GENERAL GALLIENI - Compagnie des Messageries Maritimes

Marine, bateaux & marins pendant la Grande Guerre
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Ar Brav
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Re: GENERAL GALLIENI - Compagnie des Messageries Maritimes

Message par Ar Brav » dim. nov. 29, 2009 1:54 pm

Bonjour à tous,

GENERAL GALLIENI Cargo mixte saisi ex-austro-hongrois Marienbad, puis Compagnie des Messageries Maritimes (1916-1937)

La fiche Miramar du navire :

IDNo: 5603577
Year: 1913
Name: MARIENBAD
Type: Passenger/cargo
Date of completion: 07.1913
Flag: AUH
Tons: 8448
Yard No: 22
LPP: 137.9
Beam: 17.2
Builder: San Rocco Cant.
Location of yard: San Rocco
Number of
screws/Mchy/
Speed(kn): 2Q-16
End: 1937

History:

1913 : MARIENBAD (Lloyd Austriaco, Trieste, AUH)
1916 : GENERAL GALLIENI (French Govt, gérance Messageries Maritimes)
1923 : PELLERIN DE LATOUCHE (Cie Générale Transatlantique)

Disposal Data:

BU Emden 22.04.1937

http://www.miramarshipindex.org.nz/ship/show/169030

Cordialement,
Franck
www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.

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Ar Brav
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Re: GENERAL GALLIENI - Compagnie des Messageries Maritimes

Message par Ar Brav » dim. nov. 29, 2009 1:54 pm

Bonjour à tous,

Pour en savoir plus :

http://www.frenchlines.com/ship_fr_1144.php

Cordialement,
Franck
www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.

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markab
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Re: GENERAL GALLIENI - Compagnie des Messageries Maritimes

Message par markab » dim. déc. 26, 2010 11:35 pm

Bonsoir

Une image du navire sous le nom de PELLERIN DE LATOUCHE



Image



A bientot :hello:
Cordialement / Best regards
Marc.

A la recherche des navires et des marins disparus durant la Grande Guerre.

olivier 12
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Re: GENERAL GALLIENI - Compagnie des Messageries Maritimes

Message par olivier 12 » jeu. août 11, 2016 10:48 am

Bonjour à tous,

GENERAL GALLIENI

1 photo du GENERAL GALLIENI (la 1ère)
(Voir le site de Philippe Ramona : http://www.messageries-maritimes.org/galgallieni.html)

Image

Image

Rencontre avec un sous-marin. Rapport du capitaine

Quitté Philippeville le 21 Janvier à 17h30 en convoi avec VILLE D’ORAN et TAFNA, escortés du torpilleur EPIEU et du sloop ALGOL chef d’escorte.
Chargement : 1070 t de tubes, vin, peaux, laines.
177 hommes d’équipage et 1601 passagers.
Formation en ligne de front pour les navires de commerce et réglé allure sur VILLE D’ORAN avec zigzags n° 6 à partir de 21h00.
Beau temps, faible brise d’Est, mer belle.

Le 22 à 08h00 commencé zigzags n° 3 jusqu’à 16h00, puis repris n° 6. Sur un signal du chef de convoi, mis en route à 14,5 nœuds à 21h00 en compagnie d’ALGOL.

Le 23 Janvier à 05h25, aperçu une gerbe de feu droit devant, reçu SOS et demandé des instructions à ALGOL qui répond « Rentrez Marseille en continuant zigzags jusqu’au dernier moment ».

A 06h35, aperçu une torpille par bâbord courant sur nous. Venue en grand sur tribord et paré de justesse cette torpille qui nous eut touchés sans ce changement de route subit. Donné ordre aux machines de tourner le plus rapidement possible et marché en zigzags non définis pour éviter le sous-marin qui devait se trouver derrière nous.

A 06h55, deuxième attaque, la torpille venant de tribord directement sur le milieu du navire. Nous la parons en mettant la barre toute à droite. Elle passe juste sur l’arrière alors que nous sommes à 2 milles dans le S68E du phare du Planier.
Voici les routes suivies lors des deux attaques

Image

Manœuvré ensuite de manière aussi prudente que possible pour me rapprocher du chenal de sécurité dont je m’étais écarté en évitant le sous-marin. Aux environs du chenal, rencontré une quantité d’épaves et une forte odeur de pétrole émanant d’une énorme tache qui couvrait la mer en cet endroit. Dans l’alignement du chenal, réduit la vitesse et pris le pilote à 07h45. Mouillé aux Saintes Maries à 08h00 en attendant les ordres d’entrée.

