Multiples visions de la mort [carnets Louis DECAMPS]

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monte-au-creneau
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Multiples visions de la mort [carnets Louis DECAMPS]

Message par monte-au-creneau » jeu. nov. 19, 2020 8:33 pm

Bonjour,

J'ai réalisé un petit exercice sur les carnets de Louis Decamps du 288e R.I, qu'on trouve dans le site chtimiste. Dans ses carnets, tout est très détaillé, très imagé, avec le verbe et l'adjectif forts... Trop, peut-être, parfois ?
L'exercice a consisté à en extraire tout ce qui concerne la mort et sa vision. Et encore je n'extrais que les faits, et pas les pensées de Louis Decamps relatives à la mort.

Dans tous ses textes, la mort est omniprésente. Le mot "mort" est cité d'innombrables fois.



C'est vraiment l'horreur ! La boucherie ! L'hémoglobine ! Les morts servent de parapet et étayent les tranchées, on marche sur les morts, etc... Le fameux "on marche sur les morts", de qui est-ce, déjà ?



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1917

1°- Nouveaux dans un secteur encore très agité la veille, le passage de consignes sévères et le récit de la dernière attaque toute chaude marquée par le vue de cadavres fraîchement tués, cela fait travailler les imaginations de gens qui se sentent en plein inconnu terrain, intention de l'ennemi.

2° - Les boches reprenant certainement haleine après les échecs de la veille d'ailleurs suffisamment marqués sur le terrain par un impressionnant spectacle de cadavres allemands fraîchement tués, abandonnés en terrain découvert ou constituant même en certains points, la masse du parapet de la tranchée de la Gargousse, d'où dépasse un bras, une jambe, un soulier.

3° - A deux pas un cadavre à bottes d'allemand. Bon, ce n'est pas gai ! Devant moi s'installe une vaste dépression avec L'Ailette que l'on devine loin à droite et la ferme de la Royère vers une ligne en hauteur à gauche.

4°- Le chemin des Dames n'est pas loin, 50 mètres à peine. Il y a encore des poteaux télégraphiques qui le limitent. Un large coup d'œil par dessus le parapet me permet de contempler la zone neutre couverte effectivement de nombreux cadavres; paquets affalés ou recroquevillés. Beaucoup sont pliés en deux la face contre terre. Je reviens au plus vite vers ma section pour rapporter des nouvelles. Du boyau du Négus on me montre le cadavre d'un allemand tué tout contre le créneau de l'abri de mitrailleuse. Le canon de celle ci débouche à quelques centimètres de cette masse informe dont on se garde d'y toucher. Ca ne doit pas sentir bon.

5° - Le sous-lieutenant VALETTE me montre un large espace dénudé qui nous sépare des boches, c'est à dire jusqu'au Chemin des Dames, délimité par des poteaux télégraphiques, de nombreux cadavres d'allemands embrassant le sol d'une dernière et lourde étreinte. Du corps de certains dépasse une petite marmite. Certains sont à portées de notre main, d'autres consolident le parapet de la tranchée et répandent une odeur nauséabonde à laquelle il faudra bien se faire. Leurs amis d'en face ne se sont même pas dérangés de nuit, pour relever leurs pauvres frères d'armes qui pourrissent sous le soleil d'août à quelques mètres de leur réseau.

6°- Le capitaine BESSEDE, prêtre du Gers dans le civil, et qui disait sa messe si pieusement tous les matins dans cet abri, au milieu des hommes de la section de soutien, est transporté au poste de secours. Hélas, il n'y avait plus rien à faire et son cadavre, laissé sur un brancard près du PC du bataillon, qui ne portait à sa mort aucune blessure apparente, est mutilé par le feu en fin de journée. Vers 17h, le bombardement s'acharnait sur le ravin d'Ostel, le dépôt de munitions, grenades, fusées, etc… saute, mettant le feu aux abris PC et PS et alentours. Le cadavre du capitaine abandonné auprès eut tout le bras et l'épaule gauche carbonisé.

7°- Ici, notre grosse artillerie a fait du bon travail.Trois cadavres sont encore dans l'abri, un blessé agonise de blessures qui ne sont pas d'aujourd'hui. Des morts du 283ème de chez nous, jonchent le sol, tantôt groupés, tantôt dispersés. Il y en a un qui est partagé en plusieurs tronçons, la jambe gauche presque en entier est à peine séparée du corps et forme bouillie dans sa partie supérieure avec le drap bleu du pantalon.

