RADIOLEINE II - Société Pétrole Transports

Marine, bateaux & marins pendant la Grande Guerre
Rutilius
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RADIOLÉINE-II ― Transport pétrolier — Société de Pétroles-Transports.

Message par Rutilius » mar. nov. 29, 2011 7:37 pm

Bonsoir à tous,

Radioléine-II ― Transport pétrolier — Société de Pétroles-Transports, Marseille.

■ Historique (complément).

20 février 1912 : Lancé au Grand-Quevilly par l’établissement de la société anonyme dite « Société des chantiers et ateliers de Saint-Nazaire (Penhoët) » pour le compte de la société anonyme dite « Société de Pétroles-Transports », établie à Marseille, au 54, Canebière (Ier Arr.).

Le Journal de Rouen, n° 52, Mercredi 21 février 1912, p. 2.

L.J.R. 21-II-1912 - .JPG
L.J.R. 21-II-1912 - .JPG (206.63 Kio) Consulté 54 fois

— 12 octobre 1912 : Aborde le pétrolier à voile Jules-Henry (Capitaine Vuillemin), trois mâts barque en acier de 1.994 tx jb appartenant à l’armement Adolphe Vimont & Cie.

L’Ouest-Éclair — éd. de Rennes —, n° 5.597, Jeudi 23 avril 1913,
en rubrique « Nouvelles maritimes ~ Marine marchande ».


Image

Sur le " Jules-Henry ", V. ici —> http://pages14-18.mesdiscussions.net/pa ... 2099_1.htm


— 23 juillet 1917 : Avarié à 19 h. 00 par une torpille lancée par le sous-marin allemand U-96 (Kapitänleutnant Heinrich JESS) à 400 milles dans l’ W. S.-W. du Fastnet, par 48° 55’ N. et 17° 15’ W. [ou 48° 36’ N. et 17° 56’ W.].

Le Temps, Lundi 13 août 1917, p. 2, en rubrique « Sur mer ».

« La "Radioléine", torpillée, ne coule pas

A bord du vapeur français Radioléine, dans l’Atlantique, le 22 juillet après-midi, l’officier de quart aperçoit le sillage d’une torpille à 800 mètres environ. Il fait donner à la machine toute sa puissance, et par une rapide manœuvre de barre, le choc est évité.
Le lendemain, par temps sombre et mer houleuse, la Radioléine est torpillée en plein par le travers et s’incline aussitôt sur le côté. On fait les manœuvres de ballast voulues, mais la bande ne diminue pas ; alors les baleinières sont mises à l’eau et l’équipage évacué.
Le sous-marin émerge, mais sans ouvrir son kiosque, et fait le tour des embarcations. Celles-ci ne s’écartent pas du navire qui ne coule pas et dont la position reste visible grâce au Morse resté allumé.
A plusieurs reprises, le sous-marin se montre de nouveau, mais la houle est très grosse et il n’ouvre toujours pas son capot ; enfin il disparaît.
Le 24 juillet, au petit jour, la Radioléine flotte encore et s’est même redressée.
L’équipage retourne à bord et le navire peut revenir à petite vitesse à son point de départ.


[La Radioléine, d’une capacité de 4.029 tonnes, a été construite à Rouen en 1912. Elle appartient à la Société des Pétroles-Transport de Marseille.] »

Le Temps, Lundi 17 septembre 1917, p. 2, en rubrique « Marine ».

« RÉCOMPENSES A DES MARINS. ― Le vapeur Radioléine, qu’une prompte et heureuse manœuvre avait fait échapper à l’ennemi le 22 juillet dernier, fut torpillé le lendemain soir en plein Océan et si gravement avarié que son capitaine, le lieutenant de vaisseau auxiliaire Quedrue, en ordonna l’abandon. Mais il ne voulut pas s’éloigner et put pendant la nuit maintenir les embarcations autour de l’épave à la dérive.
Le 24, au jour, constatant que le navire flottait toujours, il fit remonter son monde à bord et parvint à rallier la côte après une navigation de 400 milles dans des conditions particulièrement délicates.
Le ministre de la Marine a accordé un témoignage de satisfaction au vapeur Radioléine, dix Croix de guerre ou témoignages de satisfaction à des officiers et marins de ce bâtiment et la Croix de la Légion d’honneur au lieutenant de vaisseau auxiliaire Quedrue. »

L’Ouest maritime, n° 6, Mardi 2 octobre 1917,
p. 2, en rubrique « Chronique maritime ».

« A L’ORDRE DE L’ARMÉE. ― [...] Un témoignage officiel de satisfaction est accordé au vapeur Radioléine, pour la belle attitude et la parfaite discipline de son équipage, grâce auxquelles ce bâtiment a pu être conservé, malgré les avaries graves résultant d’un torpillage. »
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Bien amicalement à vous,
Daniel.

olivier 12
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Re: RADIOLEINE II - Société Pétrole Transports

Message par olivier 12 » mar. nov. 29, 2011 8:37 pm

Bonjour à tous,

RADIOLEINE


Le récit de la 2e attaque du RADIOLEINE, qui s’est probablement déroulée au large de la côte américaine, ne figure pas dans les archives de la Marine.
On y trouve toutefois ce document daté de 1919 :

Le 4 Juin 1918, le vapeur RADIOLEINE de la Société Pétrole Transports de Marseille, géré par la Compagnie de Navigation mixte, a été attaqué au canon par un sous-marin ennemi.

