Rôle des vélocipédistes dans la cavalerie

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Bruno BARRIER
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Re: Rôle des vélocipédistes dans la cavalerie

Message par Bruno BARRIER » mar. déc. 29, 2009 4:22 pm

Bonjour à tous,

Rien du côté du CC Conneau (4e, 8, 10e DC)
Les cyclistes ont une vitesse moyenne de 10 à 12 km à l’heure. Ils sont capables de parcourir des étapes d’une moyenne de 60 (le minimum) à 100 km. Ils se déplacent en empruntant les routes. Nous pouvons donc déterminer au minimum un rayon d’action sur une carte localisant les groupes à cette date. Le souci est de mettre en place cette carte. Comme diraient mes élèves « ti ya pensé ta ka l’faire » Oui c’est un peu réducteur mais j’ai peu de lettrés en face de moi (constatation) LP oblige (ce qui ne devrait pas être le cas).
Jean-Pierre, lors d’un assaut prévu les cyclistes laissent leurs machines à la garde des mécaniciens du Groupe. Ces dernières ne possèdent pas de dérailleur. Du même avis que Geneviève le récit pourrait amener de nouvelles pistes de recherches. Même pas un petit numéro sur une vareuse, un collet de cycliste ? Ce qui me gêne c’est : « la cour était recouverte de pantalons rouges » or le 66e BCP comme les GCC portent la tenue « bleu chasseur » donc un pantalon de même nuance. Mais ceci n’est peut être qu’une figure de style de l’auteur.

Cordialement,

Bruno


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garnier jean pierre
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Re: Rôle des vélocipédistes dans la cavalerie

Message par garnier jean pierre » mar. déc. 29, 2009 5:23 pm


Bonjour à tous.

En validant les pré requis, à savoir : la date du 9 septembre 14 avec la disparition d'un groupe de cyclistes.
Il reste à identifier ce groupe où rien ne dit qu'il s'agit de chasseurs cyclistes, de cavaliers, ou encore d'éléments d'infanterie.
Et nous ne le saurons peut-être jamais, sauf qui sait un jour au fond d'un carton...

Les jmo (que je connais) sont bien timides, en tout cas ils ne mentionnent pas le bombardement de la ferme par du 75, ce qui explique qu'elle n'a pas été tenue...
Et quand il a fallu y retourner...c'était du 77 qui pleuvait.
Le Dr Joffre, dans son appel, préconisait de se faire tuer sur place. Pour la circonstance il s'agissait d'acharnement thérapeutique.

La recherche mécanique à l'aide du jmo n'est pas très fiable pour les situations "hors normes".

Vous trouverez ci dessous quelques photos concernant la ferme où les moulures et fausses moulures sont entièrement d'époque...
Regardez bien la cour, elle était recouverte de cadavres dit-on.

Quelques cyclistes en plus ou en moins ne changeront pas le cours de l'histoire mais un siècle plus tard on en parle encore, il est vrai en petit comité.

Un dernier mot, avant de détruire le poste, pour vous dire que j'ai rebondi sur la réponse de Bruno pour tenter d'éclaircir la présence des cyclistes et rien de plus.
Sans volonté de déranger qui que ce soit dans ses convictions et habitudes.

Ps : Geneviève vous avez le titre intégral du livre (mais il y en a d'autres) dans le fil précédent, il ne traite pas de la cavalerie.


Cordialement,
Jp







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11Gen
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Re: Rôle des vélocipédistes dans la cavalerie

Message par 11Gen » mar. déc. 29, 2009 5:29 pm

Bonjour à tous, à nouveau

Pour Eric, en remerciement, je vous propose des cartes animées (et à tous aussi !):
http://hist-geo.ac-rouen.fr/site/sequen ... e/1914.swf


Jean-Pierre, voici la référence du récit de Vigier du 9e Cuirassiers:
CINQ JOURS DE RECONNAISSANCE DANS LES LIGNES ALLEMANDES
Texte du Sous-Lieutenant du Vigier, publié en 1929, dans la "Revue de la Cavalerie
http://1914ancien.free.fr/5joureco.htm

Il est fait référence à une ferme qui pourrait bien être celle de Champfleury, (il ne suffit plus que de comparer les distances) et à la présence à maintes reprises de groupe cyclistes, de détachements cyclistes ..
Et plusieurs cartes ! Sont-celles de Vigier ? Citation : ... "Vigier, pendant que les chevaux soufflent, déploie sa carte."...
Mais où est-elle maintenant, cette carte ? Peut-être dans les futures annexes des JMO qui devraient être numérisées bientôt!

