VILLE DE TUNIS - Compagnie Générale Transatlantique

Marine, bateaux & marins pendant la Grande Guerre
Avatar de l’utilisateur
Ar Brav
Messages : 6402
Inscription : mar. avr. 25, 2006 2:00 am

Re: VILLE DE TUNIS - Compagnie Générale Transatlantique

Message par Ar Brav » ven. juin 06, 2008 8:57 am

Bonjour à tous,

Une vue du Ville de Tunis, de la CGT :

Image

Merci à Jean Claude Arnold (Nanold 54) pour sa contribution ;)

Cordialement,
Franck
www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.

Avatar de l’utilisateur
Ar Brav
Messages : 6402
Inscription : mar. avr. 25, 2006 2:00 am

Re: VILLE DE TUNIS - Compagnie Générale Transatlantique

Message par Ar Brav » ven. juin 06, 2008 1:45 pm

Bonjour à tous,

VILLE DE TUNIS Paquebot

Ne semble pas avoir été réquisitionné

Chantier :

Chantiers de Penhoët, Saint Nazaire
Commencé : N.C.
Mis à flot : 29.04.1884
Terminé : 1884
En service : 08.1884
Retiré : 21.12.1923
Caractéristiques : paquebot en fer de 2 906 t ; 1 960 tjb ; 693 tpl ; 99,54 x 10,48 x 7,77 m ; TE 5,10 m ; 2 000 cv ; 1 machine compound ; 2 chaudières cylindriques doubles timbrées à 5,50 kg/cm² ; 15,50 nds ; 1 hélice ; 2 mâts ; 1 cheminée ; 89 passagers en 1ères classes, 70 en 2èmes et 53 en 3èmes classes.
Armement : II de 75 probablement, à confirmer (Cf. armement des bateaux de commerce)

Observations :

Dernier paquebot de la Compagnie Générale Transatlantique d'une série destinée à la Méditerranée, il est le seul à avoir été construit en France. La série comprend : Abd el-Kader, Charles Quint, Isaac Pereire, Kléber, Moïse, Saint Augustin, Ville d’Oran, Ville de Barcelone, Ville de Bône, Ville de Madrid, Ville de Naples, Ville de Rome et Ville de Tunis
08.1884 : prend son premier départ de Marseille pour Alger. Il effectue la traversée en 26 heures, soit une moyenne de 15,30 nœuds
1893 : équipé de l’éclairage électrique
1897 : refonte à Saint Nazaire, modification de la machine en triple expansion, et les vieilles chaudières sont remplacées par de nouvelles timbrées à 11 kg/cm² qui lui permettent d’augmenter légèrement sa vitesse en service
23-24.06.1917 : il recueille l’équipage du vapeur grec Calypso Vergotti, torpillé par un sous-marin. Le même sous-marin attaque le Ville de Tunis qui riposte avec ses canons et met son agresseur en fuite
27.07.1917 : repousse une nouvelle attaque d’un autre sous-marin avec ses canons
1918 : reprise du service en Méditerranée
21.12.1923 : vendu pour la démolition
1er trimestre 1924 : démoli en France après 39 ans de carrière.

Sources :

La Marine Marchande française, de Jean Randier
Histoire de la Compagnie Générale Transatlantique, de Marthe Brabance
La Compagnie Générale Transatlantique, de Ludovic Trihan
www.frenchlines.com
www.miramarshipindex.org


Cordialement,
Franck
www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.

Avatar de l’utilisateur
Yves D
Messages : 2045
Inscription : ven. mai 18, 2007 2:00 am
Localisation : Toulon
Contact :