Par décision du 6 Juillet 1919, les récompenses suivantes sont attribuées :

Citation à l’Ordre de la Division

QUEDRUE Maurice Capitaine Lieutenant de Vaisseau auxiliaire inscrit à Rouen

Pour l’énergie et le sang froid dont il a fait preuve lors de l’attaque d’un sous-marin auquel il a réussi à échapper.
Déjà cité à l’Ordre de l’Armée le 30 Septembre 1917 et décoré de la Légion d’Honneur.

Citation à l’ordre de la Brigade

FOURNOT Maurice Chef mécanicien Rouen

Pour l’exemple de courage et de sang froid qu’il a donné à son personnel dont il a obtenu le meilleur rendement lors de l’attaque de son bâtiment par un sous-marin.

Citation à l’Ordre du Régiment

COUPA Quartier maître canonnier chef de section 2e dépôt
LE NOUACH QM canonnier Concarneau
PERELLE Canonnier breveté 1er dépôt

Pour les qualités de courage et de sang froid dont ils ont fait preuve pour repousser une attaque de sous-marin

JACKSON Joseph Signal-man anglais

Pour le concours énergique, intelligent et dévoué qu’il a apporté à son capitaine lors d’une riposte à une attaque de sous-marin dirigée contre le vapeur RADIOLEINE.

Témoignage Officiel de Satisfaction

Vapeur RADIOLEINE

Pour l’attitude disciplinée et le sang froid de son personnel lors d’une riposte à une attaque de sous-marin le 4 Juin 1918.

La Croix de Guerre afférant à la citation accordée au timonier anglais sera adressée à notre attaché naval aux Etats-Unis.

Le sous-marin attaquant

C’était l’U 151 du KL Heinrich von NOSTITZ und JÄNCKENDORFF.
La position de l’attaque n’est pas connue, mais le même jour, 4 Juin 18, l’U 151 a coulé le vapeur norvégien EIDSVOLD, 1570 t, qui effectuait une traversée Guantanamo – New York avec un chargement de sucre, à la position 37°12 N et 73°55 W (soit à environ 80 milles au large de la baie de la Chesapeake) On peut donc penser que l’attaque de RADIOLEINE s’est déroulée dans les mêmes parages.
L’évènement ne figure pas sur uboat.net, le navire n’ayant sans doute pas été endommagé.

RADIOLEINE avait déjà été endommagé par une torpille lancée par l’U 96 du KL Heinrich JESS le 23 Juillet 1917, alors qu’il effectuait une traversée Barry – New York, à 400 milles dans l’WSW du Fastnet.
C’est sans doute l’attaque qui avait valu la citation à l’Ordre de l’Armée au capitaine QUERDRUE.

Cdlt
olivier

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Re: RADIOLEINE II - Société Pétrole Transports

Message par olivier 12 » mar. nov. 29, 2011 8:56 pm

Bonjour à tous,

RADIOLEINE


Voici les circonstances de l’attaque de RADIOLEINE, qui confirment le post du14/10. (Récit retrouvé parmi les 1000 clichés de documents pris à Vincennes en Septembre, qui sont un peu en désordre et pas toujours faciles à déchiffrer… :) )

RADIOLEINE allait de Norfolk, où il avait embarqué 576 t de charbon et 180 t d’eau douce, à Rouen.
Equipage de 46 hommes, dont 1 Anglais, dont la conduite sera exemplaire.
Il était armé d’un canon de 90 mm à l’avant et d’un canon de 140 mm à l’arrière.

Armement AMBC
:

COUPA QM canonnier Chef de pièce 2e dépôt
LE CAER QM fusilier Chef de pièce 2e dépôt

Pièce avant

LE NOUACH QM canonnier Concarneau
MARILLY Canonnier Le Havre
PERHERIN Canonnier Audierne

Pièce arrière

PERELLE QM canonnier 1er dépôt
SCHAFFNER Canonnier 1er dépôt
COUSIN Canonnier Saint Brieuc
PRIGENT Canonnier Le Conquet
LOCQUET Canonnier 1er dépôt

Le 4 Juin à 12h10 GMT, il se trouvait par 37°10 N et 74°00 W, soit à, environ 100 milles dans l’Est du cap Charles, et fait route vers un point de rendez-vous afin de retrouver un convoi parti de Hampton Roads le matin même.

Un grand sous-marin est aperçu en surface à 10 000 m, par le second capitaine Emile OLIVIER, inscrit à Saint Brieuc et par le QM canonnier Roland COUPA, chef de section.
Il est stoppé près d’un trois-mâts goélette, sans doute américain, en cours d’évacuation et qui sera coulé probablement au moyen de bombes par la suite. Il fait aussitôt route à toute vitesse, cap au 085, sur RADIOLEINE.

RADIOLEINE hisse le pavillon français, lance un SOS, monte à l’allure maximum et se dirige vers la côte tout en zigzaguant et en présentant l’arrière.
Le sous-marin va tirer un coup toutes les trois minutes pendant 30 minutes. RADIOLEINE, qui ne sera pas touché, va riposter en tirant 13 coups avec la pièce de 140 arrière, hausse initiale à 9000 m, puis à 10600 m.