Dès la première attaque, fait tirer un coup de canon dans la direction d’où venait la torpille pour indiquer l’emplacement approximatif du sous-marin. A la 2e attaque, tiré 3 coups dans le même but. Les pièces ayant été rechargées au cas où nous en aurions eu besoin, 2 coups furent tirés en dedans du barrage en direction du but qui sert pour les tirs.

Appareillé à 10h00 et amarré au môle C à 10h30.

Pendant ces attaques successives dont nous fûmes l’objet aucune panique ne s’est produite. Les passagers et le personnel du bord, étant encouragés par mes gestes de n’avoir rien à craindre et les ordres ayant été donnés par le second capitaine au maître d’équipage et au capitaine d’armes de maintenir l’ordre, tout s’est passé comme si rien ne s’était produit. Il en fut de même dans les machines où tout le monde resta fidèlement à son poste et exécuta les ordres donnés.

Image

Rapport de l’officier AMBC


Navire armé de 3 canons de 140 mm matricule 83/87

- 1 dans l’axe à l’arrière, champ de tir 190° sur bâbord et 90° sur tribord
- 2 sur l’avant, de chaque bord, champ de tir 140°, hausse 9200 à 11000 m

Pas d’officier de tir.
Chef de section : Second maître canonnier LE FLUART
+ 1 QM canonnier, 2 canonniers brevetés pointeurs, 3 canonniers brevetés, 6 aides pointeurs ou servants.

Tous les veilleurs sont munis de jumelles et veillent deux heures consécutivement.
Communications :
- Veille haute : un porte-voix fixe
- Veille avant : un porte-voix + sifflet
- Veille arrière : téléphone de la dunette (appareil fonctionnant mal)

Torpillage

L’équipage était aux postes d’alerte, pièces chargées quand les canonniers de veille sur tribord arrière ont aperçu le sillage d’une torpille venant presque de l’arrière. Le second maître canonnier a essayé de prévenir la passerelle et a fait tirer un coup de canon dans la direction présumée du sous-marin. L’officier de quart, apercevant le sillage, a redressé le navire sur tribord et la torpille a élongé le bâtiment à environ 15 m.
Vingt minutes plus tard, une 2e torpille a été aperçue à 1 quart sur tribord avant du travers à 200 m. Le QM canonnier a aperçu le sillage, tiré un coup de canon et rechargé la pièce. Le navire évoluant, le second maître aperçoit aussi le sillage et fait ouvrir le feu (2 coups) dans une direction qu’il pense être celle du sous-marin. Ouvert le feu avec une hausse d’attente de nuit, soit 1200 m. Obus en fonte chargés en poudre noire, le bord ne possédant pas d’obus de type A. Ces derniers avaient été mis en dépôt à Sidi Abdallah lors du séjour du navire à Bizerte de Mars à Mai 1917.
Vitesses des torpilles : 1 – 15 nœuds, 2 – 16 nœuds

Après l’alarme, la pièce arrière a été déchargée en tirant vers le large. Le projectile de la pièce bâbord avant a été chassé avec la douille prise dans le canon tribord avant. Le projectile de la pièce tribord avant a été retiré avec l’aide d’un tire-fond.

Conclusions

Nombre de veilleurs suffisant, mais la veille n’est pas organisée de façon méthodique et rationnelle. On aurait pu utiliser des passagers gradés militaires et donner ainsi à chaque veilleur un secteur moins étendu. Le capitaine dit ne pas pouvoir compter sur des passagers militaires et ne pas vouloir encombrer le pont des embarcations.

L’ordre permanent donné aux canonniers de tirer sur un sillage de torpille est contraire aux règlements en vigueur. Une ouverture inopportune du feu peut être dangereuse pour un navire transportant 1800 hommes.

Le mauvais état du téléphone de la dunette aurait pu mettre le navire en mauvaise posture si les veilleurs de la passerelle n’avaient pas aperçu à temps le sillage de la torpille. Il importe donc de doter ce bâtiment de moyens de communication robustes et sûrs entre les pièces et la passerelle de navigation.

