SADI CARNOT Trois-mâts goélette de Terre-Neuve

Marine, bateaux & marins pendant la Grande Guerre
olivier 12
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Re: SADI CARNOT Trois-mâts goélette de Terre-Neuve

Message par olivier 12 » lun. juil. 26, 2010 4:32 pm

Bonjour à tous,

SADI CARNOT

Trois-mâts goélette de Terre Neuve construit en 1895 à Saint Malo
354 tx JB 274 tx JN
Immatriculé à Saint Malo n° 3722
Armateur : La Morue Française et Sécheries de Fécamp.
Armé pour la pêche à la morue sur la zone de Terre Neuve avec sécherie.

Capitaine en 1914 : ROUXEL Féhic-François capitaine au cabotage, de Pleudihen
Second : JOUAN Eugène, de Plurien
Maître : REGEARD Jean-Marie, de Miniac Morvan.

Image

En 1917 : 32 hommes d’équipage

Image

La perte de SADI CARNOT

Le 4 Septembre 1917 à 09h00, le trois-mâts, qui revient de Terre Neuve avec 230 tx de morues et 7 tx d’huile, se trouve à 40 milles dans le S22W des Scilly. Il est attaqué par un sous-marin qui aurait tiré un coup à blanc, ce qui est rare, puis l’aurait encadré avec deux obus. Le capitaine fait aussitôt mettre en panne, préparer les embarcations, puis évacuer le voilier une dizaine de minutes plus tard. L’équipage prend place dans six doris.
La mer est assez grosse, avec une fraîche brise de sud.
Un doris reçoit l’ordre d’accoster le sous-marin et un officier et deux hommes y prennent place et se font conduire sur le voilier. Besogne habituelle avec pillage des vivres, prise des instruments et installation de deux bombes cylindriques de 30 cm de long pour 10 cm de diamètre. Puis on pousse pour rejoindre le sous-marin. Six minutes plus tard, l’explosion se produit et le voilier coule en trente minutes. Les marins allemands remontent à leur bord et laissent les Français repartir avec le doris.

Deux doris, dont celui du capitaine, font route sur les Scilly. Les douze hommes sont recueillis par un patrouilleur anglais (nom presque indéchiffrable, mais pourrait être « LANDRAIL » sans aucune certitude) qui les conduit aux Scilly.
Trois autres doris, portant seize hommes en tout, sont recueillis par le vapeur américain MONTANA, faisant partie d’un convoi, qui les ramène à Saint Nazaire.
Plus tard, le capitaine apprend que quatre hommes du 4e doris seraient passés à Plymouth et repartis aussitôt pour la France. Tout l’équipage serait donc sain et sauf.
Il semble néanmoins y avoir un doute pour les 4 hommes du 4e doris dont la situation demeure très floue dans le rapport de l’officier enquêteur. Il les confond manifestement avec les naufragés arrivés à Saint Nazaire.

Le sous-marin attaquant

C’était l’UC 69 de l’OL Hugo THIELMANN (voir fiche KERDURAND qu’il avait coulé 48 heures auparavant)

Cdlt
olivier

Ladislav
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Re: SADI CARNOT Trois-mâts goélette de Terre-Neuve

Message par Ladislav » ven. nov. 26, 2010 5:39 pm

Good day!

Destination is unknow?


With regard Ladislav

Memgam
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Re: SADI CARNOT Trois-mâts goélette de Terre-Neuve

Message par Memgam » ven. nov. 26, 2010 7:25 pm

Le Sadi Carnot rentrait à Saint-Malo, après avoir pêché 250 tx de morue et avoir épuisé sa cargaison de sel. Rapport de mer du capitaine Delalande déposé au Tribunal de commerce de Brest, conservé aux Archives Départementales du Finistère, cité par : René Richard et Jacques Roignant, Les navires des ports de la Bretagne provinciale coulés par faits de guerre, 1914-1918, Association Bretagne 14-18, 2010.

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Yves D
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Re: SADI CARNOT Trois-mâts goélette de Terre-Neuve

Message par Yves D » ven. nov. 26, 2010 8:10 pm

Bonsoir Olivier, bonsoir à tous

HMS Landrail, un destroyer de la classe Laforey entré en service en février 1914 ? Ci-dessous une vue de HMS Laforey son sister ship.

Image

Amts
Yves
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La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
et autres thèmes d'histoire maritime.