A 12h55 un destroyer américain se présente et vient sur l’arrière de RADIOLEINE. Le sous-marin met cap au sud et plonge.

Les vibrations ont entraîné des fissures et des fuites sur la chaudière tribord. RADIOLEINE fait alors route sur la baie de la Chesapeake.
Dans la soirée du 4 Juin des coups de canon sont à nouveau entendus, tandis que de nombreuses épaves sont aperçues sur la mer, dont un fumigène anglais.
RADIOLEINE mouille le 5 Juin au matin en baie de la Chesapeake, et les feux sont mis bas sur la chaudière tribord, très endommagée. Il faudra plusieurs jours de réparations.

Nota

Le navire pris à 10000 m pour un trois-mâts goélette par l'équipage de RADIOLEINE pourrait être en fait le vapeur norvégien EIDSVOLD. Quant aux épaves aperçues sur l'eau la nuit suivante, elles pourraient provenir du vapeur norvégien VINLAND, lui aussi coulé par U 151.

Voici la silhouette de l' U 151 dessinée par le capitaine Quedrue.

Image

Cdlt
olivier

Rutilius
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Message par Rutilius » ven. oct. 10, 2014 11:50 pm

Bonsoir à tous,

Le Journal de Rouen, n° 220, Mercredi 8 août 1917, p. 2.

« Un Énergique Marin

C’est le capitaine du vapeur Radioléine, bien connu à Rouen, M. Maurice Quedrue. On a signalé que ce navire avait subi des avaries, et avait néanmoins été ramené à bon port. Le fait est exact, et il permet d’apprécier une fois de plus le mérite, qu’on ne fera jamais trop ressortir, des officiers et équipages de notre marine marchande.
Un des amis rouennais du capitaine Maurice Quedrue a connu les aventures de mer du Radioléine, et il nous en fait part en ces termes :

... Ce pétrolier a été torpillé, et par deux fois même. La première fois, une manœuvre pleine de décision du capitaine, lui fit éviter le coup. La seconde fois — c’était le surlendemain , à sept heures du soir — le Radioléine était atteint en plein bâbord par une torpille. On était à 400 milles de la terre la plus proche. Le navire, affreusement déchiré, donnait de la bande et n’obéissait plus au gouvernail ; l’équipage était obligé de s’attacher pour tenir debout. Le capitaine donna l’ordre de mettre les embarcations à la mer et au personnel d’y descendre, ce qui se fit dans le plus grand ordre. Le capitaine Quedrue saute le dernier dans le youyou, où l’ont précédé les officiers.
Tout à coup, un sous-marin émerge, mais sans ouvrir son kiosque, au milieu des embarcations dont il fait le tour. Les officiers du Radioléine abandonnent le youyou et prennent leurs postes respectifs dans les baleinières. Ordre avait été donné de n’allumer aucun feu et de ne s’éloigner du navire qu’à la dernière extrémité. Pendant plus d’une heure, le sous-marin en demi-plongée tourna autours du pétrolier qui, malgré son extrême inclinaison, ne coulait pas, grâce sans doute à la précaution que le capitaine avait prise de faire ouvrir les "tanks" de bâbord sur ceux de tribord.
Enfin, le sous-marin s’éloigna. Malgré la houle très forte, les marins tenaient bon les avirons des baleinières, en ralliant leur navire qui dérivait rapidement. Au petit jour, il flottait toujours. N’apercevant plus rien de suspect, le capitaine Quedrue se hissa sur le Radioléine et, après l’avoir visité, y fit monter d’abord le personnel des machines, pour les remettre en marche, et enfin le reste de l’équipage ; et non sans peine, on hissa aussi les baleinières.
En route, en dépit de l’état du navire, désemparé à l’extrême, tous ses appareils de route brisés ! C’est dans ces conditions qu’on se dirigea tant bien que mal vers la terre. Fort heureusement, au bout d’une trentaine d’heures, on aperçut un navire qui indiqua sa route au pétrolier en détresse et, finalement, le Radioléine put atteindre le port de
[censuré].

Il faut espérer qu’il y aura des récompenses pour le capitaine et son brave équipage qui ont sauvé leur navire dans des circonstances aussi tragiques . »
Dernière modification par Rutilius le mer. avr. 25, 2018 11:25 am, modifié 1 fois.
Bien amicalement à vous,
Daniel.

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Re: RADIOLEINE II - Société Pétrole Transports

Message par Memgam » sam. oct. 11, 2014 12:04 pm

Bonjour,


Maurice Jules Quedrue, fils d'Emile Alphonse et de Berthe Aline Butel, est né le 1er avril 1883 à Fleury sur Orne (Calvados), décédé le 13 novembre 1957 à Montréal (enterré au cimetière du Mont Royal).

Inscrit maritime à Rouen, n°112, il a été nommé lieutenant de vaisseau auxiliaire pendant la Grande Guerre.

Chevalier de la Légion d'honneur par arrêté du 28 septembre 1917.
Il a été exclu de cet ordre de plein droit, pour avoir été déchu de la nationalité française par décret en date du 30 mars 1942 à compter du 23 février 1942
Il a été rétabli dans ses droits par décret du 28 septembre 1944.
Officier de la Légion d'honneur par décret du 26 avril 1946.
Il est devenu capitaine de frégate de réserve.