Le service d’artillerie a été entièrement confié au second maître canonnier. Celui-ci a maintenu les consignes de veille et d’alerte d’un bâtiment militarisé. Les exercices de détail ont continué à se faire, mais le service des pourvoyeurs a été perdu de vue.

Au départ de Philippeville, il n’a pas été effectué d’exercice de branle-bas de combat. L’exercice d’abandon a été effectué, mais le 2e capitaine déclare avoir eu beaucoup de peine à obtenir que chaque homme revête sa bouée de sauvetage.

Les obus A auraient dû être maintenus à bord et tirés en cette circonstance.

Après l’alerte, le second maître canonnier a fait décharger les pièces et a pris sur lui, dans le but d’économiser un projectile, de retirer de la pièce tribord avant l’obus en fonte chargé de poudre noire et possédant des trous de tirefonds. Ce gradé ne pensait pas, en ouvrant la culasse d’un canon chargé ¾ d’heure après le départ d’un coup, qu’il y eût danger et pensait se conformer aux consignes. Au cours de deux alertes précédentes, il avait d’ailleurs reçu l’ordre de décharger les pièces. Quoique contraires aux règlements du service d’artillerie, cette façon de procéder trouve son excuse dans le désir d’économiser les munitions. Dans la circonstance actuelle, la pièce avait tiré un coup de canon et le 2e coup aurait donc dû être tiré.
Le centre AMBC de Marseille s’est préoccupé de remplacer le second maître canonnier par un chef de section à défaut d’un officier de tir. Ce dernier, demandé télégraphiquement à Toulon, est arrivé après le départ du bâtiment. Pour conserver au navire une certaine valeur défensive, le centre AMBC de Marseille a cru devoir conserver à bord quelques canonniers de l’équipage militaire pour former les nouveaux aides et servants. C’est pourquoi le personnel ne correspond pas aux prescriptions du 4 Novembre 1017.

Rapport du Lieutenant de Vaisseau Charles MILLOT, commandant ALGOL au Commandant de la Division des Patrouilles de Provence.

J’ai l’honneur de vous rendre compte des incidents qui ont marqué l’entrée de GENERAL GALLIENI à Marseille le 23 Janvier 1918.

GENERAL GALLIENI avait quitté Philippeville le 21 Janvier en convoi avec VILLE D’ORAN et TAFNA, escorté par ALGOL et EPIEU. La vitesse prévue de 10 nœuds aurait dû nous faire arriver à Marseille le 25 Janvier vers 10h00. Mais avant le départ, j’avais reçu du délégué des routes l’autorisation de détacher GALLIENI du convoi dans la nuit du 22 au 23 et de rallier Marseille à 15 nœuds, au jour le 23. Les deux autres bâtiments restaient avec EPIEU.
Ce mouvement s’effectua sans incident le 22 à 21h00, et à 05h20 nous apercevons la première lueur du Planier dont la portée a été réduite à 15 milles.

A 05h45, aperçu dans l’Est du Planier une haute colonne de flamme provenant d’une explosion, reconnue plus tard comme étant celle de DROME.
A 05h55 recevons deux séries de SOS et GALLIENI me signale en scott « Recevons SOS, demande instructions ». La position donnée dans les SOS étant à 2 ou 3 milles sur l’arrière, je réponds au GALLIENI : « Rentrez à Marseille et faites des zigzags jusqu’au dernier moment ».
A 06h15 reçoit : « SOS 4314 0519 chenal de sécurité Marseille DROME.
A ce moment GALLIENI va entrer dans le chenal de sécurité et ALGOL est à 400 m derrière lui. Dans le but de lui faire faire demi tour et de gagner Toulon, je lui signale en scott : « Suivez-moi » et mets la barre à gauche toute. Le signal est répété plusieurs fois avant d’être compris et, une fois compris, n’est pas immédiatement exécuté. Je le répète en le soulignant d’un coup de sirène et mets cap au Sud.
GALLIENI semble enfin comprendre et vient sur la gauche, mais arrête son embardée cap à l’Ouest, c’est-à-dire sensiblement sur le Planier. Je répète mon signal au scott de tête de mât et, le jour commençant à se faire, fait hisser le signal du code : « SOS. Suivez-moi ». A ce moment, un projecteur s’allume dans le Nord de Gallieni et l’éclaire par brusques saccades. (C’était le projecteur du D’IBERVILLE).
A 06h25, GALLIENI tire un coup d canon en direction du SE, vient sur la droite et lance une série de SOS : « SOS.SOS.4712.0518.5 milles SE Planier. GENERAL GALLIENI ».
ALGOL qui, son signal « Suivez-moi » battant, avait mis le cap sur Toulon, fait demi tour et se dirige vers le GALLIENI.
A 06h48, GALLIENI, qui fait route en direction de Pomègues, tire encore 3 ou 4 coups de canon dont deux gerbes seulement sont aperçues dans différentes directions. Il lance à nouveau son signal SOS, marche à bonne allure et ne semble aucunement avarié. Il continue sa route sur le château d’If en passant à l’Ouest du chenal de sécurité et stoppe sous Pomègues pour prendre le pilote. Il pénètre ensuite à l’intérieur des filets.
Prévenu par D’IBERVILLE que la passe est minée, je me place sous ses ordres et croise avec lui à l’entrée de Marseille jusqu’au moment où nous recevons l’ordre de rentrer par le chenal Nord.

