Recherche sépulture MPLF, Sergent Albert DEGOUSÉE, 65e BCP, Meuse

Scolari
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Re: Recherche sépulture MPLF, Sergent Albert DEGOUSÉE, 65e BCP, Meuse

Message par Scolari » ven. nov. 07, 2014 3:53 pm

Bonjour Norbert,

j'avais jeté un oeil aussi pour le soldat Pouzot, étrangement on ne retrouve pas son lieu de sépulture dans une N.N
ensuite je me suis dit, il faut rechercher davantage les soldats inhumés avec AGO.
rien avec Choteau et Denimal, une piste enfin avec DARON Auguste Francois
enfin on a accès à sa fiche matricule : AD 50, bureau de Granville, classe 1895, matricule n°1195, vue 95.

sa fiche matricule comporte une indication que vous avez sans doute déja vu :
Image
inhumé aux Caurettes.

hypothèse, et si le lieu d'inhumation était dans une zone plus grande que les tranchées des Caurettes ??
Image
un lieu précis pour les inhumations dans le bois des caurettes à proximité des tranchées du même nom.
Mais le flux et reflux des différentes armées dans ce secteur empêchaient l'accès pendant longtemps puis oublié et/ou ravagé par les obus??

Cordialement
Frédéric

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Re: Recherche sépulture MPLF, Sergent Albert DEGOUSÉE, 65e BCP, Meuse

Message par Algonquin » ven. nov. 07, 2014 6:26 pm

Bonjour Frédéric,

Merci pour votre aide. J’avais déjà pensé à une possible confusion sur le mot “Caurettes” (ravin, boyau, tranchée et bois); le “bois des Caurettes” est près de Cumières , et la “tranchée des Caurettes” au bois d’Haudromont (sud de Louvemont).

Oui, j'ai récupéré la plupart des registres matricules de ces soldats mais surtout tous les actes de décès provenant des ANs;
Sur les actes de décès de ces 16 soldats cités, il est mentionné "inhumé à la tranchée des Caurettes, bois d'Haudromont, Nord de Verdun"...; Le bois d'Haudromont, c’est aussi la position du 65e BCP du 19 au 31 mai 1916, période de décès de tous ces 16 soldats.

Voici un extrait de l'acte de mon AGO Image

Donc je pense que sur le registre matricule du soldat DARON , il a été écrit “Caurettes” pour “tranchée des Caurettes”. (soldat DARON n’a pas de fiche SdG)...une erreur par omission..

Toutefois à ce stade, je garde toutes les hypothèses ouvertes...
Merci encore pour votre aide et intérêt dans mon sujet.

Bien cordialement

Norbert
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Re: Recherche sépulture MPLF, Sergent Albert DEGOUSÉE, 65e BCP, Meuse

Message par Algonquin » dim. nov. 09, 2014 3:09 am

Bonjour à toutes et à tous,

Après ces quelques mois de recherches, et grâce à une meilleure compréhension du réseau des tranchées et boyaux dans le secteur du bois d’Haudromont, j’ai pu revisiter ce croquis du cimetière provisoire du 416e RI situé près du PC à la tranchée Moisson (croquis N°1) partagé par Frédéric Radet.
Ce croquis N°1 montre en fait la tranchée des Caurettes et le boyau Le Mantec, et aussi ce qui semble être 2 postes de mitrailleuses situées au Nord et faisant face à la tranchée allemande Palatinat. Le PC à l’angle de la tranchée Moisson et du boyau Le Mantec est, je pense, le PC “M17 Levoth”. Cette section “Est” de la tranchée des Caurettes (angle des boyaux Jacques et Le Mantec) est probablement celle occupée le 21 et 22 mai 1916 par la 10 Cie du 65e BCP de mon AGO.
Donc ce cimetière était distant de 100-150 mètres de la tranchèe des Caurettes, mais en pente descendante. (d'après géoportail).

Peut-être que l'intensité des bombardements les a poussé à réaliser ces inhumations à la tranchée en première ligne? ou bien, il n'y avait plus de place dans le cimetière près du PC?
Image

Par contre les 2 croquis de la tranchée des Caurettes extraits du journal du soldat Jean ROIG, du 58e RI, et datant de juillet et aout 1916 http://www.saleilles.net/guerre/page5.html, sont je crois sur la partie “Ouest” de la tranchée des Caurettes. J’ai pu trouver le boyau Limousin, ainsi que plusieurs postes de mitrailleuses sur une des cartes de la 112e Brigade.
Image

Scolari, merci encore pour avoir repérer ces 2 croquis pour mon sujet.

