MONT VISO SGTM

Marine, bateaux & marins pendant la Grande Guerre
olivier 12
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Re: MONT VISO SGTM

Message par olivier 12 » ven. nov. 06, 2009 12:33 pm

Bonjour à tous,

MONT VISO
SGTM


Vapeur à 2 mâts et une cheminée lancé le 20/11/1911 aux chantiers de l’Atlantique à Saint Nazaire.
(Le mont Viso est un massif alpin de la vallée du Queyras)

Caractéristiques

4819 tx JB 3599 tx JN 6500 tpl
Longueur 111,74 m Largeur 15 m Creux 7,32 m TE 7,03 m
4 cales 10500 m3
1 machine alternative à triple expansion. 2 chaudières à 7 kg.
2000 cv

Voici un cliché du MONT VISO (premier du nom) Source : "La SGTM" d'Alain Croce.

Image

Affecté à la ligne d’Amérique du Sud en Juin 1912
Peut transporter 411 passagers
Equipage 39 hommes.

02/07/1914 Réquisitionné à Philippeville.
23/04/1916 AMBC installé à bord avec un canon de 75 mm

Voici la liste d'équipage du MONT VISO.

Image

Attaque du 23 Février 1917

Le MONT VISO appareille le 20 Février 1917 de Marseille pour Salonique avec 3 batteries du 2e groupe du 1er régiment d’artillerie coloniale, un détachement du train et une section sanitaire soit 210 hommes et 530 chevaux. Il est escorté par les chalutiers armés NORMANDIE et JUPITER.
L’équipage se compose de 39 hommes.

Le 24 Février, le rapport suivant est envoyé au Directeur de la Sureté de Tunis.

« J’ai l’honneur de vous faire connaître que ce jour à 14h00 est arrivé dans le port de Tunis le chalutier de l’Etat NORMANDIE ayant à son bord 5 militaires de l’infanterie coloniale blessés et rescapés du transport MONT VISO, de la SGTM, torpillé dans les parages de Pantellaria.
Le MONT VISO, malgré une forte déchirure provoquée par la torpille qui l’a atteint aux soutes à charbon, à tribord, à 3 m sous la flottaison, a pu être remorqué jusqu’à La Goulette par ses deux convoyeurs. Les cloisons étanches ont résisté. Il procède au débarquement des hommes, chevaux et matériel de guerre.

Le sous-marin qui a torpillé le MONT VISO était maquillé en voilier.
(nota : en face de cette phrase, dans la marge, l’officier qui a reçu le message a mis deux énormes points d’interrogation. Il ne semble pas convaincu par cette affirmation péremptoire)

Quatorze militaires qui, aussitôt après le torpillage ont sauté à la mer pour se réfugier sur un radeau, se sont noyés. Il y a 5 blessés dont un avec une jambe fracturée.
Vingt chevaux ont été tués par l’explosion. »

Rapport d’enquête

Selon le rapport d’enquête, le MONT VISO était suivi par le vapeur grec TELEMAQUE. Le temps était beau, avec excellente visibilité et mer calme. A 18h15, venait de changer de route selon les ordres reçus et se trouvait par 36°20 N et 11°17 E (plus proche du cap Bon que de Pantellaria) lorsqu’il aperçut le sillage d’une torpille à environ 1000 m sur tribord. La torpille frappa le navire à hauteur de la cale 2 et des soutes à charbon, provoquant l’énorme brèche que voici.

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Il y eût un début de panique et quelques militaires sautèrent aussitôt à la mer et se noyèrent. Mais le capitaine reprit vite la situation en main et l’évacuation s’effectua alors dans l’ordre.

Quant au sous-marin, il plongea et disparut après que le JUPITER ait lancé des bombes sous-marines.