Aucune trace de sous-marin ou de torpilles n’a été aperçue du bord. Au moment de l’attaque, ALGOL était assez éloigné de GALLIENI par suite de la manœuvre effectuée pour lui faire faire demi-tour et l’entraîner loin de la partie dangereuse du chenal.

Nota : A propos du Lieutenant de Vaisseau Charles Millot, voir ce lien :
http://pages14-18.mesdiscussions.net/pa ... _1.htm#bas

Cet officier de marine (1880 Vesoul – 1959 Buenos Aires) deviendra par la suite un dessinateur célèbre, peintre officiel de la Marine, sous le pseudonyme de Gervèse. Ses cartes postales et dessins humoristiques sur la Marine sont devenus des œuvres cultes.
Un très bel ouvrage a été publié sur lui en 1979 aux éditions de la Cité par Jean Randier, en collaboration avec Jacques Schirmann : « Gervèse et la Marine de son temps ».
Jacques Schirmann, Capitaine au Long Cours, Commandant à la Compagnie Maritimes des Chargeurs Réunis, puis capitaine d’armement de cette même compagnie, est le petit neveu et le filleul de Gervèse. Il a aussi publié en 2006, aux éditions du Gerfaut un ouvrage intitulé : « Gervèse : Peintre et marin ».

Le sous-marin attaquant

C’était à l’évidence l’UC 67 du Kptlt Karl NEUMANN qui venait juste de mouiller ses mines dans le chenal de sécurité de Marseille.
On peut estimer, même si le capitaine Benteu a dit à ses hommes qu’il n’y avait rien à craindre, ceci afin d’éviter toute panique, que le risque couru par le paquebot fut extrême ce jour-là. Après DROME et KERBIHAN, c’est une catastrophe qui a sans doute été évitée de justesse.

Les récompenses

Citation à l’Ordre de la Division

BENTEU Albert Lieutenant de Vaisseau auxiliaire

Dans des circonstances très difficiles, a fait preuve des plus belles qualités de sang froid et a réussi par sa manœuvre à éviter deux torpilles lancées par un sous-marin.

Témoignage Officiel de Satisfaction du Ministre

Vapeur GENERAL GALLIENI

Pour l’attitude disciplinée et le calme dont chacun a fait preuve lors de deux tentatives de torpillage de ce vapeur par un sous-marin le 23 Janvier 1918.

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olivier

kgvm
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Re: GENERAL GALLIENI - Compagnie des Messageries Maritimes

Message par kgvm » jeu. août 11, 2016 11:30 am

Attention, la deuxième photo ne montre pas le "Général Galliéni", mais le "Charles Roux"!

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Re: GENERAL GALLIENI - Compagnie des Messageries Maritimes

Message par olivier 12 » jeu. août 11, 2016 12:08 pm

Bonjour kgvm,

Bien noté. Effectivement, le navire est différent! Je laisse quand même les deux cartes, bien qu'il y ait une faute d'orthographe sur la première et que la 2e ne soit pas le bon navire...

