MARECHAL DAVOUT Trois-mâts barque

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olivier 12
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Re: MARECHAL DAVOUT Trois-mâts barque

Message par olivier 12 » sam. août 23, 2008 12:18 pm

Bonjour à tous,

MARECHAL DAVOUT Trois-mâts barque

Lancé le 30 Septembre 1898 aux chantiers de la Loire à Nantes pour l’armement Guillon et Fleury.
Pris au neuvage par le capitaine Grouhel.
Fit en 1899 la plus rapide traversée entre la Nouvelle Calédonie et Greenock en accomplissant ce retour en 84 jours (Une traversée normale prenait entre 110 et 130 jours)
Racheté en 1903 par la Société Générale d’Armement.

Caractéristiques

Trois-mâts barque en fer type A des chantiers de la Loire
Navire à coffre avec bas-mâts et mâts de hune d’un seul morceau. Pas de passerelle de manœuvre ni château central.
3110 tpl 2192 tx JN 1941 tx JN
Longueur 79,54 m Largeur 12,26 m Creux 7,29 m

Voici un voilier de type A

Image

Extrait du rôle

Trois-mâts MARECHAL DAVOUT immatriculé à Nantes n° 480, armé au long cours à Nantes en date du 25/02/1917 par la Société Générale d’Armement.

Capitaine Louis BRET CLC né le 21/11/1874 à Oyonnax (Ain) inscrit à Dunkerque
domicilié à Coudekerque Branche nord
A reçu une commission d’enseigne de vaisseau de 1ère classe et a perçu le 20 Avril 1917 une prime d’équipement de 250 f.

Second Jean-Marie HILY OMM né le 15/08/1868 à Saint Briac inscrit à Saint Malo
Domicilié à Saint Lunaire

Lieutenant Robert BERNARD né le 05/05/1886 à Clohars Carnoët inscrit à Lorient
Radio TSF Edouard KERVELLA embarqué le 29/04/1917 à Saint Nazaire

Effectuait une traversée Melbourne-Dakar avec un chargement de blé lorsqu’il a été arraisonné par un croiseur allemand.
« Coulé par un croiseur allemand le 15 Décembre 1917. Equipage fait prisonnier. Pas de cahier de punitions ni d’heures supplémentaires (Perdus avec le navire). »

Pas de rapport du capitaine annexé au rôle et aucun renseignement sur les circonstances de l’arraisonnement.

Le navire attaquant

C’était le croiseur WÖLF. Revenant d’une mission en océan Indien, il venait de doubler le cap de Bonne Espérance et faisait route à l’ouest en compagnie de l’une de ses prises, le vapeur espagnol IGNATZ-NENDI, quand il aperçut le MARECHAL DAVOUT et le captura.

Tout renseignement sur le WÖLF et son commandant est le bienvenu.

Cdlt

Olivier
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Ar Brav
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Re: MARECHAL DAVOUT Trois-mâts barque

Message par Ar Brav » sam. août 23, 2008 8:00 pm

Bonjour Olivier,

J'espère que c'est le bon :

Fregattenkapitän Karl August Nerger

Pour en savoir plus :

http://www.nexusboard.net/showthread.ph ... did=296256

Et également ici :

http://einestages.spiegel.de/external/S ... turedEntry

J'espère que ton allemand est meilleur que le mien, ce qui ne devrait pas être bien difficile ;)

Amicalement,
Franck
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Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.

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Ar Brav
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Re: MARECHAL DAVOUT Trois-mâts barque

Message par Ar Brav » sam. août 23, 2008 8:20 pm

Re,

Et encore ici :

The frighter Belgravia was converted into an auxiliary cruiser and commissioned as Wolf in January 1916. On its way into the North Sea on 26.02.1916, it run aground at the Island of Neuwerk and was badly damaged. As the engines were damages beyond repair, the ship was decommissioned two days later. After the war, it was given to France where it was renamed to Iowa , in 1934 it was scrapped.

http://www.german-navy.de/hochseeflotte ... index.html

Amts, :hello:
Franck
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Re: MARECHAL DAVOUT Trois-mâts barque

Message par olivier 12 » sam. août 23, 2008 9:14 pm

Bonjour à Tous,

Merci Franck pour ces précisions.
Le capitaine de Frégate Karl August NERGER, né le 25/02/1875 à Rostock et décédé en 1947 en URSS est donc bien le commandant de ce croiseur corsaire.

Mais le navire n'est pas celui qui s'est échoué en 1916 en mer du Nord.
C'est en fait l'ancien WACHTFELS, rebaptisé en 1916 WÖLF (2e du nom) Il était équipé d'un petit avion baptisé Wölfchen (le petit loup) (Je ne maitrise pas trop l'allemand!)
Entre Novembre 1916 et Février 1918 il effectua une croisière en Océan Indien puis en Atlantique sud qui lui permit de capturer 13 navires alliés dont le MARECHAL DAVOUT.

