions pour le brevet supérieur et je vous demanderai de le proposer pour le grade supérieur en raison de sa bonne conduite les 9 et 12 Mai.
Note manuscrite du Commandant des Patrouilles de Port Vendres, au bas de ce rapport
Le commandant d’AR MEN a reçu un blâme du Commandant de la 4e escadrille.
Voici le paquebot VERONA

Il fut torpillé, le 12 Mai semblerait-il, par l’UC 52 de l’Oblt z/s Hellmuth Von DOEMMING. Ce fut le plus gros navire coulé par ce commandant et il y eut 880 victimes.
Cdlt
ELIZABETH MARIE
Attaque par sous-marin le 9 Mai 1918
Rapport de l’Enseigne de Vaisseau de 1ère classe ANGOT, commandant
Appareillé le 7 Mai à 14h00 de Toulon accompagnant un convoi composé du transport SEINE, chef de convoi, et du grand vapeur anglais sur lest BLACKHEATH. Les escorteurs sont ELIZABETH MARIE, chef d’escorte, JEAN DORE et ARMEN.
Le 8 Mai vers 16h00, passons près de deux baleinières et de nombreux débris.
Le 9 Mai à 06h00, la formation du convoi est la suivante : JEAN DORE en avant du convoi à 1,5 mille, SEINE et BLACKHEATH en ligne de front à 400 m faisant des zigzags, ELIZABETH MARIE faisant des zigzags irréguliers un peu sur l’arrière du travers de SEINE, ARMEN à 6 quarts sur l’arrière du travers du vapeur anglais à 600 m (en arrière du poste qui lui avait été assigné). Vitesse 8 nœuds, route moyenne N71E. Vent de NW assez frais, mer agitée.
A 06h00 SEINE signale qu’il vient d’apercevoir un voilier qui a disparu dans l’Est. Je préviens les hommes de quart d’être attentifs à la veille et ne quitte plus la passerelle
A 07h04, BLACKHEATH donne un coup de sifflet et vient sur la gauche. J’aperçois à30 m sur son arrière une torpille en surface se dirigeant sur l’avant de notre passerelle. La distance est de 800 m et la torpille vient d’un quart sur l’avant du travers à très grande vitesse. Fait augmenter la vitesse, mis à gauche toute et donné 8 coups de sirène. Appelé aux postes de combat. La machine obéit et la torpille passe à 15 m de l’arrière. J’estime que les deux manœuvres simultanées ont été nécessaires pour l’éviter étant donné le grand rayon de giration d’ELIZABETH MARIE et sa grande longueur. Le point duquel la torpille a été lancée est visible et décelé par un fort bouillonnement d’où est partie la trainée huileuse. Lancé des grenades à 400 m de ce point et sous le vent en tournant autour à la même distance. J’ai observé une grande tache noire due à l’explosion des grenades. Elles ont toutes bien éclaté. Seule l’explosion de la 2e a été ressentie à bord. Je suis resté quelques minutes sur les lieux et, ne voyant rien, ai rallié le convoi qui avait augmenté de vitesse.
ARMEN, qui se trouvait plus près que moi de la position du sous-marin, n’a rien fait pour attaquer. Le QM chef de quart a vu la torpille et s’est contenté de dire : « Deux hommes à la pièce, prêts à tirer ». Il a prévenu son commandant auquel j’avais recommandé avant de partir de ne pas hésiter à lancer des grenades en cas d’attaque.
Voici les télégrammes envoyés par SEINE :
07h00 SOS. SEINE torpillé (en clair)
07h15 Allo.
08h15 Tout le convoi sauvé
10h45 Télégramme d’explication
Le sous-marin ne semble pas s’être manifesté à nouveau et le Allo du CYCLAMEN ne saurait lui être appliqué.
Remarques
L’éclaireur qui ne zigzaguait pas a indiqué notre route au sous-marin qui a pu se placer à coup sûr. La protection exercée par ARMEN a été très faible sa vitesse trop petite ne lui permettant pas de tenir son poste correctement.
Le sous-marin attaquant
C’était l’UB 52 de l‘Oblt Otto LAUNBURG.