Cdlt
olivier

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Re: GENERAL GALLIENI - Compagnie des Messageries Maritimes

Message par olivier 12 » dim. janv. 29, 2017 9:16 am

Bonjour à tous,

GENERAL GALLIENI ex MARIENBAD

Image

et futur PELERIN DE LATOUCHE

Image

Note du LV Pierre DUC, Délégué des Routes, sur l’attaque du 23 Janvier 1918 du paquebot GENERAL GALLIENI

Le 23 Janvier, GENERAL GALLIENI a été attaqué à très petite distance de Marseille où il arrivait, venant de Philippeville. Aujourd’hui 6 Février, il a été attaqué à nouveau à son arrivée à Alger. C’est un navire très important qui transporte généralement 1600 passagers militaires.

J’attire votre attention sur le peu de discrétion qui entoure les départs et arrivées à Alger des paquebots. Les arrivées en particulier sont tellement le sujet des conversations publiques qu’il est impossible de croire qu’il s’agit seulement de fuites provenant des services au courant officiellement des mouvements, mais plutôt d’informations particulières. Je vous citerai seulement les deux faits suivants :

- Les petits arabes vendeurs de journaux questionnés hier ont répondu sans hésitation que les journaux apportés par GENERAL GALLIENI arriveraient aujourd’hui.
- Dans les couloirs du théâtre, hier soir, pendant la représentation, des officiers ont entendu annoncer pour ce matin les arrivées de DUC DE BRAGANCE et de GENERAL GALLIENI. Même les noms étaient cités.
Je crois indispensable d’apporter un remède à cette situation dangereuse.

Attaque du 6 Février 1918. Rapport du capitaine

Quitté Marseille le 4 Février à 21h00 en convoi avec DUC DE BRAGANCE escorté par HUSSARD, SARBACANE et SABRETACHE.
J’avais à bord 106 tonnes de fret commerce et 308 tonnes de fret Etat, ainsi que 1376 passagers pour Alger. (Quand j’avais été attaqué à l’entrée de Marseille, j’avais 3400 m3 de marchandises dont tout le matériel du 13e bataillon du 7e régiment et 1623 passagers dont le 13e bataillon au complet, qui partait au front.) Beau temps, mer calme, horizon brumeux. Suivi les routes données par les instructions au départ.
A 00h40 le 5, DUC DE BRAGANCE stoppe pour avarie de machine. Modifié l’allure et repris l’allure normale au jour.

Le 6 Février à 04h15 du matin, par clair de lune, le 2e capitaine étant de quart et le capitaine sur la passerelle, la veille bâbord a signalé venant de 45° sur l’arrière et coupant notre route, une torpille.
Lancé aussitôt le navire en grand sur tribord et évité la torpille qui passe sur l’avant. Le canonnier Lombardo, de veille à la pièce bâbord arrière a aperçu le sillage de la torpille venant de la direction citée plus haut.
Veille au moment de l’alerte :
- Pièce de 90 avant : Prigent et Castellani
- Passerelle : Castanzano et Harré
- Pièce de 14 arrière : Deveza et Lombardo
La pièce arrière a aussitôt chargé à obus de combat et Lombardo a tiré l’obus à 08h30 sur ordre du chef d’escorte HUSSARD.
Armement des pièces :
Avant : Flechlay et Beccari
Arrière : Gourmelon, Mazéas, Raynaud et Demie.

Route suivie au moment de l’alerte S70E. Vitesse 13 nœuds. Venu jusqu’au N50W en mettant la machine à toute puissance (80 tours – 14,7 nœuds).
Le matelot Castanzano a vu deux sillages de torpilles à peu de distance l’une de l’autre, passer à une dizaine de mètres sur l’avant. Déposition très affirmative.
Lombardo a vu un seul sillage sur bâbord arrière à une centaine de mètres avec une vitesse de déplacement considérable. Il a eu la même impression qu’en rade de Marseille le 23 Janvier dernier et est certain qu’il s’agissait d’une torpille.

Attaque menée à 66 milles dans le N26E d’Alger. Lancé un « Allo » par TSF.

Enquête minutieuse menée à Alger. Départ d’Alger le 9 Février à 17h30 et retour à Marseille le 11 Février à 14h00.

Conclusions de la Commission d’enquête

Elle reprend tous les éléments du rapport du capitaine et de l’interrogatoire et souligne :

- Personne n’a aperçu le sous-marin
- Le navire transportait 176 hommes d’équipage, 1576 passagers et 420 tonnes de marchandises diverses.
- Les exercices d’abandon avaient été faits deux fois
- Bonne veille et armement rapide des pièces
- Manœuvre normale exécutée pour échapper à la torpille
- Le capitaine BENTEU et le second capitaine restent aptes tous deux à exercer leur commandement.