Bien cordialement

Norbert
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Re: Recherche sépulture MPLF, Sergent Albert DEGOUSÉE, 65e BCP, Meuse

Message par Scolari » mer. nov. 12, 2014 4:39 pm

Bonjour,
merci pour votre message.

sinon, pour la carte, effectivement je suis à la rue... pas la bonne zone. Mais vous aviez compris mes doutes sur le terme "Caurettes".
votre AGO étant blessé, sans doute était-il proche d'un poste de secours pour recevoir des soins.
De plus, si différentes fiches matricules (fiches qui ne sont que des compilations de documents EXISTANT) indiquent des inhumations aux tranchées des caurettes, le rédacteur ne peut inventer ces faits.
Ainsi de poste de secours à inhumation à la tranchée des Caurettes, la distance doit pas être très grande.
cordialement
Frédéric


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Re: Recherche sépulture MPLF, Sergent Albert DEGOUSÉE, 65e BCP, Meuse

Message par Algonquin » jeu. nov. 13, 2014 12:06 am

Bonsoir à toutes et à tous,

Merci pour votre aide. Non, question distance ce n’était pas énorme.

Voici deux cartes topographiques qui permettent de se rendre compte des distances, la première datant de la fin avril 1916 (donc tout à fait correcte pour la période où mon AGO a été tué) sur laquelle on peut voir le réseau des tranchées, et une carte IGN actuelle de Géoportail (http://www.geoportail.gouv.fr). J’ai essayé de faire correspondre au mieux les 2 cartes pour montrer le secteur du Fond de Heurias et du bois d’Haudromont.
Image
On se rend ainsi compte que la distance entre la tranchée des Caurettes (première ligne) et la route de Bras à Douaumont est de 350-400 mètres. Par contre, le terrain est en pente descendante comme le montre ce profil altimétrique entre ces 2 même points (Géoportail). D’ailleurs les actes de décès des soldats tués sur ce secteur portaient souvent la mention “tué a l’ennemi, pentes sud du bois d’haudromont”.
Image

Après avoir parcouru les JMO des unités de Santé qui se sont succédées sur ce secteur, le Poste de Secours (PS) le plus proche était (je pense?), celui près du sentier situé à l’angle du boyau Levoth, juste au Nord de la route de Bras à Douaumont proche du cimetière provisoire. Il est indiqué sur le croquis N° 2 montré par Frédéric Radet, et mentionné sur le plan du cimetière “du 416e PS régimentaire”. Les unités qui se sont succédées au bois d’Haudromont ont utilisé le même PS. Toutes les nuits, les bléssés étaient évacués sur Bras-sur-Meuse par les brancardiers du GBD.
Mon AGO a dû décédé rapidement de ses blessures durant cette offensive du 21 mai, et ne pas être évacué sur ce PS distant donc de ~300m, avec une inhumation à la tranchée des Caurettes ainsi que ces autres camarades.

Je pense que la décision de procéder à ces inhumations proches de la première ligne a été prise à cause de l’intensité des bombardements sur tout le bois d’Haudromont, le peu de place restante dans les cimetières provisoires du secteur et aussi à la difficulté de circuler dans ces boyaux boueux (temps très pluvieux) et partiellement détruits (bombardements incessants).

Est-ce que quelqu'un sait si les Chasseurs à Pieds inhumés plus souvent leur morts près des tranchées? c'est une hypothèse...

Peut-être l’extrait du Carnet de Champs de Bataille (CCB) rédigé par le GDB-56 correspondant à ces inhumations apporterait il des précisions supplémentaires? Je ne le possède pas malheureusement.....peut-être est il aux AD55?

