les femmes pendant la Grande Guerre (+ accès au sommaire)

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Skellbraz .
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Re: les femmes pendant la Grande Guerre (en p 1: accès au sommaire)

Message par Skellbraz . » lun. déc. 12, 2016 2:25 am

*
bonsoir à toutes et tous
un témoignage fort.
Sedan :
En 1914, Germaine Paruit a 14 ans, en 1918 elle est devenue une jeune fille. Elle a commencé à tenir un journal, dès le premier jour de guerre et elle continuera jusqu’en décembre 1918. Elle relate quasiment au jour le jour, ce que fut sa vie, ce qu'était la vie, en territoire occupé : les privations, les mouvements des armées, la propagande, les nouvelles de l’Europe telles qu’elles lui parviennent...

Sur ce site : https://14ansen1914.wordpress.com ,nous avons accès à la lecture de ses quatre cahiers.
Voici quelques extraits :
Août 1914, Germaine vit l’exode des populations belges : « des familles belges arrivent le soir. Une femme belge ayant huit enfants, n’en retrouve plus que deux »

Les brimades commencent à Sedan dès l’occupation allemande : « 21 Septembre 1914 : Papa est otage de 6 heures du soir à demain 6 heures du matin. 1er Octobre : Papa est otage la journée de 6 h du matin à 6 h du soir, 8 Octobre : Papa est otage cette nuit. 20 Octobre 1914 : Papa est otage 10 h le jour, 7 Novembre : Papa est otage cette nuit » …

Germaine note avec précision un pillage appelé « réquisition » par l'occupant. Les restrictions ou le manque de denrées alimentaires sont bien là, par exemple le manque de pain, Germaine est tout aussi précise : « Jeudi 22 octobre puis vendredi et samedi : pas de pain, 28 octobre : « pain ». Vendredi 13 novembre, pas de pain, samedi : pain noir qui colle au mur, pas mangeable ». Elle note également le prix de nombreuses denrées alimentaires comme la farine, l’huile, le sel, le savon, le tabac… nous pouvons suivre l'évolution des prix année après année.

Germaine fait état des représailles subies par la population, un exemple : « mardi 16 février 1915 : réunion des otages à la Mairie à 5 heures. Séance orageuse.« Messieurs : Voilà ce qui se passe au Maroc. Nos officiers prisonniers sont envoyés au Maroc et là, sous l’ordre des noirs, ils travaillent tout nus, tout nus. C’est une injure faite à l’armée allemande et nous avons droit aux représailles » Germaine lit les journaux, elle prend des notes dans ses cahiers .

Je cite l’introduction de ce site , elle mérite aussi d'être lue.
« La fille de Germaine Paruit, Colette Lubin-Pasquier, bien que connaissant l’existence de ce journal, n’a pu le lire qu’après le décès de sa mère. Quatre cahiers d’écolier qu’elle a patiemment retranscrit [...] Dans un des cahiers Germaine Paruit a laissé une note, nous léguant ce journal et précisant « ne pas détruire ». Elle avait supprimé vers la fin de sa vie quelques pages sans doute trop personnelles. Avec l’accord de tous ses descendants nous le léguons à notre tour à tous ceux que cette période de l’histoire intéresse, et en particulier aux descendants de Sedanais qui y retrouveront peut-être des parents. »

Merci aux descendants de Germaine Paruit.
bien à vous
Brigitte
Dernière modification par Skellbraz . le ven. mars 02, 2018 8:40 pm, modifié 1 fois.
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stcypre
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Re: les femmes pendant la Grande Guerre (en p 1: accès au sommaire)

Message par stcypre » lun. déc. 12, 2016 7:26 am

Bonjour,
Parle-t-elle du "Bagne de Sedan" ?
Terrible camp de déportés civils (français de la région de Lille et belges) situé en haut du Château de Sedan. Les déportés partaient au travail obligé, (à Bazeilles et au Mont St-Eloi près de Longwy), vêtus de haillons, maigres et dans de mauvaises conditions physiques, rappelant certaines images de la libération des camps de la 2ème GM...
Et pourtant les quelques sedannais (dans les années 70) que j'ai pu rencontrer ne savaient pas qu'un tel camp existait !!!
J. Claude
la vérité appartient à ceux qui la recherchent et non à ceux qui croient la détenir.