Récompenses

Témoignage Officiel de Satisfaction du Ministre

BENTEU Albert Lieutenant de Vaisseau auxiliaire Dunkerque 108

Pour la bonne organisation de la veille sur son navire et l’esprit de décision et les qualités manœuvrières qui lui ont permis d’éviter une attaque à la torpille.

LAZARD-PEILLON Ferdinand 2e capitaine Marseille 794

Pour l’esprit de décision et les qualités manœuvrières qui lui ont permis, étant de quart, d’éviter une attaque à la torpille.

CASTANZANO Louis Matelot Cette 2180

Pour la vigilance grâce à laquelle a pu être évitée une torpille dirigée contre son bâtiment.
Reçoit une prime de 100 francs.

LOMBARDO MARIUS Aide canonnier Marseille 8648

Même motif que le précédent. Reçoit une prime de 100 f.

Signé : le Contre Amiral Directeur Général de la Guerre Sous-marine H. SALAUN.
Approuvé par le Sous Secrétaire d’Etat à la Marine Jules CELS

Le sous-marin attaquant

N’est pas identifié. Mais on pourrait penser, sans aucune certitude, à l’UB 52 de l’Oblt Otto LAUNBURG. On sait que la veille, 5 Février vers midi, UB 52 était dans le NW d’Oran et avait ouvert le feu sur un voilier qui s’était alors révélé être un bateau piège. Launburg avait aussitôt plongé et s’était éloigné rapidement. Il aurait pu se trouver dans les parages d’Alger le lendemain matin, bien que sa position le 5 soit imprécise et que la distance semble quand même un peu grande jusqu’au point d’attaque du GENERAL GALLIENI. Apparemment, son KTB ne parle pas de lancement de torpille le 6. Son attaque suivante aura lieu le 9 Février contre l’Anglais ANTENOR, effectivement pas loin de la zone où se trouvait GENERAL GALLIENI le 6.

Lettre de la 2e section de l’Etat Major au Commissaire aux transports Maritimes et à la Marine Marchande

Le capitaine BENTEU va se montrer sans doute maladroit par la suite et connaîtra quelques ennuis à la fin de la guerre. Voici cette lettre, écrite probablement en Septembre 1918, mais non datée.

« J’ai reçu du Contre Amiral commandant Marine Marseille et du préfet Maritime de Bizerte communication de rapports relatifs à certains incidents qui ont marqué le séjour de GENERAL GALLIENI dans le port de Bône du 3 au 6 Septembre dernier.
D’autre part, les syndicats maritimes de Marseille m’ont transmis un rapport que leur a envoyé le LV auxiliaire Benteu, commandant du GALLIENI sur le même sujet.

De l’étude du dossier, il ressort que le commandant du front de mer de Bône, ayant pour des raisons de sécurité et en accord avec le capitaine Benteu, interdit l’accès du navire aux personnes étrangères au bord, a exigé que les membres de l’état major et de l’équipage descendant à terre soient munis de leur carte d’identité.
Cette consigne a été forcée par un matelot qui, invité par une sentinelle et le sergent de garde à donner son nom, n’y a consenti qu’après être monté à bord et en présence du capitaine d’armes. Il en est résulté une excitation des hommes du bord contre le sergent et la sentinelle. Ils ont jeté sur eux des détritus et un seau d’eau qui a atteint le sergent.
Sur rapport transmis par le commandant d’armes de Bône, le commandant du front de mer a prescrit au capitaine du GALLIENI de faire une enquête à son bord et a consigné l’équipage jusqu’à la fin de l’enquête.

Au lieu de procéder, comme c’était son devoir, à cette enquête, le capitaine Benteu a préféré se faire lui-même l’avocat du matelot Payno. C’est en présence du matelot, qui l’accompagnait, qu’il a affirmé au commandant du front de mer que ce matelot n’avait rien fait, ni d’ailleurs aucun autre membre de l’équipage. Il a ajouté qu’il ne se chargerait pas de maintenir à bord 170 hommes d’équipage. Le capitaine Benteu a ensuite mis une mauvaise volonté évidente à faire l’enquête prescrite et, au lieu d’user de son autorité pour calmer son équipage, il a au contraire agi de façon à les exciter davantage, leur rendant compte de son entrevue avec les Autorités, exactement comme s’il était un délégué de l’équipage, et non leur capitaine.

