SAINT ANTOINE Trois-mâts goélette terre-neuvier

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olivier 12
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Re: SAINT ANTOINE Trois-mâts goélette terre-neuvier

Message par olivier 12 » sam. juil. 03, 2010 1:37 pm

Bonjour à tous,

SAINT ANTOINE

Trois-mâts goélette de Paimpol armé pour la pêche à la morue sur la zone de Terre-Neuve.
400 tpl 217 tx JB
Armateur Mr. Jean-François DAUPHIN, de Paimpol.
Capitaine BUNEL François. 26 hommes en tout.

La perte de SAINT ANTOINE

Avait quitté Paimpol le 28 Mars 1917 et s’était arrêté à Lisbonne jusqu’au 30 Avril pour y embarquer du sel. Arrivé sur les bancs le 25 Mai.
Début Septembre, pêche terminée, se rend à Saint Pierre pour embarquer de l’eau. Appareille de Saint Pierre pour Paimpol le 16 Septembre avec 3700 quintaux de morues et un passager, Louis GAUTHIER, marin de la JEANNETTE, inscrit à Dinan, qui avait été laissé à l’hôpital de Saint Pierre.

A 13h30 le 3 Octobre, le trois-mâts se trouve approximativement par 47°27 N et 09°10 W. Jolie brise d’WNW fraîchissant. Route ESE vent arrière, toutes voiles dessus à 6 nœuds.
A 3 ou 4 milles derrière lui se trouvait le morutier STELLA qui faisait même route, en vue depuis le jour.

Entendu soudain un coup de canon tout proche et vu un sous-marin à 200 m tribord, marchant à contre-bord en surface. Il vire de bord et donne la chasse à SAINT ANTOINE qui n’avait pas mis en panne.
Aussitôt, le capitaine fait mettre en panne et décide d’abandonner le navire. 8 doris avaient été préparés avec de l’eau et un compas, comme c’est réglementaire. L’abandon s’effectue en ordre et le capitaine quitte le navire le dernier avec les papiers du bord. Le sous-marin tire un coup d’avertissement sur le STELLA, s’approche des doris et prend trois hommes d’un doris à son bord.
Il tire trois coups de canon à petite distance, sans le couler, puis, craignant de laisser s’échapper le STELLA se dirige vers lui.
Après avoir coulé le STELLA, il revient près du SAINT ANTOINE qu’il coule à 16h00 de 4 ou 5 coups de canon. Il s’éloigne ensuite vers le sud et plonge.

Après l’abandon, le vent force et le temps devient mauvais.
Le doris n° 8, portant 4 hommes, perd les autres de vue dans la nuit. Il doit affaler sa voile et disposer une ancre flottante pour se maintenir dans le mauvais temps. Le 4 Octobre vers 16h00, ce doris est secouru par le trois-mâts goélette ETOILE POLAIRE, faisant route de Pointe à Pitre sur Saint Nazaire. La position de récupération est 47°27 N 08°20 W.
Presque aussitôt, ETOILE POLAIRE retrouve 2 doris du STELLA portant 11 hommes.
Les 15 Naufragés sont débarqués à Saint Nazaire le 6 Octobre à 10h00 du matin.

Première commission d’enquête


Réunie dès le 6 Octobre à Saint Nazaire, elle interroge :

ARTHUR Ange Lieutenant Paimpol
GEFFROY Joseph Patron de doris Paimpol
JACOB Louis Patron de doris Paimpol
FLOCH Guillaume Mousse Paimpol

tous rescapés du doris n° 8 rapatriés par ETOILE POLAIRE.

Elle conclut que le capitaine a fait tout ce qui était possible pour sauver son personnel et ne peut être que félicité pour les dispositions prises à cet effet.
Elle note toutefois que la veille était mal assurée sur ce navire puisqu’un sous-marin naviguant à 200 m n’a été aperçu qu’après qu’il eût tiré un coup de canon d’avertissement.

Elle propose une citation à l’ordre de l’Armée pour le capitaine BUNEL, au cas où il n’aurait pas été sauvé, au motif :

« Est mort à son poste après avoir accompli tout son devoir et fait tout ce qui était possible pour sauver son navire et son équipage ».

Elle propose aussi des félicitations au trois-mâts SAINT ANTOINE au motif : « étant attaqué par un sous-marin et ne possédant aucun moyen de défense, a fait face à la situation avec sang froid et discipline. »

Deuxième commission d’enquête

On apprend alors que ce même jour, 6 Octobre 1917, un 2e doris a été récupéré par l’aviso YSER (nota : construit à Rochefort et entré en service le 12 Septembre précédent).