Re: VILLE DE TUNIS - Compagnie Générale Transatlantique

Message par Yves D » ven. juin 06, 2008 5:32 pm

Bonjour à tous
Le sous-marin auquel il est fait référence par Franck en date du 23.6.1917 est l'U 63, Kplt Otto Schultze. C'est lui qui a coulé avec des charges explosives le grec Kalypso Vergotti naviguant sous contrôle français.
Je n'ai pas le KTB de ce sous-marin mais j'ai trace dans Spindler de la destruction du Kalypso Vergotti. Par contre, il n'est pas fait état de l'engagement avec le Ville de Tunis (ce qui bien évidemment ne veut pas dire qu'il n'ait pas eu lieu). Là encore, on notera l'abus du mot "torpillage" puisque de torpille il n'y eut point ! Cette tendance a qualifier de torpillage toute action d'un sous-marin est à l'origine de nombre de contre-vérités
On remarquera aussi en passant que ce même jour, U 63 aurait envoyé par le fond de quelques coups de canon le vapeur français Craonne. Je dis "aurait" car les deux seuls Craonne que je retrouve dans mes registres ont survécu à la guerre.
Si Franck doit revenir sur ce Craonne, il faudra rechercher le KTB et/ou une autre entrée de registre Lloyds ou Miramar car s'il n'en existe pas d'autre, il aura été endommagé, non pas coulé et dans ce cas on devrait trouver dans le journal du sous-marin l'annotation que le naufrage n'a pas été observé.

Image

puis, source Starke 1901, le vapeur grec :
ECATERINA COUPPA GR 1T
2,755 N. Couppa, Argostoli 319.6 x 46.2
C Craig, Taylor & Co., Stockton (6) #79
16 - Gerasimos C. Vergottis, Argostoli
17 - KALYPSO VERGOTTI s/o
Captured and scuttled with explosives by U 63, 23 June 1917, off the Algerian Coast, abt. 70 miles NW of Cape Bougaroni, voy. Genoa - ...

Cdlt
Yves
www.histomar.net
La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
et autres thèmes d'histoire maritime.

Avatar de l’utilisateur
Ar Brav
Messages : 6402
Inscription : mar. avr. 25, 2006 2:00 am

Re: VILLE DE TUNIS - Compagnie Générale Transatlantique

Message par Ar Brav » ven. juin 06, 2008 8:05 pm

Re, Yves,

Je comptais bien sur toi pour m'éclairer sur cette histoire de torpillage qui, je te le concède, devient systématique dès lors qu'un sous-marin est en cause dans un évènement de mer, et bien souvent à tort.
Concernant le Craonne, je dois consulter ma doc.

A bientôt,
Amts,
Franck
www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.

Avatar de l’utilisateur
Ar Brav
Messages : 6402
Inscription : mar. avr. 25, 2006 2:00 am

Re: VILLE DE TUNIS - Compagnie Générale Transatlantique

Message par Ar Brav » ven. sept. 05, 2008 11:40 am

Bonsoir à tous,

VILLE DE TUNIS - Paquebot. (Cf. Navires de la Grande Guerre. Répertoire par type. : n° 96, p. 70).
Compagnie : ...

Témoignage officiel de satisfaction accordé au paquebot Ville-de-Tunis, " pour l' attitude disciplinée et curageuse dont chacun a fait preuve lors de l'attaque de ce paquebot par un sous-marin, le 24 juin 1917."

(Source : Ouest-Eclair, n° 6470, 24 juill. 1917, p. 4).

Bien à vous,
Daniel
www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.

Avatar de l’utilisateur
marc terraillon 1
Messages : 141
Inscription : ven. oct. 31, 2008 1:00 am

Re: VILLE DE TUNIS - Compagnie Générale Transatlantique

Message par marc terraillon 1 » dim. févr. 22, 2009 8:32 pm

Bonsoir

La fiche du navire est en ligne

http://navires-14-18.com/fichiers/V/VIL ... CGT_V3.pdf

A bientot
Cordialement
Marc TERRAILLON

Rutilius
Messages : 13544
Inscription : mar. avr. 22, 2008 2:00 am

VILLE-DE-TUNIS ― Paquebot ― Compagnie générale transatlantique.

Message par Rutilius » mar. juil. 16, 2013 12:36 am

Bonsoir à tous,

■ Historique (complément).

— 24 juin 1917 : Recueille l’équipage du cargo grec Kalypso-Vergotti, arraisonné et coulé le 23 au large des côtes algériennes par le sous-marin allemand U-63 (Kapitänleutnant Otto Schultze), à 70 milles dans le Nord-Ouest du cap Bougaroni, par 35° 55’ N. et 5° 21’ E. Attaqué à son tour, sans doute par le même sous-marin, riposte vivement avec ses canons et contraint son adversaire à abandonner la poursuite.

Le Temps, n° 20.460, Vendredi 13 juillet 1917,
p. 2, en rubrique « Marine ».

« RÉCOMPENSES A DES MARINS. ― Le ministre de la Marine a décidé l’inscription au tableau spécial de la Légion d’honneur du lieutenant de vaisseau auxiliaire Martinetti, capitaine du paquebot Ville-de-Tunis, qui reçoit un témoignage officiel de satisfaction.