Il en est résulté une agitation assez vive au cours de laquelle des coups de feu ont été tirés par des hommes du GALLIENI sur les sentinelles du quai. Heureusement, personne n’a été atteint et, de l’aveu du capitaine Benteu lui-même, c’est son second capitaine qui, par son sang froid et son autorité, a réussi à rétablir le calme.

De ces faits, il ressort nettement que le capitaine Benteu a une conception erronée des obligations qu’impose à un commandant de navire le maintien de la discipline à son bord, et qu’il manque de l’autorité indispensable à cette fonction. GENERAL GALLIENI est une unité très importante de notre flotte de commerce. Son équipage est très nombreux et il est donc nécessaire de n’en confier la direction qu’à un officier énergique, sachant se faire obéir, capable en toute circonstance d’imposer sa volonté à tous.

J’estime en conséquence que ce Lieutenant de Vaisseau auxiliaire ne saurait exercer un emploi de ce grade et je lui retire sa commission de Lieutenant de Vaisseau. Je considère en outre que Monsieur Benteu n’est pas qualifié pour exercer un commandement de cette importance, et je vous serais obligé de bien vouloir prescrire les mesures nécessaires pour le remplacement dans le plus bref délai de cet officier à bord de GENERAL GALLIENI. J’attache du prix à être tenu au courant de la suite de cette affaire.

Cdlt
olivier

Rutilius
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Re: GENERAL GALLIENI - Compagnie des Messageries Maritimes

Message par Rutilius » dim. janv. 29, 2017 9:33 pm

.
Bonsoir à tous,


Général-Gallieni, ex-austro-hongrois Marienbad, futur Pellerin-de-Latouche — Cargo mixte — État français.

Le cargo mixte Marienbad appartenait à la compagnie de navigation à vapeur du Lloyd de Trieste, qui avait son siège social dans la même ville, alors autrichienne ; cette compagnie était venue aux droits de la compagnie Österreischischer Lloyd. Saisi le 2 septembre 1916 en rade d’Eleusis (Grèce) par les « autorités navales alliées en Méditerranée orientale », sa prise fut déclarée « bonne et valable » par une décision du Conseil des prises, rendue le 29 novembre 1917 (J.O. 9 janv. 1918, p. 402 – Rec. C.E. 1917, p. 935, 13e espèce), décision confirmée en appel par le décret du 27 février 1919 (J.O. 26 mars 1919, p. 3.117). A la date de sa saisie, la valeur de ce bâtiment était estimée à 17.000.000 fr. (Ibid.).

Attribué par les alliés à l’État français, renommé Général-Gallieni, il fut alors utilisé comme transport de troupes et navigua jusqu’en 1923 avec un équipage appartenant à la Compagnie des messageries maritimes.
Bien amicalement à vous,
Daniel.

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Gastolli
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Re: GENERAL GALLIENI - Compagnie des Messageries Maritimes

Message par Gastolli » mar. janv. 31, 2017 12:05 am

Bonsoir Olivier,

attack on 23.01.1918 defenitely was UC 67, that's correct.

But NO attack from an German submarine against GÉNÉRAL GALLIÉNI on 6.2.1918, I'm sorry.

You asked for the UB 52 position on 5.2.1918 - attack against British Q-ship BRIG 2 - that was 45 miles SE of Cabo de Gata (36°22‘N-01°20‘W) between 11.25h-12.05h.

Distance 250 miles, that would have asked UB 52 to go with average speed of 15 miles for 14 hours :-)

Oliver

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Re: GENERAL GALLIENI - Compagnie des Messageries Maritimes

Message par olivier 12 » mer. févr. 01, 2017 9:08 am

Bonjour à tous, Bonjour Oliver,

Merci pour vos informations.
I agree with you and think also UB 52 was too far from the position of GENERAL GALLIENI on 6/2/18.

As he said, the sailor Castanzano saw two tracks of torpedo, close to each other, passing about 10 m ahead of the ship. I don't think a submarine would have shot simultaneously two torpedos on the same target.
More probably it was dolphins or porpoises...

Regards
Cdlt
olivier

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