Source : Base Léonore.

Cordialement
Memgam

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RADIOLÉINE-II ― Transport pétrolier — Société de Pétroles-Transports.

Message par Rutilius » sam. oct. 11, 2014 12:48 pm

Bonjour à tous,

Récompenses consécutives à l'attaque à la torpille du 23 juillet 1917.

Témoignage officiel de satisfaction.

Journal officiel du 30 septembre 1917, p. 7.747.

« Un témoignage officiel de satisfaction est accordé au vapeur Radioléine pour la belle attitude et la parfaite discipline de son équipage, auxquelles ce bâtiment a pu être conservé
malgré les avaries graves résultant d’un torpillage.
»

Inscription au tableau spécial de la Légion d’honneur.

□ Par arrêté du Ministre de la Marine en date du 28 septembre 1917 (J.O., 30 sept. 1917, p. 7.742), le capitaine du transport pétrolier Radioléine fut, dans les termes suivants, inscrit au tableau spécial de la Légion d’honneur pour le grade de chevalier :

« Quedrue (Maurice), lieutenant de vaisseau auxiliaire, Rouen 112 : son navire ayant été torpillé et, de ce chef, fortement avarié, est parvenu, grâce à son sang-froid et à ses belles qualités de commandement, à le ramener au port, parcourant 400 milles dans des circonstances particulièrement délicates (Croix de guerre). »

Nota : Promu lieutenant de vaisseau de réserve par un décret du 16 août 1929 (J.O. 18 août 1929, p. 9.733).
Dernière modification par Rutilius le lun. sept. 21, 2020 5:48 pm, modifié 3 fois.
Bien amicalement à vous,
Daniel.

Memgam
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Re: RADIOLEINE II - Société Pétrole Transports

Message par Memgam » sam. oct. 11, 2014 10:38 pm

Bonjour,

Maurice Jules Quedrue rallie les Forces Françaises Libres en juillet 1941, comme capitaine de corvette et sert dans la Marine marchande.

Source : Liste des FFL

Cordialement
Memgam

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Re: RADIOLEINE II - Société Pétrole Transports

Message par olivier 12 » dim. juin 07, 2015 10:13 pm

Bonjour à tous,

RADIOLEINE

Note secrète d’Août 1917 du Vice-Amiral Lewis Bayly, Commandant en Chef des côtes d’Irlande

Le pétrolier français RADIOLEINE, après avoir été escorté jusqu’au point 49° N 17° W a été torpillé le 23 Juillet à 19h00 par 48°36 N et 17°56 W. Le navire a été abandonné à 20h40 mais l’équipage est resté dans les embarcations à ½ mille du pétrolier. A 03h00 le 24, constatant qu’on ne voyait plus le sous-marin le capitaine et l’équipage sont remontés à bord de RADIOLEINE et l’ont conduit à Queenstown par leurs propres moyens. Le sang froid du capitaine a sauvé un navire de grande valeur.

Attaques du 22 Juillet 1917 et du 23 Juillet 1917.

Rapport du capitaine


Je soussigné Maurice QUEDRUE, LV auxiliaire, commandant le pétrolier RADIOLEINE certifie avoir quitté Rouen le 12 Juillet 1917 à 11h00, navire sur lest, sortant de grandes réparations.
39 hommes d’équipage. Armé de 2 canons de 90 mm et possédant la TSF. Débarqué le pilote au large du Havre à 18h35. Fait route escorté par un torpilleur français et doublé la pointe Sainte Catherine le 13 Juillet à 04h45. Longé la côte anglaise jusqu’au 14 Juillet à 11h00 et arraisonné sur rade de Barry Dock. A 14h30 pris place sur les bouées dans le port.

Après avoir charbonné, quitté le port le 19 Juillet à 06h00. Mouillé sur rade à 07h30. Appareillé pour Queenstown d’Irlande à 11h00, accompagné par 2 destroyers anglais. Mouillé sur rade de Queenstown le 20 Juillet à 10h30.
Quitté Queenstown le 21 Juillet à 09h15 à destination de Newport News (Virginie) escorté par deux destroyers anglais.
La veille à bord est assurée par cinq hommes : 2 à l’avant, 1 à l’arrière, 1 en vigie, 1 sur la passerelle plus le timonier et l’officier de quart. Marche en ligne droite la nuit.

Le Dimanche 22 Juillet à 04h00, repris la route en zigzags par beau temps calme de NE et mer très belle. A 13h55, le lieutenant de quart aperçoit sur bâbord avant, à 800 ou 1000 m une torpille se dirigeant sur le navire. Je suis dans la chambre des cartes et entendant son exclamation j’arrive en quelques secondes à la passerelle. Je vois très bien la torpille et mets aussitôt la barre toute à droite pour me rapprocher de la parallèle suivie par le projectile. La machine pousse les chaudières pour monter à pleine puissance. Le navire répond et la torpille passe à 2 m du gouvernail. Le périscope du sous-marin est aperçu sur tribord arrière. L’officier de tir et les canonniers font feu des deux pièces, deux fois derrière et une fois devant. Les destroyers parcourent la mer autour de nous, mais plus rien n’est vu.
La position était 50°20 N et 12°15 W soit 110 milles au S58W du Fastnet.

