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29/09/15 : Des inconnus dans la brêche des Tantes

Publié : mer. févr. 17, 2021 12:25 am
par Ungernkhan
Bonjour,

Toujours dans mes recherches pour mon livre sur la 124e DI je viens vers vous avec une colle (à voir en bas après le résumé)

Dans ses souvenirs le colonel Tahon, chef de corps du 142e RI décrit les circonstances dans lesquels il prend le commandement de la tranchée des Tantes du 29 septembre au 1er octobre 1915 avec le lieutenant-colonel Luce de Tremont (du 2e corps de cavalerie) comme adjoint. Le récit est confirmé par un rapport extensif remis à la 4eme armée par le 2e CAC et présent dans l'AFGG .

Nous sommes en champagne dans le secteur de la 14eme DI (7e CA, IVe armée)

Les restes de la 14e DI, des fractions de la 129e et 157e DI, la 248e brigade (142e RI et 53e RI) de la division Weywada, les restes de la 15e DIC, le 402e RI et les 2 groupes à pieds de la 4e et 5e DC ainsi que les survivants du 11e chasseur à cheval doivent passer de nuit par une brêche de 500m de large et faire la fameuse percée du front allemand. En réalité un goulot d'étranglement...

Le plan est le même que durant l'assaut du 27 par les 35e et 42e RI (28e brigade de la 14e DI) et celui du 28 par la même 28e brigade ainsi que la 314e brigade de la 157e DI.

Cette brêche dans la seconde ligne allemande est pourtant prise sous le feu des mitrailleuses situés dans la tranchée de Lübeck, les bois J20, J13 et la tranchée des Homo-Sexuels ainsi que par l'artillerie.

Mais les liaisons sont impossible et chaque unité partira souvent sans réunir tout son monde et sans aucune coordination avec les voisins.
Dans la nuit et sous les bombardements, les officiers cherchent leurs hommes dispersés dans les bois et les trous d'obus.

La batterie de crapouillots prévue pour effectuer la brêche commence sa mise en batterie à 2h du matin mais le terrain boueux fait qu'elle n'est en position de tir que dans la matinée.

Les assauts, prévus à partir de 3h30, cumulent du retard et les allemands pourront les écraser un par un au fur et à mesure qu'ils déboucheront de la brêche en plein soleil.

Les territoriaux et le génie ont mis en place 4 passerelles sur la tranchée des Tantes ou les unités d'assaut passent section par section.

L'énorme densité de troupes dans un espace aussi réduit est une aubaine pour l'artillerie allemande à un moment ou le reste du front est statique. 77,105 et 150 toxiques ou explosifs commencent à pleuvoir.

Les coloniaux qui sont en ligne depuis le 25 obliquent à droite et sont pris dans le dos par la tranchée de Lübeck et refluent en desordre entrainant les cavaliers avec eux.
Les chasseurs à pied (116e BACP) de la 157e DI obliquent à gauche de la brêche vers 6h mais sont repoussés.
Le 402e RI arrive en colonne et passe la brêche à l'aube
puis il s'élance vers le bois Chevron ou il sera détruit ou capturé à part pour 2 compagnies (5e et 8e) ayant perdu le contact dans la nuit.
Les 35e RI et 42e RI (14e DI) qui devaient le suivre sont réduit à une compagnie chacun.


Image


En bref l'attaque est un desastre.

Le colonel Tesson, chef de corps du 35e RI et commandant du groupement 402e, 35e et 42e RI est tué en voulant stopper le reflue des hommes desemparés.
Les rescapés de toutes les formations s'entassent alors dans la tranchée des Tantes qui est en plus occupée par un bataillon du 53e à droite et le 1er et 2eme bataillon du 142e RI à gauche.

Le colonel Tahon (142e RI) se retrouve sans liaison lorsqu'il prend le commandement des éléments présents dans la tranchée. Les chefs sont tombés et les régiments sont desorganisés et mélangés.

Les 5e et 8e compagnies du 402e RI cherchant à rejoindre leur corps ne parviennent pas à flanchir le bombardement qui isole la tranchée des Tantes du reste des lignes françaises.

A 1200m au nord deux colonnes allemandes approchent. Le colonel s'agite, commande des feux de salves et tente de se faire obéir. Les survivants épuisés le regardent d'un air absent. Blottis dans la boue, ils ne bougent plus.

Le clairon Carrel vient trouver le colonel et lui demande l'autorisation de sonner la charge! Le colonel approuve et promet la médaille militaire à Carrel s'il parvient à sauver la situation. Il sonne et la sonnerie est reprise par le clairon Sourroui du 1er bataillon du 142e.

A l'appel du clairon, chacun se redresse. Les parapets se garnissent et les mitrailleuses commencent à rentrer en action brisan l'élan allemand dans les 500 derniers mètres les séparants de la tranchée des Tantes.

Le bombardement allemand se prolongera néanmoins jusqu'à la nuit.

Petit récit de mémoire (veuillez excuser les lacunes) pour vous peindre le tableau.
Le chaos qui regnait durant cette periode dans ce secteur font qu'il est presque impossible d'établir une chronologie.

Maintenant voici ma colle :

Dans ses carnets, le colonel Tahon déclare avoir sous ses ordres une force composé de cavaliers, fantassins, chasseurs à pied, coloniaux..... et fusiliers-marins.

Alors si quelqu'un peut me dire d'où viennent ces fusiliers marins je serait très reconnaissant.

Ma théorie: je penche pour des canonniers-marins servants de pièce d'accompagnement mais le texte est clair : fusilier-marin.
Seconde option : pas de marins et c'est une erreur qui s'est glissée dans le texte.