AMIRAL RIGAULT DE GENOUILLY - Chargeurs Réunis

Marine, bateaux & marins pendant la Grande Guerre
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Ar Brav
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Re: AMIRAL RIGAULT DE GENOUILLY - Chargeurs Réunis

Message par Ar Brav » mar. mai 19, 2009 8:18 pm

Bonjour à tous,

AMIRAL RIGAULT DE GENOUILLY Cargo de la Compagnie Maritime des Chargeurs Réunis (1904-1929)

La fiche Miramar du navire :

IDNo: 5602170
Year: 1904
Name: AMIRAL RIGAULT DE GENOUILLY
Type: Cargo ship
Date of completion: 06.1904
Flag: FRA
Tons: 5364
Yard No: 8
Country of build: FRA
Builder: Provence
Location of yard: Port de Bouc
LPP: 120.1
Beam: 15.4
Number of
screws/Mchy/
Speed(kn): 1T-13
Owner as Completed: Chargeurs Reunis, Le Havre
End: 1929

Disposal Data:

BU Dunkirk 25.02.1929

Cordialement,
Franck
www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.

jplf45
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Re: AMIRAL RIGAULT DE GENOUILLY - Chargeurs Réunis

Message par jplf45 » dim. sept. 13, 2009 7:03 pm

bonjour à tous,
Voici une vue de l'Amiral Rigault de Genouilly
cordialement
jean pierre

Image

olivier 12
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Re: AMIRAL RIGAULT DE GENOUILLY - Chargeurs Réunis

Message par olivier 12 » lun. oct. 19, 2009 1:25 pm

Bonjour à tous,

Un petit complément concernant ce cargo.

AMIRAL RIGAULT DE GENOUILLY

Incidents de navigation

30 Octobre 1904

S’échoue dans le chenal de Quatreros, près de Bahia Blanca. Renfloué à la marée.

30 Octobre 1914 (dix ans plus tard jour pour jour)

S’échoue près de Barfleur. Renfloué et conduit à Cherbourg.

31 Janvier 1918

Torpillé le soir au large de Cherbourg (nota : cette information figure dans l’ouvrage de Beaugé et Cogan "Histoire Maritime des Chargeurs Réunis", mais sans aucune précision. Elle me paraît sujette à caution car le navire ne figure pas dans la dbase d’Yves)

Octobre 1922

Sérieux abordage avec le cargo allemand IRA, à Anvers.

21 Décembre 1924

S’échoue en appareillant de Rotterdam

22 Juin 1927

S’échoue en appareillant de Bordeaux. Renfloué le 24.

Rigault de Genouilly (1807-1873)

Commande en 1856 la division d’Indochine et s’empare de Canton en 1857.
Amiral en 1864, commande l’escadre de la Méditerranée.
Ministre de la Marine de 1867 à 1870.
Premier Président de la Société Nationale de secours aux naufragés.

Grande Guerre. 18 Septembre 1917. Rencontre avec un sous-marin

L’AMIRAL RIGAULT DE GENOUILLY fut au centre d’une affaire assez cocasse en 1917.

19 Septembre 1917

Le LV Fleuriot, commandant le centre AMBC de Cherbourg, envoie la note suivante à l’Etat Major.

« Le RIGAULT DE GENOUILLY a aperçu le 18 Septembre à 06h30 à 10 milles des Casquets, sur l’arrière du travers Td, un sous-marin en surface faisant route au nord à 10 nœuds.
Le RIGAULT faisait route au NE à 11 nds. Il est venu sur la gauche pour le prendre en chasse. Au bout de peu de temps, il est revenu à sa route primitive.
Les canonniers n’ont pu ouvrir le feu à cause du brouillage de la lunette par l’humidité de la nuit. A mon avis, l’officier de tir et le chef de pièce AR ont manqué de présence d’esprit car il était facile d’ouvrir le feu en choisissant une ligne de mire de fortune.
La lunette semble être un mauvais instrument de pointage en raison de l’embrumement des verres, difficile à éviter.
Le sous-marin était de fort tonnage et avait de longues superstructures presque de bout en bout. »

1er Octobre 1917

L’amiral commandant les services de la navigation commerciale monte alors au créneau et demande des explications à la Direction des Chargeurs Réunis.