A 15h30 repris la route normale. A 49 N et 15 W les deux destroyers nous souhaitent bon voyage. A 17h00 le temps s’assombrit et le ciel se couvre. La nuit vient.

A 19h00 le 23 Juillet, le 2e capitaine est de quart sur la passerelle haute lorsqu’il aperçoit une torpille arrivant à grande vitesse perpendiculairement à RADIOLEINE. Il vient toute à gauche et lance le signal « Aux postes de combat ». Mais la torpille nous atteint sur bâbord par le travers du tank 4. Je finissais de diner et j’arrive sur la passerelle. La machine est déjà à pleine puissance. Je tente de venir l’arrière à la houle pour fuir. Nous tirons au jugé deux coups de canon et le TSF lance le signal prévu. Le navire se couche sur bâbord et n’obéit plus à la barre. Les canonniers ne peuvent plus tirer et le télégraphiste ne peut plus transmettre. Il faut s’accrocher pour tenir debout et le navire revient sur bâbord, tournant sur lui-même. L’équipage est toujours aux postes de combat. Le second capitaine ouvre les tanks bâbord sur ceux de tribord pour tenter de redresser. Pour ne pas chavirer je stoppe et fait arrière.

Je dis au 2e lieutenant d’aviser le second capitaine de mettre les embarcations à la mer. A 19h20, je quitte la passerelle et suis l’embarquement de tout mon personnel. Le calme le plus complet règne à bord et tout s’effectue sans un cri et sans un bruit. Nous prenons le plus possible de vivres en prévision d’une longue traversée. Nos baleinières débordent avec ordre de se tenir à proximité. Nous sommes encore 5 à bord et l’eau arrive aux panneaux des tanks. Je m’attends incessamment à une 2e torpille et donne l’ordre de mettre le youyou à la mer.
Dans la machine, le chef mécanicien a mis les pompes d’alimentation en marche sur les chaudières.
J’immerge tous les papiers secrets. Le choc a été si violent que les portes de la chambre de veille sont faussées et ouvertes et l’eau a emporté la plupart des papiers du navire.
A 18h40, je reste seul à bord et les officiers m’attendent dans le youyou. Je descends, coupe la bosse et nous débordons. Le navire est affreusement déchiré sur bâbord. Nous rejoignons les embarcations et un sous-marin émerge au milieu de nous, mais sans ouvrir son kiosque. Je Donne l’ordre de n’allumer aucun feu et de ne pas quitter le navire, car il demeure notre seule planche de salut. Nous sommes à 400 milles de la terre la plus proche.
A bord de RADIOLEINE les feux sont masqués, mais j’ai laissé le feu des signaux Morse allumé et il va nous servir pour nous guider. Le sous-marin, en demi-plongée, tourne autour de RADIOLEINE. Les heures passent. La houle est creuse et le petit feu du navire apparaît et disparaît. Vers 23h00, nous entendons le battement régulier des moteurs du sous-marin qui navigue en surface et semble s’éloigner. La pression diminue à bord de RADIOLEINE et devient insuffisante pour bloquer la valve du sifflet qui depuis quelques instants fait entendre un bruit sourd, semblable à celui d’un navire lointain. Les hommes sont courageux, ne lâchent pas les avirons et se maintiennent près du navire qui dérive rapidement.

Le 24 Juillet vers 03h00 il fait petit jour. Je me rapproche du navire qui flotte toujours. Avec mes jumelles j’observe le pont où rien n’apparaît. Le navire s’est redressé et nos chiens sont sur la dunette. Je décide d’embarquer pour voir s’il y a des bombes. Toutes les embarcations ont rallié et nous revenons à bord. En petits groupes, nous visitons le navire et rien n’apparaît de suspect. Je fais embarquer le personnel machine, et risquant les chaudières, fait pousser les feux au maximum. Nous rembarquons les 4 baleinières avec beaucoup de précautions. Je remets à poste le compas de la passerelle dont les cercles sont faussés, la rose pliée et la cuvette toute bosselée. Les chronos sont chavirés, le sondeur Thomson, soulevé de son socle est brisé.

A 07h00, je remets en route cap sur l’Irlande. Les chaudières sont très sollicitées, mais il faut sauver le navire. Je vais lentement tout d’abord, puis j’accélère graduellement ayant constaté la stabilité du navire. Tout l’équipage est aux postes de combat et de veille, quart doublé dans la machine

Le 25 Juillet au soir, n’ayant pas d’observations, je navigue à l’estime et me rapproche de la côte d’Irlande, la grande sonde disposée sur le pont. A la nuit tombante, j’aperçois le destroyer américain n° 43 auquel je fais des signaux et demande la route pour rallier le Fastnet. Je fais alors route pour passer à 6 milles au Sud et le destroyer m’escorte jusqu’à 23h15. Ensuite, je le perds dans la brume. Après bien des vicissitudes, je double le Fasnet le 26 Juillet à 04h30, longe la côte et mouille sur rade de Queenstown le 26 Juillet vers 12h30.

Les avaries sont multiples et, en dehors des dégâts flagrants, il y a eu l’ébranlement général qui a causé la rupture de nombreux objets. Je fais toutes réserves sur l’état des chaudières et de la machine qui ont été poussées au maximum pour sauver le navire. Je me réserve d’étendre le présent rapport.