Citations:
"Mon cher, la brigade tient solidement la ferme de Touvent, à la sortie ouest du village, et celle de Puiseux à 1.500 mètres au nord... Toutes nos tentatives pour en déboucher ont été vaines, il est vrai. La fusillade n'a pas cessé de la nuit "

.. "A droite, au carrefour de la grande route de Noyon et de la route de Nampcel, une demi-douzaine de cyclistes sont arrêtés, .leurs machines appuyées aux arbres...

.. "Derrière leur officier, à 20 mètres les uns des autres, les cavaliers s'élancent dans la plaine. Du Vigier voulant ménager ses chevaux et ne redoutant aucun danger immédiat, les maintient au trot. Il se dirige vers le nord-est, dans une direction passant à peu près entre la ferme des Loges et le groupe des cyclistes. "...

... "Derrière leur officier, à 20 mètres les uns des autres, les cavaliers s'élancent dans la plaine. Du Vigier voulant ménager ses chevaux et ne redoutant aucun danger immédiat, les maintient au trot. Il se dirige vers le nord-est, dans une direction passant à peu près entre la ferme des Loges et le groupe des cyclistes.


Mais pourquoi pas consulter aussi les autres récits de ce site : http://1914ancien.free.fr/ourcmnhi.htm
comme par exemple :
- LA BATAILLE DE L'OURCQ VUE PAR HENRI ISSELIN (5 au 9 septembre 1914)
- LA BATAILLE DE L'OURCQ VUE PAR GABRIEL HANOTAUX- VIe ARMEE
- LA BATAILLE DE L'OURCQ VUE PAR LE GENERAL GALLIENI - MEMOIRES (DU CHAPITRE III AU CHAPITRE VII)

Par ailleurs j'ai fait une recherche à la rubrique : "Lieux-dits "du site http://www.chtimiste.com/
Une seule référence :
Champfleury (Ferme et bois) : Sud de Courgivaux Marne

Merci Bruno de me soutenir dans ma demande d'extrait de livre.

Bonnes lectures
Cordialement
Geneviève

11Gen
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Re: Rôle des vélocipédistes dans la cavalerie

Message par 11Gen » mar. déc. 29, 2009 5:34 pm

Re
Nos messages se sont croisés. Je n'avais donc pas vu les photos de la ferme.
Par ailleurs, je trouve cette recherche particulièrement intéressante! Le nombre et la longueur de mes messages le prouvent.
Pour information, mon GP était au 9e Cuirassiers !
Cordialement
Geneviève
PS: Dans quel fil est indiqué votre livre. Merci par avance
Wittgenstein Ludwig (1889-1951). "La philosophie est la lutte contre l'ensorcellement de notre entendement par les moyens de notre langage" P.I. § 109

11Gen
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Re: Rôle des vélocipédistes dans la cavalerie

Message par 11Gen » mar. déc. 29, 2009 5:46 pm

Re- Bonjour,
Il me semble que les Cuirassiers, encore en septembre 14, portaient les pantalons rouges. A vérifier quand même. De même pour les autres régiments de Cavalerie présents dans ce secteur. Geneviève
Wittgenstein Ludwig (1889-1951). "La philosophie est la lutte contre l'ensorcellement de notre entendement par les moyens de notre langage" P.I. § 109

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garnier jean pierre
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Re: Rôle des vélocipédistes dans la cavalerie

Message par garnier jean pierre » mar. déc. 29, 2009 7:12 pm

Bonsoir,
Effectivement, les messages se sont croisés.

Les photos de la ferme donnent une petite idée de l'endroit, bien bucolique aujourd'hui.

