Le Pinard...

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LABARBE Bernard
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Re: Le Pinard...

Message par LABARBE Bernard » mer. août 20, 2008 9:44 pm

Bonjour à tous,
Ah il est beau ce sujet ! Z'avez pas honte ? Inciter au pinard notre jeunure qui lit ça ? :lol:
Je ne sais plus pour quel Noël peu importe, la municipalité de Libourne envoie au 57 des caisses de bon vin (Y'en a eu pour tout le monde ?)
Une petite photo, lieu et assoiffés inconnu, un convoi tiré par une Decauville. Vu l'escorte montée dessus, vous croyez que c'est de l'eau ? :lol:
Image
:hello:
Bernard

lemanan
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Re: Le Pinard...

Message par lemanan » mer. janv. 07, 2009 11:37 pm

Bonjour,

nouvelle sur le forum. Je cherche les paroles d'une chanson dont j'ignore le titre mais qui contient dans les paroles : "le père pinard est un poilu, fils du soleil et de la vigne".

Merci d'avance pour votre aide.
J'espère poster le message au bon endroit !
Anne

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XSL
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Re: Le Pinard...

Message par XSL » mer. janv. 07, 2009 11:46 pm

Bonjour Anne.

Je ne connais que "le pinard, c'est de la vinasse, ça réfauffe par où ce que ça passe, allez bidasse, emplis mon quart, vive le pinard, vive le pinard".

Cordialement.

Xavier

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Re: Le Pinard...

Message par marcel clement » mer. janv. 07, 2009 11:47 pm

Bonsoir à tous, :hello:

Parmi les rares souvenirs d'histoires racontées par l'un de mes GP sur la guerre, je me souviens très bien qu'il nous disait qu'il se méfiait non pas du pinard mais d'une espèce de gnôle qui était largement distribuée avant une attaque. Il n'en buvait jamais car il voulait toujours avoir toute sa clairvoyance afin de sortir parmi les tous premiers de la tranchée pour pouvoir s'aplatir avant que les mitrailleuses adverses n'ouvrent le feu.
Il avait remarqué que ceux qui sortaient avec un peu de retard était davantage fauchés par les balles.
Il disait aussi que les cadavres de ceux qui avaient bu de cette gnôle devenaient rapidement d'une couleur plus foncée que les autres.


Bonne soirée à tous,

Alain MC

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Re: Le Pinard...

Message par Alain Dubois-Choulik » jeu. janv. 08, 2009 12:54 am

une espèce de gnôle qui était largement distribuée avant une attaque
Bonsoir
Le berserk est le combattant viking ultime, en proie à la fureur d’Ódin, ou "Berserkergang". ...Cette folie les rendait insensibles à la peur et aux blessures. ...Les berserks combattaient d’ailleurs sans aucune protection. ...La fin de leur Berserkergang en revanche laisse ces guerriers sans force, et sans défense. ...Totalement vulnérables. Certains historiens contemporains avancent l’usage de drogues, notamment de champignons hallucinogènes, ou d’alcool, pour expliquer l’état de transe.
Cordialement
Alain
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Re: Le Pinard...

Message par monte-au-creneau » jeu. janv. 08, 2009 2:55 pm

Bonjour,
Je me suis très agréablement enivré de cette lecture. FOUDRE : nom masculin : Le foudre de vin et le foudre de guerre ! ! !

Il est probable que cette "publicité" faite pendant la guerre et vantant les mérites du vin a contribué à maintenir l'alcoolisme à un degrés élevé en France.

2 photos connues et souvent montrées pour illuster le sujet:
- une vraie montagne de foudres stockés
- les trains de wagon-foudres sur un épis de voies ferrées
Salutations (embuées).
- QUESTION 1: La beauté des Uniformes des Militaires sert-elle à camoufler la laideur de la guerre ?
- QUESTION 2: Ceux qui aujourd'hui commémorent les Poilus sont-ils les mêmes que ceux qui, il y a 100 ans, les envoyaient au casse-pipe sans ménagement?

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LABARBE Bernard
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Re: Le Pinard...

Message par LABARBE Bernard » jeu. janv. 08, 2009 3:53 pm

Ils devaient être sobres au 57ème RI car je n'ai (pas encore) lu quelque chose sur ces distributions de gnôle avant une attaque. Après oui. Ainsi, suite aux combats du plateau des casemates (chemin des Dames) 5 et 6 mai 17, un carnage sans gain notable, une double ration d'eau de vie (!...) est allouée à la troupe. (La ration journalière était en 1916 de 6 cl). Mais la moitié environ du régiment manquant à la distribution, finalement le compte est bon, les vivants ont eu la ration des autres.
Je sais pas vous, mais m'en faudrait une sacrée ration pour sortir de la tranchée avec du coeur au ventre (et le feu dedans).
Autre chose... Distribuer de la gnôle avant une attaque, ça demande du temps. Et on attaque quand tout le monde est servi je suppose. Un bataillon entier voire plus ? Ce qui fait que les premiers ont digéré et assimilé la substance miracle alors on recommence ?
Cordialement,
Bernard

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Re: Le Pinard...

