la dernière charge de cavalerie

durel
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Re: la dernière charge de cavalerie

Message par durel » lun. mars 29, 2010 12:28 am

Sur la photo, des cadres du 4ème régiment de chasseurs d'Afrique à Tunis. Assis en tailleur, l'adjudant Albert Thirault qui sera promu sous-lieutenant dans les premières semaines de la guerre pour avoir participé à la charge héroîque d'un bataillon de cavalerie légère qui sauva le reste du régiment. Il tient l'un des cahiers de route qui ont permis de recontituer dans un récit (L'histoire d'un conscrit de 1913), l'épopée du 4ème Chass' d'Af' au début de la Grande Guerre.

Elie Durel

Elie Durel, auteur de "L'histoire d'un conscrit de 1913" aux éditions Ouest-France
site : http://sites.google.com/site/eliedurela ... 3/Document 4.jpg[/img]
Durel

jules-Pierre
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Re: la dernière charge de cavalerie

Message par jules-Pierre » mar. juil. 13, 2010 2:15 pm

La cavalerie italienne à mené une "charge", si l'on peut l'appeler ainsi, creuvant ses chevaux, et leur incendiant la queue préalablement trempée dans du pétrole pour les mener au bout de leurs dernières forces, avant de démonter et de continuer à pied...la nuit précédant l'armistice du 4 novembre 1918, prévu etre en compte le terrain gagné. Il fallait donc avancer le plus loin possible dans les zones inoccupées (source témoignage). Je confirme également, sur un autre post, une charge de la cavalerie italienne edurant la 2ème Guerre Mondiale.
Cordialement
Il n'y a de véritable mort que dans la mémoire des hommes.

Marc Pilot
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Re: la dernière charge de cavalerie

Message par Marc Pilot » jeu. juil. 15, 2010 6:44 pm

Bonjour

Toujours dans les dernières charges : le Canadian Light Horse à Iwuy le 10 octobre 1918.

Cordialement

Jean27
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Re: la dernière charge de cavalerie

Message par Jean27 » mer. août 11, 2010 1:26 am

Bonsoir à tous,

vous pouvez ire le récit de la charge de cavalerie du lieutenant de Gironde sur le site suivant :

http://cavaliers.blindes.free.fr/profils/gironde.html

Pour bien comprendre le combat, il faut connaître la topographie des lieux. Le combat se déroula sur le plateau picard, sur la commune de Vivières, (pas très loin de Villers-Cotterêts) ; à cet endroit s'étendent de vastes horizons où l'on rencontre de riches cultures ; le village lui-même s'accroche sur les pentes de la côte de l'Ile-de-France et quand vous partez vers l'ouest vous pénétrez dans la forêt de Retz ; dans cette partie ce sont des massifs forestiers profonds, sans grandes cultures avec des routes sinueuses et étroites encore aujourd'hui. C'est dans cette partie que la troupe du lieutenant de Gironge se trouvait au repos après avoir patrouillé quand elle a appris qu'une escadrille allemande était stationnée sur le plateau.
Le corps du lieutenant de Gironde repose aujourd'hui dans le cimetière de Vivières ; un monument commémoratif érigé à l'endroit où Gironde a été mortellement blessé se trouve à un bon kilomètre du village sur le plateau. Gironde est mort dans le château à côté de l'église où sont conservées des reliques de sainte Clotilde !
La voie principale de ce petit village porte le nom de "rue du Lieutenant-de-Gironde".

Cordialement
Jean



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Aetius
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Re: la dernière charge de cavalerie

Message par Aetius » mar. août 17, 2010 5:55 pm

En ce qui concerne l"épopée JOINOT-GAMBETTA" lire une livre parut il y a au moins 20 ans: "USKUB ? C'est loin" qui relate ce fait d'armes
Cordialement

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Aetius
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Re: la dernière charge de cavalerie

Message par Aetius » mar. août 17, 2010 5:59 pm

Il y a aussi un ouvrage, publié en 1920 chez Berger Levrault, et dont l'auteur est le général JOINOT-GAMBETTA lui même :" USKUB . Ou du rôle de la cavalerie d'Afrique dans la victoire ."
Cordialement
Jean-Pierre
Mère voici vos fils et leur immense armée.
Qu'ils ne soient pas jugés sur leur seule misère.
Que Dieu mette avec eux un peu de cette terre
Qui les a tant perdus et qu'ils ont tant aimée.