Suite du rapport
Le 12 Mai, étant dans le port de Messine, nous avons assisté au départ de deux paquebots italiens chargés de troupes. A 16h45, nous avons entendu une forte explosion et depuis la hune nous voyons le paquebot VERONA en train de couler à ½ mille dans le Sud de Reggio. Nous nous préparions à changer de mouillage et la machine était parée. Nous avons appareillé aussitôt et avons pu sauver avec notre baleinière trois italiens sur le point de se noyer dont un était blessé sérieusement. Après une heure de soins, nous avons pu le ramener à la vie et l’avons remis à l’Autorité italienne de Messine.
Je vous signale le dévouement dont a fait preuve en cette circonstance le QM de manœuvre LEFEBURE, patron de la baleinière, et le second maître mécanicien PESQUER, qui a soigné les rescapés avec intelligence et dévouement. Ce second maître est titulaire de trois propositions pour le brevet supérieur et je vous demanderai de le proposer pour le grade supérieur en raison de sa bonne conduite les 9 et 12 Mai.
Note manuscrite du Commandant des Patrouilles de Port Vendres, au bas de ce rapport
Le commandant d’AR MEN a reçu un blâme du Commandant de la 4e escadrille.
Voici le paquebot VERONA

Il fut torpillé, le 12 Mai semblerait-il, par l’UC 52 de l’Oblt z/s Hellmuth Von DOEMMING. Ce fut le plus gros navire coulé par ce commandant et il y eut 880 victimes.
Cdlt
olivier
ÉLISABETH-MARIE — Patrouilleur auxiliaire, ex-chalutier arcachonnais ARC. 1179 (1915~1919).
Bonsoir à tous,
Lancement du chalutier Élisabeth-Marie
La Prairie-au-Duc, Nantes, 23 avril 1914
La Prairie-au-Duc, Nantes, 23 avril 1914
• Le Phare de la Loire, n° ..., Samedi 25 avril 1914, p. 3.
• L’Ouest-Éclair — éd. de Rennes —, n° 5.601, Lundi 27 avril 1914, p. 9.
• La Croix des Marins, n° 1.048, Dimanche 3 mai 1914, p. 3.
[Lire : « Abbé LECRIOUX »]
• Le Yacht — Journal de la Marine —, n° 1.887,
Samedi 9 mai 1914, p. 302.
Samedi 9 mai 1914, p. 302.
Dernière modification par Rutilius le lun. janv. 12, 2026 6:45 pm, modifié 5 fois.
Re: ÉLISABETH-MARIE — Patrouilleur auxiliaire, ex-chalutier arcachonnais ARC. 1179 (1915~1919).
Bonjour Daniel, bonjour à tous,
Il existe un autre sujet sur le même navire, sauf erreur de ma part : viewtopic.php?t=45167
Si cela est confirmé, je fusionnerai les deux sujets.
A bientôt.
Il existe un autre sujet sur le même navire, sauf erreur de ma part : viewtopic.php?t=45167
Si cela est confirmé, je fusionnerai les deux sujets.
A bientôt.
Cordialement / Best regards
Marc.
A la recherche des navires et des marins disparus durant la Grande Guerre.
Marc.
A la recherche des navires et des marins disparus durant la Grande Guerre.
Re: ELISABETH MARIE - Patrouilleur Auxiliaire
Bonjour à tous,
Une digression dominicale avec une image du chalutier ELISABETH MARIE (2ème du nom - ex UWE - 1939) extraite du site https://pop.culture.gouv.fr/notice/memo ... 135T000099
Et la fin de l'histoire du couple : https://www.fecamp-terre-neuve.fr/navir ... eth-marie/
A bientôt.
Une digression dominicale avec une image du chalutier ELISABETH MARIE (2ème du nom - ex UWE - 1939) extraite du site https://pop.culture.gouv.fr/notice/memo ... 135T000099
Et la fin de l'histoire du couple : https://www.fecamp-terre-neuve.fr/navir ... eth-marie/
A bientôt.
Cordialement / Best regards
Marc.
A la recherche des navires et des marins disparus durant la Grande Guerre.
Marc.
A la recherche des navires et des marins disparus durant la Grande Guerre.
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capu rossu
- Messages : 275
- Inscription : mer. juil. 19, 2017 2:00 am
- Localisation : Martigues
Re: ÉLISABETH-MARIE — Patrouilleur auxiliaire, ex-chalutier arcachonnais ARC. 1179 (1915~1919).
Bonsoir,
Photo postérieure au 07/03/1932, date de son acquisition par V Triboulet armateur à Fécamp. Son matricule du port de Fécamp est "F.1079".
Entre 1914 et 1930, il était inscrit à Arcachon avec le matricule "ARC.1179".