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joelboucher
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Re: SADI CARNOT Trois-mâts goélette de Terre-Neuve

Message par joelboucher » jeu. mai 19, 2016 11:33 pm

Bonjour à tous,

SADI CARNOT

Trois-mâts goélette de Terre Neuve construit en 1895 à Saint Malo
354 tx JB 274 tx JN
Immatriculé à Saint Malo n° 3722
Armateur : La Morue Française et Sécheries de Fécamp.
Armé pour la pêche à la morue sur la zone de Terre Neuve avec sécherie.

Capitaine en 1914 : ROUXEL Féhic-François capitaine au cabotage, de Pleudihen
Second : JOUAN Eugène, de Plurien
Maître : REGEARD Jean-Marie, de Miniac Morvan.

http://img844.imageshack.us/img844/3528/sadicarnot.jpg

En 1917 : 32 hommes d’équipage

http://img844.imageshack.us/img844/2917 ... uipage.jpg

La perte de SADI CARNOT

Le 4 Septembre 1917 à 09h00, le trois-mâts, qui revient de Terre Neuve avec 230 tx de morues et 7 tx d’huile, se trouve à 40 milles dans le S22W des Scilly. Il est attaqué par un sous-marin qui aurait tiré un coup à blanc, ce qui est rare, puis l’aurait encadré avec deux obus. Le capitaine fait aussitôt mettre en panne, préparer les embarcations, puis évacuer le voilier une dizaine de minutes plus tard. L’équipage prend place dans six doris.
La mer est assez grosse, avec une fraîche brise de sud.
Un doris reçoit l’ordre d’accoster le sous-marin et un officier et deux hommes y prennent place et se font conduire sur le voilier. Besogne habituelle avec pillage des vivres, prise des instruments et installation de deux bombes cylindriques de 30 cm de long pour 10 cm de diamètre. Puis on pousse pour rejoindre le sous-marin. Six minutes plus tard, l’explosion se produit et le voilier coule en trente minutes. Les marins allemands remontent à leur bord et laissent les Français repartir avec le doris.

Deux doris, dont celui du capitaine, font route sur les Scilly. Les douze hommes sont recueillis par un patrouilleur anglais (nom presque indéchiffrable, mais pourrait être « LANDRAIL » sans aucune certitude) qui les conduit aux Scilly.
Trois autres doris, portant seize hommes en tout, sont recueillis par le vapeur américain MONTANA, faisant partie d’un convoi, qui les ramène à Saint Nazaire.
Plus tard, le capitaine apprend que quatre hommes du 4e doris seraient passés à Plymouth et repartis aussitôt pour la France. Tout l’équipage serait donc sain et sauf.
Il semble néanmoins y avoir un doute pour les 4 hommes du 4e doris dont la situation demeure très floue dans le rapport de l’officier enquêteur. Il les confond manifestement avec les naufragés arrivés à Saint Nazaire.

Le sous-marin attaquant

C’était l’UC 69 de l’OL Hugo THIELMANN (voir fiche KERDURAND qu’il avait coulé 48 heures auparavant)

Cdlt
Bonjour
J'ai vue que vous aviez la liste de l'équipage du Sadi Carnot, ou être vous procuré cette liste?
Mon grand-oncle était dessus, une erreur d'impression, son nom LAGRAIS Mathurin (1891-1959) marin et non LAGRET.
Il a été aussi sur le paquebot GALLIA coulé le 4 septembre 1916.
Merci d'avance pour la réponse.
Cordialement
Joel Boucher

Memgam
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Re: SADI CARNOT Trois-mâts goélette de Terre-Neuve