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Re: la dernière charge de cavalerie

Message par Cuchlainn » mar. août 17, 2010 8:15 pm

Bonjour,

Un petit point sur une affaire qui apparaît deux fois dans ce topic, et qui est un souverain poncif qu'on entend encore à profusion s'agissant de la SGM : la soi-disant charge de cavalerie contre les chars est un montage de propagande pur et simple orchestré par les services de Goebbels, destiné à accréditer l'image de Polonais militairement et culturellement attardés. Bien sûr que non, les Polonais n'ont pas imaginé embrocher des chars à la lance, ils sont en réalité en train de tenter de se dégager devant l'attaque blindée allemande.
Malheureusement, la légende des cavaliers polonais chargeant des chars fait partie des bobards nazis qui ont réussi à survivre.

Sinon, les Soviétiques ont utilisé avec efficacité des unités de cavalerie pendant toute la guerre, tantôt pour harceler les colonnes en retraite, tantôt pour se mouvoir sur des terrains particulièrement difficiles, notamment dans le Caucase. Par contre, je ne sais rien de charges.

Des charges de cavalerie, des charges dignes d'une épopée ont eu lieu en nombre pendant la guerre civile russe.

Cdlt
Cyrille
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Re: la dernière charge de cavalerie

Message par pierreth1 » ven. oct. 01, 2010 7:27 pm

Bonjour,
Bien que hors sujet, pour moi la dernière charge de cavalerie (sans sabre) de l'armée française est nettement plus récente et fut effectuée en Algérie par un camarade de promotion de mon père (ESMIA "Dien Bien Phu")
cordialement
Pierre
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machault
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Re: la dernière charge de cavalerie

Message par machault » dim. sept. 09, 2012 4:03 pm

Bonjour,

Un petit complément (pas très étayé) provenant de "L'année du 11 novembre 1918" de RG Nobécourt (Robert Laffont) et concernant la cavalerie anglaise.
Le 9 août 1918, "une charge de hussards enlève Méharicourt."

Cordialement.

JL Arnould

hubbar49
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Re: la dernière charge de cavalerie

Message par hubbar49 » mer. janv. 09, 2013 11:03 am

bonjour,
j'ignore si ce sujet a déjà fait l'objet de discussions sur ce forum mais je souhaite avoir vos avis sur la dernière charge de cavalerie pendant la guerre de 14.
Est-ce avec le corps Sordet ? ou l'escadron de Gironde ? ou alors on considère que les cuirassiers de Reichshoffen c'était vraiment la dernière ?

Dans l'histoire des guerres, je crois qu'il y en a encore eu en Pologne en 39 contre les chars allemands...

Merci d'avance de me confirmer !

Je ne voudrais pas faire pleurer les cavaliers français, mais on a eu, à l'armée belge, une autre crise de connerie: une charge de cavalerie en octobre 1918... Voir bataille de Maldegem..;
Faut croire qu'on a trouvé, à l'EMG de l'Armée, qu'il n'y avait pas eu assez de pertes durant la guerre, donc, on s'en est fait une charge suicidaire bien belge...
y'a d'ailleurs une blague:
Q: pourquoi les officiers avaient un cheval?
R: parce qu'il y a plus dans deux têtes que dans une tête....

Q: et pourquoi maintenant il n'y a plus de chevaux?
R: parce que les chevaux en avaient marre de devoir penser pour deux!

La dernière charge de cavalerie en Europe de l'ouest (1), sabre au clair, fut menée par le premier régiment des guides à Burkel, sur le territoire de Maldeghem, le 19 octobre 1918, peu avant l'armistice du 11 novembre.

Le récit (2) de cette charge a été écrit par un certain M.C. Le lecteur sera surpris par la manière extrêmement vivante et précise avec laquelle l'auteur rend compte de l'événement: il est vraisemblable que M.C. participa lui-même à cette chevauchée guerrière.

Le 19 octobre 1918, la division de cavalerie de l'armée belge opérait dans les environs d'Oedelem, à 7 km au sud-est de Bruges. Comme durant la guerre des tranchées, nos cavaliers combattaient à pied; pourtant l'espace était libre, les chevaux suivaient à courte distance... Qu' il eût été bon de charger!

Le jour était à son déclin, nos lignes de tirailleurs avaient repoussé les arrières-gardes allemandes, mais l'ennemi, installé dans le petit bois de Kattine, semblait décidé à défendre cette position. Plusieurs lignes de mitrailleuses étaient en action et forçaient nos hommes à se terrer. L'ennemi avait l'avantage du terrain, de nombreux couverts protégeant son mouvement de repli sur Maldeghem.

A 16h30, le major Van Strydonck, commandant le 2° groupe du 1° régiment de guides, reçoit un ordre de l'état-major:

"Franchir par un coup de force à cheval les lignes de mitrailleuses ennemies . A hauteur de Burkel, se rabattre de chaque côté de la route et prendre l'ennemi à revers; deux auto-mitrailleuses précéderont la colonne."

