GAULOIS - Un cuirassé aux Dardanelles, l'attaque des détroits

Marine, bateaux & marins pendant la Grande Guerre
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Ar Brav
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Re: GAULOIS - Un cuirassé aux Dardanelles, l'attaque des détroits

Message par Ar Brav » lun. févr. 11, 2008 2:22 pm

Bonjour à tous,

GAULOIS Cuirassé type Charlemagne (1898 – 1916)

Chantier :

Brest
Commencé : 06.01.1893
Mis à flot : 06.10.1896
Terminé : 1898
En service : 1898
Retiré : 27.12.1916
Caractéristiques : 11 200 t ; 14 500 cv ; 117,7 x 20,3 x 8,4 m ; plans Thibaudier ; 20 chaudières Belleville ; 3 machines ; 3 hélices ; 2 cheminées ; 18 nds ; 730 h.
Armement : IV de 305 + X de 138 + VIII de 100 + 20 (divers) + 2 TLT.

Observations :

Construit en neuf mois entre la mise en cale réelle et le lancement
15.01.1898 : armé pour essais
18-24.01.1900 : de Brest à Marseille, puis Toulon (CV Salaun Kertanguy) avec le Charlemagne. Escadre de la Méditerranée
29.01.1903 : aborde le Bouvet
29.03.1912 : de Cherbourg à Brest pour rallier la 3ème escadre
11.11.1913 : dissolution de la 3ème escadre
07.01.1914 : à Toulon, division de complément de la 2ème escadre. Alors à l’arsenal, un tube de chaudière explose dans la chaufferie. Quatre hommes sont atteints par la vapeur, sans gravité (extrait du journal Le Temps du 08.01.1914)
08.06.1914 : transféré à la division des écoles
01.08.1914 : remplacement de l’escadre dissoute par une division de complément, le Gaulois rallie
1914 : mer Egée, escorte de convois, opérations des Dardanelles
18.03.1915 : tentative de forcement du détroit, bombarde les forts de Tchanak avec les Bouvet, Suffren et Charlemagne, puis est gravement avarié par une mine et touché par l’artillerie turque à plusieurs reprises. Il parvient avec une forte voie d’eau jusqu’aux îlots à l’entrée du détroit, puis s’échoue devant Drapano, sur l’île aux lapins…Renfloué puis réparé
08.06.1915 : incorporé dans la 1ère division de la 4ème escadre
15.04.1916 : la 4ème escadre devient la division d’Orient
Fin 07.1916-12.1916 : en travaux
27.12.1916 : sur la route de Salonique, il est torpillé et coulé par le sous-marin allemand UB 47 (OL Wolfgang Steinbauer) en mer Egée à 30 milles des îles Cerigo par 36°30N et 23°45E (CV Morache). Seuls 4 hommes sont tués par l’explosion. Les survivants sont sauvés par le Rochebonne (LV Robin) qui l’accoste avant qu’il ne coule.

Merci à Arnaud pour la coupure de presse ;)

Cordialement,
Franck
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Yves D
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Re: GAULOIS - Un cuirassé aux Dardanelles, l'attaque des détroits

Message par Yves D » lun. févr. 11, 2008 4:57 pm

Le lieu du torpillage :

Image

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Re: GAULOIS - Un cuirassé aux Dardanelles, l'attaque des détroits

Message par olivier 12 » lun. févr. 11, 2008 9:57 pm

Une photo du GAULOIS

Image

Gravement touché aux Dardanelles, le GAULOIS s'enfonce par l'avant tandis que l'équipage attend les secours pour évacuer. Le commandant parviendra in extremis à échouer le navire sur l'île aux lapins.

Image

Cdlt
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Yves D
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Re: GAULOIS - Un cuirassé aux Dardanelles, l'attaque des détroits

Message par Yves D » mer. avr. 02, 2008 4:03 pm

Bonjour à tous
Quelq'un saurait-il si le Gaulois a transporté de Milos à Alexandrie les rescapés du City of Lucknow torpillé le 30.4.1916, dans un premier temps repêchés par le Rifleman avnt d'être dénarqués à Milos. Ce transport a pu intervenir dans le courant du mois de mai.
Cdlt
Yves
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Re: GAULOIS - Un cuirassé aux Dardanelles, l'attaque des détroits

Message par GENEAMAR » jeu. mai 22, 2008 11:19 am

[:alain dubois:8] Pour la petite histoire...