Merci pour votre aide et vos commentaires

Cordialement

Norbert
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Re: Recherche sépulture MPLF, Sergent Albert DEGOUSÉE, 65e BCP, Meuse

Message par Algonquin » lun. nov. 17, 2014 2:41 am

Bonsoir à toutes et à tous,

Afin d’illlustrer cette partie de ce sujet concernant le service de Santé desservant le secteur du bois d’Haudromont en 1916, je viens de trouver cette superbe carte des Services de Santé Divisionnaires de la 42e DI, qui occupait tout ce secteur en mars 1916 et qui montre le réseau complet d’évacuation des différents postes de secours par les groupes de brancardiers régimentaires, divisionnaires et de corps. La carte complète est visible sur ce lien (26N 343/6, page 36) montrant aussi les postes de Thiaumont, Froideterre et “des 4 cheminées”. http://www.memoiredeshommes.sga.defense ... 3685c89e74

Toutes les évacuations se faisaient de nuit vers les ambulances postées à Bras-sur-Meuse, Le Glorieux, Baleycourt ou vers les hôpitaux militaires du Faubourg Pavé et Valdelaincourt. Ce réseau a très possiblement était conservé tel quel durant de nombreux mois.

Sur cette agrandissement, le 162e RI et le 151e RI occupait le secteur du bois d’Haudromont en mars 1916, incluant les carrières d’Haudromont tenues par le bataillon II/151, alors que le bataillon I/151 occupait la zone qui m’intéresse à gauche des Carrières et qui inclue la “tranchée des Caurettes”.
Image
On voit très bien les différents postes de secours (PS) (en rouge) le long de la route de Bras à Douaumont, celui proche de Bras (I/162), celui du bois d’Haudromont (I/151) qui sera occupé début mai 1916 par le 416e RI (puis vraissemblablement le 65e BCP) et qui a été déjà indiqué sur les croquis précédants. Il y avait aussi un PS aux carrières d’Haudromont et un au bois de Nawé. Il est possible que les croix en bleu près de certains PS indiquent des cimetières provisoires (?).
Concernant mon AGO, son inhumation à la tranchée des Caurettes prouve malheureusement qu’il n’a pas été évacué vers ces PS.

N’hésitez pas à réagir et me faire part de vos commentaires; merci.

Bien cordialement,

Norbert
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Re: Recherche sépulture MPLF, Sergent Albert DEGOUSÉE, 65e BCP, Meuse

Message par Scolari » lun. nov. 17, 2014 9:52 am

Bonjour,

je ne sais pas si tu connais ce site : Chemin de Mémoires,
voici un texte interressant concernant " les cimetières de la bataille de Verdun" : http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/ ... erdun-55-0
--------------------------------------------------------------
"Les blessés graves, incapables de bouger, attendent sur place la venue des brancardiers qui viennent les chercher la nuit, lorsque les bombardements d'artillerie et les tirs de l'infanterie s'atténuent. Ces blessés sont ramenés au prix d'efforts inouïs, par des boyaux dévastés, dans une zone chaotique défoncée de cratères de projectiles. Arrivés aux postes de secours, après quelques soins sommaires, ils expirent en grand nombre. Le Service de Santé procède alors à leur ensevelissement à proximité du poste. Ces petits cimetières s'agrandissent de jour en jour, au rythme des décès. Ainsi, comme à Avocourt, à Esnes près de la cote 304, à Chattancourt au pied du Mort-Homme, à Bras, au bois Contant, des dizaines de petits...[?]"
----------------------------------------------------------------
ce texte exprime mon idée par rapport à votre grand oncle, il est inhumé proche d'un de ses postes de secours et les croixbleux indiquent " également sans doute" ces cimetières provisoires que vous cherchez.

Cordialement
Frédéric

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Re: Recherche sépulture MPLF, Sergent Albert DEGOUSÉE, 65e BCP, Meuse

Message par Algonquin » mar. nov. 18, 2014 12:39 am

Bonsoir à toutes et à tous,

Merci Scolari pour ce lien et ce texte que je ne connaissait pas.
En effet, ces cimetières provisoires près des P.S. étaient nombreux, et ces informations d’inhumations sont confirmés par cet autre texte du JMO SSD de la 42e D.I. sur les consignes concernant les inhumations en mars 1916 durant les combats de Verdun et s’appliquant au secteur du Bois d’Haudromont.

Dans le JMO du Service de Santé Divisionnaire de la 42e D.I. (26N 343/6, page 39) http://www.memoiredeshommes.sga.defense ... 3685c97036,
Il est écrit:
“La relève des cadavres des soldats tués dans le secteur, est organisée comme la relève des blessés…..Dans les secteurs de chaque corps d’armée, les brancardiers régimentaires les transportent, après les blessés, auprès des P.S. où les équipes du G.B.D. les prennent chaque nuit pour les transporter sur un chariot spécial au cimetière militaire du Faubourg-Pavé.”

