Capitaine Jules Marie Louis LAPEYRÈRE

Avatar de l’utilisateur
bruno17
Messages : 1458
Inscription : dim. mars 18, 2007 1:00 am

Capitaine Jules Marie Louis LAPEYRÈRE

Message par bruno17 » mar. févr. 11, 2020 11:08 am

Bonjour,
Né le 17 mai 1889 à La Flotte en Ré en Charente-Inférieure, de Jean Marie Jules Lapeyrère, bourrelier, et de Camille Marie Juliette Bagot, Jules Lapeyrère exerce la profession de menuisier-marin à Châtelaillon-Plage.
A l’âge de 21 ans il est appelé au service armé de la classe 1909, subdivision de La Rochelle, n°946 au registre du recrutement, affecté au 57ème d’Infanterie à compter du 1er octobre 1910. Son signalement le décrit comme ayant les cheveux noirs, yeux gris, visage ovale, front un peu couvert, nez moyen, bouche moyenne et menton rond, d’une taille de 1,81m ce qui est grand pour l’époque.
Soldat de 1ère classe en 1911 puis caporal en 1912 il est envoyé dans la disponibilité, rayé des contrôles et se retire à Châtelaillon-Plage où vivent ses parents.
Rappelé à l’activité par Décret de Mobilisation Générale le 1er août 1914 il arrive au Régiment de Libourne où est basé le 57ème d’Infanterie.
Il est sérieusement blessé le 25 août 1914 à Lobbes aux combats de Belgique, par « éclat d’obus dans la jambe droite, balle au genou gauche, balle épaule droite et pouce gauche », mais reprendra les combats, obtenant une citation le 18 octobre 1915 après avoir été promu sous-lieutenant à titre temporaire le 7 juillet 1915 et affecté au 162ème d’Infanterie:
Officier très énergique et consciencieux, a toujours montré un profond mépris du danger. Le 8 octobre 1915, chargé d’occuper une tranchée à la lisière d’un bois occupé par l’ennemi, a par 3 fois ramené ses hommes au chantier malgré le feu meurtrier de l’ennemi et s’est maintenu à son emplacement jusqu’à l’accomplissement de sa tâche.

Il est à nouveau cité à l’Ordre du Régiment le 15 avril 1916 : S’étant blessé à la jambe en tombant dans un trou d’obus et ayant été maintenu au poste de secours pour y recevoir des soins pendant quelques jours, a quitté ce dernier pour aller reprendre le commandement de sa section dès qu’il a appris que sa compagnie était partie en première ligne.
Il est promu lieutenant à titre temporaire le 28 avril 1916.
Le 26 septembre 1916 à Rancourt, il est à nouveau blessé au combat : « séton du gros orteil gauche par balle » et cité à l’Ordre de la Division :
Pendant les attaques du 25 et 26 septembre 1916, a montré les plus grandes qualités de sang-froid et de bravoure, faisant progresser sa compagnie judicieusement malgré un feu violent d’artillerie et de mitrailleuses et a été blessé.
Jules Lapeyrère est décoré de la Croix de guerre avec palme, étoile de vermeil, de bronze et d’argent.

Il sera nommé Chevalier de la Légion d’Honneur l’année suivante le 23 avril 1917 :
Officier d’une énergie et d’une bravoure à toutes épreuves. Après avoir pris une part brillante à toutes les opérations dans lesquelles son unité a été engagée depuis le début de la campagne, après avoir reçu 4 blessures et obtenu 3 citations à l’Ordre, s’est à nouveau distingué dans la journée du 4 avril 1917. Au cours d’une contre-attaque exécutée dans les conditions les plus difficiles, a réussi à reprendre à l’ennemi une importante position et à s’y maintenir malgré les violents efforts de l’adversaire pour la réoccuper.

Il est cité à l’Ordre de l’Armée le 10 mai 1917 après avoir reçu une nouvelle blessure, « plaie contuse dans la région deltoïdienne », aux combats de à Berry-au-Bac dans l’Aisne.
Officier très énergique et d’une magnifique bravoure. Lors de l’attaque du 16 avril, a puissamment aidé la progression de son régiment en débordant une position âprement défendue par l’ennemi. Blessé à l’épaule, n’a pas voulu abandonner son commandement, a tenu toute la journée et la nuit suivante dans une position avancée avec 10 hommes, malgré une violente contre-attaque de l’ennemi.
Il est nommé lieutenant à titre définitif le 4 juillet 1917, puis, après avoir été victime d’une intoxication par les gaz au combat du 11 septembre 1917 au Bois des Courrières, il est promu Capitaine Adjudant-major détaché au 21ème Régiment de Chasseurs Tchécoslovaques puis à l’encadrement des unités Tchèques à Cognac à partir du 2 janvier 1918.

Ici s’arrête le parcours de guerre du lieutenant Lapeyrère. Rentré au Corps le 15 décembre 1919, il est démissionnaire et rayé des contrôles des officiers de l’armée d’active sur sa demande. On le retrouve inscrit définitivement sur le matricule des Gens de mer au quartier de La Rochelle le 16 septembre 1922. On ne sait pas ce que fut sa vie ensuite.
Il décédera le 3 avril 1949 à l’âge de 60 ans et sera inhumé dans le petit cimetière de Châtelaillon-Plage dans le caveau de famille.

Les hommes oubliant ceux qui ont versé leur sang pour la France, sa tombe sera amenée à disparaitre avec le temps puisque la concession est en état d’abandon et fait l’objet d’une procédure de reprise…
Capture d’écran 2020-02-11 à 11.01.34.png
Capture d’écran 2020-02-11 à 11.01.34.png (214.9 Kio) Consulté 686 fois
Pièces jointes
Capture d’écran 2020-02-11 à 11.03.12.png
Capture d’écran 2020-02-11 à 11.03.12.png (138.16 Kio) Consulté 686 fois
Bruno BAVEREL - Romans: "Lieutenant indigène" (2007 La Découvrance éditions) - "Le tombeau des quatre ours" (2015 éditions du Croît-Vif) - "La voiture de Vandier" (2019 éditions des Indes Savantes)

Répondre

Revenir à « Recherches »