Les cuirassiers ont le pantalon rouge mais il pouvait y avoir aussi du bleu dans la cour...et sur les pentes.
La ref du livre : Les champs de l'ourcq de Josèphe Roussel-Lépine.

Ci dessous :
Le casque de "la lourde" de votre grand-père qui me regarde jouer de l'harmonium au clavier azert
Le Képi n'est pas cuirassier mais de la "Légère", il m' observe. Il a du boulot.

Cordialement,
Jp


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Eric de Fleurian
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Re: Rôle des vélocipédistes dans la cavalerie

Message par Eric de Fleurian » mar. déc. 29, 2009 8:31 pm

Bonsoir Geneviève
Bonsoir à tous

Les cinq jours de reconnaissance effectués par le lieutenant Vigier débutent le 13 septembre 1914 alors que la 6e armée marche au canon et arrive sur l'Aisne avec l'espoir de tourner les allemands par l'ouest, ce qui occasionnera l'engagement du 4e CA dans la vallée de l'Oise, puis ultérieurement ce qui est baptisé "la course à la mer".
Le détachement du lieutenant Vigier se déplace dans une zone grise où il y a de l'ennemi mais pas organisé et pas d'ami. Dans cette affaire, les cavaliers sont seuls, sans infanterie sauf éventuellement des cyclistes, et on est loin des champs de l'Ourcq.
La ferme Toutvent et la ferme Puiseux citées dans cet ouvrage se situent au sud de la ferme Quennevières dans l'Oise, à l'ouest de Tracy-le-Mont.

Quant à l'autre ferme Champfleury que vous citez, elle a été attaquée et conquise par le 28e RI le 7 septembre mais n'a pas fait l'objet de combats aussi durs et meurtriers que celle objet de ce lien (cf. le site de Vincent : http://vlecalvez.free.fr/JMO_sept1914/J ... e1914.html) et il n'y a pas traces de cyclistes dans ces combats (à confirmer par Vincent).

La présence de cyclistes signalée par Jean-Pierre, quelle qu'en soit l'origine, envoyés en avant garde le 9 septembre et l'attaque d'une centaine de volontaires pour enlever la ferme au corps à corps continuent de m'intriguer au plus haut point.

En effet, j'ai consulté tous les JMO de 56e DR et ceux de la 63e DR concernés par cette affaire et sans lire entre les lignes il apparaît que :
- dès le 6 au soir, la ferme a été entre nos mains.
- le 7, la situation sur la croupe de Champfleury est effectivement rendue intenable par l'artillerie allemande qui en interdira l'occupation autre que par quelques avant-postes (signalés dans tous les JMO de la 111e brigade). Par ailleurs, le JMO du 355e RI signale qu'il remonte sur la partie nord de la crête de Champfleury, a priori un peu moins exposée et que de cette position il oblige les Allemands, qui tenaient une tranchée de 200 m, orientée est ouest, à déguerpir et repartir dans leurs lignes.
- le 8, la situation reste globalement la même mais au nord le 321e RI termine dans la matinée la conquête de la ferme de Poligny et de la crête au nord qu'il met en défense malgré les tirs de l'artillerie adverse. En outre, le 8 après-midi, le 355e RI envoie 2 compagnies sur la crête de Champfleury pour combler un trou laissé par le 294e RI et deux autres compagnies sur la route qui va de la ferme à Puiseux.
- le 9 matin, l'artillerie allemande continue de tirer sur ce secteur, puis cesse ses bombardements en début d'après-midi.

En clair, du 6 au soir au 9 à midi, l'artillerie allemande n'a guère cessé d'arroser la ferme et ses environs causant beaucoup de pertes dans nos rangs et je doute donc que les Allemands y ait laissé ne serait-ce qu'une section, isolée et sous son propre feu.

Le 9 matin, il est vraisemblable que, comme les 7 et 8, les Français ont envoyé une reconnaissance vers la ferme, au cas où ; peut-être bien des cyclistes débarqués, ou des chasseurs que certains auraient amalgamés avec des cyclistes parce qu'il y avait peut-être dans le lot quelques agents de liaison ou estafettes à vélo.