8° - Un cataclysme semble s'être produit en cet endroit. Sa vue m'emplit le cœur d'effroi, une angoisse me saisit même à la vue de cette maison d'enfer que les nombreux cadavres allemands et français avaient comme enjeu. Ils gisent corps et membres brisés, déchiquetés avec leurs chairs d'un violet blafard, posés sur de larges flaques de sang dont la terre est sursaturée à tel point que certaines forment un large caillot gélatineux en relief.

9° - Au carrefour des routes d'Ostel – Vailly et Chavonne, derrière un camouflage largement troué, je découvre des cadavres de chevaux et deux corps d'artilleurs déchiquetés, les effets comme tiraillés, en désordre et en lambeaux. On dirait qu'ils ont été lapidés. Le tout baigne dans une boue compacte.

10° - Nous en avons vu d'autres et sommes trop habitués à ce spectacle et un poilu de la section qui occupe la tranchée renchérit qu'il y a beaucoup de boches morts sur la tranchée et sur la plaine et que les Chasseurs en relevant leurs éléments de tranchée bouleversés en ont étayé les parois avec ceux qui s'y étaient aventurés et qu'une contre-attaque a surpris et tué.

11°- Le fusil-mitrailleur tire crosse sous le bras, mais il est abattu, mortellement blessé, d'un formidable coup de grenade à manche à la tête. Le premier pourvoyeur saute sur l'arme, finit le chargeur dans la poitrine de l'Allemand et se replie, blessé lui même, avec son caporal par dessus le parados de la tranchée.

12° - Je reste un instant debout et m'assied sur quelque chose de mou. C'est un mort allongé sur un brancard. Je me relève vite et je reste debout avec l'image indistincte de la forme du mort un instant dans les yeux.

13 ° - Dans ce trou d'obus, au milieu des vivants qui vont m'abandonner pour poursuivre leur mission destructrice, avec les morts et les blessés qui se plaignent doucement et auxquels d'ailleurs je ne puis être d'aucun secours.

14° - Poursuivant ma route sans regarder en arrière, j'utilise tantôt des éléments de tranchée ou de boyau restés intacts, tantôt en terrain découvert. Plusieurs boyaux sont bouchés par des morts des premières heures de l'attaque. L'un d'eux notamment tombé sur les genoux a le haut du corps courbé en avant, le visage collé à la terre et pris à la boue gluante.

15° - Je quitte enfin le plateau, pour m'engager dans un chemin creux où je retrouve bientôt l'abri poste de secours, prés duquel quelques jours avant, montant pour l'attaque, je m'étais assis sur un mort.

16° - Le sous-lieutenant commandant la 4ème section est tué par un petit obus à gaz qui le cloue au sol.

Source : Année 1917 : http://www.chtimiste.com/carnets/Decamp ... is%203.htm

Les autres années plus tard...

EDIT : plusieurs éditions pour mise en forme
Dernière modification par monte-au-creneau le sam. nov. 21, 2020 4:47 pm, modifié 6 fois.
- QUESTION 1: La beauté des Uniformes des Militaires sert-elle à camoufler la laideur de la guerre ?
- QUESTION 2: Ceux qui aujourd'hui commémorent les Poilus sont-ils les mêmes que ceux qui, il y a 100 ans, les envoyaient au casse-pipe sans ménagement?

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Message par monte-au-creneau » ven. nov. 20, 2020 11:59 am

... La mort et sa description : suite

L'année 1918 est encore autant marquée par la mort et les cadavres.

Quel devait être l'aspect psychologique de ce poilu, tellement confronté à la mort pour qu'il en parle tant ? Et qu'il la décrive autant, avec autant de précision, avec les corps qui finissent par se décomposer, au point de redevenir comme de l'humus dans la terre ! Les corps sont même devenus des "sentinelles éternelles" !
Sans compter la fouille, le pillage même des cadavres allemands en décomposition !

Pour avoir parcouru d'autres carnets de poilus, je n'ai pas souvenir de cette omniprésence de la mort et des cadavres.

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1918

17° - Devant nous dans le terrain neutre, il n'y a plus qu'un cadavre allemand figé qui achève de redevenir terre et deux pauvres français du 283ème, deux mitrailleurs la face contre terre achevant de se décomposer. L'un d'eux à l'omoplate droite pressée par la poignée et la culasse d'une mitrailleuse « Hotchkiss » dont le canon est fiché en terre sous le ventre de l'autre. Les pauvres morts français resteront sur place, large tâche bleue légèrement verdie jusqu'à ce que les brancardiers veuillent bien venir les chercher.

18° - Dans la journée, je puis rejoindre la 3ème section et constater avec joie l'impuissance allemande marquée par le cadavre d'un pauvre bougre, masse inerte à portée de ma main, le désordre et le piétinement indescriptible du coin du Gibus où avait vainement essayé de déboucher les groupes d'assaut.