Le sous-marin attaquant

Pour l’attaque du 23 Juillet on sait qu’il s’agissait de l’U 96 du Kptlt Heinrich JESS.

Voici sa silhouette dessinée d’après la description faite par les hommes de RADIOLEINE.

Image

Pour l’attaque manquée du 22 Juillet, il y a de fortes chances pour que ce soit le même sous-marin car le 21 Juillet il avait déjà coulé à une position relativement proche le vapeur anglais PADDINGTON. Il aura donc suivi le pétrolier pendant une nuit et une journée, attendant qu’il ne soit plus escorté. RADIOLEINE aura vraiment eu beaucoup de chance !

Note de la Direction Générale de la Guerre sous-marine au Ministre. Août 1917

J’ai l’honneur de vous adresser ci-jointe copie du rapport de mer du commandant de RADIOLEINE. Le LV auxiliaire Quedrue y relate les deux attaques à la torpille dont il a été l’objet, l’une infructueuse le 22 Juillet à 110 milles au S58W du Fastnet, et l’autre le 23 Juillet à 400 milles du même point.

Sans préjuger des conclusions du rapport d’enquête qui vous sera adressé par le consul de France à Queenstown après interrogatoire du commandant et de l’équipage, je crois devoir vous signaler l’énergie et le sang froid dont chacun a fait preuve et grâce auxquels le navire a pu être sauvé et ramené au port.

Note du CF enquêteur au VA près l’Ambassade de France à Londres. Septembre 1917

Conformément à vos ordres, je me suis rendu le 29 Août 1917 à bord du pétrolier RADIOLEINE en réparations en cale sèche à Newport. J’ai procédé à l’enquête qui doit avoir lieu quand un bâtiment de commerce a pris part à une action de guerre.

J’ai pris connaissance du journal de bord, du journal machine, et interrogé un à un le capitaine, les officiers et tout l’équipage. Le seul absent était Mr. Maurice FOURNOT, second mécanicien, en permission en France et qui n’a pu rejoindre à temps.

Il résulte de tous les interrogatoires que le rapport du capitaine expose avec beaucoup d’exactitude et de précision les différentes circonstances critiques par lesquelles l’équipage a passé tant au moment du torpillage qu’à bord des embarcations de sauvetage, puis en navigation sur un bâtiment fortement avarié. Ce qui m’a frappé à bord de RADIOLEINE, c’est la tenue et la discipline comparable à celle de nos bâtiments de guerre. En interrogeant les hommes, j’ai été heureux de constater l’excellent esprit qui règne à bord et la confiance que le capitaine a su inspirer à tout le personnel. Chacun connaissait son devoir, chacun était prêt à le faire. Quand l’heure du danger est venue, il n’y a eu aucune hésitation, aucune défaillance. L’attitude de tout l’équipage de RADIOLEINE fait le plus grand honneur à son capitaine.

RADIOLEINE a été torpillé à plus de 400 milles de toute terre, et l’équipage a exécuté tous les ordres avec calme et sang froid. Obligé de quitter le navire qui menaçait de chavirer, il a pu regagner le bord après une nuit passée dans les embarcations et le ramener au port après une navigation difficile.

Je vous soumets les propositions de récompenses suivantes.

Récompenses

Inscription au tableau spécial de la Légion d’Honneur

QUEDRUE Maurice Lieutenant de Vaisseau auxiliaire

Son navire ayant été torpillé et, de ce chef, fortement avarié, est parvenu grâce à son sang froid et à ses belles qualités de commandement à le ramener au port, parcourant 400 milles dans des circonstances particulièrement délicates. Croix de Guerre.

Citation à l’Ordre de l’Armée

MAHEO Emmanuel 2e capitaine Auray 4219

A fait preuve des plus belles qualités d’énergie et de commandement lors du torpillage de son bâtiment qu’il a grandement contribué à sauver.

Citation à l’Ordre du Corps d’Armée

DUCHATEL Charles Chef mécanicien Le Havre 3695
LEVEN Edouard 1er chauffeur Brest 4301

Pour le sang froid, l’énergie et l’autorité vraiment exceptionnelle dont ils ont fait preuve lors du torpillage de leur bâtiment qu’ils sont parvenus à conserver.

Citation à l’Ordre du Régiment

LE FAHLER Joseph 2e lieutenant Vannes 627
POIRIER Louis Chauffeur Saint Nazaire 4873
QUINET Pierre Chauffeur Marseille 8627
CABIOCH Yves Soutier Morlaix 8501
BON Charpentier – Pompier Le Conquet 2248

Pour l’attitude énergique et particulièrement dévouée dont ils ont fait preuve lors du torpillage de leur bâtiment qu’ils sont parvenus à conserver.

Témoignage Officiel de Satisfaction

FALCH Raymond
TSF

Pour l’intelligente initiative et l’énergie dont il a fait preuve lors du torpillage de son bâtiment.

Vapeur RADIOLEINE

Pour la belle attitude et la parfaite discipline de son équipage, grâce auquel ce bâtiment a pu être conservé malgré les graves avaries résultant d’un torpillage.