En Avril 1919 la France le reçut comme dommage de guerre et il fut exploité par les Messageries Maritimes sous le nom d'ANTINOÜS.
Il assura le service commercial de la compagnie sur l'Australie. A partir de 1925 il assura la ligne Europe - Pacifique par Panama.
Il fut démoli en 1931.

Toutes les photos le concernant, ainsi que celle du CF Nerger, figurent dans les liens donnés ci-dessus. (En particulier belles photos sur nexusboard.net)

Cdlt

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Re: MARECHAL DAVOUT Trois-mâts barque

Message par Yves D » dim. août 24, 2008 11:47 am

Karl August NERGER
Né 25.2.1875
Crew 4/93
Promu FKpt le 13.1.1917
1914 - 2.16 Commandant SMS Stettin
3.16 - 5.18 Commandant SMS Wolf
5.18 - 11.18 Chef de département à l'Etat Major des Forces de Haute Mer
25.7.1919 Quitte le service avec le grade de Kpt z.S. dans la réserve.
Source Ehrenrangliste der Kaiserlich deutschen Marine
Cdlt
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Re: MARECHAL DAVOUT Trois-mâts barque

Message par olivier 12 » jeu. févr. 12, 2009 9:44 am

Bonjour à tous,

Voici la liste des canonniers embarqués sur le Maréchal Davout et faits prisonniers par le WOLF.
Ils seront internés dans un camp en Allemagne et rentreront en France début Décembre 1918 (comme probablement le reste de l'équipage.)

TOULEMONT Pierre Quartier maître canonnier
CECILE Edmond Matelot canonnier
PERIOU Etienne Matelot canonnier
BERNARD Jean Matelot canonnier
BESCOND Pierre Matelot canonnier
LAFARGUE Jean Matelot canonnier
KERVELLA Edouard Matelot TSF

Cdlt
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Re: MARECHAL DAVOUT Trois-mâts barque

Message par Joe R » jeu. févr. 12, 2009 5:56 pm

One of six photos at Picture Australia including the sinking.
http://www.pictureaustralia.org/apps/pi ... ode=search
Image

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Re: MARECHAL DAVOUT Trois-mâts barque

Message par Yves D » jeu. févr. 12, 2009 7:06 pm

Thank you for the link Joe, really great !
BRgds
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Re: MARECHAL DAVOUT Trois-mâts barque

Message par marc terraillon 1 » jeu. févr. 12, 2009 7:11 pm

Thanks Joe !!
Cordialement
Marc TERRAILLON

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Re: MARECHAL DAVOUT Trois-mâts barque

Message par olivier 12 » jeu. mai 28, 2009 1:46 pm

Bonjour à tous,

Voici quelques renseignements complémentaires sur la capture du MARECHAL DAVOUT

Le trois-mâts avait chargé 3000 tonnes de blé à Geelong (Australie) et appareillé le 16 Septembre 1917 pour Dakar. Il était passé au sud de la Nouvelle Zélande et avait doublé le cap Horn le 26 Octobre.

Il est armé de deux canons de 90 mm et son équipage se compose de 31 hommes, tous Français, dont voici la liste :

BRET Louis CLC Commandant Dunkerque
HILY François OMM 2e capitaine Saint Malo
BERNARD Robert Lieutenant Lorient

MAHE Jean-Marie Maitre Binic
BOURDEL François Charpentier Dinan (appelé BOURDOL sur la liste des prisonniers)
PETILLOT Julien Mécanicien Saint Nazaire
LE TOUZE François Cuisinier Binic

RICHARD François Matelot Binic
PALLUET Louis Matelot Le Havre
BERGHEL Georges Matelot Le Havre
ESNAULT Eugène Matelot Dinan
ANGOT Joseph Matelot Saint Malo
SEQUIN Eugène Matelot Saint Malo
LE DOUAREC Yves Matelot Paimpol (appelé DONARET sur la liste des prisonniers)
FERAUX Robert Matelot Le Havre
COUELLA Marie-Ange Matelot Saint Malo (appelé MARIE Ange sur la liste des prisonniers)
MOUSSARD Henri Matelot Saint Malo
LE FORT Auguste Matelot Auray

LE NOUIC Ferdinand Matelot léger Vannes (appelé RONIE Ferdinand sur la liste des prisonniers)
BANET Luc-Charles Matelot léger Belle-Ile (appelé HANET sur la liste des prisonniers)
D’APREMONT Oscar Matelot léger Nantes
REMOND Aristide Novice Dinan
GAULT Paul Novice Nantes
LE MATELOT Yves Mousse Belle-Ile (appelé Joe LE MATELOT sur la liste des prisonniers)