Message par Memgam » ven. mai 20, 2016 12:42 pm

Bonjour,

"Rapport de mer du commandant de la goélette Sadi Carnot,

Monsieur Delalande, capitaine de la goélette Sadi-Carnot jaugeant 274 tonneaux du port de Saint-Malo, armée de trente-deux hommes, Compagnie de la morue française de Paris, déclare être parti du port de Saint-Malo le dix-neuf avril à destination des bancs de Terre-Neuve, pour y pêcher la morue mouillée sur le banc. Le quatorze mai y a pêché jusqu'au treize août. Ce jour, le sel employé, j'ai fait route pour Saint-Malo ayant deux cent cinquante tonneaux de morue à bord.
Rien à signaler pendant la traversée. Le quatre septembre, à dix heures trente du matin, l'on me signale un sous-marin sous le sud venant dans notre direction à peu près à deux milles. Il nous a envoyé un coup de canon à blanc. J'ai commandé de faire arrêter le navire en mettant le vent dessus. Pendant que nous manoeuvrâmes, il a tiré deux autres coups de canons à obus. Un est tombé à cinqaunte mètre du navire entre lui et nous, le second a passé entre le mât de misaine et le grand mât et est tombé à cinquante mètres de l'autre côté sans cependant blesser personne. Ayant fait mettre les embarcations à la mer, les hommes y ont pris place et je suis embarqué dans la dernière embarcation après m'être assuré que tout le monde avait évacué le bord. Le sous-marin qui venait toujours dans notre direction m'a fait signe de l'accoster. Le commandant m'a dit en anglais de faire embarquer trois hommes à bord, tandis que trois Allemands dont un officier iraient à bord. La mer étant très mauvaise, on ne pouvait accoster le sous-marin que très difficilement. Les Allemands avaient embarqué dans notre embarcation. Le commandant a fait signe de partir à bord. Ces hommes sont montés à bord tandis que nous nous trouvions le long du bord. Ils ont placés deux bombes sur le pont que j'ai revu, ayant demandé à l'officier de monter prendre une carte pour pouvoir me diriger à terre. Ils ont pris deux sacs d'effets de matelots, les panneaux de position, le pavillon de la compagnie et les bouées de sauvetage. Le navire après l'explosion de ces bombes à mis à peu près dix minutes à couler. Les Allemands ayant retourné à bord, le sous-marin a fait route au nord-ouest, naviguant toujours en surface. Les vents étant contraires pour rejoindre la France, j'ai fait route vers les îles Scilly qui nous restaient au nord 28° est et à soixante deux milles, avec deux embarcations composées de douze hommes, n'apercevant plus les quatre autres embarcations qui ramaient dans la direction du vent. Ayant passé la nuit, nous avons fait quarante milles jusqu'à neuf heures du matin, le moment où nous avons été aperçus par le patrouilleur anglais Landrail qui s'est dirigé sur nous et nous a recueilli.
Après avoir donné la direction de mes autres embarcations, il s'est mis à leur recherche. N'ayant rien vu, il a fait route vers les îles Scilly où nous sommes rentrés à dix heures du soir.
J'ai appris aux îles Scilly qu'un navire américain avaient sauvé seize hommes qui étaient aussi à Plymouth. Le consul nous a dit qu'il y avait quatre hommes rapatriés au Havre, que nous étions tous sauvés."
Rapport de mer déposé aux archives départementales du Finistère, tribunal de commerce, 63U/22/7.

Les rôles d'équipage du quartier de Saint-Malo sont déposés aux Archives d'Ille et Vilaine, registre des rôles de désarmement, année 1918, 4S/1480.

Source : René Richard et Jacques Roignant, Les navires des ports de la bretagne provinciale coulés par faits de guerre 1914-1918, volume 1, Association Bretagne 14-18, 2010.

Cordialement.

Rutilius
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Re: SADI CARNOT Trois-mâts goélette de Terre-Neuve

Message par Rutilius » ven. mai 20, 2016 7:15 pm

.
Bonsoir à tous,


■ Marin du trois-mâts goélette terre-neuvier Sadi-Carnot.


— LAGRAIS Mathurin René Pierre, né le 13 novembre 1891 à Hillion (Côtes-du-Nord – aujourd’hui Côtes-d’Armor –) et y décédé, le 14 juin 1959. Matelot, inscrit au quartier de Saint-Brieuc, le 26 octobre 1911 ; rayé le 14 avril 1937. Classe 1911, n° 1.989 au recrutement de Saint-Brieuc.

Fils de Mathurin Jean LAGRAIS – qui signait LAGRÉE –, né vers 1860, menuisier, et de Renée Marie GAUDU, née vers 1863, « ménagère », son épouse (Registre des actes de naissance de la commune d’Hillion, Année 1891, f° 29, acte n° 54).

Époux de Marie Emmanuelle TOANEN, avec laquelle il avait contracté mariage à Hillion, le 5 janvier 1914 (Ibid.).


**********

Inscrit sous le n° 123 du recrutement du canton de Saint-Brieuc – Midi.

Incorporé le 1er novembre 1911 au 2e Dépôt des équipages de la flotte, à Brest ; arrivé au dépôt et matelot de 3e classe le même jour. Renvoyé dans se foyers le 1er novembre 1912. Certificat de bonne conduite accordé.