Mais je doute encore qu'il ait fallu monter à l'assaut le 9 pour reprendre la ferme.
Je pense au contraire que l'assaut dont il est question est bien celui du 6 et que la reconnaissance du 9 constate enfin l'étendue des dégâts dans ce secteur, ce qui n'a pas pu être vu avant de même que les corps qui étaient restés sur place.
Il faut se rappeler que ce sont les 294e et 354e RI qui sont montés à l'assaut de la croupe (ce qui explique les pantalons rouges) mais les JMO ne disent pas exactement qui et combien directement sur la ferme (au moins une compagnie = 200 fusils, à rapprocher des 100 volontaires cités).

Je pense donc que différents témoignages ont fait l'objet de transformations successives à partir de faits avérés pour créer "une légende".
Sinon j'ai du mal à comprendre, voire admettre pourquoi plus de 10 sources différentes (même discutables et imprécises, je parle des JMO) auraient moins de valeur qu'un seul élément de commentaire dans un livre.

Cordialement
Eric


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Re: Rôle des vélocipédistes dans la cavalerie

Message par 11Gen » mer. déc. 30, 2009 1:04 am

Bonsoir à tous,

Merci Jean-Pierre pour cette photo de "votre" casque de Cuirassier à la mémoire de mon GP et avec un air de musique. :jap: C'est une bien délicate attention qui me ravie.

Merci Eric pour votre travail de recherche, l'étendue de vos connaissances et les sites que vous proposez, qui permettent aussi de recadrer certaines imprécisions. :jap: Surtout les miennes en ce qui concerne le récit de Vigier. Pour tout vous dire, j'avais bien vu la date du 13 septembre, mais j'ai parcouru le texte avec le secret espoir de lire le récit des combats des jours précédents. Puis, les cartes de Rouez, Tergnier, Frières, où le 9e Cuirassiers reviendra, en mars 1918. http://pages14-18.mesdiscussions.net/pa ... 8868_1.htm

Bon! Revenons à septembre 1914:
Le 4e et le 9e Cuir, 3e bde, CC Sordet sont tous deux, dès le 7 septembre, dans les combats de Betz et Nanteuil-le-Haudouin à quelques dizaines de km de la ferme Champfleury. D'accord avec vous, les cyclistes, tout comme les cavaliers peuvent parcourir de longues distances dans une journée. Il y a aussi parfois des parcours de nuit.

Moi, aussi ça m'interpelle ce récit de la ferme. Pour le moment nous n'avons pas trouvé toutes les informations. Les archives sont vastes et pas toujours accessibles. Tout n'est pas relaté. L'intérêt c'est de croiser toutes les sources et de ne pas les supprimer de premier abord. C'est aussi tout l'intérêt passionnant du forum. La recherche demande du temps et le concours de chacun.

Toutes mes lectures signalent de terribles combats dès le 7 septembre. Surtout le JMO du 29e bataillon de chasseurs à pied : J.M.O. > J.M.O. • 30 juillet 1914-31 juillet 1915 • 26 N 826/14
Page 37, une page dactylographiée qui relate les violents combats de 7 au 9 septembre.
Lieu assez illisible "Vaux Marie" ? inconnu au Michelin. Puis de nombreuses pages avec la liste des blessés et tués

Il serait donc fort plausible qu'un détachement provisoire constitué de cyclistes ait été constitué pour une courte période, à partir de l'ordre de combat pour début septembre, (ordre de bataille daté du 30 août 1914).
Par exemple : JMO du 29e Dragons appartenant à la Division de Cavalerie Provisoire N°1 Cornulier Lucinière, ayant participé à la bataille de l'Ourcq
http://www.memoiredeshommes.sga.defense ... iewer.html
Page 14
"Un détachement spécial de tous les hommes à pied de la division et des sapeurs cyclistes et télégraphistes est constitué sous les ordres du Lieutenant Colonel de Trémont qui est chargé le 31 août, les 1er et 2 septembre de l'arrière-garde des points suivants : les ponts de Thérain à Therdonne (illisible)...

