Re: PERONNE Cie Française de Marine et Commerce

Marine, bateaux & marins pendant la Grande Guerre
olivier 12
Messages : 3315
Inscription : ven. oct. 12, 2007 2:00 am

Re: PERONNE Cie Française de Marine et Commerce

Message par olivier 12 » ven. juil. 16, 2010 12:35 am

Bonjour à tous,

PERONNE

Vapeur lancé le 11/11/1882 aux chantiers de Sunderland sous le nom de WESTMEATH.
Rebaptisé FRANCOIS ARAGO en 1892 et PERONNE en 1916
3833 tx JB 4500 tpl
Armateur en 1917 : Compagnie Française de Marine et de Commerce (Rouen et Calais) Cette compagnie, créée en 1917, était une filiale de la Société Minière et Métallurgique Penarroya. C’est elle qui était propriétaire du cinq-mâts France II lors de son naufrage en Nouvelle Calédonie en 1922. Voici son pavillon :

Image

Affréteur : Worms Le Havre

Capitaine : Emile CAZEILS, CLC, inscrit à Bordeaux.
Image

La perte du PERONNE

Le vapeur quitte la rade du Havre sur lest, en convoi, le 31 Août 1917, à destination de Barry Road. Il suit la route indiquée par les instructions jusqu’à Barfleur par jolie brise de WSW et mer agitée.
Puis il fait route sur Sainte Catherine dont le feu est aperçu à minuit. Le vent fraîchit et le mer se creuse. Le convoi se disperse peu à peu. Portland Hill est doublé à 04h00 du matin le 1er Septembre et le navire fait route pour contourner la baie de Lyme. La mer est devenue forte et une pluie fine et serrée diminue la visibilité.

Rapport du capitaine

08h30
Aperçu la terre et relevé la pointe Torquay au SW. Suivi une route en zig-zag pour se rapprocher de terre.

10h30
Gouverné sur un petit vapeur qui se trouve entre la terre et nous.

10h45
Le 2e capitaine, qui est de quart, aperçoit à 50 m sur tribord arrière le sillage d’une torpille se dirigeant vers le vapeur. Il met la barre à droite toute, mais elle est trop proche pour être évitée. Elle frappe le navire à 10 m de l’arrière qui est totalement emporté jusqu’au roof du salon. Elle a touché entre le gouvernail et l’affut du canon. La détonation n’a pas été très forte et il n’y a pas eu de grande gerbe d’eau, mais tout l’arrière a été coupé net à 30 m du gouvernail.

Le canonnier de veille sur la plage arrière avait aperçu le sillage et aussitôt pris les dispositions de combat. Mais au moment où il glissait l’obus dans la pièce, l’explosion de la torpille a fait sauter plusieurs boulons de l’affut.

Le navire s’enfonce rapidement, apiquant de l’arrière. Appelé aux postes d’abandon. Le navire ne gouverne plus. La machine tourne encore, mais s’emballe, indiquant que l’arbre de couche s’est rompu. Tandis que le TSF envoie à trois reprises le signal de détresse, mis les canots à l’eau et procédé à l’embarquement. Fait l’appel. Il manque trois chauffeurs sénégalais que j’aperçois soudain sur le spardeck, encombrés par leurs bagages et qui ne cherchent pas à embarquer.
Je leur fais déposer leur effets, leur fournis des ceintures de sauvetage et les conduis jusqu’à l’arrière où se trouve l’embarcation bâbord, à 2 ou 3 m du bord. Mais ils sont affolés et ne veulent pas sauter à la mer. J’avise alors le radeau arrière dont je coupe les saisines et que je jette à l’eau. Puis je prends mes noirs et les lance sur le radeau, que je gagne à mon tour. Nous réussissons à déborder, évitant le grand mât et la cheminée lorsque le navire s’enfonce brusquement, soulevant une grande quantité de débris qui retombent tout autour du radeau.

Le drame a duré à peine dix minutes.

Le sous-marin avait du lancer sa torpille à environ 200 m et rôde autour des débris et des embarcations. Nous voyons son périscope passer à 50 cm.
Le canot bâbord nous récupère sur le radeau, et je donne l’ordre au canot tribord de mettre à la voile et de nous suivre, cap sur un vapeur qui passe au large. Le sous-marin a du le voir se diriger vers nous, car il plonge et disparaît. Personne du sous-marin ne s’est montré.

Le vapeur qui nous recueille est le LANDPORT, de Liverpool. Il nous dépose à Brixham à 13h00, où je suis interrogé par les autorités anglaises et par le consul.

Conclusions de la commission d’enquête

1- On remarque qu’au moment du torpillage, aucun ordre n’a été donné à la machine et aucun effort n’a été tenté pour fermer la porte étanche du tunnel. Le chef mécanicien a reconnu que l’idée ne lui nétait même pas venue à l’esprit. Or l’inspecteur de la navigation qui avait visité le PERONNE au départ du Havre avait bien fait remarquer au capitaine que la navigation en temps de guerre imposait des précautions minutieuses concernant cette porte étanche qui devait rester fermée en permanence et n’être ouverte qu’occasionnellement pour permettre le passage de l’homme effectuant les graissages indispensables.
La commission estime que cette prescription doit être rajoutée aux instructions données à tous les capitaines de navires de commerce.

2- Le capitaine a eu une action vigoureuse, au risque de se noyer lui-même, pour sauver trois chauffeurs noirs dans une hébétude absolue. Il les a embarqués de force sur un radeau en les y jetant comme des paquets.