Le commandant du NORMANDIE, le capitaine de frégate Bazire, rapporte :

« J’ai accosté le MONT VISO juste après le torpillage. Je ne sais ce qui s’est passé au moment de l’explosion, mais lorsque j’ai accosté, le plus grand calme régnait à bord. J’ai donné l’ordre à tout le monde de passer sur le NORMANDIE. Le second capitaine du navire était à la pièce avec les canonniers, mais il n’a pu faire ouvrir le feu car le JUPITER était dans la ligne de tir entre lui et le sous-marin.
Voyant que le navire ne coulait pas, je l’ai pris en remorque. Le capitaine l’a quitté le dernier après s’être assuré que personne ne restait à bord.
Dans la nuit, la remorque a cassé et j’ai du ré-accoster le MONT VISO. Mon second, ainsi que le second du vapeur, le maître d’équipage et quelques matelots sont remontés à bord pour passer une nouvelle remorque.
Le capitaine Brousse, du MONT VISO, ainsi que le capitaine d’artillerie Sanzé, commandant d’armes, ont montré beaucoup de sang-froid, de décision et d’énergie.»

Le capitaine d’artillerie Sanzé signale dans son rapport l’excellente conduite de quelques soldats qui ont contribué à stopper la panique en aidant à communiquer les ordres. Ce sont

MALAVIOLLE Jean Caporal au 38e d’infanterie coloniale
VIGNAUD Marcel 2e canonnier servant au 38e d’infanterie coloniale
CHAINTRIER Pierre 2e canonnier servant au 1er d’infanterie coloniale
GIRARD Jean Soldat au 1er RMA
AVEROUS Léopold 2e canonnier servant au 1er d’artillerie coloniale
CORNEC Jean Trompette au 1er d’artillerie coloniale
DUMAY François 2e canonnier servant au 1er d’artillerie coloniale
VIDAL Germain Trompette au 5e escadron du Train.

Il signale tout particulièrement le 2e canonnier Vignaud et le trompette Vidal.

Le MONT VISO sera donc remorqué jusqu’au port de La Goulette et pris en charge par le remorqueur CYCLOPE. Il sera réparé à l’arsenal de Sidi Abdallah.

Récompenses

Le MONT VISO recevra un témoignage officiel de satisfaction pour l’attitude énergique de son équipage lors du torpillage, de même que le chalutier NORMANDIE.

Seront cités à l’ordre de la division

Tout l’état-major du MONT VISO ainsi que le maître d’équipage Gourden et le QM timonier Morel.
Le capitaine d’artillerie Sanzé Marie-Emile, l’enseigne de vaisseau Grelot Marcel et le 3e maître de manœuvre Duval Joseph (militaires)

Seront cités à l’ordre de la brigade

Le canonnier Boustouhan, les matelots Quillesser, Sanguinetti, Bardey, Martel et Grandjean et les chauffeurs Malavasi et Trama.

Le sous-marin attaquant

C’était le célèbre U 35 du KL Lothar von Arnauld de la Perière. (Voir tous renseignements sur cet officier sur le lien suivant www.histomar.net/arnauld/htm/indexarnauld.htm )

Le matin même, à 07h15, il avait torpillé le vapeur anglais LONGHIRST, 3053 t, à la position 37°08 N et 11°25 E, position proche (environ 50 milles au nord) de celle du MONT VISO à 18h15. Ce navire allait de Philippeville à Salonique.


Attaque du 30 Juin 1917


Je ne possède pas encore le dossier de ce torpillage.

Le MONT VISO se rendait d’Oran à Salonique avec une cargaison de divers, lorsqu’il fut attaqué au large de Cherchell, par 36°42 N et 01°52 E (36°39 et 01°55 selon le KTB du sous-marin).

Il reçoit à nouveau une torpille par tribord, entre les cales 3 et 4. Cette fois, le MONT VISO commence à couler et l’équipage l’évacue en bon ordre et est recueilli par le patrouilleur VAUTOUR. Mais le sauvetage est contrarié par une nouvelle attaque du sous-marin et l’équipage est contraint d'évacuer une seconde fois et de se réfugier dans les embarcations.
Toutefois, le VAUTOUR finit par mettre en fuite le sous-marin.