Autre exemple où les cyclistes sont signalés:
4e régiment de cuirassiers : J.M.O. > J.M.O. • 30 août 1911-24 octobre 1914 • 26 N 876/9
http://www.memoiredeshommes.sga.defense ... iewer.html
Page 34 , tout en bas : 3 septembre : .... "cyclistes : Mézières"
Page 36 : 9 septembre ... la brigade ayant reçu l'ordre de faire demi-tour et d'aller; avec l'aide ses sapeurs cycliste, occuper défensivement Ormoy Villers
Page 4 .. marche de nuit où le maréchal des logis Langlois du 4e escadron et Le Blan du 2e sont tous deux envoyés à bicyclette, reconnaître un bivouac dont on voyait les feux, firent preuve de beaucoup d'initiative, de courage et d'endurance.
Suit un rapport sur la journée du 9 septembre.

Je n'ai pas consulté les JMO des Hussards et autres régiments constituant le CC Sordet, et CC Bridoux, mais peut-être, des informations ...

Dans un précédent message, Eric, vous m'aviez conseiller de consulter les AFGG.
Ainsi, je suis partie à la recherche de la composition organique des 1ère, 3e, 5e DC à partir des pages de AFGG numérisées sur ce site : http://toaw.free.fr/afgg/
Voici une partie de mon relevé.
Il me semble que l'on peut savoir à partir de quel BCP sont créés les Groupes Chasseurs Cyclistes. Qu'en pensez-vous? :???:
Pour la 1ère Division de Cavalerie:
Cavalerie : bde : 5e, 11e Dragons et 2e Cuirassiers
régiments : 6e, 23e, 27e, 32e Dragons et 1er, 2e Cuirassiers
Infanterie : 1er gr. cycliste/ 26e BCP (mais JMO manquant )
Artillerie : 1gr. 75/ 13e RAC
Génie : Sapeurs cyclistes 1er rgt. DT/8°

3e DC
Infanterie : 3e gr. cycliste/ 18e BCP (De violents combats, mais secteur différent, il me semble)
Génie : Sapeurs cyclistes 3e rgt. DT/8°

5e DC
Infanterie : 5e gr. cycliste/ 29e BCP (je le cite plus haut)
Génie : Sapeurs cyclistes 9e rgt. DT/8°

La recherche continue.
Amicalement
Geneviève



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Eric de Fleurian
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Re: Rôle des vélocipédistes dans la cavalerie

Message par Eric de Fleurian » mer. déc. 30, 2009 8:58 pm

Bonsoir à tous,
bonsoir Geneviève

Que de questions et d'interrogations auxquelles je vais essayer de répondre.

Les groupes de chasseurs cyclistes mis sur pied par des bataillons de chasseurs en sont effectivement issus et vraisemblablement ils ont le même dépôt (à confirmer par Bruno), mais ils ont chacun leur parcours. Ainsi les 1er, 3e et 5e GCC, sur lesquels je reviendrai plus loin, sont engagés dans la bataille de l'Ourcq au sein de leur division respective tandis que :
- le 18e BCP (4e DI) se bat aux confins de la Marne et de la Meuse entre Sermaize-les-Bains et Pargny-sur-Saulx (au sud-ouest de Revigny-sur-Ornain) ;
- les 26e et 29e BCP (40e DI) sont engagés plus à l'est, en Meuse, dans la région de Courcelles-sur-Aire, Neuville-en-Verdunois (entre Bar-le-Duc et Souilly).

La division provisoire de cavalerie Cornulier-Lucinière, comme vous le savez a été constituée le 29 août 1914 avec 18 escadrons (un de chacun des 18 régiments de cavalerie du Corps de cavalerie Sordet) répartis en 3 groupes venant des trois division de cavalerie.
Du 29 août au 2 septembre soir, elle retraite en combattant des rives de l'Avre au sud de la forêt d'Ermenonville (sud de Senlis) ; elle est ensuite regroupée d'abord au sud de la Marne vers Torcy, puis le 5 septembre soir au nord de la Marne vers Fresnes. Le 6 septembre AM, elle est engagée à droite de la brigade marocaine au sud de Penchard. Le 7 septembre, elle rejoint le Corps de cavalerie Sordet à Nanteuil-le-Haudouin où elle est disloquée, les escadrons rejoignant leur régiment respectif.
Cette division, envisagée initialement pour permettre la mise au vert quelque temps du corps de cavalerie, ne comportait pas de cyclistes. Par ailleurs, le 7 septembre lorsqu'elle rejoint le CC, elle laisse 8 escadrons à la 6e armée : les 4 escadrons provenant des deux brigades légères des 3e et 5e DC, et les 4 escadrons de dragons provenant de la 1ère DC.

