ISABELLE Compagnie Auxiliaire de Navigation

Marine, bateaux & marins pendant la Grande Guerre
olivier 12
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Re: ISABELLE Compagnie Auxiliaire de Navigation

Message par olivier 12 » lun. juin 23, 2008 3:42 pm

Bonjour à tous,

ISABELLE

Vapeur lancé aux chantiers de la Loire à Nantes en 1913 pour la Compagnie Auxiliaire de navigation. Entré en service en Avril 1913.

Probablement un sister-ship du CONSTANCE mis en service quelques semaines auparavant, ayant les mêmes caractéristiques.

2466 tpl Longueur 87 m Largeur 13,20 m
Une machine alternative de 1200 cv Une seule hélice.

Immatriculé à Nantes n° 743

La perte de l’ISABELLE 9 Novembre 1917

Vapeur armé à Nantes au cabotage international en date du 14 Août 1917 pour un an par la Compagnie Auxiliaire de Navigation.

Armement : 1 canon de 90 mm avec 250 obus
1 canon de 90 mm avec 200 obus
4 appareils fumigènes

Capitaine LE SEVEN Pierre CLC né le 12/08/1874 à St Gildas inscrit à Vannes dom à St Gildas
Second DUBOC Gaston CC né le 18/10/1874 à Fécamp inscrit à Fécamp dom à Fécamp
Lieutenant FIERDEHAICHE Casimir CC né le 07/07/1878 à Corseul inscrit à St Malo dom à St Malo
Chef Méc. ROUSSEAU Léon OM1 né le 05/08/1877 à St Trojan les Bains inscrit à Oléron
Sd méc. LAVILLE Vincent né le 08/06 1884 à Bordeaux inscrit à Bordeaux dom à Bordeaux

Escales avant le torpillage

NEWCASTLE 27/09/1917 30/09/1917
ROUEN 06/10/1917 12/10/1917
NEWCASTLE 16/10/1917 19/10/1917
ROUEN 26/10/1917 expédié sur Newcastle avec 25 hommes d’équipage, 6 canonniers et un opérateur TSF.

« Le vapeur ISABELLE a été torpillé le 9 Novembre 1917 par 54°13 N et 00°13 W de Greenwich. Le rôle bord a été perdu dans le naufrage »

On peut noter l’importance que revêt pour l’Inscription Maritime la perte des papiers, alors que pas un mot n’est dit sur l’équipage, et sur la façon dont il s’est sauvé.
Pourtant, en annexe du rôle, figure le document suivant :

« Ce jour, 14 Novembre 1917, l’équipage ayant été rapatrié au Havre après le torpillage dans la mer du Nord le 9 Novembre 1917, par devant nous, Pierre Le Seven, capitaine du vapeur ISABELLE armé à Nantes ont comparu les nommés Le Bigot et Prévost François, lesquels nous ont déclaré que :

ROUSSEAU Léon Chef mécanicien
BARONAT Vincent 1er chauffeur né le 15/03/1886 à Alicante inscrit à Oran (naturalisé Français)
GARAND Emile chauffeur né le 26/04/1889 à Quincy le Vicomte (près de Montbard) inscrit à Alger
MOGUEROU François chauffeur né le 16/05/1888 à Carentec inscrit à Morlaix dom à Carentec
JACKSON Emile chauffeur né le 08/06/1887 à Montreuil/mer inscrit au 1er dépôt (embarqué sur l’ISABELLE le 11/09/1915)
CHEVALIER Henri chauffeur né le 20/03/1892 à Allennes les Marais (près de Lille) jeune soldat de la classe 1912 arrivé au 1er dépôt le 10/10/1913

ont disparu le 9 Novembre 1917 dans les circonstances suivantes :

Le Vendredi 9 Novembre, étant par 54°11 N et 00°07 E le vapeur ISABELLE sur lequel ils étaient embarqués a été torpillé par un sous-marin ennemi.
Tous ces hommes sont morts lors de l’explosion.
Pour constater l’événement dont il s’agit, nous avons inscrit à la suite du rôle d’équipage le présent procès-verbal qui a été signé par les sieurs Le Bigot et Prévost.