3- Le canonnier auxiliaire MORINEAU Constant, de veille à la pièce arrière, a fait preuve de sang froid et de calme en chargeant sa pièce alors que la torpille se dirigeait vers lui. Elle le propose pour un témoignage de satisfaction au motif : « Lors du torpillage de son bâtiment, a donné un bel exemple de sang froid, donnant l’alerte et chargeant sa pièce alors qu’il voyait la torpille se diriger vers lui. »

4- Le capitaine n’a donné aucune instruction pour que la position du navire soit affichée toutes les trente minutes dans la cabine TSF. C’est une infraction aux instructions données aux capitaines, infraction d’ailleurs généralisée sur les bâtiments de commerce. La commission indique qu’il y a lieu de faire un rappel officiel afin de mettre fin à cette négligence grave.

Le sous-marin attaquant


C’était l’UC 65 du KL Max VIEBEG.

Max Viebeg (06/04/1887 – 09/11/1961) , d’abord officier de torpilleurs, commanda successivement UC 10, UB 20, UB 32, UC 65 et UB 80.
Il coula 49 navires, en endommagea 10 et en captura 2.
Il obtint la croix « Pour le Mérite » le 31 Janvier 1918.
Après la guerre, il démissionna de la marine en Janvier 1920, quitta l’Allemagne et fit toute une carrière de planteur de thé à Java.

Voici sa photo (Source uboat.net)

Image

Cdlt
Dernière modification par olivier 12 le ven. oct. 19, 2018 8:43 am, modifié 1 fois.
olivier

Avatar de l’utilisateur
Terraillon Marc
Messages : 3983
Inscription : mer. oct. 20, 2004 2:00 am

Re: PERONNE Cie Française de Marine et Commerce

Message par Terraillon Marc » sam. juil. 17, 2010 8:34 pm

Bonjour

Le navire a l'indice (3) dans la base de données

A bientot
Cordialement
Marc TERRAILLON

A la recherche du 17e RIT, des 166/366e RI et du 12e Hussards.

Avatar de l’utilisateur
Terraillon Marc
Messages : 3983
Inscription : mer. oct. 20, 2004 2:00 am

Re: PERONNE Cie Française de Marine et Commerce

Message par Terraillon Marc » sam. juil. 17, 2010 8:36 pm

Bonjour

La fiche Miramar du navire

Single Ship Report for "1087332"IDNo: 1087332 Year: 1882
Name: WESTMEATH Keel:
Type: Cargo ship Launch Date: 11.11.82
Flag: GBR Date of completion: 11.82

--------------------------------------------------------------------------------
Tons: 3343 Link: 1536
DWT: Yard No: 115
Length overall: Ship Design:
LPP: Country of build: GBR
Beam: Builder: Sunderland SB Co
Material of build: I Location of yard: South Dock
Number of
screws/Mchy/
Speed(kn):

--------------------------------------------------------------------------------
Naval or paramilitary marking :
A: *
End: 1917

--------------------------------------------------------------------------------
Subsequent History:
92 FRANCOIS ARAGO - 16 PERONNE

Disposal Data:
sm/t 5nm SE Berry Head 1.9.17


A bientot :hello:
Cordialement
Marc TERRAILLON

A la recherche du 17e RIT, des 166/366e RI et du 12e Hussards.

Rutilius
Messages : 12446
Inscription : mar. avr. 22, 2008 2:00 am

Péronne — Ex-câblier François-Arago — Compagnie française de marine et de commerce.

Message par Rutilius » ven. oct. 19, 2018 8:05 am

Bonjour à tous,


FRANÇOIS-ARAGO – Câblier – x – .jpg
FRANÇOIS-ARAGO – Câblier – x – .jpg (95.17 Kio) Consulté 116 fois


L'armateur

Société anonyme dite « Société industrielle des téléphones ». — Société formée par acte du 27 octobre 1897. Objet social : constructions électriques, caoutchouc, câbles. Durée initiale : 50 ans. Capital social initial : 15.600.000 fr. Siège social établi à Paris, au 41, rue Caumartin (IXe Arr.) (Archives commerciales de la France, n° 89, Mercredi 8 mai 1893, p. 1.326).

Par acte du 9 décembre 1893, capital social porté à 18.000.000 fr. par suite de l’apport fait par la Société en nom collectif Menier (*). Nomination de M. Henri MENIER comme administrateur. Transfert du siège social au 20, rue du Quatre-Septembre (IIe Arr.). (Archives commerciales de la France, n° 3, Mercredi 10 janvier 1894, p. 34).
____________________________________________________________________________________________

(*) Société en nom collectif Menier — Société formée par acte du 12 juillet 1879 par MM. Albert, Émile et Henri MENIER. Objet social : Fabrication de chocolat et de sucre de betterave ; industrie du caoutchouc. Durée initiale : 30 ans. Capital social initial : 10.000.000 fr. Siège social initialement établi à Paris, au 6, rue d’Enghien (Xe Arr.) (Archives commerciales de la France, n° 62, Dimanche 3 août 1879, p. 1.002), ultérieurement transféré au 56, rue de Châteaudun (IXe Arr.).
Dernière modification par Rutilius le ven. oct. 19, 2018 9:42 am, modifié 2 fois.
Bien amicalement à vous,
Daniel.

olivier 12
Messages : 3315
Inscription : ven. oct. 12, 2007 2:00 am

Re: PERONNE Cie Française de Marine et Commerce

Message par olivier 12 » ven. oct. 19, 2018 8:47 am

Bonjour à tous,

Voici le WESTMEATH avant sa transformation en navire câblier

Image

et la carte postale mise ci-dessus par Rutilius, mais ayant été utilisée en 1904

Image

(J'ignore qui sont Louise et Jeanne...)

Cdlt
olivier

Répondre

Revenir à « MARINE »