SOCOA - Compagnie des Chargeurs Français

Marine, bateaux & marins pendant la Grande Guerre
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Ar Brav
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Re: SOCOA - Compagnie des Chargeurs Français

Message par Ar Brav » mer. mars 25, 2009 10:03 am

Bonjour à tous,

SOCOA

Compagnie des Chargeurs Français Plisson
1913
R. Thompson & Sons
2 772 t
299 x 46 x 22,5 pieds
265 n.h.p.
1 machines alternative à triple expansion.
The French steamship Socoa was torpedoed and sunk by a submarine in the Mediterranean on August 25th, 1916.

Cordialement,
Franck
www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.

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Yves D
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Re: SOCOA - Compagnie des Chargeurs Français

Message par Yves D » mer. mars 25, 2009 9:44 pm

Bonsoir Franck et tous.
Dans le Starke Reg de 1913, voici le Socoa
SOCOA FR 1T (10½*)
2,772 Cie. des Chargeurs Français (Plisson & Cie.), Bayonne 299.0 x 46.0
C R. Thompson & Sons, Ltd., Sunderland (1) #277
Torp. and sunk by U 34, 25 Aug 1916, 30 miles NE of Cap Carbon, voy. Cardiff - ......

U 34 Kplt Klaus Rücker. Position approx. du naufrage 36.58N, 05.20E
Amts
Yves

www.histomar.net
La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
et autres thèmes d'histoire maritime.

Ladislav
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Re: SOCOA - Compagnie des Chargeurs Français

Message par Ladislav » sam. oct. 23, 2010 9:06 pm

Bonjour!

Quelque cargoise avait "Socoa" en temps son coulé?

Ladislav

Rutilius
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Re: SOCOA - Compagnie des Chargeurs Français

Message par Rutilius » mar. déc. 31, 2013 12:00 am

.
Bonsoir à tous,


• Commission instituée en vue de constater les actes commis par l’ennemi en violation du droit des gens (Décret du 23 septembre 1914), Rapports et procès-verbaux d’enquête, Rapports VI. à XI., Imprimerie nationale, Paris, 1917, p. 9 et s. « Septième rapport. Violations par l’ennemi des conventions internationales dans la conduite de la guerre sur mer », « Faits non cités dans le rapport », Pièce n° 42. (op. cit., p. 69 et 70).


RAPPORT DE MER du capitaine Béridon, commandant le vapeur Socoa.

26 août 1916.

Je soussigné, capitaine du vapeur affrété Socoa, du port de Bayonne, certifie être parti de Cardiff le Mercredi 16 août, à onze heures du matin, avec un complet chargement de charbon à destination de Bizerte pour ordres, les panneaux hermétiquement clos et le navire en parfait état de navigabilité. Navigué au départ et jusqu’à Gibraltar suivant les instructions de l’Amirauté anglaise ; passé Gibraltar et arraisonné le 23 août, vers 2 h. 40 ; accentué le service de veille, continué ma route et atterri aux Habibas le 24, vers une heure.
De ce point, longé la côte d’Algérie, en passant, suivant les instructions verbales reçues à Sidi-Abdallah le 31 juillet, à quatre ou cinq milles des pointes ; arraisonné le 25 août, vers 8 h. 45, par patrouilleur français ; échangé les signaux de reconnaissance, mon port de départ, celui de destination, sans aucune autre instruction spéciale. Nord et Sud du cap Carbon vers 12 h. 40 ; continué ma route pour passer à deux ou trois milles du cap Bougaroni, que je comptais atteindre dans la soirée (à la nuit), lorsque, vers 15 h. 20, le navire reçut un choc violent, en même temps qu’une forte explosion dans la partie avant, approximativement un peu sur l’avant du travers de la cale n° 1. Les panneaux de cette cale, ainsi que le mât de charge furent projetés à une grande hauteur, en même temps qu’un épais nuage de poussière de charbon et d’eau rendait tout l’avant invisible.
Nous venions d’être torpillés par un sous-marin en plongée, et ce, sans avis préalable. Malgré la veille très sévère observée, rien d’anormal n’avait été aperçu à la surface de l’eau, qui n’était que très peu agitée.
Presque aussitôt, le navire piqua de l’avant d’une façon inquiétante ; ce voyant, je stoppai la machine et mis les hommes au poste d’abandon. Le nuage de poussière avait à ce moment disparu ; le navire avait le cap sur la terre ; j’essayai de découvrir le sous-marin, mais celui-ci resta en plongée. Les baleinières furent mises à la mer avec un ordre parfait, et après m’être assuré que tout mon équipage y avait pris place, j’embarquai à mon tour et nous nous écartâmes du navire, qui continuait toujours à enfoncer de l’avant. Un vapeur espagnol, le Pelayo, de Barcelone, qui, avant le torpillage, naviguait parallèlement à nous et à deux milles environ sur notre côté bâbord, témoin de l’acte brutal qui venait en quelques secondes de détruire mon pauvre navire, stoppa, et nous allâmes sur lui. Pendant que nous nous dirigions sur le Pelayo, le sous-marin émergea, se dirigea sur le Socoa et, à faible distance, rapidement, tira quatre ou cinq coups de canon par le travers de la machine. Quelques instants après, un signal hissé sur le sous-marin enjoignait au capitaine espagnol d’envoyer ses papiers à bord.
La baleinière était accostée le long du sous-marin, lorsque deux coups de canon furent entendus, et aussitôt le sous-marin plongea. La baleinière du Pelayo revint à son bord, et nous apprîmes que le sous-marin avait gardé avec lui les papiers de ce dernier, prévenant l’officier de se tenir prêt à évacuer le bord. Un yacht anglais, celui qui avait tiré les deux coups de canon, arriva sur les lieux. Nous quittâmes alors le Pelayo, le long du bord duquel nous étions provisoirement amarrés, et nous nous dirigeâmes sur le Socoa, bientôt rattrapés par le torpilleur Tramontane, qui avait entendu les détonations du canon et arrivait sur nous à toute allure. Le commandant nous prit à son bord, et peu d’instants après le Socoa s’engloutissait. La position approchée du navire au moment du torpillage était L. 37° 06’ G. ~ 5° 28' E. G.
Le présent rapport, que je certifie sincère et véritable, a été dressé tant pour ma décharge personnelle que pour les intérêts de mes armateurs, me réservant le droit de l’amplifier le cas échéant.