Pour la période 1930 - 1932, au Havre, je n'ai pas de matricule.
@+
Alain
Photo postérieure au 07/03/1932, date de son acquisition par V Triboulet armateur à Fécamp. Son matricule du port de Fécamp est "F.1079".
Entre 1914 et 1930, il était inscrit à Arcachon avec le matricule "ARC.1179".
Pour la période 1930 - 1932, au Havre, je n'ai pas de matricule.
@+
Alain
Re: ÉLISABETH-MARIE — Patrouilleur auxiliaire, ex-chalutier arcachonnais ARC. 1179 (1915~1919).
Bonjour Alain, bonjour à tous,
La photo date de 1949 et c'est le deuxième du nom !
Petite touche poétique avant de reprendre le cours des recherches historiques
A bientôt.
La photo date de 1949 et c'est le deuxième du nom !
Petite touche poétique avant de reprendre le cours des recherches historiques
A bientôt.
Cordialement / Best regards
Marc.
A la recherche des navires et des marins disparus durant la Grande Guerre.
Marc.
A la recherche des navires et des marins disparus durant la Grande Guerre.
ÉLISABETH-MARIE — Patrouilleur auxiliaire, ex-chalutier arcachonnais ARC. 1179 (1915~1919).
Bonjour à tous,
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Élisabeth-Marie [II] — Chalutier fécampois F. 1079, ex-dragueur allemand —
Armement Victor Friboulet (1948~1951)
Armement Victor Friboulet (1948~1951)
• Le Télégramme de Brest et de l’Ouest, n° 1.053,
Samedi 6, Dimanche 7 mars 1948, p. 3.
Samedi 6, Dimanche 7 mars 1948, p. 3.
• Le Télégramme de Brest et de l’Ouest, n° 1.055,
Mardi 9 mars 1948, p. 2.
Mardi 9 mars 1948, p. 2.
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Élisabeth-Marie [II] — Chalutier fécampois F. 1079 — Société dite « Produits alimentaires de l’Océan » (P.A.D.O.) (1948~1951).Ex-dragueur allemand construit en 1939 par la société Norderwerf Köser u. Meyer, de Hambourg, bâti-ment coulé par la Royal Air Force le 29 août 1944 à Brest. Alors dénommé « Épave 82 », renfloué en 1947, puis reconverti en chalutier pour le compte de la société dite « Produits alimentaires de l’Océan » (P.A.D.O.), personne morale constituée le 4 mai 1934 à Fécamp par Victor Alfred FRIBOULET.
Acquis le 14 septembre 1951 par la société d’armement allemande Hanseatische Hochseefischerei Ak-tiengessellschaft établie à Brême. Renommé Hoherweg (BX 606) ; attaché au port de Brême ; signal dis-tinctif : D.E.U.O.
Cédé le 27 juillet 1953 à l'armement C. Andersen, de Hambourg ; renommé Uwe (HH 254) ; attaché au port de Hambourg.
Caractéristiques générales. — Jauge : 516 tx jb et 191 tx jb (1951). Dimensions : 177.8 x 27.7 x 13.5 ft [54,19 x 8,44 x 4,11 m]. Propulsion : Machine à triple expansion comportant trois cylindres et action-nant des tubines, construite par la société Deschimag Werk Seebeck, de Brême. Vitesse : ... nd.
[• Lloyd’s Register 1952, A. à L., Suppl., n° 36.415, p. num. 1.235]
Acquis le 14 septembre 1951 par la société d’armement allemande Hanseatische Hochseefischerei Ak-tiengessellschaft établie à Brême. Renommé Hoherweg (BX 606) ; attaché au port de Brême ; signal dis-tinctif : D.E.U.O.
Cédé le 27 juillet 1953 à l'armement C. Andersen, de Hambourg ; renommé Uwe (HH 254) ; attaché au port de Hambourg.
Caractéristiques générales. — Jauge : 516 tx jb et 191 tx jb (1951). Dimensions : 177.8 x 27.7 x 13.5 ft [54,19 x 8,44 x 4,11 m]. Propulsion : Machine à triple expansion comportant trois cylindres et action-nant des tubines, construite par la société Deschimag Werk Seebeck, de Brême. Vitesse : ... nd.
[• Lloyd’s Register 1952, A. à L., Suppl., n° 36.415, p. num. 1.235]
Dernière modification par Rutilius le mar. janv. 13, 2026 7:21 pm, modifié 1 fois.