Message par Bruno Tardy » jeu. janv. 08, 2009 7:57 pm

Bonjour,

Dans ses lettres, mon père ne parle pas de gnole, à part une ou deux bouteilles reçues dans des colis et partagées avec les copains (ça réchauffe), et des bistouilles (pour ceux qui ne connaissent pas : café + pousse-café) pour tuer le temps lorsqu'il était dans l'Artois.
Par contre le vin est omniprésent, surtout lorsque l'occasion se présente de faire avec les provisions reçues un petit repas bien arrosé. Même à l'hopital, chaque repas comporte 1/4 de vin. Certains dépensent toute leur solde à boire, le colonel a obligé les cafés à n'ouvrir que de 10 à 12 et de 5 à 7h. 1/4 de vin supplémentaire pour le 1er janvier, et 3/4 lorsqu'un capitaine du régiment a reçu la légion d'honneur des mains du général Barbot.
Il ne faut pas oublier que ces hommes étaient pour la plupart des manuels habitués à des travaux durs qui se désaltéraient avec du vin mais éliminaient beaucoup avec l'effort physique. Il n'y avait pas beaucoup de choix dans les cafés et le petit rouge était la boisson la moins chère. Heureusement le vin était en général une piquette à très faible degré d'alcool, les vins "bouchés" étant réservés aux grandes occasions.

Cordialement
Bruno

GdeJ
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Re: Le Pinard...

Message par GdeJ » jeu. janv. 08, 2009 9:31 pm

Bonsoir à tous,
En tant que vigneron je ne puis rester insensible à ce sujet.

Comme vous le savez sans doute, le vignoble français, décimé par le phyloxéra dans les années 1880, a connu, par la suite, de profonds bouleversements liés à la diffusion de la culture en plaine. En particulier, le Midi languedocien est devenu une véritable "usine à vin", gros pourvoyeur au niveau national de vin de consommation courante (vin de table). Les récoltes, devenant exédentaires par rapport à la consommation, ont entraînées plusieurs explosions sociales, notamment celle de 1907. On avait essayé d'enrayer la crise en attribuant aux ouvriers agricoles 2 litres de vin par jour pour leur consommation personnelle. Mais cela n'avait pas suffit à résorber les exédents.
Cela pour dire que la consommation quotidienne des travailleurs ruraux qui forment une grande partie du contingent mobilisé, était élevée. Il s'agissait de vins titrant entre 8 et 10°.

Intéressant aussi à noter au passage qu'une des réponses à la crise a été la création des premières coopératives vinicoles, mouvement qui débute juste avant la guerre pour ne prendre une réelle extension qu'après. Il faudrait voir dans quelle mesure ce mouvement de solidarité et de coopération prépare et facilite "l'esprit de corps" que l'on sent dans beaucoup de témoignages de soldats.

La guerre arrive et suscite des nouveautés. Dès l'automne 14, les vignerons du Midi font don de plus de 200.000 hectolitres (20 millions de litres) à l'armée pour soutenir le moral de la troupe. Coup de pub génial puisqu'à cette époque le vin ne faisait pas partie de l'ordinaire réglementaire du soldat. Le sous officier d'ordinaire en achetait seulement lorsque il avait des disponibilités pécuniaires et qu'il pouvaient s'en procurer localement. Millerand, ministre de la Guerre, décida d'en distribuer régulièrement aux soldats. Un quart de litre par jour, puis un demi litre en 1916. Les poilus venant de régions non productrices, habitués au cidre ou à la bière, firent l'apprentissage de cette boisson nouvelle pour eux. Ce fut une aubaine pour l'ensemble du vignoble français.
Dès 1916, la consommation de l'armée s'éleva à 12 millions d'hectolitres, transportés sur le théatre des opérations par 4000 wagons-réservoirs.

Quelle est la part des habitudes prises pendant la guerre dans l'augmentation de la consommation par tête d'habitants qui passe de 103 litres en 1904 à 136 litres en 1926 ?

Ce petit tour historique doit beaucoup à "Marcel Lachivier : Vins, vignes et vignerons".
Amitiés
Guillaume
Guillaume

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Re: Le Pinard...

Message par KiGanshu » mer. janv. 14, 2009 6:24 pm

Bonjour,

Je viens de trouver dans le JMO du Service de Santé du 217ème un évacué pour "éthylisme chronique" !!! Pour être dans un tel état 8 mois après le début de la guerre, il fallait quand même que le gaillard se soit procuré du carburant en quantité...

Dominique

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