Donc, la division provisoire de cavalerie n'existait plus au moment des faits du 9 septembre qui nous intéressent.

Le corps de cavalerie Sordet (devenu Bridoux le 8 septembre), moins la DCP, est regroupé dans la région de Versailles le 5 septembre soir.
Voici de manière schématique son action entre le 6 et le 9 septembre inclus.
Le 6, il fait mouvement : les 1ère et 3e DC par voie de terre jusqu'à respectivement Gonesse et Aulnay-sous-Bois (nord-est de Paris) ; la 5e DC par voie ferrée jusqu'à Nanteuil-le-Haudouin (chaque division a avec elle son GCC).
Le 7, il reçoit pour mission d'envelopper la droite ennemie à hauteur de Betz, tandis que la 61e DR (renforcée de deux escadrons de la 7e brigade de dragons de la 5e DC) doit prendre pied sur le plateau d'Etavigny au sud. La 5e DC, en tête de CC, fait mouvement le matin sur Macquelines via Villers-Saint-Genest et lorsqu'elle veut déboucher sur le plateau à l'est de la ligne Bargny, Betz, elle est pris violemment à partie par l'artillerie adverse et se retire à l'ouest de Macquelines. Derrière elle, la 1ère DC se porte à Villers-Saint-Genest et détache en avant, entre Betz et le bois de Montrolle au sud, un régiment de la 5e brigade de dragons avec le GCC. La 3e DC est en fin de matinée à Sennevières.
Dans l'après-midi, le CC tente à nouveau de prendre pied sur le plateau au sud-est de Bargny mais les effets de l'artillerie ennemie et l'avance de l'infanterie allemande jusque dans Betz vouent cette tentative à l'échec.
Le soir, protégé par une ligne d'avant-postes à hauteur de Macquelines, Levignen et Ormoy-Villers, le CC va bivouaquer dans la région de Nanteuil-le-Haudouin.
Le 8, la mission étant identique, la 3e DC part en tête suivie de la 1ère DC. Comme le 7, les divisions ne peuvent déboucher sur le plateau et restent toute la journée face à l'ennemi entre Betz et le nord de Levignen.
A 11h00, le général Bridoux prend le commandement du corps de cavalerie et le général de Cornulier-Lucinière celui de la 5e DC. Face à cette impossibilité de déboucher, le général Bridoux donne mission à la 5e DC d'effectuer un raid sur la rive gauche de l'Ourcq afin d'inquiéter l'ennemi sur ses arrières. La 5e DC (groupe cycliste en avant-garde avec la brigade légère) monte au nord par Ivors et Boursonne, puis franchit l'Ourcq à Troësnes, au nord-est de La Ferté-Milon et marche en direction de Soissons. Cette division ne reviendra dans les lignes que le 11 septembre soir, dans la région de Beauvais. C'est au cours de ce raid qu'a eu lieu ce qui est appelé "la charge de l'escadron de Gironde", dans la nuit du 9 au 10 septembre dans la région de Mortefontaine au nord de Villers-Cotterets.
Les deux autres divisions bivouaquent le soir : la 1ère DC à Villeneuve, la 3e DC à Ormoy-Villers.
Le 9, la mission générale du corps est la même mais la 1ère DC est envoyée dans la région de Crépy-en-Valois où sont signalés des mouvements ennemis tandis que la 3e DC tente à nouveau de remonter sur le plateau de Bargny mais doit se contenter de tenir les lisières de part et d'autre de Levignen tout en faisant face à une menace venant de Gondreville. En effet, l'ennemi est en train d'envelopper notre gauche alors que, dès le début de l'après-midi, il commence à se retirer sur l'Ourcq.
L'après-midi, face à cette menace d'enveloppement, la 1ère DC (renforcée de la 13e brigade de dragons) intervient sur le plateau de Rosières pour arrêter cette menace tandis que la 3e DC pivote sur sa gauche pour barrer la direction de Crépy-en-Valois.
Les combats sont rudes toute l'après-midi et une partie de la nuit, puis l'ennemi cesse de pousser et les deux divisions peuvent se retirer dans la région de Ver-sur-Launette (sud Ermenonville).
La bataille de l'Ourcq est terminée, la poursuite commence le lendemain.