19° - A la pointe du jour, avant que les voisins d'en face ne puissent distinguer nos va et vient, nous prenons congé des éléments du 369ème, qui vont nous garder toute la journée, non sans avoir donné un dernier coup d'œil sur le Gibus et le chemin immédiat où le cadavre de l'Allemand continue à monter une garde éternelle.

20° - On vient donc me prévenir que mon sergent LIGNOL, un ancien du début a été tué pendant le bombardement. Je vais le voir. Il est assis sur le bord du fossé, la tête penchée sur la poitrine sans aucune blessure apparente. Un tout petit éclat d'obus l'a touché en plein coeur et il est mort presque sans un râle me dit-on.

21°- Nous abandonnons nos morts sur le terrain, mon pauvre sergent LIGNOL toujours assis sur le bord du fossé, la tête affaissée comme s'il dormait avec son éclat d'obus en plein cœur, le capitaine CAPDEVILLE, l'homme à la tempe trouée et comme vidée où l'on aurait passé le poing, celui à la tête complètement sectionnée tué en plein sommeil, couché de tout son long dans un bout de tranchée de 50 cm de profondeur qu'il avait creusé et qui sera son cercueil, trois autres en tas.

22°- Tout à coup devant moi sur un chemin de terre que nous coupons rapidement, trois cadavres allemands autour d'un mitrailleuse lourde Maxim qui a encore sa bande de mort engagée avec sa ribambelle de cartouches qui se suivent pendant vers le sol. Un de mes hommes repousse avec ses pieds un des cadavres.

23°- Je suis à demi couché à côté de trois cadavres allemands. Celui du milieu sous-officier ou officier dont je m'approprie le porte carte en cuir vert éclair, contenant cartes d’Etat-Major en couleur, ordre d'engagement et autres papiers. Son nom est HOLLEVITCH – 4ème bataillon d’Infanterie division 5 – régiment 3ème Komp. La carte sur laquelle se trouve ce nom porte en caractères d'imprimerie couleur violet « Atelier All.Bürkel, Barr ». Ce pauvre bougre est sur le dos, ventre à nu et bandé dans sa partie inférieure. Le sang a traversé le pansement en deux endroits.

24°- De jour chacun creuse son trou individuel, de nuit on les relie en aménageant par intervalles quelques pare éclats. Pour cela il faut constamment déplacer des cadavres d'Allemands qui commencent à ne pas sentir très bons par ces journées chaudes de juin. J'en ai un à moins de un mètre de mon trou. Il a dû beaucoup souffrir avant de mourir, son visage est crispé. Il s'est déchaussé et il est mort couché sur le côté droit, la tête appuyée sur son sac, le veston ouvert.

25° - Oh ! Cette mort, elle rode partout autour de nous. Que l'on explore en tous sens le terrain pour récupérer le matériel utilisable à l'aménagement de nos trous et l'on butte sur des cadavres toujours par deux ou trois, maintenant rigides. Ils ne nous impressionnent pas ; on les enjambe on les bousculent même s'ils gênent, sans égards. Ce sont des boches, ils en voulaient à notre peau et ils ont trouvé leur cimetière en plein vent.

26° - En une manœuvre admirable que l'on reconstitue par la position des cadavres, on devine que la discipline avait fait de ces hommes une machine à détruire dont les rouages fonctionnaient à peu près parfaitement.

27° - La vue de ces innombrables cadavres allemands ne nous impressionne guère.C'est extraordinaire ce que l'on a le cœur dur pour l'ennemi. On les pousse du pied, on les fouille par curiosité pour avoir des souvenirs, on bouscule ces cadavres avec des mots peu tendres.

28°- C'est ainsi que deux jours après notre installation et à la tombée de la nuit, une forte odeur de chair pourrie me fit sortir de la tranchée. A deux pas le caporal-fourrier de la compagnie, tout jeune, fouillait le cadavre qui reposait la tête sur son sac. Il venait de le retourner, rouvrant les plaies d'où un long bruissement fusa en rependant dans l'air une telle puanteur que je dus déménager pour une bonne partie de la soirée. Le caporal fourrier n'en persista pas moins à explorer les poches découvertes, collectionnant quelques papiers, un carnet, un petit portefeuille plein de cartes souvenirs de Hambourg et de Berlin. C'est drôle, ce spectacle ne nous touche guère. Je peste seulement avec mes voisins en admonestant la caporal fourrier contre ce travail exécuté trop près de nous. A plusieurs nous poussons le cadavre un peu plus loin en gardant longtemps dans les narines l'odeur fétide qui se dégage des flaques noires qui imprègnent la terre sur l'ex emplacement du mort.