Aux questions posées par l’enquêteur le capitaine répond :

- Il y avait des navires en vue à 200 m
- La côte était à trois milles
- La mer était houleuse
- Le navire marchait à 8 nœuds
- Le courant portait au nord
- Il était impossible de porter secours aux disparus
- Il n’ont pas pu échapper à la mort.

Enfin, dans la case réservée au second mécanicien Laville est portée la mention « Blessé »

On peut donc légitimement penser que la torpille a frappé à hauteur du compartiment machine, tuant presque toute la bordée de quart.

Le sous-marin attaquant

C’était l’UC 47, alors sous le commandement de l’Oberleutnant z/s Günther WIGANKOW.
Il devait disparaître 9 jours plus tard, le 18 Novembre 1917.
Nota : nous avions déjà rencontré ce sous-marin sous les ordres de l’OL Paul HUNDIUS.

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Yves D
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Re: ISABELLE Compagnie Auxiliaire de Navigation

Message par Yves D » lun. juin 23, 2008 5:21 pm

En effet, rentré le 13 nov à Zeebrugge, UC 47 reprenait la mer dès le 17 après seulement 4 jours d'arrêt ce qui est inhabituel au retour d'une patrouille de guerre.
Je remarque également que Wigankow avait reçu le commandement du sous-marin le 9 octobre précédent et avait déjà effectué deux patrouilles lorsqu'il disparut.
1/ du 16.10 au 22.10, côte E de GB sans mines. Au cours de cette patrouille il avait coulé deux vapeurs
2/du 6.11 au 13.11 même secteur et également sans mines. Patrouille durant laquelle il avait coulé Isabelle, deux autres vapeurs et un cotre de pêche.
3/du 17.11 au 18.11 Toujours avec les puits à mines vides, il remettait le cap sur la côte E de GB en direction de Flamborough Head. Au matin du 18, alors qu'il faisait surface, UC 47 était aperçu à courte distance par le patrouilleur anglais P 57 qui l'abordait volontairement un peu en avant du kiosque. Alors qu'il passait au-dessus du sous-marin en perdition, P 57 larguait dans son sillage une grenade ASM, faisait demi tour et en larguait une seconde. On constata alors que du mazout et des débris remontaient en surface. C'en était fini de l'UC 47 et de ses 28 hommes d'équipage dont le sommeil éternel fut encore troublé par les scaphandriers de la Navy qui quelques jours plus tard parvenaient à récupérer des documents et des cartes dans l'épave.
Encore un cas de "reprise de vue" qui n'a pas permis de voir le danger qui menaçait en surface !
Fatigue ? Météo ? Imprudence ? Günther Wigankow était un jeune commandant de 27 ans entré dans la Marine en 1909 et qui avait relativement peu d'expérience, n'ayant commandé que depuis le début août 17, deux UB avec lesquels il avait effectué 3 patrouilles mais ayant malgré tout une expérience de 18 mois en tant qu'Off. de quart sur U 43.

ISABELLE FR 1T
2,466 Cie. Auxiliaire de Navigation (A. Capel), Nantes 285.5 x 43.3
C Atel. & Chant. de la Loire, Nantes (4) #471
Torp. and sunk by UC 47, 9 Nov 1917, 3 miles NW of Flamborough Head, voy. Tyne - Rouen
Starke Register 1913


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Yves
www.histomar.net
La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
et autres thèmes d'histoire maritime.

olivier 12
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Re: ISABELLE Compagnie Auxiliaire de Navigation

Message par olivier 12 » mer. août 13, 2008 12:39 am

Bonjour à tous,

Légende de cette photo trouvée dans "Images de Loire Atlantique" Ed. Les Chemins de la Mémoire

"Le transbordeur vu depuis le pont du cargo Isabelle construit à Nantes" Ce type de document est relativement rare.
La cheminée est bien d'Auxi Navi.
Image

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Olivier
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Ar Brav
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Re: ISABELLE Compagnie Auxiliaire de Navigation

Message par Ar Brav » ven. sept. 05, 2008 3:35 pm

Bonsoir à tous,

ISABELLE II - Cargo. (Cf. Navires de la Grande Guerre. Répertoire par type. : n° 71, p. 18).