Le Capitaine,
Signé : Z. BÉRIDON.
Bien amicalement à vous,
Daniel.

Rutilius
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Re: SOCOA - Compagnie des Chargeurs Français

Message par Rutilius » mar. sept. 12, 2017 5:41 pm

.
Bonjour à tous,


Le sous-marin allemand U-34



Image


— Günter KROSCHEL & August-Ludwig EVERS : « Die Deutsche Flotte. 1848~1945. », Verlag Lohse-Eissing, Wilhelmshaven, 1986.
Bien amicalement à vous,
Daniel.

olivier 12
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Re: SOCOA - Compagnie des Chargeurs Français

Message par olivier 12 » jeu. nov. 23, 2017 8:53 am

Bonjour à tous,

Torpillage du 25 Août 1916

Rapport d’enquête

Vapeur de la Compagnie des Chargeurs Français Plisson, de Bayonne.
1760 tx JN
Affrété par la Marine Nationale
Traversée Cardiff – Bizerte avec un complet chargement de charbon
Capitaine BERIDON Jean Baptiste
24 hommes d’équipage dont 1 Anglais et 1 Tunisien

Image

Le 25 Août, par beau temps, mer peu agitée, faible brise d’Est et horizon légèrement embrumé, le navire a doublé le cap Carbon et fait route au N86E à 9 nœuds sans zigzaguer.
Vers 15h20, un choc violent suivi d’une forte explosion se produisit à l’avant, projetant en l’air les panneaux de la cale avant et un mât de charge.
SOCOA venait d’être torpillé. La torpille avait été lancée par bâbord sans avertissement. Position : 37°00 N et 05°28 E. Sillage de la torpille aperçu seulement après l’explosion. Le sous-marin devait être tout près, 400 à 500 m à 60° bâbord et devait faire route cap au Sud.

Au bout de 9 minutes, le navire pique d l’avant de plus en plus. L’équipage et le capitaine prennent place dans les deux embarcations et se dirigent vers le vapeur espagnol PELAYO, du port de Barcelone, chargé de plomb, qui faisait une route parallèle à celle du SOCOA, et qui stoppa à 2 milles dans le Nord.

20 minutes s’étaient écoulées depuis le torpillage et les embarcations n’étaient pas encore parvenues à ce navire quand le sous-marin émergea à 400 m dans le NE du SOCOA, se rapprocha du bâtiment et tira sur lui 4 ou 5 coups de canon pour le couler. On ne distingue pas de pavillon.
Le sous-marin ordonne en même temps par signaux au capitaine du PELAYO de lui apporter les papiers du bord, ce qui fut fait. La baleinière du PELAYO vint accoster le sous-marin tandis que les deux embarcations du SOCOA arrivaient le long du PELAYO et s’y amarraient provisoirement.

Sur ces entrefaites, on entendit deux coups de canon tirés par un patrouilleur anglais arrivant de l’Est. Le sous-marin plongea immédiatement, emportant les papiers du PELAYO. Les embarcations du SOCOA revinrent vers le navire qui continuait à sombrer. C’est à ce moment qu’elles furent rejointes par le torpilleur français TRAMONTANE, arrivé à toute vitesse sur les lieux, et qui recueillit les naufragés tandis que SOCOA finissait de couler.

Deux hommes seulement ont été légèrement blessés au moment du torpillage. L’équipage a été débarqué à Bougie et dirigé sur Alger.
Le capitaine avait jeté à la mer les papiers et documents confidentiels renfermés dans un sac lesté.