29°- De larges tâches sombres marquent l'emplacement d'infects cadavres allemands. Deux auparavant en pleine nuit, mon caporal guide est venu en enterrer quelques-uns qui empuantaient en embarrassaient l'itinéraire des patrouilles : maintes masses noires en tumulus sont devenues des sépultures. L'une d'elles tout contre le chemin, tâche plus large, ne contient pas moins de quatre boches bousculés dans un trou peu profond.

30° - A deux pas de moi, une bête passe comme par petits bonds en me faisant légèrement sursauter. Le revolver en avant, je suis prêt à tout, lorsque j'identifie un rat, un de ces gros rats du marais qui dans la nuit et sur un fond très sombre me paraît d'une énormité phénoménale. Ils se chargent voracement de décharner les tristes cadavres boches abandonnés çà et là.

31° - Nous croisons à nouveau les cadavres boches restés sur le terrain depuis le 12 et 13 juin, aux vêtements délavés, terreux, un visage cendre vert clair sans chair, peau parcheminée collée aux os qui saillent. Dans les pantalons délavés à filets rouges que des morceaux de bois à la place des jambes.

32° - Dans le fossé qui borde la lisière des cadavres boches du 12 juin, à demi envasés ont l'air de spectres épouvantail. La plupart des têtes sont agglutinées à la vase et seuls le dos, la croupe, ou des genoux ou des bras fortement saillants sous l'étoffe délavée sont visibles.

33°- En formation d'approche nous descendons le versant d'un grand vallon et coupons la route de Machemont tout près d'un petit château, ferme ou maison de maître près duquel gisent sur le bord de la route six cadavres de chevaux qui achèvent de se décomposer, soit des chevaux allemands tirés pendant un ravitaillement de nuit, soit plutôt des chevaux français d'artillerie surpris pendant la retraite du 10 juin 1918 par les premières vagues d'assaut allemandes. C'est un charnier immonde et malodorant, au-dessus duquel volètent ou semblent s'écraser d'énormes mouches noires aux reflets bleutés.

34°- Un homme a le haut du corps en bouillie, os brisés, bras et jambes démantelés, un autre est blessé. Le premier n'a plus besoin de soins ; on le retire comme l'on peut de la masse de terre où il est a demi enseveli et on s'empresse surtout auprès du blessé qui a une plaie au bras droit et des contusions. Après pansement sommaire on l'expédie à Courcelles avec un brancardier. Le mort seul reste avec nous; c'est un jeune, classe 15 ou 14, type de paysan beau garçon, maintenant loque humaine au visage jaune vert, aux yeux révulsés.

35° - Le plus mal en point, jeune soldat de la classe 17, nouvellement arrivé avait le haut de la poitrine ouvert et une fente énorme le long de la joue droite. Il était déjà exsangue à mon arrivée ; son visage d'une pâleur de cire vert blafard, était déjà marqué par la mort. Les yeux sont déjà vitreux.

36° - De nombreux cadavres de ce régiment, mêlés à quelques cadavres « feldgau » au béret à bande verte, gisent étendus dans la broussaille depuis près de 15 jours.

37° - Près d'un trou de tirailleur organisé en abri couvert, simple tôle en toit partie que l'on aperçoit très bien depuis notre tranchée et que l'on croyait occupé jusqu'à la patrouille par un guetteur à l'affût, se trouvait un cadavre allemand dans une position vraiment impressionnante. L'homme au buste de colosse a été tué accroupi dans un trou de mitrailleur, le buste dépassant. La terre du parapet devenue boue sous la pluie s'est affaissée dans le trou enterrant toute la partie inférieure du corps. L'homme paraît être droit dans la terre, épaules carrées avec une tête énorme, au crâne paraissant rasé, mais avec comme une bouillie de petits pois agglutinés en délicates ondulations que l'on dirait modelés dans une glaise cendre verdâtre. Le visage est creux, de la même couleur et de la même consistance, des yeux bleus ternes cendre à demi ouverts, paupières à peines clignotantes, vrai masque fantasmagorique. Si je n'avais connu la guerre, vu tant et tant de morts dans des pauses grotesques, cette vision m'aurait certainement saisi d'horreur.

38°- Les boches fuient toujours pour disparaître dans la futaie. L'un d'eux moins agile, embarrassé par son fusil, coiffé du mastoc casque d'acier mal ajusté sur son crâne et qui lui donne un aspect terrifiant trébuche et s'allonge pour s'accroupir à nouveau. Dix fusils s'abaissent vers lui et il ne doit pas s'échapper. Il est à une trentaine de mètres et quelques balles font mouche. Le boche s'affale dans un râle sourd prolongé. Comme nous arrivons sur lui, il se soulève sur la tête faisant effort avec ses mains et ses genoux mais retombe en râlant. La mort ne tardera pas à lui assurer la paix éternelle.