Compagnie auxiliaire de navigation.

Témoignage de satisfaction à l'enseigne de vaisseau auxiliaire LE SENEN, commandant du vapeur Isabelle II, " pour l'esprit de décision et les qualités manoeuvrières dont il a fait preuve en évitant une double attaque à la torpille."

(Evénement non daté. - Source : Ouest-Eclair, n° 6470, 24 juill. 1917, p. 4).

Bien à vous,
Daniel
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Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.

Rutilius
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Re: ISABELLE Compagnie Auxiliaire de Navigation

Message par Rutilius » mer. nov. 05, 2008 5:55 pm

.
Bonsoir à tous,


L’Ouest-Éclair – éd. de Rennes –, n° 6.543, Dimanche 7 octobre 1917, p. 3, en rubrique « Nouvelles maritimes ».

Image
Bien amicalement à vous,
Daniel.

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Re: ISABELLE Compagnie Auxiliaire de Navigation

Message par olivier 12 » sam. nov. 27, 2010 2:57 pm

Bonjour à tous,

Un complément sur le naufrage d'ISABELLE 9 Novembre 1917

Liste d’équipage

Rescapés débarqués à North Shields

LE SEVEN Pierre Capitaine
DUBOC Gaston 2e capitaine
JAVUEN Olivier 3e mécanicien
LE BIGOT Eugène Mtre équipage
HOISEY Pierre Matelot
BERRIGAUD Jean Matelot
BOUDE Jean Matelot
NORINE Auguste Matelot
PREVOST François Matelot
ESPOSITO Salvador Matelot
ROUZIE François Matelot
LE BAIL Antoine Novice
REGUNBAND Jean-Baptiste Cuisinier
LEPRINCE Fernand Chauffeur
DANIEL Alfred Chauffeur
DEVERGES Charles Soutier
BUREL Joseph Soutier
DUPIN Henri Sd mtre canonnier
FERRY Maurice Fusilier Pièce AV. De veille au moment de l’attaque.
BOURDON Louis Servant AMBC Pièce AV
LEROY Jean Servant AMBC Pièce AV
BLANCHIRE Jean-BaptisteCanonnier Pièce AR
BORDENAVE Louis Servant AMBC Pièce AR. De veille au moment de l’attaque.
SALAUN Jules Servant AMBC Pièce AR
SIMON Roger TSF

Blessés (A l’hôpital de North Shields)

FIERDEHAICHE Casimir Lieutenant (Bras foulé)
LAVILLE Vincent 2e mécanicien (Grièvement blessé)

Disparus

ROUSSEAU Léon Chef mécanicien
BARONAT Vincent 1er chauffeur
JACKSON Emile Chauffeur
GARAND Emile Chauffeur
CHEVALIER Henri Chauffeur
MOGUEROU François Chauffeur

Rapport du capitaine


Quitté South Shields le 9 Novembre à 11h00 pour Rouen avec une cargaison de charbon, en convoi, à 9 nœuds, avec patrouilleur à 200 m sur l’avant et chalutier à 200 m sur bâbord.

Au coucher du soleil, masqué les feux et mis six hommes aux postes de veille. Mer houleuse. Nuit sombre. Faible brise.

A 20h05, une torpille nous frappe par bâbord. L’explosion est terrible et une large brèche est faite à la flottaison. Machine et chaufferie sont aussitôt envahies et tout est broyé dans la machine, tandis que tout les appareils volent en éclats. Poste de TSF détruit.
Le chef mécanicien Rousseau, le premier chauffeur Baronat et les chauffeurs Garand, Jackson, Chevalier et Moguérou sont tués. La machine stoppe d’elle même et le navire s’immerge par l’arrière.