« Je vous serais obligé de bien vouloir me préciser les faits portés à ma connaissance en me faisant savoir qui a fait à vos capitaines du RIGAULT DE GENOUILLY et du LATOUCHE TREVILLE les observations que vous me signalez.
Les instructions aux capitaines des navires de commerce prescrivent clairement de commencer le feu avec la pièce AR dès que le sous-marin est à bonne portée. Ce sont des prescriptions générales, que le sous-marin soit ou non engagé par un autre bâtiment. Le devoir de tout bâtiment de commerce apercevant un sous-marin est de diriger vers lui son AV ou son AR et de le canonner dès que sa pièce peut atteindre l’ennemi.

Le mauvais état de la lunette de pointage du RIGAULT DE GENOUILLY est imputable à ce que les précautions élémentaires pour sa protection n’ont pas été prises. Ceci engage la responsabilité du capitaine dont le devoir est de faire procéder chaque jour à un exercice d’entraînement par son personnel canonnier. L’un des buts de cet exercice est de vérifier l’état du matériel et la façon dont il est entretenu. »

11 Octobre 1917

Ce sont les services du Ministère de la Marine lui-même qui, par l’intermédiaire de la 2e section, se fendent d’une lettre comminatoire envoyée à l'AMBC.

« Le commandant du centre AMBC de Cherbourg nous signale qu’au cours d’une rencontre entre un sous-marin et le RIGAULT DE GENOUILLY, ce dernier n’a pas ouvert le feu à cause du brouillage de la lunette par l’humidité de la nuit. Il conclut : la lunette semble être un mauvais instrument de pointage en raison de l’embrumement des verres difficile à éviter.

Cette conclusion est absolument erronée.

L’humidité brouille évidemment les verres de tout instrument d’optique. Il suffit, quand cette brume n’existe que sur l’extérieur des verres, de les essuyer soigneusement.
Si la lunette de pointage du RIGAULT DE GENOUILLY était embrumée au point que l’humidité avait pénétré à l’intérieur, c’est que les canonniers de ce navire ne prennent pas soin de leur matériel et ne font pas d’exercice journalier. Ils méritent de ce fait une sanction sévère.
La prudence la plus élémentaire conduit un canonnier à vérifier chaque matin que la lunette de visée de sa pièce est utilisable.
C’est dans ce sens que l’AMBC doit instruire son personnel, au lieu de rejeter sur le matériel des torts qui n‘ont d’autres raisons que la négligence des armements. »

12 Octobre 1917

La réponse de l’AMBC, par l’intermédiaire de la commission d’enquête réunie à la hâte, est désopilante.

« De l’interrogatoire du capitaine du RIGAULT DE GENOUILLY et des explications fournies par l’officier de tir, il résulte :

- que la lunette de pointage de la pièce AR n’était pas embrumée. C’est le brouillard extérieur intense (brume) qui
seul empêchait la vision du sous-marin dans la lunette.
- qu’en ce qui concerne le sous-marin, il avait été reconnu avec certitude comme étant le sous-marin français SILURE. Il n’est donc pas nécessaire de fournir ici des renseignements à son sujet »

Cette note mettra fin aux échanges épistolaires. Mais encore heureux que le canonnier n’ait pas été « embrumé » et n’ait pas ouvert le feu :).

Cdlt
olivier

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Yves D
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Re: AMIRAL RIGAULT DE GENOUILLY - Chargeurs Réunis

Message par Yves D » lun. oct. 19, 2009 1:38 pm

Le Rigault de Genouilly est bien (à la date du 1.2) dans la liste établie par le Lloyd's des navires endommagés durant la guerre. Il a été touché vers le point 50.43N 04.41W ce qui le place quand même assez loin de Cherbourg et il est arrivé à Barry sans autres précisions.
Il m'avait échappé mais je vais le mettre rapidement dans ma dbase.
Amts
Yves
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GENEAMAR
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Re: AMIRAL RIGAULT DE GENOUILLY - Chargeurs Réunis

Message par GENEAMAR » lun. oct. 19, 2009 6:03 pm

Bonjour à tous... [:alain dubois:8] Pour la petite histoire...