Ce paquebot, le 24 juin, venait de recueillir les naufragés d’un navire torpillé lorsqu’il fut attaqué au canon par un sous-marin ; par la vive défense de la Ville-de-Tunis, le sous-marin fut obligé d’abandonner sa poursuite.
»

Journal officiel du 23 juillet 1917, p. 5.702.

Image


— MARINETTI Joseph Marie, né le 5 septembre 1864 à Bastia (Corse) et décédé le ... à ... (...). Capitaine au long-cours, inscrit à Bastia, n° 650 ; lieutenant de vaisseau auxiliaire.

Fils de Pascal MARINETTI, maître menuisier, et de Marie Antoinette SANTUCCI, son épouse.

Image

En 1922, domicilié à Marseille (Bouches-du-Rhône), au 33, rue Espérandieu. Alors chef du Bureau de recru-tement du personnel naviguant de la Compagnie générale transatlantique.

(Base Léonore, Dossier : 19800035/735/83401).


Journal officiel du 23 juillet 1917, p. 5.702.

Image
Dernière modification par Rutilius le jeu. oct. 10, 2019 8:30 am, modifié 1 fois.
Bien amicalement à vous,
Daniel.

Rutilius
Messages : 13544
Inscription : mar. avr. 22, 2008 2:00 am

VILLE-DE-TUNIS ― Paquebot ― Compagnie générale transatlantique.

Message par Rutilius » mar. juil. 16, 2013 12:45 am

Re,

■ Historique (complément).

— 27 juillet 1917 : Toujours commandé par le capitaine Joseph Marie MARINETTI, repousse à nouveau l’attaque d’un sous-marin.

Le Temps, n° 20.529, Jeudi 20 septembre 1917,
p. 2, en rubrique « Marine ».

« RÉCOMPENSES A DES MARINS. ― […] Le paquebot Ville-de-Tunis obtient un témoignage de satisfaction du ministre pour l’attitude calme et disciplinée de son équipage lors d’une attaque de sous-marin, le 27 juillet 1917. »

L’Ouest-Éclair ― éd. de Caen ―, Jeudi 27 septembre 1917,
p. 4, en rubrique « Nouvelles maritimes ».

« RÉCOMPENSES A DES ÉQUIPAGES. ― […] ― Un témoignage officiel de satisfaction est accordé au paque-bot Ville-de-Tunis pour l’attitude calme et disciplinée de son équipage lors d’une attaque de sous-marin, le 27 juillet 1917. »

_________________________


Journal officiel du 20 septembre 1917 (p. 7.615).

Image
Dernière modification par Rutilius le jeu. oct. 10, 2019 9:12 am, modifié 1 fois.
Bien amicalement à vous,
Daniel.

olivier 12
Messages : 3796
Inscription : ven. oct. 12, 2007 2:00 am

Re: VILLE DE TUNIS - Compagnie Générale Transatlantique

Message par olivier 12 » lun. avr. 13, 2015 9:44 pm

Bonjour à tous,

VILLE DE TUNIS

Image

Image

Image

Traversée Alger – Marseille
Capitaine MARINETTI Joseph Bastia 165
1 canon de 75 mm à l’arrière modèle 1897
1 canon de 47 mm à l’avant Modèle 1885

Armement de la pièce avant
- AUFFRET Joseph 104625/2
- LAMURE Pierre 55699/5
Armement de la pièce arrière
- CALOIN Léon QM Bordeaux 5074
- NEDELEC Alain 108057/2
- BONIZEC Joseph Douarnenez 10666

457 passagers militaires et civils
63 hommes d’équipage tous Français
21 naufragés Grecs ramassés en mer

Attaque du 24 Juin 1917. Rapport du capitaine

Quitté Alger le 23 Juin à 03h30 autorisé par le commandant de la Marine à couper directement de Matifou, au lieu d’aller chercher Bougaroni de façon à se trouver au jour sur la ligne de patrouille.

Le 24 Juin vers 03h00, le lieutenant de quart m’avise qu’une embarcation montrant un feu blanc et de laquelle nous sont venus des coups de sifflet de marins, passe le long du bord, puis une deuxième. Faisions route au N65E à 13 nœuds. Temps couvert. Petite brise d’Est.