39°- La compagnie de mitrailleuses a cinq morts aux blessures béantes. L'un d'eux à la tempe gauche trouée. Je jette un long regard sur ces masses inertes étendues au milieu des vivants. Sous une couverture imprégnée de sang coagulé qui la durcit par plaques, je découvre un cou tranché grossièrement, chair exsangue avec amas de nerfs, de muscles, de vaisseaux, tranchant les uns sur les autres avec un corps affalé dans un trou, le cou affleurant le bord du trou. La tête a disparu.

40°- Derrière un haie presque au village, un lieutenant, habillé de neuf, et huit hommes du 411ème R.I tués par une mitrailleuse qui les a pris de flanc. Pauvres bougres, ils vont pourrir sur place quelques jours, jusqu'à ce que les brancardiers divisionnaires osent se hasarder de nuit jusqu'à nous.

Source : http://www.chtimiste.com/carnets/Decamp ... is%204.htm

Suite et fin plus tard...
Dernière modification par monte-au-creneau le sam. nov. 21, 2020 4:50 pm, modifié 1 fois.
- QUESTION 1: La beauté des Uniformes des Militaires sert-elle à camoufler la laideur de la guerre ?
- QUESTION 2: Ceux qui aujourd'hui commémorent les Poilus sont-ils les mêmes que ceux qui, il y a 100 ans, les envoyaient au casse-pipe sans ménagement?

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Message par monte-au-creneau » ven. nov. 20, 2020 4:46 pm

... suite : septembre 1916 à mars 1917

Les descriptions de la mort, si nombreuses dans ses 2 autres carnets, sont plus rares dans ce carnet. Par contre, il y a plusieurs réflexions et pensées sur la mort.

C'est à partir de cette période que la mort semble le travailler dans l'âme : il dit : " Une vision obsédante et pessimiste nous poursuit. Allons-nous aussi exposer nos corps meurtris, comme ces cadavres à l'œuvre dévastatrice du temps et des éléments".

Il dit encore : "Comment tenir, résister à ces avalanches mortelles que mille pensée humaine ne peut imaginer telle qu'elle est et qu'on ne pourrait croire réalisable et supportable.".


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septembre 1916 à mars 1917

41° - Des cadavres d'hommes fraîchement tués, des tombes retournées, des tibias dans un soulier, des lambeaux de membres gardant leurs ossements encore charnus d'une chair terreuse et délavée, des fusils, des sacs, des équipements abandonnés déchiquetés, des croix couchées ou droites criblées d'éclats ou brisées, voilà le triste spectacle qui accapare notre vue.

42° - Partout des cadavres auxquels l'on butte ; une forte odeur de pourriture nous incommode. On les voit ou plutôt on les devine, masse sombre et rigide à la lueur des explosions.On ne peut pas bouger sans marcher dessus et cette impression de toucher quelque chose de compact fait frissonner.

43° - Pendant l'arrêt d'une demi-heure pour rassembler la compagnie, je trébuche et tombe sur la poitrine d'un mort et me relève aussi vite, glacé d'horreur.

44° - La gorge est sèche, à bout, on boit de l'eau des trous d'obus, larges et profondes flaques où trempent de vieux cadavres français.

45° Près de la rue, des tombes sont bouleversées du matin même par des obus, petits trous noirs de poudre aux bords feuilletés, terre rejetée de côté, croix brisées. Les morts eux-mêmes n'ont pas la paix.

46°- Le bombardement de tout à l'heure a encore fait des victimes. En un point la rue est pleine de sang. On débouche de la rue sur le cimetière du faubourg Pavé ; une large flaque de sang d'un rouge violent et par endroits violacée, épaisse, s'étale sur toute la largeur de la rue. C'est tellement coagulé que la pluie n'a aucune emprise sur elle et ne fait que glisser. Au passage un frisson inexprimable nous saisit et la flaque est tellement grande qu'il nous faut marcher dedans. Quelle horreur à cette sensation de masse gluante et visqueuse. Combien de pauvres hommes sont tombés là en paquet, fauchés par des obus aveugles.

47°- Et ces pauvres morts qui dorment leur dernier sommeil dans le calme du cimetière. Pourquoi faut-il encore que les obus aillent bouleverser leurs tombes et les sortir de leur linceul ? On passe rapidement la tête basse en longeant à nouveau ce cimetière saccagé.

48° - Le poste de secours se débarrasse de tous les morts ; ils sont mis les uns à côté des autres à ciel ouvert.