RIGAULT de GENOUILLY Charles

Né le 12 avril 1807 à ROCHEFORT (Charente-Maritime) - Décédé le 4 mai 1873 à PARIS VIIIème (Seine).
Amiral - Sénateur - Ministre, Secrétaire d'État au Département de la Marine et des Colonies.
Grand-Croix de la Légion d'Honneur - Médaille Militaire.

Polytechnicien, il entre dans la Marine en 1825, Aspirant le 1er novembre 1827, et embarque sur la "FLEUR DE LYS" puis la "RÉSOLUE" au Levant. Enseigne de vaisseau le 10 février 1830, il est de l'expédition d'ALGER sur le "BRESLAW"; il passe sur l' "ALGÉSIRAS", le "SUFFREN" et participe au forcement des passes du TAGE, en juillet 1831. En 1832 sur le même bâtiment il prend part à l'expédition d'ANCÔNE et le 14 février il est le premier à escalader les remparts de la ville. Il est ensuite sur la "JUNON", le "MÉDÉE", division chargée du blocus de la HOLLANDE. Lieutenant de vaisseau le 6 janvier 1834, il passe sur le "DUQUESNE, le "SUFFREN" et l' "HERCULE", en escadre d'évolutions. En 1839, il commande la "SURPRISE", station des côtes d'ESPAGNE. Officiers à bord au 1er janvier 1841 : Second, Louis MARIN DE MONTMARIN, Enseigne de vaisseau; Jean BOURGES, Alphonse GIRAUD, Enseigne de vaisseau; Théodore VALLAIN, Commis d'administration; RIBAT (non identifié), Chirurgien-Major. ---- Capitaine de frégate le 31 juillet 1841, il travaille au Dépôt des cartes et plans de la Marine à PARIS. En 1844, il commande la "VICTORIEUSE" dans les mers de CHINE. Au cours d'une campagne de 3 ans, il intervient aux PHILIPPINES , à BASILIAN, contre les pirates et se distingue à l'attaque de TOURANE, le 15 avril 1847, où la flotte vietnamienne est totalement détruite. Capitaine de vaisseau le 22 juillet 1848, il est Chef d'État-Major de l'amiral CASY, Ministre de la Marine en 1849. De 1849 à 1851, il commande le "VAUBAN", division des côtes d'ITALIE. La même année il commande et met au point le vaisseau mixte "CHARLEMAGNE". En 1852, Membre du Conseil des travaux de la Marine. en 1853, il commande la "VILLE-DE-PARIS"; puis devient le Capitaine de pavillon de l'Amiral HAMELIN lors de l'expédition de CRIMÉE, commandant 1 600 marins détachés à terre avec 50 canons. Il participe à toutes les opérations du siège de SÉBASTOPOL. Contre-Amiral le 2 décembre 1854, il commande en novembre 1856 la division de la RÉUNION et de l'INDOCHINE, pavillon sur la "NÉMÉSIS". La division bloquera et bombardera CANTON. Vice-Amiral le 9 août 1858, il reçoit l'ordre d'intervenir en COCHINCHINE pour protéger les missionnaires français. Le 9 février 1859, il enlève les forts du cap SAINT-JACQUES et du 11 au 15 ceux défendant SAÏGON, puis conquiert une grande partie du delta du MÉKONG. Le 8 janvier 1860, il est Membre titulaire du Conseil d'Amirauté auprès de Ferdinand HAMELIN, Ministre de la Marine. Amiral le 27 janvier 1864. Au 1er janvier 1869, Sénateur, Ministre Secrétaire d'État au Département de la Marine et des Colonies (fonction occupée à/c du 20 janvier 1867 au 4 septembre 1870)-- Adjoints: Alexandre DIEUDONNÉ, Contre-Amiral, Directeur du Cabinet et Chef d'État-Major; Augustin DESAUX, Capitaine de vaisseau, Chef du cabinet; Charles GALIBER, Capitaine de frégate, Aide de camp, Timothée ESCUDIER, Victor LÉONARD, Charles REGNAULT DE PRÉMESNIL, Lieutenants de vaisseau, Officiers d'Ordonnance; .... . Il est le Président du Conseil d'Amirauté (Membres titulaires : Pierre ROZE, Contre-Amiral; Alexandre ROBIOU DE LAVRIGNAIS, Inspecteur général du Génie maritime; Pierre BOUTET, Commissaire général; Membres adjoints : Louis DU ROUSSEAU DE FAYOLLE, Albert ROUSSIN, Capitaines de vaisseau; Secrétaire : Marie François BUQUET, Commissaire... --- Il quitte le service actif en juillet 1870. Il décède à son domicile, 4, rue d'Anjou ---->> legs à la caisse des Invalides d'une somme de 140 000 francs, placée en rentes sur l'État et dont le revenu est affecté au paiement de pensions viagères de 100 francs à de simples matelots retraités pour blessures reçues devant l'ennemi ou en service commandé, et, à défaut, à des matelots retraités pour cause d'infirmités contractées sur les bâtiments de l'État. (décret d'acceptation du 20 août 1873).

