Rôle des vélocipédistes dans la cavalerie

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garnier jean pierre
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Re: Rôle des vélocipédistes dans la cavalerie

Message par garnier jean pierre » dim. déc. 20, 2009 12:51 pm

Bonjour à tous,

L’évocation (par Yann) , dans le fil précédent , du rôle des vélocipédistes dans la cavalerie me fait penser à celui joué par les troupes allemandes en 1914 lors de l‘invasion de la Brie.

Les cyclistes arrivaient dans les villages bien avant la cavalerie d'avant garde qui n’apparaissait au mieux que quelques heures plus tard.
Il y avait une liaison évidente entre la roue et le sabot.

Les Français n’ont peut-être pas employé cette méthode de reconquête mais je me souviens d’une lecture qui mentionnait l’envoi de cyclistes (Chasseurs ? RI ? Cavalerie ?) pour prendre une ferme ( sur la barrière ) lors du début de la retraite allemande.
Aucun n’en est revenu .

Des fantassins ont ensuite été envoyés qui ont enlevé cette ferme après de furieux corps à corps.
La cour était jonchée de pantalons rouges parait-il.
Cordialement,
Jp





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philippe crozet
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Re: Rôle des vélocipédistes dans la cavalerie

Message par philippe crozet » dim. déc. 20, 2009 8:56 pm

Bonsoir à tous,
Bonsoir Jean Paul,

Dans la cavalerie Française, il y avait aussi un lien entre le sabot et la roue…Les GCC ont souvent joué le rôle d’avant-gardes. Remarquez ils avaient été mis sur pied en 1913 dans cette optique. Je laisse ma place à Bruno Barrier qui est beaucoup plus compétent que moi dans ce domaine…

Amicalement,

Philippe

Amicalement

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garnier jean pierre
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Re: Rôle des vélocipédistes dans la cavalerie

Message par garnier jean pierre » lun. déc. 21, 2009 11:00 am


Bonjour Philippe,
Bonjour à tous,

Merci pour l'info, mais connait-on des situations précises en 14 ? ( Belgique, les frontières, la Marne? )

Cordialement,
Jp
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Bruno BARRIER
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Re: Rôle des vélocipédistes dans la cavalerie

Message par Bruno BARRIER » sam. déc. 26, 2009 5:33 pm

Bonjour à tous,
Bonjour Jean-Pierre et Philippe,

Les actions de ce type pour les chasseurs cyclistes sont nombreuses en 1914 et en Lorraine et en Belgique et sur la Marne (à commencer par le 2e Groupe à Vic et Moyenvic). Par contre ils n’ont jamais tenu le rôle d’éclaireurs. Ce dernier était toujours du fait des reconnaissances d’officiers de cavalerie.
Les citer ou les développer toutes... il me faudrait des pages entières.
Il faut savoir que la cavalerie n’a pas hésité, dès le début du conflit, à donner aux chasseurs cyclistes le rôle de premier plan au sein de ses Divisions. Les Allemands eux connaissent et reconnaissent les chasseurs cyclistes. Ils les surnomment « die bienen », « les abeilles » (La Gazette de l’Est du 01.11.1914, 2e année N°89 en fait mention) en raison de leur mobilité et de leur audace. Le CNE Basse en est témoin : « les GCC sont utilisés, sans trêves, sans repos et parfois avec abus en 1914. »
Une situation de ce genre peut-être développée mais il me faudrait quelques précisions afin de cibler un lieu et un groupe. Les chasseurs cyclistes sont aussi auteurs de nombreuses embuscades et ont participé au raid de la 5e DC sur les arrières de l’ennemi.

Cordialement,

Bruno

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garnier jean pierre
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Re: Rôle des vélocipédistes dans la cavalerie

Message par garnier jean pierre » dim. déc. 27, 2009 12:17 pm

Bonjour à tous.
Merci Bruno pour cette réponse. Les Abeilles plutôt "commando" qu'éclaireur.

Aurais-tu une petite histoire pour mon dimanche ?, par exemple et au hasard : La Marne, 6e armée .
Sais-tu si les Abeilles (j'aime bien) ont donné un coup de main aux Anglais (cavalerie), à la droite de Maunoury à la même époque ?.