Et il est rajouté ce paragraphe concernant les inhumations autour des P.S. et dans les tranchées…
Quelques médecin-chefs, préférant faire inhumer sur place les militaires tués sur le champ de bataille, les font enterrer sur le terrain, dans le secteur, et font passer les actes de décès par les officers de détail des regiments, et envoyer à Mr COYON les objets qui font partis de la succession des défunts. Des menuisiers, au G.B.D. et aux ambulances 1/6 et 7/6, fabriquent des croix qui sont placées sur les tombes soit au Cimetière militaire, soit sur les tombes isolées du secteur”. (Mr Coyon était l’officier d’état-civil du secteur chargé de rédiger les actes de décès et dresser l’inventaire des successions).

Donc la pratique d’inhumer en tombe isolée “sur le terrain“ dans le secteur des P.S. existait dès le mois de mars 1916. Durant les mois suivants, avec l’importance croissante du nombre de blessés à évacuer chaque nuit, cela a dû devenir la norme dans ce secteur du bois d’Haudromont.

Concernant mon AGO, oui en effet tout est possible. Mon opinion, à ce stade, c’est qu’il a été inhumé (comme ces 15 autres camarades) proche de la tranchée des Caurettes, peut-être à l’angle du boyau Jacques ou du boyau Le Mantec, zone où la 10e Cie était placée le 21 et 22 mai. La tranchée n’est distante du P.S. que de 300m. Si l’inhumation de ces 16 soldats avait été faite au P.S. lui même, cela aurait été indiqué sur l’acte de décès, comme cela a été le cas pour plusieurs autres soldats de la 7e et 9e Cie du 65e BCP tués aussi le 21 mai dans les tranchées situées plus à l’ouest. Plusieurs de ces soldats inhumés près du P.S. (du 416e RI et 65eBCP) sont aujourd’hui à la NN de Bras-sur-Meuse. Alors qu'aucun des "16 soldats inhumés à la tranchée des Caurette" ne reposent à la NN de Bras......Mais je reste ouvert à toutes les hypothèses…

N’hésitez me faire part de vos commentaires; merci.

Très cordialement,

Norbert
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Re: Recherche sépulture MPLF, Sergent Albert DEGOUSÉE, 65e BCP, Meuse

Message par air339 » mer. mars 25, 2015 2:13 pm

Bonjour,

Ayant eu un peu de temps disponible, je me suis intéressé à ce secteur qui, comme l'écrit Frédéric Radet, reste un secteur (secteur Heurias) peu connu.

Voici la succession des unités qui l'ont occupé, aménagé, tenu, du 22 février 1916 au 15 décembre 1916. En gardant à l'esprit qu'il s'agit d'un secteur de première ligne, en contre-pente, hâtivement aménagé, souvent bouleversé.


Image
carte tirée du livre « Verdun » de JH Lefèvre, pages 360-361
en rouge, l'avance extrême en juillet. La tranchée des Caurette est à la charnière de tous les mouvements de l'année 1916.


25 février : Le 85e RI (31e Brigade) occupe la ferme d’Haudromont et tente d’endiguer l’avancée ennemie sur Louvemont.

26 février : Ecrasé par le nombre des assaillants, le 85e recule à la lisière du bois au sud de la ferme. Le 85e RI a perdu plus de 900 hommes en 2 jours.

27 février : Le 8e RI (2e DI, 4e Brigade) relève le 85e RI et combat à la lisière sud du bois de sapin, au sud de la ferme d’Haudromont, perdant beaucoup d’hommes par balles : les pertes s’élèvent à 584 hommes. Le lendemain, aux mêmes emplacements, le 8e RI perd encore plus de 300 hommes.

29 février : Pétain demande la défense « à tout prix » de la ligne comprenant Haudromont.

1er mars : le 146e RI relève le 8e RI et commence des travaux : « les travaux d’organisation de la position se poursuivent dans la mesure du possible, les outils sont rares et le matériel fait complètement défaut ». Dans les jours qui suivent, les reconnaissances indiquent que la ligne allemande est à moins de 80 m, et que l’adversaire se retranche également et pose un premier réseau de fils de fer.

9 mars : le 146e RI arrête une attaque, préparée par minenwerfer de gros calibre.