49° - La terre paraît déserte, quelques cris çà et là, de blessés ou de pauvres bougres touchés à mort, Allemands ou Français. Plus que jamais nous sommes collés à la terre, tremblants mais fatalistes, résignés à tout.

50 ° - Dehors sur le côté gauche du ravin, deux troncs d'hommes, l'un en bouillie dans un paquet de linge et de drap bleu déchiqueté, deux mains exsangues, l'une d'elle encore munie de l'avant-bras, l'autre coupée au-dessus du poignet avec sur un fond noir rose de sang coagulé, des nerfs filaments blancs ou rosés qui pendent gélatineux, une jambe dans un pantalon déchiqueté, d'autres membres en morceaux épars dans un bleu horizon.

51°- Aux abords du poste de secours, à l'extérieur, des morts sont allongés côte à côte sur des brancards, blessés qui n'ont pas pu survivre. Combien de petits blessés partis des lignes, n'ont pu arriver en ce lieu vers lequel se tendaient leur espoir, tués en cours de route par un éclat d'obus ou une balle aveugle alors qu'ils touchaient au salut.

52°- On m'annonce que mon camarade, François, 18 ans de la 18ème compagnie, nommé sergent après les attaques du 6 et du 8, et grièvement blessé par obus, meurt à demi brûlé, dans d'atroces souffrances auprès d'un dépôt du fusées incendiées par le même obus. Cette mort pitoyable m'a beaucoup touché.
Dernière modification par monte-au-creneau le sam. nov. 21, 2020 4:50 pm, modifié 5 fois.
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Re: La mort au 288e R.I [carnets Louis DECAMPS]

Message par michelstl » ven. nov. 20, 2020 4:51 pm

Bonjour
l'adjectif forts... Trop, peut-être, parfois ?
Comment lui reprocher l'adjectif ... d'avoir vécu cet enfer!!! Il ne pourrait être «trop» selon moi.
Dans tous ses textes, la mort est omniprésente.
Je ne comprends pas cet exercice vôtre d'extraire tout ce qui concerne la mort et sa vision et de concentrer ainsi...
pauvres français - décomposer - cadavre - cadavre - mort - morts - tempe trouée - tête complètement sectionnée - cercueil - cadavres - cadavres - trois cadavres allemands - pauvre bougre - sang - cadavres - à moins de un mètre - avant de mourir - crispé - mort - cadavres - rigides - notre peau - cimetière - cadavres - chair pourrie - cadavre - plaies - puanteur - puanteur - l'odeur fétide - infects cadavres allemands - sépultures - décharner - peau parcheminée - cadavres - têtes sont agglutinées - cadavres de chevaux - corps en bouillie - mort - loque humaine - exsangue - cadavres - etc etc etc

Ce fut cela au jour le jour, et son carnet (non pas un journal de marches et opérations) reflète simplement la réalité de cette répétions de la mort qui se manifestait et se manifestait encore, de cesse, devant ses yeux... autant de fois sinon davantage. Il faut simplement le lire dans son entier et ressentir peut-être l'infernal toujours présent dans son parcours, oui, de cette mort omniprésente et atroce, répétitive, encore... et avec autant d'adjectifs ou d'adverbes qu'il serait nécessaire probablement même d'ajouter pour peut-être démontrer, puis jamais assez, l'insoutenable, l'invraisemblable, l'incommensurable et l'insensé de ce carnage et de sa durée dans le temps, jour après jour.

Salutations
Michel

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Message par monte-au-creneau » ven. nov. 20, 2020 5:53 pm

Bonjour michelstl,

Vous avez raison, j'aurais du écrire : "Peut-être est-ce parfois trop .. ou pas assez". Tout texte ne peut traduire parfaitement une réalité vécue. On n'y était pas !

Pourquoi ai-je fait cet "exercice" ?

Je l'ai dit : parce que, lorsque j'ai lu (parcouru, par endroit) ces carnets, je me suis vite rendu compte que la mort et la description des scènes de mort était très fréquente. Ce que je n'avais jamais autant vu dans d'autres carnets, ni même dans d'autres livres.

Vous avez encore raison quand vous dites "ce fut cela au jour le jour", phrase précédée d'une centaine de mots et d'adjectifs de mort. C'est vrai, mais ça va mieux en le disant et en le rappelant de temps à autre, par le biais d'un vécu relaté. Car chacun -ici et ailleurs- voit ce conflit par le petit bout de sa lorgnette, ou plus exactement par son prisme optique qui déforme, qui réduit ce qu'il ne trouve pas intéressant et qui amplifie son sujet de prédilection. Sujets de prédilection qui sont nombreux, je vous laisse m'en citer quelques-uns...