Ce doris portait

GEFFROY Claude Matelot Paimpol
THOMAS Jacques Matelot Paimpol
FERLICOT Emmanuel Matelot Paimpol
PINARD Yves Novice Paimpol

Ils sont interrogés à Brest et la contradiction avec les conclusions de la commission de Saint Nazaire est totale.

De plus, le 8 Octobre arrive à Marine Paris un télégramme de Saint Nazaire indiquant :

« Suis informé par le préposat de Pornic que 4 naufragés du SAINT ANTOINE ont débarqué le 8 au matin à Sainte Marie sur mer. ( Nota : on peut penser, qu’épuisés, ils n’ont pas eu la force d’atteindre Pornic et ont sans doute débarqué sur le première plage de Sainte Marie située dans la petite anse du Porteau) Après interrogatoire à Pornic, ils ont été dirigés sur Paimpol.
Ces naufragés sont :

TRONEL Elie Second Saint Malo
ORIAL Jean Matelot Dinan
ANDRIEUX Jean Matelot Saint Brieuc
GAUTHIER Louis Passager Dinan (matelot de JEANNETTE rapatrié de l’hôpital de Saint Pierre)

Ces hommes sont interrogés à Pornic et la contradiction avec les conclusions de la commission de Saint Nazaire est à nouveau totale.

Tout d’abord, l’officier enquêteur précise qu’il s’agit du trois mâts SAINT ANTOINE et non SAINT ANTOINE DE PADOUE comme écrit dans le dossier … (la rigueur française sans doute !!)

Il écrit que si le novice Pinard, malade, n’a pu venir déposer, les matelots Geffroy, Thomas et Ferlicot précisent bien que leur doris n’avait ni compas, ni eau, ni biscuit et que c’est un miracle qu’ils ne soient pas morts de soif et de faim après 4 jours passés dans une mer démontée.

Tous les témoins rapportent les faits comme suit :

Le navire a quitté Saint Pierre le 16 Septembre après 5 jours passés sur rade. Le capitaine, pour on ne sait quelle raison (sans doute pour nous blaguer a dit un témoin très sérieux, le matelot ORIAL) a laissé ignorer à ses hommes le retour sur la France, leur disant qu’on allait faire encore quelques journées de pêche.
D’ailleurs, pendant tout le séjour à Saint Pierre, on ne l’a pas vu à bord et il n’est rentré que quelques heures avant l’appareillage.
Le 26 Septembre, le capitaine a donné l’ordre de briquer les doris. Il a fait disposer les 8 meilleurs sur le pont, en 4 groupes, et a fait mettre les compas dans sa chambre. Les caisses à eau et à biscuits ont été vidées et nettoyées, puis mises sur le panneau de cale. Les hommes se sont étonnés que le capitaine ne fasse pas regréer les doris et le 2 Octobre, veille de la catastrophe, le second Tronel et le lieutenant Arthur ont rempli leurs caisses et les ont remises dans leurs doris. Deux autres patrons de doris en auraient fait autant, mais ils n’en sont pas sûrs. Quant aux compas, personne n’a osé aller les chercher dans la chambre du capitaine.

Le président de la commission d’enquête fait remarquer à Tronel qu’en qualité de second il aurait du provoquer les ordres du capitaine. Celui-ci a répondu qu’il ne se croyait pas le droit de lui adresser des observations. L’officier enquêteur lui fait alors remarquer que, puisqu’il a pris sur lui de gréer son doris à défaut d’ordre du capitaine, il aurait du conseiller à tous les patrons d’en faire autant.

En réalité, il s’avère que tout le monde avait peur du capitaine. On ne pouvait rien lui dire sans se faire rabrouer et, de plus, il buvait.
Il n’y avait aucun rôle de sauvetage et c’est au moment de l’abandon que les hommes se sont arrangés à la hâte entre eux.
C’est ainsi qu’un doris a été armé par deux novices inexpérimentés et ne sachant pas nager, un matelot fatigué de 53 ans et un autre de 45 ans. Ce doris s’est retrouvé par la suite dans de très fâcheuses conditions pour résister au très mauvais temps et prendre la cape.

Le lieutenant Arthur, qui avait eu l’heureuse idée de garnir d’eau et de biscuit son doris la veille de la catastrophe, avait en plus, au dernier moment, réussi à prendre un compas.
Il s’est défendu d’avoir jamais dit, lors de l’enquête menée à Saint Nazaire, que tous les doris étaient gréés comme le sien, ni surtout d’avoir attribué au capitaine cette initiative. Au contraire, il lui reproche amèrement ses négligences.

La commission d’enquête de Brest conclut donc que le capitaine Bunel s’est rendu coupable de négligences graves.