Certains qu’elles contenaient des naufragés, nous décidons après délibération avec mes officiers de porter secours, mais comme un sous-marin pouvait se trouver à proximité, nous attendons le petit jour en faisant des routes diverses à toute vitesse. A 04h30, sauvé les 21 naufragés faisant partie de l’équipage du KALYPSO VERGOTTI, 4600 tonnes, du port d’Argostoli (Céphalonie) allant de Gênes à Port Breira (baie de Beni-Kaoua) près de Ténés prendre un chargement de minerai de fer pour l’Angleterre.

Chargement du minerai de fer à Port Breira

Image

Son capitaine, Spyros Hykiardopoulos, que j’ai questionné, me dit que la veille vers 21h00, par 37°54 N et 05°46 E, ils ont été canonnés par un sous-marin qui les a obligés à quitter le navire qui fut coulé par des bombes portées par trois hommes du sous-marin avec une des deux embarcations du navire.
Pour faire face à toute éventualité, mis aux postes de combat, avisé passagers et équipage de mettre leurs gilets de sauvetage et de se tenir autant que possible dans les salons en les engageant à être calmes en cas d’alerte.

Vers 04h45, aperçu à 4000 m du lieu de sauvetage un sous-marin en demi-plongée qui, aussitôt aperçu nous tira un coup de canon à boulet auquel nous avons répondu immédiatement. Pris allure de fuite au N45W, fait fonctionner l’appareil fumigène pour dérégler son tir et continuer le nôtre à intervalles distanciés pour ménager nos munitions
Envoyé signal SOS auquel il nous est répondu que du secours nous arrive de 50 milles dans le N90E. Le sous-marin redouble son tir, dont quelques coups doubles tirés en même temps de deux pièces. Sa longueur est d’environ 60 m, son pavillon ne peut être distingué et ne semble pas arboré. Son tir, d’abord mauvais, devient meilleur et plusieurs coups tombent très près de nous. Les gerbes d’eau atteignent le bord et les garde-corps de notre gaillard avant a eu les tringles et les jambettes endommagées.

Le canonnier Pierre LAMURE est légèrement blessé à la cuisse gauche par un éclat d’obus.

Si le tir du sous-marin se précise, le nôtre aussi avec la pièce de 75 placée à l’arrière. Nos deux derniers coups tombent si près du sous-marin qu’il disparaît dans les gerbes d’eau et ne reparaît pas. Nous ne savons pas exactement les causes de sa disparition.
Le combat a duré une heure trente. Le sous-marin a tiré environ 60 coups dont plusieurs doubles. Nous avons répondu par 35 coups de 75. Pendant l’attaque, tout en suivant l’allure de fuite, nous faisions des embardées du côté d’où les coups nous venaient très près. A 06h10, avisé par TSF que nous nous étions échappés.

Je me félicite du calme de tout le monde à bord. VILLE DE TUNIS a eu la bonne fortune, tout en échappant à l’attaque, de favoriser la fuite d’un cargo qui se trouvait à proximité et a sans doute lui aussi échappé au sous-marin.

Récompenses


Citation à l’Ordre de l’Armée

MARINETTI Joseph CLC Commandant

A réussi, après une manœuvre habile et avoir pris toutes les mesures de prudence à sauver les naufragés d’un bâtiment torpillé. A échappé à l’attaque et à la poursuite d’un sous-marin qui a paru être atteint par le tir de son bâtiment.

Le commandant Marinetti est aussi inscrit au tableau spécial de Chevalier de la Légion d’Honneur

Citation à l’Ordre de la Division

ROQUEBLAVE Pierre CLC 2e capitaine

A bien secondé son capitaine pour le sauvetage des naufragés d’un bâtiment torpillé. A dirigé avec calme et sang froid le tir de l’artillerie du bord pendant l’attaque du sous-marin qui a disparu après avoir semblé être atteint par deux coups successifs. A déjà eu un TOS pour l’attaque du MOÏSE.

ROBIN Jean CLC Lieutenant Lorient 51

A fait preuve de beaucoup de calme et de sang froid en assistant le 2e capitaine dans la conduite du tir et les dispositions de sauvetage. A déjà été torpillé sur le VILLE DE MOSTAGANEM et a eu un TOS pour l’attaque du MOISE.