La guerre n'est pour l'historien qu'un synchronisme de mouvements et de dates; pour les chefs, elle représente un formidable labeur et pour le profane un intéressant spectacle. Mais pour le soldat qui combat dans le rang, la guerre n'est qu'un long tête à tête avec la mort"
Et on pourrait poursuivre cette réflexion avec quantité de gens : je vous en laisse imaginer quelques catégories...

Vous avez encore raison quand vous dites qu'il faut lire ces carnets en entier, bien sûr, mais l'extraction que j'en ai faite démontre bien le vécu de cette horreur... Horreur qu'on ne retrouvera jamais dans un JMO, par exemple ou dans le journal de guerre d'un général (2 exemples non limitatifs que je vous invite à poursuivre pour trouver quantité d'autres textes et analyse où cette misère et cette mort ne sont pas montrées.


Il me reste à lire le tout-premier carnet, mais avant même de l'avoir lu, je suis prêt à parier qu'il n'y aura quasiment aucune de ces visions dantesques des autres carnets (2e, 3e et 4e et dernier carnet).

Cordialement.
Dernière modification par monte-au-creneau le sam. nov. 21, 2020 4:51 pm, modifié 1 fois.
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Message par monte-au-creneau » sam. nov. 21, 2020 4:39 pm

Bonjour, je poursuis et termine cette analyse avec le tout-premier carnet, de novembre 1915 à septembre 1916 (Verdun) : on y trouve seulement 2 cas de description de la mort.

Par contre, 2 pensées noires sont aussi exprimées :
- On sent que l'idée de la mort est dans bien des têtes.
- De voir cette gaieté factice, qui dirait que ces poilus ont des soucis, la crainte du lendemain, la peur de la mort ?


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novembre 1915 à septembre 1916

53° - L'oreille aux aguets, leurs camarades essayent de reconnaître dans les appels, la voix des disparus, mais l'accent guttural qui s'en suit démontre que l'homme qui se débat contre la mort est étranger.

54° - Le sergent et les deux hommes n'ont pu être retrouvés. L'Allemand a reçu une charge de chevrotines à la poitrine et au ventre et il fait une lente agonie pénible à voir.


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Conclusion : Ce fut cela au jour le jour, et son carnet reflète simplement la réalité de cette répétition de la mort qui se manifestait et se manifestait encore, de cesse, devant ses yeux... autant de fois sinon davantage (texte repris ci-dessus). Bien des récits n'ont jamais livrée cette vérité de manière aussi crue !

Si on peut extraire 1 et 1 seul cas parmi ces 55 cas de pure horreur, quel serait ce cas ?

Peut-être le cas 28 :
Fallait-il qu'ils soient devenus autant insensibles à la mort et à toute forme d'humanité, pour en arriver à fouiller et piller des cadavres allemands en décomposition, faisant sortir les gaz fétides du corps gonflé en le retournant ? De beuax souvenirs, une belle pipe bavaroise ou un beau casque à pointe, désormais sur la cheminée d'un collectionneur ! De nos jours, celui qui a senti l'odeur d'une grosse bête morte, en forêt ou ailleurs, ne l'oubliera jamais !

Ou le cas 45/46/47
Triste vision pour eux quand, montant vers le champ de bataille, ils passaient devant le cimetière du Faubourg pavé et que ce cimetière était retourné par des obus ! Même les morts n'avaient pas de repos !


Je vous remercie.

EDIT : j'ai modifié le titre de ce sujet par "Multiples visions de la mort"
- QUESTION 1: La beauté des Uniformes des Militaires sert-elle à camoufler la laideur de la guerre ?
- QUESTION 2: Ceux qui aujourd'hui commémorent les Poilus sont-ils les mêmes que ceux qui, il y a 100 ans, les envoyaient au casse-pipe sans ménagement?

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Re: Multiples visions de la mort [carnets Louis DECAMPS]

Message par michelstl » sam. nov. 21, 2020 5:40 pm

Bonjour Monte-au-créneau
Il serait bien de citer avec l'outil du forum ... et que de nommé le cité serait la moindre des politesses
Conclusion : Ce fut cela au jour le jour, et son carnet reflète simplement la réalité de cette répétition de la mort qui se manifestait et se manifestait encore, de cesse, devant ses yeux... autant de fois sinon davantage (texte repris ci-dessus). Bien des récits n'ont jamais livrée cette vérité de manière aussi crue !
Correctement:
Michelstl a écrit:
...Ce fut cela au jour le jour, et son carnet reflète simplement la réalité de cette répétition de la mort qui se manifestait et se manifestait encore, de cesse, devant ses yeux... autant de fois sinon davantage ...
Salutations
Michel

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Re: Multiples visions de la mort [carnets Louis DECAMPS]

Message par monte-au-creneau » dim. nov. 22, 2020 10:32 am

Bonjour michelstl,

Pour moi, ça tombe sous le sens. Ca tombe sous le sens que je reprenais votre commentaire situé juste au dessus du regard, et non pas dans un autre sujet non visible, auquel cas, oui, il aurait fallu que je vous cite. Le comprenez-vous ?