10 mars : Le 151e RI (42e DI) relève le 146e RI et nous livre une première carte :
Image

« le régiment a pris un secteur de fin de combat ou tout est à organiser, les tranchées ne sont qu’ébauchées (de 60 à 80 centimètres par endroits) »

12 mars : le 151e RI pose les premiers fils de fer et amorce une tranchée de soutien. Chaque journée de travaux donnera son lot de tués et blessés. Le JMO en donne la liste nominative.

16 mars : « toues les tranchées sont à profil normal, la tranchée de soutien est creusée. Tout le front de 1ère ligne est garni sur toute sa longueur d’un réseau de fil de fer barbelé dont l’épaisseur varie de 5 à 15 mètres »

18 mars : « les premières lignes qui jusque-là n’avaient encore été soumises à aucun tir de l’artillerie ennemie commencent à subir un tir précis de 77 et de 105 »

29 mars : Le 116e RI (22e DI, 33e CA) relève le 151e RI.
« le sous-secteur d’Haudromont laissé par le 151e RI est en bonne voie d’organisation, il existe une bonne 1ère ligne avec défenses accessoires, la ligne de soutien et la 1ère ligne de la position n°1 sont bien creusées, mais il reste néanmoins dans l’ensemble du secteur de sérieux travaux à effectuer tant au point de vue tranchée que défenses accessoires, boyaux de communication et abris ». Les travaux des jours suivants occasionnent des pertes minimes comparées à celles du 151e RI, malgré un bombardement quotidien, mais plus concentré au sud sur le bois Nawé.

17 avril : Après un intense bombardement, l’ennemi prend pris pied dans le boyau Nourisson et la tranchée Balfourier (mais aussi Canodt, Renaud, Bousquin), et de là lance des grenades dans la carrière. Le boyau Rémy est complètement nivelé.

18 avril : les Allemands construisent une tranchée perpendiculaire à la tranchée Nourisson. Le 116e RI reçoit l’ordre de progresser à la grenade dans la tranchée des Caurettes, et réussit à reprendre 15 mètres dans la tranchée Balfourier, où elle reçoit des obus français. La carrière d’Haudromont doit être évacuée, le JMO du 116 contient de longs rapports pour justifier ce recul malgré l’ordre de « tenir à tout prix ». L’une des compagnies n’a plus que 4 hommes.

21 avril : Une attaque du 116e , renforcée par la 12e cie du 117e RI,permet de reprendre les tranchées Moisson et des Caurettes jusqu’au boyau Mercier, boyau Nourisson et une partie du boyau Bablon, ainsi que la carrière, qui est rapidement rendue intenable par les tirs des 2 artilleries.

22 avril : le 30e RI relève le 116e RI, de Haudromont à Thiaumont.
A nouveau « les travaux d’organisation de tranchées et la construction d’abris sont poussés très activement . L’ennemi bombarde d’une façon continue ».

30 avril : Le 416e RI relève le 30e RI. et mentionne un bombardement continu bouleversant les positions. Son JMO donne l’état nominatif de ses pertes quotidiennes.

10 mai : le 30e RI reprend la première ligne.

12 mai : relève du 30e RI par bataillons : 1er par le 107 RI (23e DI, 46e Bde) , 2e par le 69 BCP, 3e par le 361e RI. Le bataillon du 107 attaque le soir même les tranchées Nourisson et Mercier. Le JMO du 107e donne l’état nominatif des pertes.

15 mai : Le 65e BCP (112e Bde) relève les éléments du 107e RI, occupant les premières lignes de tranchée des Caurettes au boyau Rémy. Le JMO du 65e BCP donne ce premier croquis :
Image

A nouveau « les travaux sont poussés activement en particulier amélioration des abris individuels qui sont creusés presque à la hauteur du sol de la tranchée, étroits et profonds, approfondissement des boyaux et tranchées, pose de fil de fer … les travaux sont gênés par le manque de matériel »

21 mai : fin de la relève de la 35e DI par la 56e DI pour l’attaque du 22. (voir aussi 36e DI)
« Mission du 65e BC a/ tenir à tout prix et quoi qu’il arrive le secteur qui lui est confié b/ aider le 69e BC dans la mesure du possible ». Le 69e BCP à droite doit attaquer la tranchée Balfourier.
Second croquis du JMO du 65e BCP :
Image

A midi, le 69e BCP a conquis la tranchée Balfourier, l’après-midi se passe en lutte à la grenade sur tout le secteur des 65e et 69e BCP, les tranchés sont prises sont un bombardement intense, qui dure les jours suivants, surtout sur la tranchée Rémy.