Lettre de l’armateur à l’Amiral commandant la Marine à Marseille. 7 Août 1917

Nous avons l’honneur de vous remettre le rapport de mer de RADIOLEINE que nous gérons depuis l’origine pour la Société Pétroles-Transports de notre ville. Notre pétrolier est immatriculé à Marseille et c’est un navire de la flotte marchande marseillaise. Il transporte essence et autres produits de pétrole depuis l’Amérique jusqu’en France pour le Gouvernement français en vue des besoins de la défense nationale.

La lecture du rapport de mer vous montrera, Amiral, ce qui s’est passé sur ce navire et quelle est la cause de son importante avarie. Il a été torpillé à 700 km de la côte anglaise en faisant route sur le golfe du Mexique où il allait prendre un chargement de pétrole pour Rouen. Ce rapport de mer vous montrera les dangers courus ainsi que la belle, louable et intelligente conduite du capitaine, de son état-major pont et machine et de son équipage Vous apprécierez comment le capitaine a pu sauver son navire et le ramener dans un port anglais où il est actuellement en réparations. Il vous paraîtra certainement que capitaine, officiers et équipage ont bien mérité du pays et que des récompenses leur sont dues.

Nous venons solliciter de vous, Amiral, de vouloir bien les proposer à Monsieur le Ministre de la Marine telles que vous les jugerez convenables. Nous nous en remettons à votre justice et à votre esprit de bienveillante protection envers nos officiers et marins.

RADIOLEINE était assuré pour trois millions par l’Etat Français, assureur.

Veuillez….

Signé Gustave Graiver, Administrateur Délégué.

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Re: RADIOLEINE II - Société Pétrole Transports

Message par olivier 12 » dim. sept. 03, 2017 11:35 am

Bonjour à tous,

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Complément sur l’attaque du 4 Juin 1918

RADIOLEINE transportait 4350 tonnes de pétrole raffiné

Rapport de mer du capitaine

Quitté le port vers 19h00. Après avoir débarqué le pilote au cap Henry vers 21h00, fait la route indiquée à 10 nœuds pour rattraper le convoi auquel je suis attaché. Veille établie suivant les consignes de l’AMBC du Havre. Beau temps, petite brise de NNE.
Vers 23h00, sentons sans rien apercevoir, une odeur caractéristique de pétrole brûlé par un navire à moteur.

Le Mardi 4 Juin à 06h40, apercevons un trois-mâts schooner faisant route vers le Nord. Entendons deux coups de canon et le voilier semble continuer paisiblement sa route. A 06h55, un navire apparaît derrière lui, assez haut sur l’eau et beaucoup plus long que le voilier lui-même. La vigie avant le signale comme destroyer. Nous surveillons ses mouvements. Il semble stoppé et le voilier continue toujours sa route.
RADIOLEINE se trouve par 37°10 N et 74°00 W et fait route au N85E. Après un examen attentif, nous rapprochant, le navire suspect apparaît comme un sous-marin long de 120 m. Nous sommes à 6 milles et il est 07h05. Je téléphone à la machine de se tenir prête à servir la pièce de 140 mm située à l’arrière de RADIOLEINE.
Le pavillon français est hissé et à 07h10, je vois la flamme du premier coup de canon tiré par le sous-marin, incertain encore étant donné la grandeur du navire en vue. N’ayant pas vu tomber le projectile, je ne réponds pas dans la crainte de commettre une grave erreur. Mais depuis 07h10, je fuis à toute puissance, ventilateurs ouverts au maximum dans les foyers. Quart doublé dans la machine, postes de combat. A 07h15, je vois la flamme du 2e coup de canon. L’obus siffle au dessus de la mâture et tombe sur l’avant. Immédiatement hausse à 10000 m et nous répondons coup pour coup, réglant progressivement notre tir qui devaient de plus en plus dangereux pour l’adversaire. Passé par TSF SOS et notre position. Les obus de notre adversaire sont bons en direction, mais son tir est trop long. Le nôtre est plus court, à dessein de le tenir à distance. Je m’attache à lui masquer les points de chute de ses projectiles en zigzaguant. Tous ses obus tombent trop loin de 200 à 800 m, tantôt un peu à droite, tantôt un peu à gauche, soulevant une colonne d’eau de 50 à 60 m. Cette colonne fuse en l’air pendant 10 à 20 secondes. Certains obus émettent des vapeurs jaunes opaques ; d’autres explosent très violemment.

Je continue des zigzags de faible amplitude suivant les points de chute, et le tir du sous-marin se dérègle. Le but est de gagner la côte et je ne veux pas changer de route. Mes fumigènes sont inutiles car le vent est par le travers. Les masques à gaz sont à portée de main. Dès notre premier coup de canon, le sous-marin, qui avait mis le cap sur nous à grande vitesse, ralentit son allure et va zigzaguer prudemment.
Vers 07h30, nous avons un ennui momentané avec une gargousse mal engagée. Le tir est suspendu pendant une minute, puis aussitôt repris.
A 07h55, j’aperçois sur tribord avant une fumée qui se rapproche assez rapidement. Je la garde par tribord et le sous-marin reste sur bâbord arrière. A 08h10, je mets toute à droite pour laisser passer un destroyer américain malheureusement ancien et avec un trop faible armement. Grâce au timonier anglais, nous lui signalons à bras la position approximative de l’ennemi qui n’a pas encore plongé et dont l’artillerie est certainement supérieure à celle du destroyer. Nous continuons notre course à toute puissance au S85W pour nous éloigner. Le dernier obus du sous-marin tombe à 08h05 et nous lui envoyons notre dernier obus à 08h10. L’ennemi plonge sans hâte et disparaît. J’ai perdu le voilier de vue. Nous avons tiré 13 coups de canon en 49 minutes et le sous-marin 18 coups en 55 minutes.