Image

Disposés les embarcations de tribord disponibles, celles de bâbord ayant disparu. Le 2e capitaine dispose les deux radeaux de l’avant sur lesquels je fais embarquer une partie de l’équipage sous les ordres du lieutenant.
Dix huit hommes prennent place dans les baleinières tribord. Ayant vérifié qu’il ne reste personne de vivant à bord le 2e capitaine et moi-même nous y affalons en derniers.

Le convoyeur SWALLOW nous recueille, puis je tente de faire remorquer ISABELLE qui flotte toujours afin d’essayer de l’échouer. Une remorque du chalutier SWALLOW est tournée sur le gaillard du navire sur lequel quatre hommes sont remontés.
Mais à 01h20, ISABELLE se couche sur tribord et disparaît en moins de deux minutes par 54°13 N et 00°13 W.

Conduite de l’équipage, resté très calme, digne d’éloges. Je rends aussi hommage aux qualités de marin du lieutenant W.J. Clarke (Royal Naval Rescue) commandant du patrouilleur SWALLOW, dont la conduite a été brillante.

Etats de service du capitaine LE SEVEN


Au début de la guerre, alors qu’il commandait HENRIETTE, a sauvé son navire victime d’un abordage en le faisant remorquer jusqu’à Milo par le contre-torpilleur CASSINI (Cdt Fouques de Jonquières), alors que toutes les autres tentatives avaient échoué.

Pendant trois ans, a ravitaillé l’armée navale en Méditerranée avec ISABELLE. En Juin 1917, a été désigné pour ravitailler Paris, via Rouen. Les Autorités maritimes de Sidi Abdallah lui ont accordé une prime de 5000 f pour ses services.
Lors de la traversée Méditerranée – Manche, a rencontré deux fois des sous-marins. A échappé au premier. Le 2e lui a lancé deux torpilles ; une habile manœuvre lui a permis de les éviter de justesse. A alors été cité à l’ordre du régiment et promu lieutenant de vaisseau de réserve.
Fin Septembre, en mer du Nord, a vu un sous-marin émerger et se préparer à envoyer une équipe de sabotage sur un grand vapeur anglais arraisonné ; a ouvert le feu sur le sous-marin et l’a obligé à plonger, sauvant ainsi le vapeur anglais.

Récompenses


Témoignage officiel de satisfaction

LE SEVEN Pierre Lieutenant de vaisseau auxiliaire Vannes 106

« Déjà objet de deux citations. S’est signalé par son énergie lors du torpillage de son navire qu’il s’est efforcé de maintenir à flot. »

Vapeur ISABELLE

« Pour l’attitude énergique et disciplinée de son équipage à la suite de son torpillage ».

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Memgam
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Re: ISABELLE Compagnie Auxiliaire de Navigation

Message par Memgam » sam. nov. 27, 2010 3:20 pm

Amplification du 11 mars 1918 (Rouen) "... Je soussigné Pierre Le Seven, lieutenant de vaisseau auxiliaire, commandant le vapeur Isabelle (II) de la compagnie Auxiliaire de Navigation, déclare que lors du torpillage de mon vapeur, le 9 novembre 1917, tous les papiers du bord ont été perdus."
Source : René Richard et Jacques Roignant, Les navires des ports de la Bretagne provinciale coulés par faits de guerre, 1914-1918, Association Bretagne 14-18, 2010.

Rutilius
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Re: ISABELLE Compagnie Auxiliaire de Navigation

Message par Rutilius » jeu. sept. 11, 2014 2:35 am

.
Bonjour à tous,


■ Historique (complément).


― 18 juin 1917 : Alors qu’il allait de Sfax (Tunisie) à Nantes avec un chargement de 3.552 t. de phosphates, complété par deux chaudières destinées à la Marine de l’État, échappe à l’attaque d’un sous-marin aux approches de Gibraltar, par 36° 02’ N. et 04° 53’ W.