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Cordialement. Malou

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Yves D
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Re: AMIRAL RIGAULT DE GENOUILLY - Chargeurs Réunis

Message par Yves D » lun. oct. 19, 2009 8:27 pm

Re bonsoir
La position donnée par le Lloyd's place le navire proche de la côte de Cornouailles anglaise dans le NE de Tintagel Head en mer Celtique. Il en est d'ailleurs si proche que l'on pourrait dire qu'il "rasait les murs". Compte tenu de sa position et après examen du KTB U 46 qui évoluait un peu plus au sud, il semblerait que ce soit plutôt U101 qui a mis ce coup au but. A vérifier dans KTB U101 que je n'ai pas pour le moment.
En tout état de cause on est bien loin de Cherbourg et cela colle également avec le fait qu'après ce torpillage, il a fait route vers Barry.
Cdlt
Yves
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Michael Lowrey
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Re: AMIRAL RIGAULT DE GENOUILLY - Chargeurs Réunis

Message par Michael Lowrey » dim. oct. 25, 2009 5:53 pm

Bonjour à tous,

J'ai l'KTB de U 101. Cette sous-marin allemand n'était pas responsable de torpillage du AMIRAL RIGAULT DE GENOUILLY.

Best wishes,
Michael

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AMIRAL-RIGAULT-DE-GENOUILLY — Cargo ― Compagnie maritime des chargeurs réunis.

Message par Rutilius » ven. janv. 18, 2013 1:03 am

Bonjour à tous,

□ Par décision en date du 14 avril 1915 (J.O. 19 janv. 1915, p. 2.355), les récompenses suivantes furent accordées par le Sous-secrétaire d’État à la Marine marchande aux personnes ci-après désignées, qui, dans la nuit du 30 octobre 1914, s’étaient portées au secours du cargo Amiral-Rigault-de-Genouilly, échoué dans les parages de Barfleur :

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____________________________

Bien amicalement à vous,
Daniel.
Dernière modification par Rutilius le ven. févr. 22, 2019 7:16 pm, modifié 1 fois.

Memgam
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Re: AMIRAL RIGAULT DE GENOUILLY - Chargeurs Réunis

Message par Memgam » ven. janv. 18, 2013 1:58 pm

Bonjour,

Source : Annales du Sauvetage Maritime, 3ème trimestre 1982, l'Amiral Rigault de Genouilly par Etienne Taillemite.

N.B., L'actuelle Société Nationale de Sauvetage en Mer (SNSM) est issue de la fusion, en 1967, de la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés et des Hospitaliers Sauveteurs Bretons.