Le sous-marin attaquant

C’était l’U 34, du KL Johannes Klasing.
Quatre jours plus tard il coulera le grand voilier français MARTHE ROUX

L’U 34, un temps commandé par Wilhelm Canaris, disparaîtra avec le cdt Klasing et tout son équipage (39 hommes) le 9 Novembre 1918 (deux jours avant l’armistice) au large de Gibraltar semble-t-il.

Cdlt
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Ar Brav
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Re: MONT VISO SGTM

Message par Ar Brav » ven. nov. 06, 2009 7:08 pm

Bonjour à tous,

Ouest-Éclair - éd. de Caen -, n° 6524, Mardi 18 septembre 1917, p. 4 :

« NOUVELLES MARITIMES

LA GUERRE SOUS-MARINE

Le patrouilleur Vautour

Lorsque fut torpillé le Mont-Viso, le 30 juin dernier, le patrouilleur Vautour essaya d’abord de remorquer ce bâtiment, mais il dut interrompre sa manœuvre pour combattre le sous-marin ennemi, et le contraignit à fuir. Le commandant en chef de l’armée navale a cité à l’ordre de l’armée le 1er maître de timonerie Le Gallais, commandant le Vautour, pour les très belles qualités de sang-froid, d’énergie et de commandement qu’il a montrées dans un combat contre un adversaire qui avait une artillerie supérieure à celle de son bâtiment. »


Bien amicalement à vous,
Daniel.
www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.

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Re: MONT VISO SGTM

Message par memoire13 » lun. nov. 14, 2011 5:32 pm

mon grand pere francois AUBIN a été mecanicien puis chef mécanicien sur le mont viso; il a été cité 2 fois à l'honneur de la division et a eu la legion d'honneur en regard de son comportement sur ce paquebot lors des 2 torpillages de 1917;je ne l'ai pas connu;ma mere l'a tres peu connu aussi.
AURIEZ VOUS D'AUTRES PHOTOS OU RAPPORTS D'ENQUETES SE rapportant à ce bateau ou mieux à son équipage???
bien cordialement
vous avez fait un travail fabuleux!!

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Re: MONT VISO SGTM

Message par markab » lun. nov. 14, 2011 9:59 pm

mon grand pere francois AUBIN a été mecanicien puis chef mécanicien sur le mont viso; il a été cité 2 fois à l'honneur de la division et a eu la legion d'honneur en regard de son comportement sur ce paquebot lors des 2 torpillages de 1917;je ne l'ai pas connu;ma mere l'a tres peu connu aussi.
AURIEZ VOUS D'AUTRES PHOTOS OU RAPPORTS D'ENQUETES SE rapportant à ce bateau ou mieux à son équipage???
bien cordialement
vous avez fait un travail fabuleux!!
Bonsoir

Voici une image complémentaire

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A bientot
Cordialement / Best regards
Marc.

A la recherche des navires et des marins disparus durant la Grande Guerre.

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Re: MONT VISO SGTM

Message par markab » lun. nov. 14, 2011 10:05 pm

Bonsoir

Et voici un lien sur la 2e attaque

http://www.wrecksite.eu/wreck.aspx?135905

A bientot
Cordialement / Best regards
Marc.

A la recherche des navires et des marins disparus durant la Grande Guerre.

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Re: MONT VISO SGTM

Message par markab » lun. nov. 14, 2011 10:09 pm

Bonsoir

Un autre lien sur le sous-marin et le MONT VISO

http://www.uboat.net/wwi/ships_hit/4227.html

A bientot
Cordialement / Best regards
Marc.

A la recherche des navires et des marins disparus durant la Grande Guerre.

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Re: MONT VISO SGTM

Message par Rutilius » lun. nov. 14, 2011 11:47 pm


Bonsoir à tous,


L’Ouest-Éclair – éd. de Rennes –, Lundi 13 février 1911, p. 5, en rubrique « Dépêches maritimes ~ Marine marchande. ».


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Navigazette, n° 1.141, Jeudi 9 mars 1911, p. 7, en rubrique « Chronique maritime – Constructions navales. ».