Cordialement,
Jp

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Bruno BARRIER
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Re: Rôle des vélocipédistes dans la cavalerie

Message par Bruno BARRIER » dim. déc. 27, 2009 5:01 pm

Bonjour à tous,
Bonjour Jean-Pierre,

Pas de GC à la 6e Armée, voici l’ordre de bataille des cyclistes pour le début du conflit
1re Armée : Général Dubail 6e GCC, 8e GCC
2e Armée : Général de Castelnau 2e GCC, 10e GCC
3e Armée : Général Ruffey 7e GCC
4e Armée : Général de Langle de Carry 9e GCC
5e Armée : Général Lanrezac 4e GCC
CC (corps de cavalerie) : Général Sordet jusqu'au 08.09 matin 1er GCC, 3e GCC, 5e GCC

A défaut de ne pouvoir donner pleine et entière satisfaction, voici tout de même un extrait d’une action du 10e GC lors de la bataille de la Marne tiré de mes recherches :

Le Corps de Cavalerie prend place entre l’Armée anglaise et la 5e armée française. La bataille offensive s’engage le 6 septembre. Le 10e GCC se porte sur Champcenest et s’arrête sur ses positions désignées sans rencontrer de résistances. Une section est envoyée en reconnaissance à 6 km au nord de Courtacon. Dans l’après-midi, une importante colonne allemande, sans couverture, se présente. La section exécute quelques feux de salve sur la tête de colonne où se trouvent de nombreux officiers. Puis elle se replie suivant les ordres reçus. La section est presque aussitôt arrêtée par des officiers de cavalerie et reçoit l’ordre de défendre Courtacon. L’escouade Férolles s’installe dans les fermes aux lisières nord du village. Le reste de la section improvise une barricade sur le pont est s’organise pour la défendre. La colonne allemande attaque le village. Les neuf hommes de l’escouade Férolles contiennent l’attaque durant près de deux heures. Les Allemands déploient alors un bataillon. Un à un les chasseurs cyclistes sont mis hors de combat. L’ennemi donne l’assaut et s’empare du village. Tous les hommes de l’escouade sont morts ou blessés. Les Allemands sont stupéfaits et ne veulent pas croire qu’ils n’ont eu qu’une poignée de chasseurs cyclistes en face d’eux. Le caporal Férolles est longuement interrogé. Le reste de la section se replie en subissant de sérieuses pertes. La colonne ennemie, une division de cavalerie de la Garde, avance toujours et devient menaçante. Les blessés qui arrivent préviennent le Groupe qui tente de sauver la section Calimer. Mais la route est balayée par les obus et les mitrailleuses. L’ennemi se montre partout. La 10e DC se replie. Le Groupe reste pour couvrir le mouvement et contenir les Allemands. Le 2e peloton contre attaque sur Champcenest mais ne peut se maintenir dans le village, son chef est blessé. Le 10e GCC ne peut plus bouger. Il est cloué au sol par le balayage des mitrailleuses. L’aide de l’artillerie est demandée et son efficacité stoppe le mouvement allemand. La nuit venue le 45e RI relève le Groupe.
Le général Lelong explique l’affaire : « A Courtacon, j’avais reçu, les derniers échelons de cavalerie qui combattaient à nos côtés, des plaintes amères contre l’aide insuffisante à eux apportée par un de mes pelotons. J’en avais vertement tancé le commandant, qui avala sans mot dire mes reproches, mais en repassant par Courtacon, il me demanda la permission de me conduire sur le terrain où il avait combattu : ses morts étaient là encore, attestant de l’ardeur de la lutte ; si bien que persuadé de l’injustice que j’avais commise à son égard, je lui en fis publiquement amende honorable devant toute son unité réunie. »
« Que de braves gens, en effet, parmi ces combattants ! Un peu plus loin nous mettons la main sur un hôpital allemand où se trouve soigné un caporal de mon GCC (Férolles) : sur son lit est épinglée une lettre d’un officier allemand contant que l’escouade de ce caporal avait arrêté, plusieurs heures durant, la marche d’une demie compagnie allemande et que lorsque, enfin, ils avaient pu pénétrer dans la maison où nos chasseurs « tenaient », ils avaient trouvé ce jeune gradé gravement blessé au milieu des mourants. « Où sont les autres ? » avaient-ils demandé, persuadé d’avoir eu à faire à des effectifs plus sérieux. D’un geste le caporal avait indiqué les quelques douze hommes qui étaient tombés. Quelques semaines plus tard, rétabli, le jeune caporal rejoignait son poste avec la Médaille Militaire et m’annonçait que maintenant, il voulait gagner le galon d’officier et la Légion d’honneur : il a tenu parole. »

Le 7 septembre, le 10e GCC avec le 45e RI et l’appui de l’artillerie enlève le village de Champcenest. Les défenseurs de Courtacon, blessés et faits prisonniers sont délivrés à la Ferté-Gaucher par le 4e GCC.