23 mai : Le 350e RI relève des éléments du 69e BCP (boyaux Mercier et Nourisson) et subit des pertes dont le JMO donne l’état nominatif.
Carte du JMO du 350e RI :
Image

JMO 350e RI : « très violent bombardement des Allemands jusque vers 16h30, heure à laquelle ils dirigent une attaque à la grenade vers l’extrémité est de la tranchée des Caurettes … la cie Chapuis, dont la plupart des fusils ont été enfouis ne peut arrêter les Allemands qui pénètrent dans la tranchée de cette cie et progressent vers l’est de la tranchée Balfourier »

24 mai : A 1h du matin, une compagnie du 350e RI relève la 10e cie du 65e RI, sur la partie est de la tranchée des Caurettes. A droite le 350e RI résiste difficilement à la poussée adverse, au soir il ne lui reste plus qu’une douzaine d’hommes dans la tranchée Balfourier. Pour cette première journée d’engagement, le 350e RI a perdu plus de 200 hommes.

25 mai : Des éléments du 326e RI viennent en renfort (tranchée Moisson). La poussée allemande achève de reprendre la tranchée Balfourier, aborde la tranchée des Caurettes, le boyau Rémy est nivelé. (12e CA)

26 mai : La 151e DI mise à disposition du 12e CA. Le 326e RI reprend le boyau Rémy et occupe les tranchée Moisson et Voisin. A sa relève le 28, le 326e RI aura perdu plus de 200 hommes.

27 mai : Le 2e bataillon du 403e RI (151e DI, 301e Brigade) relève le 65 BCP (et le 350e RI le 28 au soir). Le 65e BCP donne un dernier croquis des positions qu’il quitte :
Image

en rouge, les positions du 350e RI (1&2) et 326e RI (3).


un aperçu du terrain dans les mois suivants :


Plan directeur d’octobre :
Image

JMO du 403e RI : « un seul boyau bouleversé conduisant du PC Theilaut ( PC du colonel, ouvrage C3) au 3e bataillon, une piste menait au 2e bataillon. La tranchée des Caurettes existait réellement mais sans défenses accessoires, la tranchée Masson et le boyau Rémy n’existaient que de nom et n’étaient que des trous d’obus juxtaposés où les hommes étaient immobilisés pendant le jour aucune défense accessoire – solution de continuité dans la ligne – aucune communication avec l’arrière »

28 mai – « violent bombardement vers la tombée de la nuit, fusillade, tir de mitrailleuses combats à la grenades dans le secteur du 2e bataillon.
Dès la tombée de la nuit le régiment commence l’organisation de son secteur et poursuivra avec la plus grande activité jusqu’à son départ… création de la tranchée Masson, boyau Remy, une tranchée de soutien, boyau Lenoth et son prolongement jusqu’à la tranchée des Lisières, création de boyaux reliant les deux lignes, réfection des boyaux de communication avec le bataillon de droite, réfection de l’ouvrage C3 en entier, pose de défenses accessoires en avant de la première ligne, entre la première ligne et la tranchée de soutien, etc. »

30 mai – « pendant toute la journée bombardement systématique et continu qui démolit les organisations et cause des pertes assez importantes. »

3 juin – « combats à la grenades au bord du ravin de la Goulette, nos patrouilles envoyées en avant de la tranchée Rémy sont accueillies par une vive fusillade ».

Au 10 juin, le JMO du GBD de la 21e DI, mis à disposition, précise que les inhumations des corps rapportés se font au cimetière Bevaux, sous la direction d’un officier d’état civil du GBD, qui ouvre un carnet du champ de bataille.

13 juin –Les 120e BCP et 106e BCP relèvent le 403e RI qui note fièrement que « tous nos morts furent ramenés en arrière des premières lignes pour y être enterrés, grâce au dévouement des brancardiers (près du PC M6, le 410 a enterré 117 des siens, chacun a sa tombe et son croquis) ».