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L’Ouest-Éclair – éd. de Rennes –, Lundi 19 juin 1911, p. 5, en rubrique « Dépêches maritimes ~ Sur nos chantiers. ».


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Navigazette, n° 1.179, Jeudi 30 novembre 1911, p. 8, en rubrique « Chronique maritime – Lancements ».


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Bien amicalement à vous,
Daniel.

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Re: MONT VISO SGTM

Message par memoire13 » mar. nov. 15, 2011 4:54 pm

merci pour vos decouvertes que vous partagez si gentiment!!!
voila de la matiere où piocher.
MERCI BEAUCOUP

dbu55
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Re: MONT VISO SGTM

Message par dbu55 » dim. mai 06, 2012 1:18 pm

Bonjour à toutes et à tous,

Un autre militaire décédé sur le MONT VISO :

MAGRÉ Julien Marie né le 03/12/1894 à Carentoir (Morbihan), 2ème Canonnier Conducteur au 1er Régiment d’Artillerie Coloniale - Disparu en Mer le 23/02/1917 (22 Ans) à bord du MONT VISO

Cordialement
Dominique
Avec les Allemands, nous nous sommes tellement battus que nos sangs ne font plus qu'un [ Ferdinand Gilson, France, Figaro Magazine n°19053 du 05 nov. 2005 ]

Rutilius
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Re: MONT VISO SGTM

Message par Rutilius » sam. janv. 09, 2016 11:08 pm


Bonsoir à tous,


Passagers militaires disparus lors de l’attaque subie par le Mont-Viso, le 23 février 1917

(Jug. Trib. Marseille, 8 janv. 1918, transcrit à Marseille, le 19 févr. 1918)

(Liste partielle : 8 noms) (*)


■ 47e Régiment d’artillerie de campagne.

― AUTHIER Jules Paul Ulysse, né le 7 novembre 1892 à Boujeons (Doubs), Brigadier, Matricule n° 3.208 au corps, classe 1912, n° 1.276 au recrutement de Besançon.


1er Régiment d’artillerie coloniale.

― BERTHELOT Léandre Louis François, né le 3 janvier 1889 à La Flavière (Vendée), 2e canonnier conducteur, Matricule n° 010.815 au corps, classe 1909, n° 697 au recrutement de Fontenay-le-Comte.

― BOUTIN Raoul, né le 27 mars 1895 à Sainte-Gemme (Charente-Inférieure – aujourd’hui Charente-Maritime –), 2e canonnier, Matricule n° 1/11.046 au corps, classe 1915, n° 319 au recrutement de Saintes.

― MAGRÉ Julien Marie, né le 3 décembre 1894 à Carentoir (Morbihan), 2e canonnier conducteur, Matricule n° 1/10.971 au corps, classe 1914, n° 1.013 au recrutement de Vannes.
― PAILHÉ Henri, né le 4 septembre 1891 à Ricaud (Hautes-Pyrénées), Maréchal des logis, Matricule n° 30c / 5.293 au corps, classe 1911, n° L.m. 61 au recrutement de Tarbes.

― PAROUX Jean Marie, né le 20 septembre 1893 à Sainte-Luce (Loire-Inférieure – aujourd’hui Loire-Atlantique –), pupille de l’Assistance publique du département de Loire-Inférieure, 2e canonnier, Matricule n° 06.518 au corps, classe 1906, n° 1.534 au recrutement d’Ancenis.

― RAUX Jean Louis, né le 23 août 1893 à Inzinzac-Lochrist (Morbihan), 2e canonnier conducteur, Matricule n° 2/10.815 au corps, classe 1913, n° 1.574 au recrutement de Lorient.

― RIBLER Julien Marie, né le 17 janvier 1889 à Landévant (Morbihan) et y domicilié, 2e canonnier conducteur, Matricule n° 011.249 au corps, classe 1909, n° 1.542 au recrutement de Lorient.

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(*) Dernière adjonction : BERTHELOT Léandre Louis François, 1er Régiment d’artillerie coloniale..
Bien amicalement à vous,
Daniel.

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