Liste des disparus

Aucun autre doris ne sera retrouvé. Il subsiste un petit doute quant aux trois hommes pris par le sous-marin ? Sans doute ont-ils été remis dans leur doris, mais le fait n’est pas mentionné dans le dossier d’enquête.

BUNEL François Capitaine
SOHIER Edouard Maître
CHAPPEDELAINE Georges Saleur
HIARD Pierre Matelot
FLOURY Jean Matelot
KERNIVINEN Matelot
LE DU François Matelot
MILON Matelot
HAMON Matelot
DANIEL Matelot
GALLIC Matelot
ETIENNE Matelot
ROPERS Novice
FICHOU Novice

Le sous-marin attaquant

C’était l’U 60 du KL Karl Georg SCHUSTER.
Peut-être peut-on trouver sur son KTB traces des marins pris dans un doris?

Cdlt
olivier

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Yves D
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Re: SAINT ANTOINE Trois-mâts goélette terre-neuvier

Message par Yves D » sam. juil. 03, 2010 7:12 pm

Bonjour Olivier, bonjour à tous
Ci dessous un document provenant du dossier Jeannette au SHD (coulé par U 90) où il est fait référence au Saint Antoine.

Image

Je n'ai pas le KTB U60 à cette date mais je vois si je peux le trouver. Je pense néanmoins que ces 3 hommes un temps retenus sur l'U 60 ne sont pas restés à bord ; le sous-marin aura sans doute eu besoin ou pensé avoir besoin de leur doris.
Quelle différence entre les deux rapports d'enquête ! Pas glorieux non plus pour le capt. Bunel.
Amts
Yves
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Re: SAINT ANTOINE Trois-mâts goélette terre-neuvier

Message par GERAUD » ven. août 27, 2010 11:40 pm

Bonjour à tous,
J'ai vu ce jour à la mairie de Plouha les transcriptions des jugements déclaratifs de décès pour deux des membres de l'équipage du Saint Antoine.
Acte n°9 de 1919 concerne ETIENNE Arsène Marie né le 27/01/1871 à Guernesey, matelot domicilié à Plouha (Côtes du Nord)
Acte n°10 de 1919 concerne FICHOU Yves Marie né à Plouha le 10 octobre 1899, novice, domicilié à Plouha.
Cordialement,
Géraud

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Re: SAINT ANTOINE Trois-mâts goélette terre-neuvier

Message par Rutilius » jeu. sept. 09, 2010 11:47 am


Bonjour à tous,

« ...un doris a été armé par deux novices inexpérimentés et ne sachant pas nager, un matelot fatigué de 53 ans et un autre de 45 ans. Ce doris s’est retrouvé par la suite dans de très fâcheuses conditions pour résister au très mauvais temps et prendre la cape. »

Le « matelot de 45 ans » ainsi évoqué par les rescapés devant la commission d'enquête était très probablement Arsène Étienne, matelot inscrit au quartier de Paimpol sous le n° 11.458, et alors âgé de 46 ans, puisque né le 27 janvier 1871.

Outre lui, auraient donc pris place dans le doris disparu le « matelot fatigué de 53 ans », ainsi que les deux novices inexpérimentés Yves Marie Fichou – également inscrit au quartier de Paimpol sous le n° 8.849 et, comme Arsène Étienne, domicilié à Plouha – et Ropers (non identifié).

Bien amicalement à vous,
Daniel.

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Re: SAINT ANTOINE Trois-mâts goélette terre-neuvier

Message par Rutilius » mar. sept. 28, 2010 8:00 pm


Bonsoir à tous,

Le novice Yves Marie FICHOU était cousin germain par son père du mousse Marcel Gabriel Joseph Marie FICHOU, également né à Plouha (Côtes-d’Armor), le 8 août 1901, fils légitime de Joseph FICHOU, marin, et de Catherine LE PICARD, « ménagère ». Ce mousse avait lui-même disparu le 19 septembre précédent, lors de la perte du quatre-mâts Blanche, de l’armement A. D. Bordes, torpillé par le sous-marin allemand U-151 (Kapitänleutnant Waldemar KOPHAMEL). (V. le sujet qui s’y rapporte).

(Communication de Géraud).

_______________________

Bien amicalement à vous,
Daniel.


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Re: SAINT ANTOINE Trois-mâts goélette terre-neuvier

Message par Terraillon Marc » mar. déc. 21, 2010 11:43 am

Bonjour

Le navire a l'indice (1) dans la base de données

A bientot
Cordialement
Marc TERRAILLON

A la recherche du 17e RIT, des 166/366e RI et du 12e Hussards.

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