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lignard2
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Message par lignard2 » lun. déc. 12, 2016 2:07 pm

Bonjour à toutes, bonjour à tous,

J'ai retrouvé dans des archives une photo concernant une certaine "Mariette", "La Mariette". Elle serait, d'après les notes écrites derrière la photo, une Française au service de la police secrète allemande. Voici la photo de cette dame avec son époux(?) (répondant au nom de LIBOIS) en 1918. Je ne sais rien de plus sauf que la photo aurait (a) été faite chez un photographe namurois ( Namur, ville belge sur la Meuse). Si cela peut vous aider à compléter vos recherches...
Les notes ne peuvent être mises en doute car elles sont le fait d'un archiviste historien de la guerre 14/18, le Chanoine Jean Schmitz co-auteur (avec dom Norbert Nieuland) de "Documents pour servir l'histoire de l'invasion allemande dans les provinces de Namur et Luxembourg en août 1914. 7 volumes.
à vous lire si vous avez des informations.
Parmi mes " très anciens" concitoyens de ma commune, il y a eu trois espions au service des alliés. Pigeons voyageurs.... Mais c'est une autre histoire dont je m'occupe

Cordialement

Christian
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Alain Dubois-Choulik
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Re: les femmes pendant la Grande Guerre (en p 1: accès au sommaire)

Message par Alain Dubois-Choulik » lun. déc. 12, 2016 3:42 pm

J'ai retrouvé dans des archives une photo concernant une certaine "Mariette", "La Mariette".
Bonjour,
Mariette PLUMARD et Emile LIBOIS. (vu dans Het Rijksarchief)
Cordialement
Alain
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Message par lignard2 » lun. déc. 12, 2016 4:19 pm

Waouwwww!
Mais tu as mis quand même plus d'une heure avant de répondre........ [:arnaud carobbi:7]

Cordialement

Christian

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Alain Dubois-Choulik
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Re: les femmes pendant la Grande Guerre (en p 1: accès au sommaire)

Message par Alain Dubois-Choulik » lun. déc. 12, 2016 4:54 pm

Bonjour
C'était pas écrit en français et je ne cause -vaguement- que le Fransch Vlaemsch de mon grandpapypat'. En tous cas la photo est la même plus celles des deux autres cités.
J'peux sortir M'sieur ?
Cordialement
Alain, bercé au Reuze lied.
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demonts
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Re: les femmes pendant la Grande Guerre (en p 1: accès au sommaire)

Message par demonts » mer. déc. 14, 2016 3:09 pm


Les femmes françaises en guerre entre devoir patriotique, suspicions et émancipation

Par Anne-Sophie Lambert

http://expositions.bnf.fr/guerre14/pedago/04.htm

Bonne lecture.

François

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demonts
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Re: les femmes pendant la Grande Guerre (en p 1: accès au sommaire)

Message par demonts » mer. déc. 14, 2016 3:44 pm





Edith WHARTON
Nom de naissance
Edith Newbold Jones

Naissance
24 janvier 1862
New York,
Décès
11 août 1937 (à 75 ans)
Saint-Brice-sous-Forêt, Val-d'Oise,

Écrivain
Edith Newbold Jones est le troisième enfant et la première fille de George Frederic et Lucretia Jones. Sa famille appartenait à la haute société new-yorkaise. Elle passe une partie de son enfance en Europe, à Paris d'abord, puis à Bad Wildbad en Allemagne et à Florence. Sa famille ne retourne à New York qu'en 1874. Dès son enfance, elle fait preuve d'une intelligence et d'une imagination exceptionnelles. Adolescente, elle écrit des poèmes et une nouvelle, Fast and Loose, achevée en 1877. Elle publie à compte d'auteur un recueil de poèmes, Verses, en 1878. Plusieurs de ses poèmes paraissent dans l'Atlantic Monthly à partir de 1880.

À 23 ans, elle épouse Edward (Teddy) Robin Wharton, issu du même milieu qu'elle mais de douze ans son aîné. Ils ne partagent aucun intérêt intellectuel et artistique et finissent par divorcer en 1913, après de nombreuses infidélités de Teddy, dont la santé mentale décline.

En 1890, sa première nouvelle, Mrs Manstey's View, paraît dans le Scribner's Magazine où elle publiera régulièrement.

En 1893, elle rencontre aux États-Unis pour la première fois l'écrivain Paul Bourget, qui l'introduira dans la haute société parisienne lorsqu'elle se rendra en France.

En 1902, elle s'installe à The Mount, la maison que les Wharton ont fait construire à Lenox (en), mais retourne en Europe en 1903, où elle rencontre en Angleterre Henry James, avec lequel elle restera liée jusqu'à la mort du « Dearest cher Maître » en 1916.

En 1905, elle publie Chez les heureux du monde (The House of Mirth), dans le Scribner's Magazine.