Le rêve de tout cavalier: la charge! allait-il se réaliser? L'ordre est précis, il se répand, un murmure l'accompagne. Les hommes s'agitent, les yeux resplendissent de joie, déjà les mains se crispent sur la garde des sabres à larges coquilles d'acier. Parmi eux un jeune adjudant, au visage plein de douceur, ne peut maîtriser son impatience. Il va, vient, inspecte ses hommes, caresse son cheval, regarde la route sur laquelle on va bientôt bondir.

La charge! Le plein galop, sabre au clair! Toutes les aspirations de son ardeur juvénile vont se réaliser... Mais le temps presse, déjà les brumes du soir estompent les lointains. Un bruit de moteur; toutes carapaçonnées d'acier, les deux auto-mitrailleuses longent la colonne. Devant Kattine, la fusillade fait rage. Nos lignes de tirailleurs attirent l'attention de l'ennemi que les batteries d'accompagnement arrosent d'obus.

Bride abattue, un cavalier accourt:

-Mon major c'est l'heure!

Le capitaine-commandant comte F. de Meeus, adjudant-major au 1° guides, apportait l'ordre d'attaque.

Le major Van Strydonck se dresse sur ses étriers et d'un geste large tire son sabre; un bruit de ferrailles passe en l'air, strié de blanches étincelles.

Puis serrant les mains du commandant "au-revoir, Meeus." Pour un cavalier, la tentation est trop forte: "mon major, je me permets de revendiquer l'insigne honneur de charger à vos côtés."

-Soit...

Automatiquement, sabre au poing, grave, menaçante, la masse s'ébranle et s'enfonce au pas dans la grisaille du soir. Dans les intervalles de la fusillade, on perçoit le souffle ardent des chevaux qui, l'oreille dressée, les narines ouvertes, sentent eux aussi l'approche de la bataille.

Le jeune adjudant, caressant l'encolure de son cheval, est en tête de la colonne. Sa douce figure s'est contractée, sa bouche se plisse en un sourire hautain, les yeux sont rivés vers l'horizon... vers l'ennemi... vers la bataille.

L'espace couvert est franchi, la colonne prend le trot. Au frappement alternatif des sabots sur le pavé de la route se mêle le froissement des cuirs, le cliquetis des sabres... Un grand souffle farouche plane sur cette marée d'hommes qui s'avance semblable à un bélier de bronze.

Subitement dans les brumes mauves du soir apparaissent les lisières du bois de Kattine. Brusquement le chef lève son sabre: "En avant, mes enfants... Pour le roi!"

Et dans cette atmosphère de bataille où ricanent les balles et miaulent les obus, une clameur immense se lève: "Hourra! Vive le Roi!..."

Comme un ressort bandé se détend subitement, la colonne prend le galop. Une longue file de bras brandissant des sabres s'agite, les cris redoublent, le galop s'allonge, se précipite. C'est la charge avec son frisson d'épopée. La première ligne de mitrailleurs ennemis est dépassée, la course continue vers le second bois qui cache Burkel. Là les fusilliers-marins de la 4° compagnie, blêmes de terreur, voient venir bondir vers eux ce torrent qui mugit... En joue!!

Les deux chefs couchés sur l'encolure de leurs coursiers accélèrent encore l'allure. Tout à coup, le bois s'allume d'éclairs rougeoyants, les chevaux de tête s'écroulent, le commandant de Meeus, frappé à mort, disparaît dans l'affreux tourbillon... Le petit adjudant, transfiguré, radieux, d'un bond a pris la place du chef tombé. Et le soldat de 20 ans et l'officier à cheveux gris, côte à côte, bondissent, sabre baissé vers les allemands.

Une nouvelle décharge crépite des maisons de Burkel, les chevaux se cabrent, piétinent, bondissent au-dessus des fossés... écrasant des corps. L'auto-mitrailleuse de tête est bloquée en travers de la route. "Pied à terre!" Les cavaliers lâchant leur sabre empoignent leur carabine; en tirailleurs, sous bois, ils harcèlent l'ennemi décontenancé par ce brusque changement de combat.

17 heures... le feu cesse... L'allemand est en fuite. La nuit enveloppe le contour des choses, une buée laiteuse se lève de terre, de-ci, de-là un coup de feu... un cri... un râle.

Les unités reformées, dans le bois on procède à l'appel:

-Adjudant Vander Cruysen?

Une voix grave répond: "Mort au Champ d' Honneur."

M.C

(1) En septembre 1939, il y eut encore des charges de la cavalerie polonaise contre l'envahisseur allemand.

(2) Le récit de M.C sur le combat de Burkel a été publié en page 122 et 123 dans "Nos Héros morts pour la Patrie", sous la direction générale de René Lyr, Editions Van der elst, Bruxelles, 1920






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