Description du sous-marin

80 à 100 m de long
Pas de numéro
Peint en gris clair, peinture fraîche
Deux canons à égale distance du blockhaus central, à courte volée, sans doute de 100 mm et en place quand le sous-marin a émergé puis plongé.
A hissé un petit mât au dessus du blockhaus pour faire des signaux au vapeur espagnol
Antenne allant de l’avant à l’arrière par-dessus le blockhaus
Pas vu le périscope
Vu quelques hommes portant des costumes sombres à la pièce avant
Excellente qualités manœuvrières. A plongé en deux minutes sans vitesse. Emersion pas encore terminée quand il s’est mis en marche pour se rapprocher du SOCOA.

Rapport du LV Henri LAURENT, commandant du TRAMONTANE au CA commandant la Marine en Algérie. 26 Août 1916

Hier à 13h00, TRAMONTANE a appareillé, ses réparations étant terminées. Au cours de la croisière de la veille, 24 Août, nous avions constaté que 3 tubes d la chaudière avant étaient crevés. Arrivés au mouillage, nous avons dû mettre bas les feux pour les tamponner. Cette réparation fut vivement exécutée car je désirais reprendre au plus tôt notre croisière, n’ayant pas de renseignements sur la marche du sous-marin depuis le « Allo » du 24 à 12h00.
A hauteur de Cavallo, vers 16h00, nous entendons plusieurs coups de canon dans le NW et mettons aussitôt le cap dans cette direction en augmentant l’allure progressivement pour ne pas avoir de nouveaux éclatements de tubes de chaudières. J’aperçois d’abord un vapeur grec faisant route vers le large. Je passe près de lui à toute vitesse et il me fait signe que le sous-marin est dans le NNW. Je continue ma route dans cette direction et j’aperçois un groupe de 3 bâtiments. A 17h05 nous sommes sur le lieu de l’attaque, par 57°06 N et 05°28 E. SOCOA va couler et ses embarcations sont à quelques centaines de mètres de lui. Un vapeur espagnol est stoppé non loin de là et un yacht anglais croise sur les lieux.

J’arrive à toute vitesse, stoppe et embarque les naufragés, pus je repars le plus rapidement possible pour éviter le risque d’être torpillé. En quelques secondes, l’équipage de SOCOA est embarqué sur TRAMONTANE.

Le capitaine de SOCOA était sur la passerelle au moment de l’attaque et m’en rend compte. (Nota, le capitaine reprend en fait tous les termes du rapport d’enquête). Il précise qu’un officier du sous-marin a pris les papiers du PELAYO et qu’il est descendu à l’intérieur du sous-marin avec, quand un yacht anglais a ouvert le feu sur le sous-marin qui a plongé aussitôt. Il n’y avait en effet plus personne sur le pont du sous-marin. TRAMONTANE est arrivé sur les lieux quelques minutes après le yacht.

Le PELAYO naviguait à peu de distance du SOCOA depuis plusieurs heures, les deux navires faisant route sur Bône. PELAYO est inscrit sur la liste des navires suspects. SOCOA allait de Cardiff à Bizerte, mais compter relâcher à Bône pour y faire de l’eau.
PELAYO continue sans lassitude, et avec une certaine candeur, que le sous-marin reparaisse pour lui rendre ses papiers. SOCOA s’enfonce, puis l’arrière se dresse verticalement et les chaudières explosent. Le bâtiment disparaît à 17h15.
Croisant toujours dans les parages, j’aperçois BELLATRIX et lui rend compte des faits. PELAYO attend toujours. A 18h20, il met en marche. Je m’approche de lui et le capitaine me demande de na pas le quitter jusqu’à Bône, « le sous-marin devant reparaître sans tarder… » me dit-il ! Je l’accompagne donc jusqu’à la nuit en faisant des routes diverses et le quitte à 20h00 alors qu’il a le cap sur Bougaroni. Je fais ensuite route sur Bougie où j’arrive à 22h30. Le syndic vient à bord et l’équipage de SOCOA est débarqué.

BELLATRIX était resté sur les lieux. Je ne connais pas le no du yacht anglais qui est venu ensuite demander des instructions à BELLATRIX.

(Nota : le yacht anglais était le NARCISSUS)

Le sous-marin attaquant

C’était donc l’U 34 du Kptlt Claus RÜCKER.
Le 26 Août, le vapeur anglais LENA, 4146 t, du port de Londres, entrera inopinément dans le port d’Alger où il ne devait pas faire d’escale, pour se mettre à l’abri de la poursuite d’un sous-marin. Son capitaine déclarera avoir assisté à plusieurs torpillages sur sa route, mais on ignore s’ils concernent l’U 34. Toutefois, il est vrai que l’U 34 fit ensuite route vers l’Ouest, donc vers Alger.

Cdlt
olivier

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