Militaires

KERVELLA Edouard TSF 2e dépôt Brest
LAFARGUE Jean Canonnier 5e dépôt Toulon
PERIOU Etienne Canonnier Morlaix (appelé PERION sur la liste des prisonniers)
CECILE Edmond Canonnier 1er dépôt Cherbourg
TOULLEMONT Pierre Canonnier 2e dépôt Brest (appelé TOLLEMONT sur la liste des prisonniers)
BERNARD Jean-Marie Canonnier Paimpol
BESCOND Pierre Canonnier 2e dépôt Brest

Le 14 Décembre 1917, le voilier se trouve dans l’Atlantique sud à la limite méridionale des alizés de SE lorsqu’un vapeur situé à deux quarts sur tribord arrière envoie une fusée. A 21h00, le vapeur passe sur l’AR tous feux éteints, puis s’éloigne à 2 milles sous le vent et règle sa route et sa vitesse sur celles du voilier.
Surpris par cette manœuvre, le capitaine Bret navigue au plus près serré pour gagner dans le vent, puis s’apprête à virer de bord. Mais le vapeur se rapproche et se met à distance de visibilité. Comme il n’attaque pas, Bret pense qu’il s’agit d’un croiseur auxiliaire allié chargé de la police des mers.

Le 15 Décembre à 05h00, au lever du jour, le vapeur hisse le pavillon anglais et signale de mettre en panne, appuyant le signal par un coup de canon et rabattant ses pavois qui découvrent une puissante artillerie. Pensant avoir à faire à un croiseur anglais, Bret met en panne. Le vapeur le contourne par l’arrière et vient se plaçer à 300 m au vent. Une grosse embarcation vient se ranger le long du bord et 40 à 50 hommes armés montent sur le voilier sans qu’une parole ne soit échangée. Les canonniers français sont à leurs pièces, mais celles-ci sont restées masquées par les étais.

C’est alors que le vapeur remplace son pavillon anglais par le pavillon de guerre allemand. Tout l’équipage est aussitôt fait prisonnier et les canonniers n’ont même pas le temps de démonter les culasses des canons et de les jeter à la mer, comme le capitaine en avait donné l’ordre en cas de surprise. Lui-même est gardé par deux hommes armés et tous les papiers du bord sont saisis.
L’officier allemand commandant le détachement fait aussitôt transférer l’équipage sur le corsaire sans qu’il puisse emporter aucun effet.

Plusieurs embarcations remorquées par une vedette sont employées pour un pillage en règle du navire.
Tous les approvisionnements sont embarqués sur le corsaire. Puis, à 14h00, des bombes sont placées sur le voilier et, depuis le pont du corsaire, le capitaine Bret voit le MARECHAL DAVOUT s’enfoncer dans les flots.
Voici deux clichés pris par un officier du WOLF et qui furent récupérés par l’attaché naval français à Copenhague et envoyés plus tard à Paris.

Image

Image

La position de la capture est 19°20 S et 15°40 W.

Le capitaine BRET va alors apprendre que le corsaire est le WOLF, parti de Posen, et qui vient d’effectuer une campagne de 13 mois dans l’Atlantique sud. Il a largué des mines au cap de Bonne Espérance, dans le sud de l’Australie, dans les détroit de Bass et de Cook. Il a aussi capturé plusieurs vapeurs et voiliers.

L’équipage du MARECHAL DAVOUT restera à bord du WOLF jusqu’au 1erMars 1918. Il sera alors débarqué à Kiel. Les trois officiers (BRET, HILY et BERNARD) seront internés au camp de Karlsruhe.
Ils seront transférés à Copenhague le 11 Décembre 1918 puis rapatriés sur Cherbourg.
L’équipage sera interné au camp de Guströw. Il rentrera en France beaucoup plus tard. ( Fin Janvier 1919 il n’avait pas encore été rapatrié).

La commission d’enquête se réunira le 21 Janvier 1919 et entendra les trois seuls officiers rapatriés.
Dans ses conclusions, elle estime que le capitaine Bret, suite à de fausses déductions, a eu un jugement erroné qui l’a empêché de détruire les documents secrets et de mettre hors d’usage les canons. Elle admet toutefois que la disproportion des forces rendait illusoire toute tentative de résistance, l’équipage du MARECHAL DAVOUT ne disposant que de deux canons et d’aucune arme de poing.
Elle conclue que le capitaine Bret a manqué de jugement et que ce manque de jugement a été la cause de négligences.
Toutefois, aucune sanction ne sera prise car la commission souligne que le capitaine Bret a, par la suite, fait preuve de son énergie et de son désir de servir par trois tentatives d’évasion très dangereuses au cours de sa captivité.

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