Cordialement


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Memgam

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Re: AMIRAL RIGAULT DE GENOUILLY - Chargeurs Réunis

Message par olivier 12 » mer. janv. 11, 2017 9:02 am

Bonjour à tous,

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Rencontre avec un sous-marin du 1er Février 1918

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Rapport du capitaine

Quitté la rade du Havre le 31 Janvier 1918 à 06h00. Temps brumeux. Trouvé convoyeur PERTUISANE à la bouée à sifflet. Fait route en suivant les instructions avec zigzags.

A 12h40, un hydravion anglais se pose sur l’eau et fait des signaux de détresse. Le contre-torpilleur PERTUISANE se rend près de lui et je hisse le signal : « Y a-t-il besoin de secours ? » Sur la réponse affirmative de PERTUISANE, je me rends près de l’hydravion et les aviateurs me demandent si j’ai de la place à bord. Avec l’accord de PERTUISANE je les fais embarquer avec difficulté à cause du roulis et du grand volume de l’appareil. Un tiers de l’aile bâbord et le gouvernail restent en dehors du bord. L’hydravion est solidement saisi. Deux embarcations de PERTUISANE l’avaient amené le long du bord. Les aviateurs embarquent sur PERTUISANE et me préviennent qu’il y a quatre bombes armées à bord de l’hydravion.

Remis en route et suivi la côte de très près, convoyé jusqu’au jour le 1er Février. De Lizard à Pendeen, gros temps, mer grosse avec tangage et roulis violents. Après Pendeen, la brise reste forte, mais la mer devient belle à l’abri de la terre.

A 17h10, par 50°45 N et 04°41 W, l’officier de quart me prévient qu’on aperçoit un sous-marin sur l’arrière. Branle-bas de combat, chacun à son poste, augmenté la vitesse et envoyé SOS, attaqué au canon.
Le sous-marin nous attaque aussitôt et un de ses obus tombe et éclate auprès de la TSF, blessant le télégraphiste qui reste évanoui près du poste. Il revient à lui et, quoique blessé, se remet à ses appareils. Nous répondons énergiquement au sous-marin qui fait des zigzags pour dérégler notre tir. De mon côté, je fais des embardées et cela paraît réussir. Après les trois premiers, les obus du sous-marin tombent en dehors du navire. Notre tir se resserre de plus en plus et, complètement encadré, le sous-marin disparaît à 17h40.

Voici les routes successives suivies

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Dans la crainte que le sous-marin ne nous suive en plongée et n’émerge la nuit pour nous torpiller, laissé tomber les fumigènes Berger après avoir donné le cap au large sur le Sud de l’île Lundy. Les fumigènes ayant formé leur rideau, revenu vers la terre et suivi la côte le plus près possible. Le rideau a mis un certain temps à se former mais, une fois établi, le vent venant de terre, il s’est allongé vers le large cachant complètement le navire et semblant suivre un navire allant vers le large.

Dans les premiers coups tirés, deux obus sont tombés à bord, l’un près de la cabine de l’opérateur TSF blessant trois personnes et démolissant deux chambres arrière du roof bâbord, l’autre perçant la coque à l’arrière tribord et éclatant dans la longue dunette.

Je ne puis que me louer de la conduite de tout l’équipage en général, qui pendant le combat a eu une attitude et une discipline exemplaires, obéissant exactement aux ordres donnés. Monsieur Rebillaud, officier de tir et Monsieur Francisi, pointeur, ont fait preuve de beaucoup de sang froid dans leur tir. Les blessés sont le TSF L’Hotellier, le cuisinier Marbiala et le boulanger Aveline Philibert, assez sérieusement atteint.

Le sous-marin était au début à environ 5000 m et nous avons tiré 15 à 20 coups.

Arrivé en rade de Ferry Dock à 23h00 le 1er Février et mouillé. Entré dans le port le 2 Février à 09h00 et débarqué l’hydravion dans de bonnes conditions.

