Les prisonniers allemands en France

pierreth1
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Re: Les prisonniers allemands en France

Message par pierreth1 » mer. janv. 03, 2018 3:54 pm

Bonjour,
Bonne question,
Prisonniers de guerre aux mains des USA: vaste question.
Le problème du devenir des prisonniers de guerre avait été envisagé par les autorités US dès la fin de l’année 1916 mais n’a réellement été étudié en ce qui concerne le sort des prisonniers de guerre que pourrait faire le corps expéditionnaire qu’après l’arrivée des premiers contingents et en janvier 2018 rien n’était encore réglé.
Toutefois dès 1916 la question des prisonniers faits sur le sol américain ou par la marine de guerre hors des USA était réglé : tous les prisonniers et internés passaient sous le contrôle de l’armée de terre. Les prisonniers de guerre et les civils internés comme ennemis furent placés dans les camps de : Fort Oglethorpe et McPherson en Georgie de Fort Douglas dans l’Utah, Des officiers en retraite furent rappelés pour commander ces camps une compagnie de garde formée à partir d’un noyau de 10 soldats fut assignee à chaque camp ces soldats provenaient de companies de garde des camps disciplinaires US d’hommes mariés, de soldats proches de la retraite et de soldats réservistes. 8 jours après le déclenchement des hostilités 800 marins allemands étaient déjà internés en Géorgie. A l’été 1918 , le “War Department” envoie 100 PG de Fort McPherson à Camp Sevier (caroline du Sud), comme jardiniers. D’autres groupes sont envoyés à Camp Devens, Camp Jackson, Camp Grant, Camp Sherman, et Camp Wadsworth, pour la même raison. La question du travail des prisonniers et internés a fait l'objet d emultiples débats: travail uniquement au profit d'agences gouvernementales comme ce que nous appelerions les eaux et forets, ou mise à disposition de sociétés privées, les avis étaient partagés mais la majorité penchait pour des "emplois" publics

Concernant les prisonniers faits sur le front
En Janvier 1918 , suite aux suggestions du secrétaire d’état (minister de la guerre) et de l’ Adjutant General, le War Department demande au général Pershing commandant en chef de l’ AEF son avis sur le sort des prisonniers capturés par les forces américaines : devaient ils être internés aux États-Unis ou remis aux Alliés ou à un pouvoir neutre ? Le 9 janvier, le général Pershing répond que «les prisonniers de guerre devraient être utilisés sur place en tant que travailleurs sous la juridiction US, même si l'envoi de prisonniers de guerre aux États-Unis pouvait être avantageux ultérieurement notamment en tant qu’otage : leur présence sur les navires faisant la traversée de l’Europe aux USA pouvant servir à dissuader les U Boat de torpiller ces navires, mais la question se posait de repésailels éventuelles... Pendant ce temps, le chef d'état-major recommandait que tous les PG soient expédiés aux États-Unis et ne soient en aucun cas remis aux Alliés ou à une puissance neutre. La War College Division estimait que le maintien de nombreux prisonniers de guerre derrière les lignes américaines, quelque puisse être leur utilité comme force de travail sur place, nécessiterait trop d’efforts logistiques pour les nourrir, trop de personnels pour les garder car tout ce qui sert à nourrir l’AEF provient des USA (par le biais de leur production agricole, d’achats auprès des neutres etc.) à la fin de la guerre les 40 000 prisonniers sous le contrôle de l’AEF représente le soutient de deux divisions américaines !. on craint également que l'Allemagne considère que leur maintien en Europe constitue une violation de l'article XXIV du traité de 1785 avec la Prusse Malgré tout le secrétaire de la guerre préfère suivre les recommandations du général Pershing les prisonniers seront gardés en France, avec toutefois une réserve si leur nombre devenait tel qu’il serait impossible de prendre les gardes sur le corps expéditionnaire sans affecter sa valeur opérationnelle en conséquences en février 1918, il avisa le général Pershing que les prisonniers de guerre resteraient sur place. . Mais dans le même temps le Département d'Etat (ministère des affaires étrangères) et le « War Plan Department » affirmait que le maintien des prisonniers de guerre en Europe violait les obligations conventionnelles. Peu à peu, le général Peyton C. March, chef d'état-major se ralia au point de vue du département d'État et des plans de guerre et le 5 juin 1918, Pershing fut informé que tous les prisonniers seraient internés aux États-Unis. Cette décision met le Général Pershing dans une situation impossible car dans le même temps en raison de la pénurie de main-d'œuvre en Europe, il avait demandé aux alliés de lui fournir des prisonniers de guerre pour couvrir ses besoins de travailleurs « civils » et il recevait l'ordre d’envoyer aux États-Unis ses propres prisonniers aussi demande t’il au département de la guerre de reconsidérer sa décision, il dit qu’il n’est pas opposé au transfert des officiers prisonniers de guerre officiers aux États-Unis. En réponse à Pershing, le Département d'Etat et le chef d'état-major revoient leur position et autorisent la détention des prisonniers de guerre allemands en France pour être utilisés par les forces expéditionnaires américaines. En septembre 1918suite aux propositions de la mission française auprès de l'AEF, le général Pershing redemande l’envoi des officiers prisonniers aux USA car ils ne travaillent pas et leur entretien necessite des gardes etc. Malgré l’approbation de cette demande par le chef d'état-major et le secrétaire d'État, les officiers sont restés détenus en France
Le 26 juillet 1918, la première compagnie de prisonniers de guerre travailleurs est crée; et en décembre 1919, 122 compagnies existent. Les différentes compagnies, composées d'environ 250-450 hommes, sont crées en fonction des besoins de l’AEF et des compétences des prisonniers ; généralement 50 de ces hommes étaient des sous-officiers qui servaient de superviseurs de travail ou de spécialistes de l'entreprise. Comme toujours le système américain, pragmatique et cohérent aboutit à la constitution de compagnies spécialisées telles que la construction BTP , la construction de routes, unités forestières etc., et de compagnies « généralistes ». Un officier américain devait être nommé par le QGG pour diriger chaque compagnie de travail des PG et devait être responsable de sa discipline et de son administration mais il pouvait arriver que des officiers soient affectés au Provost Marshall General pour le service des compagnies de garde d'escorte puis réaffectés aux compagnies de travail. Après l'organisation d'une compagnie de travail de, une compagnie américaine de garde d'escorte a été attachée. Les compagnies de garde étaient sous la juridiction du Provost marshall Général, et le personnel lui provenant de « partout »
Après la création d'une compagnie de travail et l'affectation d'une compagnie de garde et d'escorte, directeur des Services de Ravitaillement de l’AEF, l'attribuait à un département de l'Armée qui avait besoin d'un service de type particulier correspondant à la spécialité de cette compagnieAvant l’armistice, ces compagnies ne pouvaient pas être utilisées directement pour soutenir des unités de combat (donc devaient servir sur l’arrière à 20/30 kms du front) mais après l'armistice, ces restrictions ont été levées.