En 1907, elle s'installe à Paris. Au fil des années, elle fréquente des écrivains français tels que Paul Bourget, Jacques-Émile Blanche, Anna de Noailles, André Gide et Jean Cocteau, ainsi que plusieurs « grands de passage », tels que Henri Adams, Henry James, Theodore Roosevelt, Walter Gay. Son installation à Paris, puis après 1919 dans sa villa Pavillon Colombe à Saint-Brice-sous-Forêt, n'altérèrent guère son goût du voyage. Elle loue à Hyères (ville qu'elle a connue grâce à Paul Bourget), le Castel Sainte-Claire et devient l'amie de Marie-Laure de Noailles.
Pendant la Première Guerre mondiale, elle fonde les American Hostels for Refugees, collecte des dons et visite les hôpitaux du front. Les récits de ses visites sont publiés dans un recueil intitulé : La France en Guerre (Fighting France: From Dunkerque to Belfort). Elle est décorée de la Légion d'honneur.

En 1920, paraît Le Temps de l'innocence (The Age of Innocence), pour lequel elle recevra l'année suivante le prix Pulitzer. En 1923, elle est la première femme à être faite Docteur honoris causa de l'Université Yale.

En 1927, elle achète le Castel Sainte-Claire-du-Château, à Hyères, et se rend souvent chez ses grands amis, Paul Bourget et son épouse, Minnie, dans leur propriété du Plantier de Costebelle.

Le 27 avril 1934, elle publie son autobiographie, A Backward Glance. Le 11 avril 1935, à 73 ans, elle a une crise cardiaque, sans séquelle. Une nouvelle crise se produit le 1er juin 1937, à laquelle elle succombe le 11 août. Elle est inhumée au cimetière des Gonards à Versailles. En 1937, est publié son recueil Ghosts, qui est traduit en français près de soixante années plus tard, en deux volumes distincts : Grain de grenade et Le Triomphe de la nuit.

Son dernier roman Les Boucanières, inachevé, est publié à titre posthume en 1938. Une nouvelle version, achevée par Marion Mainwaring à partir du synopsis et des notes écrits par Wharton, est publiée en 1993.





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Elise49
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Re: les femmes pendant la Grande Guerre (en p 1: accès au sommaire)

Message par Elise49 » mer. déc. 14, 2016 9:43 pm

Bonjour à toutes et à tous

Merci François d'avoir évoqué Kathleen Burke ,une femme remarquable.

Kathleen Burke est l'une des femmes les plus décorées de la Grande Guerre. Infirmière au Scottish Women's Hospital de Royaumont, elle joue un rôle de lobbyiste [/#ff2a00]au profit de cet établissement, recontrant de nombreuses personnalités (Pétain, Nivelle, etc.). En 1917, elle consigne son témoignage dans un livre intitulé The white road to Verdun (la route blanche de verdun) qu'elle fait publier outre-Atlantique afin d'influer sur l'entrée en guerre des États-Unis.
https://forum.pages14-18.com/mesimages/6514/K.jpg
Son histoire et son livre sont cités par les archives d'Indre et Loire car après la seconde guerre mondiale , elle et son mari ont oeuvré pour la reconstruction du village martyr de Maillé
"(..)Lors de la Seconde guerre mondiale, Kathleen et Girard Hale, continuent à apporter leur aide aux blessés et réfugiés en France. Lorsqu'ils apprennent le massacre du village tourangeau de Maillé entièrement détruit par les troupes allemandes le 25 août 1944, ils décident d'organiser un parrainage, qui constitue une opération humanitaire sans précédent pour un couple de particuliers. Ils apportent aux rescapés beaucoup de biens matériels venant des USA dans une France complètement démunie, mais surtout beaucoup d'humanité.(..)"
http://archives.cg37.fr/Actualite.php?t ... ualite=338

Bien cordialement
Elisabeth
"Ne meurent et ne vont en enfer que ceux dont on ne se souvient plus. L'oubli est la ruse du diable." Rigord -historien -moine de l' abbaye de St Denis.XIIs


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demonts
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Re: les femmes pendant la Grande Guerre (en p 1: accès au sommaire)

Message par demonts » jeu. déc. 15, 2016 8:33 am

Bonjour Elise,
C'est un plaisir pour moi de faire honneur à toutes ces femmes qui ont tant donné pour notre pays, et, un grand merci à Brigitte d'avoir lancé le sujet. J'ai visité Maillé il y a plus de 10 ans et je ne me souvenais pas ce qu'avait fait le couple HALE. Un très beau geste humanitaire.
Cordialement.
François

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