Mobilisé au 1er Dépôt des équipages de la flotte, à Cherbourg, le 28 août 1914. Passé au 5e Dépôt des équipages de la flotte, à Toulon, le 9 mai 1916. Placé en sursis le 1er janvier 1918. Mis en congé de démobilisation le 8 août 1919 étant en sursis.

Après avoir été rayé de l’Inscription maritime le 14 avril 1937, affecté au 2e Dépôt des équipages de la flotte, à Brest. Versé dans les réserves de l’armée de terre le 1er juin 1938 et placé dans la position « Sans affectation ».
Bien amicalement à vous,
Daniel.

Rutilius
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Re: SADI CARNOT Trois-mâts goélette de Terre-Neuve

Message par Rutilius » sam. mai 21, 2016 12:27 am

.
Bonsoir à tous,


■ Le dernier capitaine du trois-mâts goélette terre-neuvier Sadi-Carnot.


— DELALANDE Louis Léon Jean Marie, né le 18 octobre 1881 à La Ville-ès-Nonais (Ille-et-Vilaine) et y domicilié.

Fils d’Armand DELALANDE, né vers 1848, « capitaine marin », et de Marie DOSSET, née vers 1850, « ménagère », son épouse (Recueil des actes de naissance de la commune de La Ville-ès-Nonais, Année 1881, f° 5, acte n° 14).

Époux de Maria Cécile Olive ALAIN-GUILLAUME, née le 13 août 1882 à La Ville-ès-Nonais, couturière, avec laquelle il avait contracté mariage à La Ville-ès-Nonais, le 3 février 1904 ; fille de Joseph ALAIN-GUILLAUME, ancien marin, et de Jeanne Marie CHÂTELET, « ménagère », son épouse (Recueil des actes de mariage de la commune de La Ville-ès-Nonais, Année 1904, f° 4, acte n° 4).


**********

Inscrit provisoire le 28 février 1899 au quartier de Saint-Malo, n° 3.239 ; inscrit définitif le 20 décembre 1899 au même quartier, n° 3.239 ; capitaine au long-cours, inscrit au même quartier, f° 265, n° 527. Classe 1901, n° 846 au recrutement de Saint-Malo.

Louis DELALANDE disparut le 2 octobre 1918 avec la goélette Maïa qu’il commandait. Ce voilier de 184,92 tx jb et de 127,47 tx jn, armé à La Houle et appartenant à l’armement Touzé & Lefèbvre, de Saint-Malo, fut coulé au canon par le sous-marin allemand U-91 (Kapitänleutnant Alfred von GLASENAPP) à environ 50 milles de La Coubre, par 45° 24’ N. et 1° 48’ W., alors qu’il allait de La Pallice à Setúbal (Portugal).

Le 16 août 1918, il avait déjà échappé au naufrage du cargo affrété Onega, de la Barber & Co.(New York & Oriental Steamship Co.) de New York (États-Unis), à bord duquel il était embarqué en qualité de premier lieutenant. Alors qu’il allait de Bordeaux à Swansea (Pays de Galles, Royaume-Uni) avec un chargement de poteaux de mine, ce bâtiment de 3.666 t. fut torpillé au large du phare de Godrevy (Cornouaille, Royaume-Uni) par le sous-marin allemand UB-125 (Oberleutnant zur See Werner VATER), par 50° 17’ N. et 5° 22’ W. 26 hommes d’équipage périrent lors du naufrage, dont 6 marins français.

Par arrêté du Ministre de la Marine en date du 20 mars 1922 (J.O. 2 avr. 1922, p. 3.653), il fut inscrit à titre posthume au tableau spécial de la Médaille militaire dans les termes suivants :

« Disparu en mer, le 2 octobre 1918, au cours d’une attaque de [son] bâtiment par l’ennemi. Croix de guerre avec étoile de bronze. »
Bien amicalement à vous,
Daniel.

Memgam
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Re: SADI CARNOT Trois-mâts goélette de Terre-Neuve

Message par Memgam » sam. mai 21, 2016 12:58 am

Bonjour,

A propos de Louis Delalande, voir le sujet Maïa.

Cordialement.

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joelboucher
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Re: SADI CARNOT Trois-mâts goélette de Terre-Neuve

Message par joelboucher » mar. mai 24, 2016 10:36 pm

Bonjour
Je vous remercie pour ses documents.
Je fais des recherches sur les marins rescapés paquebot le GALLIA, coulé le 4 octobre 1916.
Je recherche la liste des marins rescapés du GALLIA.
Dans l'attente de votre réponse.
Cordialement
Joel Boucher

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