Le circuit US théorique des prisonniers de guerre fait pas les américains :
Les prisonniers de guerre, une fois capturés, désarmés étaient envoyés au quartier général d'une brigade où ils étaient fouillés (il s'agit d ela théorie car nombre de soldats devaient se voir déja dépouillés d'une partie d eleurs effets personnels) . Du quartier général de la brigade, les PG étaient envoyés sur la division où ils étaient sous le contrôle du grand prévôt général. A cet échelon , les prisonniers étaient interrogés par le personnel de renseignement, puis, escortés aussi rapidement que possible sur une aire de rassemblement de prisonniers dans la zone arrière. À celle ci, les prisonniers recevaient des étiquettes portant leurs numéros de série PW., ils devaient remplir une fiche d'information générale à partir de laquelle les fiches de gestion et de suivi des prisonniers étaient préparées le prisonnier adressait une carte postale à sa famille pour l'informer de son arrivée et de son état de santé. Une fois ces formalités terminées, les prisonniers passaient aux douches subissaient un examen médical. Les prisonniers étaient classés suivant selon métier et étaient envoyés à un centre de détention où ils attendaient leur affectation à une compagnie de travail. Les affectations ont été faites en fonction des métiers et des besoins. Tous les soldats étaient tenus de travailler manuellement, à moins qu'ils ne possèdent des qualifications spéciales pour le travail de bureau, mécanique ou autre. Les sous-officiers étaient tenus de travailler comme commis ou interprètes ou de superviser le travail des soldats. Ainsi la Compagnie du travail des prisonniers de guerre n ° 86 était composée presque exclusivement de caporaux. Conformément au conférence de La Haye (bien que les obligations n'aient pas été considérés comme contraignants puisque certains des belligérants n' en étaient pas signataires), les prisonniers de guerre n'étaient pas tenus de se livrer à des travaux directement liés aux opérations militaires. Ils ne pouvaient pas être utilisés dans les zones battues par des tirs d'obus ennemis, et donc devaient être à moins de 30 kilomètres des lignes de front,( sauf lorsqu'ils transportaient des blessés à l'arrière). Aucun prisonnier n'a été utilisé en Allemagne occupée