― 25 juin 1917 : Lors de la même traversée, échappe de nouveau à l’attaque d’un sous-marin dans le Golfe de Gascogne, par 46° 16’ N. et 09° 18’ W.


Rapport de mer du capitaine Pierre Joseph Le Séven

(28 juin 1917)



« L’an mil neuf cent dix-sept, le vingt-huit juin, devant Nous, Président du Tribunal de commerce de Nantes, assisté de M. E. Ouvrard, commis greffier, a comparu le sieur Le Séven, capitaine au long-cours, commandant le vapeur français Isabelle-II jaugeant 1.632 t., armé de 31 hommes d’équipage, dont 24 hommes équipage commercial et militaire, qui nous a déclaré :

Je suis parti de Sfax (Tunisie) avec un complet chargement de phosphates (3.552 tonnes), plus deux chaudières pour la marine de guerre ; le vendredi 8 juin à 18 h., sur la côte de Tunisie et d’Algérie, navigation de nuit, au jour relâche dans chaque port prévue par ordre. Le jour et lendemain du départ, la mer agitée embarquait et couvrait les panneaux. Je fais toutes réserves pours les égouts qui pourraient mouiller les phosphates. Le 18 juin, à 10 h. 30 (heure Europe centrale), par L. 36° 02’ N. ~ G. 4° 53’ O. (G.), la vigie du mât de misaine signale un sous-marin par le travers à tribord nous coupant la route. Aussitôt prévenu, j’ordonnai le branlebas de combat ; les canonniers rallièrent leur poste ; pendant ce temps, je changeai de route de 45° en venant sur la gauche et fis forcer à la machine. Le sous-marin fut aperçu à environ 5.000 m. de nous, en demi-plongée, mais à peine les canonniers étaient-ils à leur poste que le submersible plongea sans engager le combat. J’ai signalé le fait par T.S.F. à Gibraltar. Relâché par ordre à Gibraltar le lundi 18 juin à 14 h., monté en baie à 15 h. et reparti le soir à 19 h. Ma traversée de Gibraltar au Golfe de Gascogne s’est effectuée conformément aux instructions anglaises. Le 25 juin, à 15 h., étant par L. 46° 16’ N. ~ G. 9° 18’ O. (G.), l’homme de vigie au mât de misaine signale un sillage de torpille par tribord nous coupant à 45° environ. Nous faisons route au N. 84 E. vrai, avec une vitesse de 8 n. 5 ; le temps était très beau, il faisait calme, mer houleuse du N.-O. Immédiatement, je fis venir sur la droite de 45° environ pour présenter l’avant ; l’évolution fut rapide et nous fit parer le choc, car j’aperçus très nettement la torpille nous passer à environ 20 m. de l’étrave. Nous avons suivi assez bien son sillon d’écume, très apparent dans une mer aussi huileuse. J’ordonnai au timonier de revenir de 90° sur la gauche, ce qui fut fait, et au même moment, le sous-marin nous lança une 2e torpille qui passa à quelques mètres du gouvernail. Ce coup était encore raté. Le quartier-maître Reivella, monté sur la passerelle du canon de l’arrière, a très bien vu apparaître le périscope assez près de nous après le passage de la 2e torpille ; le sous-marin avait voulu examiner le résultat de son œuvre. Je dois faire remarquer que les canonniers avaient, aussitôt l’alerte donnée, rejoint leur poste et les pièces étaient prêtes à tirer ; mais le périscope avait juste apparu un instant et le combat n’avait pu être engagé. Nous avons dû notre salut à la vigilance de l’homme de veille, le matelot Hoissey, et à la promptitude du matelot Héraud qui a exécuté rapidement mes ordres à la barre pour les brusques zigzags que j’avais ordonnés. Ma traversée s’est continué jusqu’à Nantes sans incidents où je suis arrivé le mercredi 27 juin. Tel est mon rapport que je déclare sincère et fait de bonne foi.