120e BCP :
Image
carte AFGG

15 juin – « les tranchées et boyaux, constamment bouleversés par un bombardement de gros calibre, rendent leur occupation très pénible »
« pas de fil de fer, aucun obstacle en avant des lignes. Le bataillon est en alerte constante et reçoit de l’ennemi des feux de front et de flanc »

18 juin – « l’artillerie bombarde incessamment nos tranchées avec 105 et 150… la plupart des boyaux sont démolis, en particulier dans le secteur de la 2e cie où la tranchée est nivelée sur une longueur de 100 mètres »

20 juin – « les Allemands bombardent violemment nos lignes, spécialement les tranchées Rémy et Masson, causant des pertes sérieuses (10 tués, 16 blessés) »

23 juin « jusqu’à 7 heures, le marmitage augmente sans cesse, devient d’une intensité inouïe, des obus de gros calibre sillonnent l’espace, on dirait de véritables tramways aériens … en raison de l’attaque allemande le bataillon a été constamment en état d’alerte et soumis à un très violent bombardement, en particulier les deux sections de mitrailleuses, placées dans le ravin de la Dame, aux deux extrémités du boyau Lenoth … un obus de gros calibre tombe sur un abri à la bifurcation des boyaux Lenoth et Douaumont nous causant des pertes cruelles » suit d’ailleurs une rare critique de l’EM …

24 juin – « très grande activité allemande qui arrose abondamment les tranchée le Mantec, Voisin, Lenoth »

25 juin « bombardement habituel par 105 et 150 »

26 juin «l’artillerie allemande continue le bombardement systématique de nos lignes et démolit nos travaux dès qu’ils sont entrepris »

1er juillet « bombardement lent et continu de nos tranchées et boyaux dont beaucoup sont bouleversés »


5 juillet : le 58e RI relève le 120 BCP. Le 58e RI note que « l’organisation défensive du bois d’Haudromont est tout à fait embryonnaire, pas d’abris, pas d’éléments de tir, des tranchées de 1 mètre de profondeur seulement, aucune circulation ou communication avec l’arrière n’est possible pendant le jour ». La tranchée des Caurettes n’est mentionnée qu’au 20 juillet : « assez grande activité de l’artillerie allemande. Toutes les tranchées du sous-secteur d’Haudromont, sauf la tranchée des Caurettes,sont complètement nivelées parles obus de 210 »

27 juillet : « tir de démolition peu nourri sur la tranchée des Caurettes. »

2 août : « bombardement violent du bois d’Haudromont »

14 août : « le sous secteur d’Haudromont reçoit de nombreuses torpilles de gros calibre »

16 août : le 11e RI relève le 58e RI et entreprend des travaux de réfection.

20 août : « bombardement habituel. Continuation des travaux, notamment des abris et des boyaux à Haudromont »

25 août : « bombardement intense notamment sur le 1er bataillon (Haudromont) »

30 septembre : « des travaux importants sont commencés dans le quartier d’Haudromont avec l’aide de 80 travailleurs du 20e et de 120 hommes du 207e (approfondissement de la tranchée Rémy, des boyaux de Louvemont, continuation du boyau Lenoth pour rejoindre la partie de ce boyau déjà faite dans le quartier de Nawé) »

8 octobre : Le 4e RI (pas de JMO) relève le 11e RI.

17 octobre : Le 82e RI relève le 4e RI et prépare les lignes d’attaque.

24 octobre – Le 20e RI vient occuper le quartier Heurias, de la côte du Poivre à la tranchée des Caurettes. Le 82e RI quitte le secteur ; le 11e RI (33e DI, prêté à la 36e DI) vient occuper les 1ères lignes sauf la tranchée des Caurettes, pour attaquer les carrières. « dans la matinée du 24, le régiment (11e RI) rassemblé dans l’étroit espace des tranchées de départ, subit un violent bombardement qui lui causa des pertes très sensibles ». L’attaque est un succès, le 11e RI reconquiert les tranchées Nourisson, Balfourier et la carrière, le 20e restant dans la tranchée des Caurettes, en soutien.

Dans les jours qui suivent, le 20e RI note quelques bombardements violents « sur la croupe de Haudromont ».

25 novembre : Le 12e RI relève le 11e RI, sa 1ere compagnie dans la tranchée des Caurettes, faisant partie du quartier Heurias. Le 12e RI va préparer les positions pour l’attaque du 15 décembre.