Citation à l’Ordre de la Brigade

CALOIN Léon QM canonnier

A fait preuve du plus grand calme et du plus grand sang froid dans la manœuvre de sa pièce pendant l’attaque d’un sous-marin qui a paru être atteint. Avait parfaitement entraîné son personnel.

LAMURE Pierre Canonnier breveté

A été blessé par un éclat d’obus pendant l’attaque d’un sous-marin. N’a déclaré sa blessure que lorsque la poursuite a été finie. A concouru pendant tout le combat au service de la pièce dont il était venu renforcer l’armement.

Témoignage Officiel de Satisfaction


ORSINI Simon Chef mécanicien

A fait preuve du plus grand sang froid dans la direction de sa machine pendant l’attaque et la poursuite de son bâtiment donnant un bon exemple à tout son personnel.

AUFFRET Joseph Canonnier breveté
NEDELEC Alain Canonnier breveté
BONIZEC Joseph Canonnier breveté

Ont manœuvré avec calme et sang froid pendant l’attaque de leur bâtiment par un sous-marin, faisant preuve d’esprit de discipline et d’entraînement militaire.

Etat-major, équipage et passagers

Ont fait preuve de calme, de sang froid et d’esprit de discipline pendant l’attaque et la poursuite du bâtiment par un sous-marin.

Le sous-marin attaquant

C’était très certainement l’U 63 du Kptlt Otto SCHULTZE, qui avait coulé par bombes (et non torpillé comme répété à de multiples reprises par les officiels) le vapeur grec.

Cdlt
olivier

olivier 12
Messages : 3796
Inscription : ven. oct. 12, 2007 2:00 am

Re: VILLE DE TUNIS - Compagnie Générale Transatlantique

Message par olivier 12 » jeu. oct. 22, 2015 10:44 am

Bonjour à tous,

Image
Image

Rencontre du 27 Juillet 1917. Rapport du capitaine

Quitté Marseille le 26 Juillet à destination d’Alger ayant embarqué 487 passagers militaires et civils, les dépêches, colis postaux et marchandises diverses. Très beau temps, légère brise d’Ouest, mer belle.

A 18h00, une canonnière nous prend en escorte et nous quitte à 22h00 pour aller porter secours à un dirigeable en détresse. Navigué seul pendant le restant de la nuit. Le 27 à 06h00, un sloop s’approche de nous et nous escorte de très près. Cette escorte se maintient toute la journée par des navires de guerre se relevant.

A 17h55, par 38°34 N et 06°12 E aperçu à 4 milles dans l’Ouest un sous-marin en surface, de grandes dimensions, 70 m avec haute superstructure de longueur égale au tiers de la longueur du sous-marin et placée au centre. L’ennemi ouvre le feu et tire 5 coups en moins de 5 minutes mais très mauvais en distance et en direction : 2 sont trop longs d’au moins 500 m et 3 trop courts de 1000 m. Le croiseur auxiliaire qui nous escorte de très près riposte immédiatement. Nous l’imitons et tirons 4 coups de 75 bons en direction mais trop courts, tirant avec une hausse de 8000m.

Le sous-marin n’insiste pas, plonge et disparaît en une minute pour ne plus reparaître. A 18h20, le croiseur nous signale de changer de route et de parcourir 20 milles au S45E. Il cesse de nous escorter et fait route vers le Nord. A 20h00 fait route pour reprendre la route recommandée et à 21h30 repris notre trajet normal.

Aucune panique pendant l’attaque. Conduite de l’état-major et de tout l’équipage très courageuse. Le 27 au matin un appel aux postes d’évacuation avait été fait. Rondes fréquentes. Sonde des cales à la fin de chaque quart.

Navigué suivant instructions et ordres reçus de la Marine. Rien d’autre à signaler. Arrivé à Alger le 28 Juillet à 12h45.

Récompenses

Inscription au tableau spécial de la Légion d’Honneur

MARINETTI Joseph Lieutenant de Vaisseau auxiliaire Bastia 650

Pour l’énergie et le courage qu’il a montré au cours d’une délicate opération de sauvetage puis de défense de son bâtiment contre un sous-marin.

Toutes les autres récompenses sont celles citées ci-dessus à l’occasion de l’affaire du 24 Juin 1917. Elles ont en fait été décernées après les deux affaires.

Le sous-marin rencontré

N’est pas identifié

Cdlt
olivier

Répondre

Revenir à « MARINE »