Ont aussi comparu les sieurs Héraud, Desvergées faisant partie de l’équipage, lesquels ont juré et affirmé que le présent est sincère et véritable et le capitaine a signé avec les comparants. [Suivent les signatures]

En conséquence, nous avons reçu le présent sous notre seing et celui du commis greffier après lecture. »

Signé : E. Ouvrard et Étienne Baillergeau [Président].


(Archives départementales de Loire-Atlantique, Rapports de navigation des capitaines au long-cours et au cabotage enregistrés par le Tribunal de commerce de Nantes, 16 janv. 1916 ~ 16 déc. 1919, Cote 21 U 77, p. num. 138)
Bien amicalement à vous,
Daniel.

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Re: ISABELLE Compagnie Auxiliaire de Navigation

Message par olivier 12 » lun. févr. 16, 2015 10:55 am

Bonjour à tous,

Un complément sur les rencontres des 18 et 25 Juin


ISABELLE était armé
- d’un canon de 90 mm modèle 1877 n° 1429 à l’avant
- d’un canon de 95 mm modèle 1885 n° 2270 à l’arrière

Conclusions de la commission d’enquête

Lors de la première rencontre près de Gibraltar, le bâtiment a vu un sous-marin sans être attaqué par lui. A la seconde rencontre dans le golfe de Gascogne, deux torpilles ont été successivement tirées sur lui sans qu’on put voir autre chose que le périscope du sous-marin et les sillages des torpilles. Aucune n’a atteint le bâtiment.
La commission estime que dans les deux cas la manœuvre du capitaine de l’ISABELLE a été judicieuse. Dans le 2e cas, le bâtiment n’a du son salut qu’à la promptitude de la manœuvre, et ceci grâce à la bonne veille du matelot Hoissy.
Si le bâtiment n’a pas fait usage de ses canons, c’est que les chefs de pièce n’en ont pas eu le temps. Mais les ordres, tant pour l’artillerie que pour les signaux, ont été précis et ponctuels. En conséquence, il y a lieu de féliciter le commandant Le Seven et son équipage pour leur attitude.

Récompenses


Citation à l’Ordre du Régiment

LE SEVEN Pierre Enseigne de Vaisseau auxiliaire CLC Vannes 108

Pour l’esprit de décision et les qualités manœuvrières dont il a fait preuve en évitant une double attaque à la torpille

Témoignage Officiel de Satisfaction du Ministre

HOISSY Pierre Matelot Fécamp 9650

Pour la vigilance dont il a fait preuve en signalant une torpille assez tôt pour permettre à soin capitaine de l’éviter.

Les sous-marins attaquant

Ne sont pas identifiés. Toutefois, il semblerait que les sous-marins les plus proches de ces zones étaient :

UC 53 du Kptlt z/s Kurt Albrecht pour le 18 Juin (Le sous-marin venait de l’Atlantique et se dirigeait vers l’Adriatique)
U 50 du Kptlt z/s Gerhard Berger pour l’attaque à la torpille du 25 Juin

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Re: ISABELLE Compagnie Auxiliaire de Navigation

Message par Rutilius » lun. mai 29, 2017 3:46 pm

.
Bonjour à tous,


Le 24 mars 1918, Casimir Joseph Félix Marie Ange FIERDEHAICHE, lieutenant à bord du cargo Isabelle-II, échappa au naufrage de la goélette Fileur, de la Société des verreries de Laignelet, coulée au moyen de charges explosives par le sous-marin allemand UB-55 (Kapitänleutnant Ralph WENNINGER), à 40 milles dans le Nord-Ouest de l’Île de Batz, par 49° 23’ N. et 3° 51’ W., alors qu’elle allait de Granville à Swansea (Pays de Galles, Royaume-Uni). Il exerçait alors le commandement de ce petit bâtiment.

V. ici —> http://pages14-18.mesdiscussions.net/pa ... _1.htm#bas
Bien amicalement à vous,
Daniel.

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