Rapport de l’officier AMBC

Il reprend toutes les données du rapport du capitaine et précise :

L’armement du 14 arrière a commencé le feu dès le branle-bas, sous la direction de l’officier de tir. Le 1er coup a été tiré avec une hausse de 4500 m, mais le QM pointeur Gourbesville voyant très mal la cible, et l’ayant perdue de vue, le servant de culasse Francisi s’offre à le remplacer. Le tir reprend après réglage de la dérive et hausse de 1600 m de la portée. Ayant observé deux coups long, la hausse est réduite de 500 m. Le sous-marin est encadré et plonge. Le vapeur a tiré 13 coups et le sous-marin 20.
Le vapeur s’échappe alors derrière un rideau de fumée.

L’officier de tir, Monsieur Rebillaud a conduit son tir avec calme, appliquant strictement la méthode réglementaire, et a réussi à faire plonger le sous-marin.
Le servant de culasse a fait preuve d’une initiative intelligente en remplaçant le pointeur qui ne distinguait pas très bien le but.
Embardées et fumigènes employés de manière judicieuse.
Service de veille conforme.

L’acuité visuelle du pointeur Gourbesville est à vérifier lors de son retour. Il faudra le remplacer si besoin est.

D’après analyse des éclats d’obus, le sous-marin était armé d’une ou deux pièces de 105 mm. Visibilité trop mauvaise pour apprécier leur nombre exact.

Rapport de la commission d’enquête

Elle note que le point n’était pas donné régulièrement au TSF au voisinage des côtes. Elle reproche au capitaine cette manière de faire qui a conduit à donner un premier point erroné dans la surexcitation causée par l’alerte, point rectifié dans un deuxième temps.
Mais elle constate aussi une manœuvre habile et un commandement énergique, ainsi que le sang froid, la discipline et la belle tenue de tout l’équipage, et en particulier du TSF.

Concernant le TSF, elle précise : Mr. L’Hotellier était sorti de sa cabine pour aller vérifier dans la machine la dynamo, car son poste ne fonctionnait pas. Il était sur le pont quand le 2e obus a explosé à 1 m de lui. Il est resté trois minutes sans connaissance, puis s’est relevé avec le tympan de l’oreille droite crevé et six éclats d’obus dans la jambe. Il est alors descendu à la machine, a remplacé le plomb de la dynamo qui avait sauté et est remonté dans sa cabine d’où il a envoyé le SOS. Il n’est allé se faire panser qu’à la fin de l’alerte qui a duré une heure.

Le boulanger Aveline a été grièvement blessé par de multiples éclats d’obus ce qui a nécessité trois semaines d’hospitalisation.

Récompenses

Citation à l’Ordre de l’Armée

LHOTELLIER René Opérateur TSF Saint Malo 8346

Blessé grièvement à son poste de combat, a montré de belles qualités de courage, d’énergie et de dévouement dans l’accomplissement de son devoir.

Citation à l’Ordre de la Division

ROBILLARD Alexandre LV auxiliaire Capitaine

Lors d’une attaque de sous-marin a fait preuve d’une courageuse énergie et de qualités de commandement qui lui ont permis de forcer l’ennemi à plonger et de conserver son bâtiment.

Citation à l’Ordre de la Brigade

REBILLAUD François Lieutenant Officier de tir

S’est signalé par son énergie et ses qualités d’officier de tir lors de l’attaque de son navire par un sous-marin qui a été contraint de plonger.

Témoignage Officiel de Satisfaction

Vapeur AMIRAL RIGAULT DE GENOUILLY Chargeurs Réunis

Pour la discipline et l’énergie dont tout son personnel a fait preuve lors de l’attaque de ce navire par un sous-marin le 1er Février 1918.

TOS du Ministre et Promotion

FRANCISI Ignace Matelot canonnier

Est promu d’office au grade de Quartier Maître canonnier ayant fait preuve d’initiative et d’énergie lors de l’attaque de son bâtiment, en assurant en lieu et place du chef de pièce le pointage de son canon. A encadré le sous-marin qui a dû plonger.

Prime allouée au navire : 7500 f

Le sous-marin attaquant

N’est pas bien déterminé. (Peut-être U 46)

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