Calme et sang froid parfait de tout l’équipage. Je signale en particulier le timonier de la Marine de Guerre anglaise Joseph JACKSON, embarqué à Norfolk, matricule BZ 10142, Devonport, qui mérite les plus grands éloges pour m’avoir secondé sur la passerelle avec un zèle calme et intelligent, indiquant chaque embardée faite par le sous-marin ennemi pendant le combat. A ensuite pris la veille TSF pour relever l’unique opérateur que possède le navire.

Note de l’officier enquêteur LV FAHRNER (New York 10 Juin 1918)

Celui-ci pense qu’ayant récupéré ses hommes qui plaçaient des bombes sur le trois-mâts goélette, le sous-marin a alors décidé de poursuivre en surface, à grande vitesse, le navire pétrolier RADIOLEINE. Celui-ci est monté à 13 nœuds et a aussitôt riposté avec son 140 mm. La distance est restée constante pendant le combat.
Il estime que le capitaine QUEDRUE, déjà Chevalier de la Légion d’Honneur pour sa belle conduite en Juillet 1917, mérite une récompense.

Note de la Police de la Navigation au Ministre. 10 Août 1918

Le capitaine de RADIOLEINE, le Lieutenant de Vaisseau auxiliaire Maurice QUEDRUE, a eu son bâtiment attaqué le 4 Juin dernier par un sous-marin maquillé en voilier. Manœuvrant avec sang froid et une grande présence d’esprit, et ouvrant le tir sur le sous-marin, il parvint à lui échapper sans avoir été atteint lui-même.
Cet officier a déjà été inscrit le 13 Novembre 1917 sur le tableau spécial de la Légion d’Honneur, pour avoir sauvé son navire lors du torpillage du 23 Juillet 1917. Plusieurs récompenses ont été accordées à cette date à certains de ses officiers et à des membres de son équipage.
Je vous prie de bien vouloir examiner avec attention le dossier d’enquête sur ce fait de guerre quant aux récompenses qu’il y aura lieu d’attribuer au commandant, aux officiers et à l’équipage de ce navire pour leur vaillante conduite dans les circonstances tragiques qu’ils ont traversées.

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Re: RADIOLEINE II - Société Pétrole Transports

Message par olivier 12 » mar. avr. 17, 2018 8:22 am

Bonjour à tous,

Rencontre avec un sous-marin le 30 Septembre 1918

Rapport de mer du capitaine

RADIOLEINE a quitté New York en convoi pour la France le 22 Septembre 1918 à midi.
Le 29 Septembre à 14h20, ordre du commandant du convoi de se tenir prêt à combattre. A 19h15 reçu par TSF le signal de détresse du GEORGE HENRY par 43°43 N et 38°30 W. Le 30 Septembre à 05h20, le convoi est attaqué au canon par un sous-marin. Nous abandonnons le navire américain PEERLESS en flamme.
A 09h07, reçu signaux de détresse du TICONDEROGA à la même position que le PEERLESS. Très gros mauvais temps d’Ouest. Mer démontée. Dans la nuit du 30 Septembre au 1er Octobre, le croiseur américain d’escorte de l’océan disparaît sans aucun signal.

Le 4 Octobre à 05h30, attaque du convoi à la torpille mais sans résultat à la position 45°53 N et 21°07 W. Les 4 et 5 Octobre au soir, entre 20h00 et 22h00, malgré la très grosse mer, perçu très distinctement les communications chiffrées de 2 ou 3 sous-marins allemands reconnaissables entre toutes par leur émission aigüe aux inflexions sur le U et aux longs traits dont sont entrecoupés tous leurs messages.

Entré à Spithead le 8 Octobre au matin sans autre incident.

Voici la signature du capitaine Maurice QUEDRUE

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Sous-marin attaquant

Les 29 et 30 Septembre, il s’agissait de l’U 152 du Kptlt Adolf FRANZ, qui a coulé les vapeurs GEORGE G. HENRY et TICONDEROGA dont voici les photos.

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En ce qui concerne ce dernier navire, il existe deux photos d’un TICONDEROGA qui semble bien avoir reçu une torpille. L’épave n’aurait-elle pas coulé et aurait-elle été remorquée jusqu’à un port ? Je ne peux le dire. Il est difficile d’affirmer qu’il s’agit de celui atteint par l’U 152 car on trouve quelques différences avec la photo du navire vu en entier (notamment les deux mâts de charge….)

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Le PEERLESS, quant à lui, ne fut pas coulé. Il a navigué jusqu’en 1949 sous le nom d’EAGLE (transformé en tanker).

Pour les attaques du 5 Octobre, il est bien possible que ce soit le même U 152 qui aura tout simplement suivi le convoi. Aucun autre sous-marin ne semble s’être trouvé à proximité.

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