Bonne lecture dominicale !
Cordialement,

Bruno

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garnier jean pierre
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Re: Rôle des vélocipédistes dans la cavalerie

Message par garnier jean pierre » dim. déc. 27, 2009 7:49 pm

Bonsoir à tous,

Merci Bruno pour mon histoire du dimanche. En passant par Courtacon, j'aurai une pensée pour les abeilles.
Ils sont à la charnière Kluck /Bulow.
Pas bien loin de Paris tout çà.



CC (corps de cavalerie) : Général Sordet jusqu'au 08.09 matin 1er GCC, 3e GCC, 5e GCC

Sans vouloir abuser, mais quand même un peu.... ils sont où le 8/9 au matin les 1/3/5 GCC ?
Si on ne connaît pas l'emplacement, parce que je présume qu'il doit être difficile de les "loger" en dehors de la ruche, ce n'est pas grave.
Chasseur un jour, ...
Cordialement,
Jp

Image

Un p'tit rajout.
Le corps de ce cavalier a peut être été récupéré par les Abeilles.
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Re: Rôle des vélocipédistes dans la cavalerie

Message par Bruno BARRIER » dim. déc. 27, 2009 8:40 pm

Bonsoir Jean-Pierre,

Les trois groupes ne sont pas occupés à la production du miel mais ils butinent à défaut de « grignoter » c’est un peu tôt.

Le 5e GCC fait route pour le Raid de la 5e DC derrière les lignes allemandes, le 8, 9 et 10 septembre 1914 en forêt de Villers Cotterêts. Une embuscade, entre autres, sera tendue contre un convoi automobile de munitions. Huit voitures sont détruites (15 d’après J Meyer).

Le 3e GCC est à Percy-les-Gontiers le 7 septembre. Le 8 il est engagé à l’attaque du bois à l’est d’Ormoy-Villers. Là il subit de nombreuses pertes.

Le 1er GCC, du 6 au 10 septembre, est engagé dans le secteur de Nanteuil-le-Haudouin puis Betz. Son commandant, le capitaine Drahonnet est blessé le 7 septembre à la tête d’un de ses pelotons à 400 m d’une batterie ennemie qui est obligée d’amener ses avant-trains.

Cordialement,

Bruno

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Re: Rôle des vélocipédistes dans la cavalerie

Message par garnier jean pierre » dim. déc. 27, 2009 8:47 pm

Bonsoir Bruno,
Mais dis moi le 1er GCC c'est pas lui qui monte à la ferme de Champfleury, et qui n'en reviendra pas ?
Cordialement,
Jp
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Re: Rôle des vélocipédistes dans la cavalerie

Message par Bruno BARRIER » dim. déc. 27, 2009 9:03 pm

Bonsoir Jean-Pierre,

Alors là je sèche lamentablement, car je n’ai malheureusement aucun indice qui le confirme. Le JMO du groupe commence le 5 avril 1917, pas d’historique à ma connaissance.
Le peu que j’ai pu recouper comme informations aux travers de diverses lectures se trouve condensé dans ces quelques lignes qui suivent.

Suite à la blessure du CNE Drahonnet c’est le CNE Archen qui lui succède. Le 9 septembre les chasseurs cyclistes sont appelés à la rescousse par le 20e régiment de Dragons. Le 1er GCC arrive sur les lieux. Le pont central devant la ville de Château-Thierry est enlevé à la baïonnette. Les défenseurs sont faits prisonniers. Parmi eux, des infirmiers à brassard de la Croix-Rouge. Ils risquent d'être fusillés pour avoir pris les armes. La ville prise, Les chasseurs cyclistes fouillent les caves, maison par maison. Ils en ramènent parfois des prisonniers, pas tellement nombreux. En général hébétés, indifférents à ce qui se passe. Beaucoup sont ivres. Le Groupe se lance alors dans la poursuite sur Cambrai jusqu’au 23 septembre.

Par contre si tu as des informations je suis bien entendu amateur. Merci pour le rajout au message précédent que je viens de découvrir.

Cordialement,

Bruno

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