- si les lecteurs ont lu, ils ont forcément lu votre -première- intervention, car vous êtes le seul et unique intervenant qui s'exprime. Et je me doute qu'un tel sujet et la manière de le présenter est particulière et que, même si les gens n'en disent rien,ils n'en pensent pas moins, comme vous.

- si les lecteurs n'ont pas lu, ou s'ils ont parcouru en diagonale, ou même juste jeté un coup d'oeil pour voir de quoi il en retournait, alors ils n'ont pas lu et il est inutile de "dire qui a écrit quoi".

Je trouvais vos mots très justes, raison pour laquelle je les reprenais, mais je ne me doutais pas et ne voulais pas vous vexer et m'attirer de remontrances

N'en parlons plus. Bien sûr, la moindre des politesses et de vous saluer, alors je vous salue bien bas. Et nous n'allons pas refaire une guerre mondiale pour si peu.

Pour le reste de mon sujet, on pourrait passer ses carnets sous l'angle de Norton Cru. Encore qu'il a dit que des faits étaient probablement inexacts, alors qu'ils étaient exacts ...

Je maintiens que ces carnets en valent bien d'autres, par leur aspect cru et la description précise de la mort. Beaucoup d'autres poilus ont eu comme une sorte de "pudeur" de ne pas aborder cet aspect de ce qu'ils ont vu.
- QUESTION 1: La beauté des Uniformes des Militaires sert-elle à camoufler la laideur de la guerre ?
- QUESTION 2: Ceux qui aujourd'hui commémorent les Poilus sont-ils les mêmes que ceux qui, il y a 100 ans, les envoyaient au casse-pipe sans ménagement?

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Re: Multiples visions de la mort [carnets Louis DECAMPS]

Message par michelstl » dim. nov. 22, 2020 3:39 pm

Bonjour Monte au créneau

Ne voyez point ma précédente intervention comme une remontrance, mais simplement comme une remarque que j'estimais et estime encore juste, et en toute simplicité malgré votre façon de concevoir.... Remarquez que je ne fonctionne pas avec des «si», et que ce n'est pas parce que c'est moi qui est concerné, mais que j'estime simplement cela comme moyen de bonne convenance pour tout un chacun qui pourrait être concerné et éliminant (Édité pour finir ma phrase correctement / éliminant donc toute confusion ou inconfort, etc). Prenez note entre autres, qu'un intervenant-te peut à tout moment copier-coller un message ou un extrait pour le citer ailleurs, le séparant ainsi donc du contenu de son fil d'origine).
Et comme vous le dites, «pas de guerre» surtout pas...
Salutations retournées.
Michel

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Dernière modification par michelstl le dim. nov. 22, 2020 5:32 pm, modifié 1 fois.

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Re: Multiples visions de la mort [carnets Louis DECAMPS]

Message par monte-au-creneau » dim. nov. 22, 2020 4:51 pm

Bonjour,

Otto Dix serait le mieux placé pour illustrer ce sujet aride. Il suffit de taper son nom dans un moteur de recherche.

Aussi j'illustre avec 2 autres photos : Prises sur internet, mais de qui ? où ? et quand ?, je n'en ai plus aucun souvenir. Dommage. Je trouve qu'on ne trouve plus de belles photos sur internet

Le soldat allemand, gravement blessé, sa jambe amputée, est décédé. Un religieux va lui donner les derniers sacrements et l'accompagner à sa dernière demeure... à moins que celle-çi soit à nouveau bouleversée par la canonade :

Image

Trois morts jonchent ce chemin creux. Un soldat britannique s'éloigne :

Image

Et cette dernière bien connue, qui avait pour légende : "préparation de l'offensive" : on avait compris que la préparation consistait surtout à prévoir les cercueils pour les morts prochains !

Image
source : https://www.lanouvellerepublique.fr/iss ... ges-ecrits
- QUESTION 1: La beauté des Uniformes des Militaires sert-elle à camoufler la laideur de la guerre ?
- QUESTION 2: Ceux qui aujourd'hui commémorent les Poilus sont-ils les mêmes que ceux qui, il y a 100 ans, les envoyaient au casse-pipe sans ménagement?

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