Alors qu'en est-il des groupes cyclistes de ces 3 divisions. Les JMO des 3e et 5e DC sont clairs, leur GCC ne les quitte pas et combat avec eux. Celui de la 1ère DC est clair sur l'emploi de son GCC jusqu'au 8 inclus mais le fait qu'il ne soit pas cité le 9 aurait pu prêter à confusion. Ce n'est finalement pas le cas puisqu'on le trouve sur le JMO de la 11e brigade de dragons avec qui il combat le 9 matin surement.

Le 9 septembre matin la position de chacun des GCC est la suivante :
- le 1er GCC est avec la 11e brigade de dragons : voir http://www.memoiredeshommes.sga.defense ... 034__T.JPG
- le 3e GCC de la 3e DC est dans Levignen puis il participe à tous les combats jusqu'à la nuit où il permet le décrochage d'une partie de la division et est obligé de détruire ses machines pour qu'elles ne tombent pas aux mains de l'ennemi ; voir http://www.memoiredeshommes.sga.defense ... iewer.html pages 12 à 15.
- le 5e GCC est engagé dans le raid avec sa division depuis le 8 après-midi : http://www.memoiredeshommes.sga.defense ... iewer.html pages 40 et suivantes.

Je pense donc avoir montré clairement qu'aucun des 3 GCC, seuls disponibles sur l'ensemble de la zone de la 6e armée, n'a été engagé le 9 matin sur la ferme Champfleury.
Or, y-a-t-il en septembre 1914 d'autres structures présentant un volume de cyclistes significatif pour aller en avant-garde (mission de combat) sur une crête qu'à défaut de contrôler, on observe parfaitement des positions de la ferme Poligny et alors qu'il y a au moins deux ou trois bataillons d'infanterie juste en arrière à l'ouest, dans le ravin et pour qui c'est le métier.

Vous permettrez donc de camper sur ma position d'une altération des faits, à moins de m'apporter des éléments vraiment nouveaux à partir de sources fiables.

Cordialement
Eric

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Re: Rôle des vélocipédistes dans la cavalerie

Message par Achache » mer. déc. 30, 2009 10:36 pm

Bonsoir à tous,



Toutes mes lectures signalent de terribles combats dès le 7 septembre. Surtout le JMO du 29e bataillon de chasseurs à pied : J.M.O. > J.M.O. • 30 juillet 1914-31 juillet 1915 • 26 N 826/14
Page 37, une page dactylographiée qui relate les violents combats de 7 au 9 septembre.
Lieu assez illisible "Vaux Marie" ? inconnu au Michelin. Puis de nombreuses pages avec la liste des blessés et tués

Geneviève


Bonsoir
Geneviève :hello:
Eric a raison:

les 26e et 29e BCP (40e DI) sont engagés plus à l'est, en Meuse, dans la région de Courcelles-sur-Aire, Neuville-en-Verdunois (entre Bar-le-Duc et Souilly).

La Vaux Marie, n'est pas du côté de l'Ourcq: c'est le fameux combat de nuit que Genevoix raconte...
S'il y a bien à cette date des Champenois sur l'Ourcq, avec la 56e DI de mon grand père :jap: ... la Vaux Marie, ce sont les autres Champenois du 6e CA... autour de Rembercourt-aux-Pots dont Delvert a si bien évoqué l'eglise...
Ces journées sont en effet très actives sur tout le front ...

Bien à vous,

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Émouvante forêt, qu'avons-nous fait de toi ?
Un funèbre charnier, hanté par des fantômes.
M. BOIGEY/LAMBERT, La Forêt d'Argonne, 1915

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