27 novembre : « notre artillerie lourde bombarde les positions ennemies de la butte d’Haudraumont. L’artillerie ennemie fait un vive riposte sur le secteur de droite (tranchée des Caurettes) »

28 novembre : « l’ennemi effectue un violent tir de destruction sur nos nouveaux travaux qu’il a repéré. Tirs de 150 et de 210 sur les boyaux de Louvemont – ravins de Heurias et de la Goulette »

1er décembre : « a partir de 12h vif bombardement de nos positions de droite par l’artillerie lourde ennemie »

2 décembre : « bombardement violent de nos nouveaux travaux par l’artillerie lourde ennemie »

3 décembre : « nos positions de droite sont violemment bombardées (tranchées Rinck et Castaing- des Caurettes et boyaux de Louvemont, Blaincy et ravin de la Goulette). Le bombardement devient particulièrement intense à partir de 14h jusqu’à la nuit (obus de 150 – 210 et grosses torpilles) »

4 décembre : « à partir de 11h grande activité des artilleries. L’ennemi exécute des tirs de réglage et envoie des rafales d’obus de gros calibre (150 et 210) sur nos positions »

14 décembre : relève du 12e RI par le RICM (quartier Heurias)

15 décembre : Le RICM atteint Louvemont vers 11h.

Après l'offensive de décembre 16, le secteur d’Haudromont ne sort pas complètement de l’histoire : les carrières et ravins sont aménagées et souvent bombardées – jusqu’en 1918, notamment par des obus toxiques.

Reste maintenant a éplucher les JMO des GBD se Services de santé de chaque division, corps d'armée, pour comprendre le traitement des corps en premières lignes.

Bonnes recherches,

Régis

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Re: Recherche sépulture MPLF, Sergent Albert DEGOUSÉE, 65e BCP, Meuse

Message par Algonquin » mer. mars 25, 2015 6:04 pm

Bonjour à toutes et à tous,

Merci infiniment Régis :jap: pour ce brillant exposé des évènements qui ont pris place en 1916 dans ce secteur du bois d'Haudromont et du quartier d'Heurias qui m'intéressent plus particulièrement.
Ce travail illustre parfaitement mon sujet et je vous en remercie.

Mes recherches sur ce secteur m'avais déjà permis de dresser la liste de la plupart des unités que vous citez, mais pas de façon si précise...
Comme vous l'indiquez, on s'aperçoit que la tranchée des Caurettes va rester une tranchée du première ligne pendant toute cette période de Février à Décembre 1916. Ce qui en a fait aussi une cible priviligiée des tirs d'artilleries pendant près de 10 mois. Une raison pour laquelle ce réseau de tranchées a constamment été bouleversé et à réorganiser ("la tranchée Masson et le boyau Rémy n’existaient que de nom et n’étaient que des trous d’obus juxtaposés où les hommes étaient immobilisés pendant le jour aucune défense accessoir" 403e RI)
Concernant les pertes, j'ai déjà commencé des recoupements sur des MPLFs de certaines de ces unités combattantes tués dans ce secteur du bois d'Haudromont entre Février à Décembre 1916..dénombrant près de 800 MPLF sur ce secteur (provenant des 151e RI, 416e RI, 65e BCP, 69e BCP, 350e RI, 326e RI, 120e BCP, 58e RI, 11e RI) dont 224 ont une sépulture en NN et une fiche SdG (~28%). Bien entendu, il est possible qu'il y ai eu aussi des restitutions aux familles juste après la guerre.

J'ai bien noté votre référence concernant les inhumations du GBD de la 21e DI au cimetière BEVAUX. Si quelqu'un a des informations sur ce cimetière provisoire cela m'intéresse ! merci
Egalement, la référence concernant le 403e RI "qui note fièrement que «tous nos morts furent ramenés en arrière des premières lignes pour y être enterrés, grâce au dévouement des brancardiers (près du PC M6, le 410 a enterré 117 des siens, chacun a sa tombe et son croquis". Ce PC M6 était situé aux "bois des trois cornes" (indiqué au bas de la carte ci-dessous de la 301 Bgde-JMO du 403e RI 26N766-6), et on peut supposer que ces soldats ont été inhumés au cimetière connu du ravin des trois Cornes.
Image

Merci encore Régis pour ce superbe travail.

Bien cordialement

Norbert
"J'aime passionnément le mystère, parce que j'ai toujours l'espoir de le débrouiller." de Charles Baudelaire, extrait de "Le Spleen de Paris"

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