A noter que l'idée de transférer les soldats prisonniers sur le sol américain présentait aussi aux yeux des dirigeants US un avantage: ils tablaient sur le fait qu'un grand nombre de ceux ci ne voudraient pas être rappatriés en Allemagne et fournirait une main d'oeuvre immigrante qualifiée, quand on voit le volume d'immigrants allemands arrivants aux USA avant la guerre (m^me si un grand nombre ne sont allemands que de jure car alsaciens ou mosellans ou polonais) le calcul n'était sans doute pas faux

En espérant avoir été suffisament clair et précis

Cordialement

Pierre
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krzymen
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Re: Les prisonniers allemands en France

Message par krzymen » jeu. janv. 04, 2018 11:16 pm

Bonsoir Pierre,
Merci beaucoup pour ces informations. Je n'ai pas trouvé grand chose à propos des soldats allemands capturés en France par les Américains.
Je m'intéresse à ce sujet principalement à cause des Polonais - prisonniers de guerre. Les Américains, contrairement aux Français, pensaient qu'il était impossible de recruter des soldats parmi les prisonniers tant que la guerre continuait. En pratique, de nombreux Polonais étaient en captivité dans les camps américains, même après la libération des prisonniers par les Français et les Britaniques. Les Silésiens détenus par des Américains en France recevaient des lettres de leurs collègues qui ont été libérés de la captivité anglaise et sont revenus chez eux.

Les prisonniers en Grande-Bretagne.
Prisoners of War and Internees (Great Britain).
https://encyclopedia.1914-1918-online.n ... at_britain
Selon cette source, en novembre 1918, les Britanniques détenaient au total 207.357 prisonniers de guerre à travers le monde. Le chiffre en Grande-Bretagne avait atteint 115.950, dont 89.937 soldats de l'armée allemande (y compris 5.005 officiers),
La majorité des prisonniers allemands capturés par les Britanniques est resté en France et a été envoyée à des BEF labour companies. Parmi les prisonniers transportés en Angleterre, on a effectué une sélection. Les Alsaciens, Polonais, Danois, Tchèques et Slovaques ainsi que les autres Slaves "autrichiens" ont été transférés au camp de Feltham (POW of friendly races and origin). En juillet 1918, il y avait 1500 Polonais. Probablement en 1917, le gouvernement français a demandé au British War Office d'envoyer 500 prisonniers à l'Armée polonaise en France. Les Britanniques ont accepté ce chiffre à condition que ces hommes soient tous des volontaires. Ils sont arrivés en France probablement après l'armistice.

Bien cordialement
Krzysztof
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Lance-main ! En bataille ! Sabre à la main !
site: http://www.1914.pl

pierreth1
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Re: Les prisonniers allemands en France

Message par pierreth1 » mer. janv. 17, 2018 9:05 pm

Bonjour,
Concernat le sprisonniers "polonais" au mains des alliès on peut comprendre la position des USA, cet état est un etat de droit dans un sens plus restrictif que chez nous dans la mesure où déja à l'epoque la société était judicarisé. il ne faut pas oublier que lorsqu'ils entrent en guerre il ont en France un "Provost Marshall General" et un "Judge Advocat general" ceux ci doivent appliquer la loi de manière restrictive.
Jusqu'à la signature du traite d epaix les polonais prisonniers sont soit allemands soit austro hongrois donc ennemis (quand bien m^me les americains auraient des sympathies pour la Pologne) nul doute que leurs Lawyers ont explique au gouvernement qu'il fallait respecter le straites et les etats tant que leur existence etait legale de jure. Nous nous avions une analyse differente tout ce qui pouvait contribuer a dtruire l'Allemagne etait bien venu, donc liberer le spolonais et creer une armee polonaise qui se battarit en Silesie (notamment ) ne pouvait qu'avoir notre soutien quand bien m^me cela violerait les conventions d'armistice. par contre apres le traite d epaix signe, la France a traine de spieds pour liberer camps le sprisonniers d eguerre voulant pendant un temps lier cette liberation au respect du traite de Versailles et aux reparations, sans "l'amicale pression" de nos alliès on peut penser que les derniers prisonniers n'auraient ete liberes qu'à la fin des années 20..
Concernat le lien que Kryzmen cite au sujet de sprisonniers allemands aux mains des britanniques ce texte est un résume du livre de Panikos Panayi "Prisoners of Britain" publie par les Manchester university Press publie en 2012 ce livre ne traite quasiment que de l'internement en Grande Bretagne mais fait référence sur le sujet, il existe un second livre de Michael Foley "Prisoners of the British" edition Fonthill de 2015ce livre recense 554 et hôpitaux en rande Bretagne pour les prisonniers de guerre et les internés mais prcise bien que la liste n'est pas complete
Cordialement
Pierre
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