Au 1er janvier 1899, en essais à BREST.
Commandant (du 15 janvier 1898) : Eugène GADAUD, Capitaine de vaisseau.
Second : Auguste BOUXIN, Capitaine de frégate.
Lieutenants de vaisseau : Jean LAFROGNE - Charles MAUPOIX - Charles MILLAULT (can.) - Edmond MORILLON (torp).
Enseignes de vaisseau : Henry De PENFENTENYO de KERVERÉGUIN (torp.) - Octave RICHARD.
Mécaniciens principaux : 1ère classe : Jules BRUN - 2ème classe : Hippolyte MONTIGNY.
Sous-Commissaire (du 15 janvier 1898) : Yves Le JEUNE.
Médecin-Major : Etienne ONIMUS, Médecin de 1ère classe.

Au 1er janvier 1900, Escadre du Nord (Pierre MÉNARD, Commandant en chef l'Escadre).
Commandant (du 15 janvier 1898) : Eugène GADAUD, Capitaine de vaisseau.
Second : Auguste BOUXIN, Capitaine de frégate.
Lieutenants de vaisseau : François CARVÈS (torp.) - Camille CLAUDEVILLE - Prosper GERMAIN - Christian Le GOUZ de SAINT-SEINE (torp.) - Charles MILLAULT (can.) - Jules PETIT (fus.).
Enseignes de vaisseau : Jules BORIES - Armand CHAMPOISEAU (can.) - Georges De BASTARD (fus.) - René LÉONARD dit CHAMPAGNE - Louis POCHARD - Henri ROUSSEL (torp.) - Pierre SEIVE.
Mécaniciens principaux : de 1ère classe : Jules BRUN - de 2ème classe : Jacques AMBROISE - Paul FAVIER - François SEGOND.
Commissaire de 1ère classe (du 1er août 1899) : Albert DESCHARD.
Médecin-Major (du 23 octobre 1899) : Pierre COUTEAUD, Médecin de 1ère classe.
Médecin de 2ème classe : Jean MERLEAU-PONTY.
Aspirants : au nombre de 5 (non identifiés).

Au 1er janvier 1901, Escadre de Méditerranée (Vice-Amiral Marie De MAIGRET, Commandant en chef l'Escadre).
Commandant (du 15 janvier 1900): Félix SALAÜN DE KERTANGUY, Capitaine de vaisseau.
Second : Ernest PAPAÏX, Capitaine de frégate.
Lieutenants de vaisseau : Joseph BOYER (torp) - Camille CLAUDEVILLE - Jean De ROTHIACOB (can.) - Christian Le GOUZ de SAINT-SEINE (torp.) - Marie ROBIN (fus.) - François URVOY.
Enseignes de vaisseau : Constant BONNIN (torp) - Jules BORIES - Georges De BASTARD (fus.) - Marie De FRAMOND (can.) - René JUGE - Henri LANES - Louis POCHART.
Mécaniciens principaux : 1ère classe : Pierre HALL - 2ème classe : Ernest BEAUJARD - Eugène ROUSSEAU - François SEGOND -
Commissaire de 1ère classe (du 1er août 1899) : Albert DESCHARD.
Médecin-Major (du 23 octobre 1899) : Pierre COUTEAUD, Médecin principal.
Médecin de 2ème classe (du 15 janvier 1900) : Jean MERLEAU-PONTY.
5 Aspirants non identifiés.

Au 1er janvier 1902, Escadre de Méditerranée (Vice-Amiral Marie De MAIGRET, Commandant en chef l'Escadre).
Commandant (du 15 janvier 1902) : Jules De SURGY, Capitaine de vaisseau.
Second : Alfred TESTOT-FERRY, Capitaine de frégate.
Lieutenants de vaisseau : Joseph BOYER (torp.) - Louis CAUBET - Jacques DELGUEY de MALAVAS - Jean De ROTHIACOB (can.) - François URVOY.
Enseignes de vaisseau : Charles BATHY-BERQUIN - Sylvain BENCKER - Constant BONNIN (torp.) - Jacques CALVÉ (can.) - Henri FLORENVILLE (fus.) - Henri LANES - René JUGE.
Mécaniciens principaux : 1ère classe : Pierre HALL - 2ème classe : Ernest BEAUJARD - Pierre RECKEL - Eugène ROUSSEAU.
Commissaire de 1ère classe : Félix Le MOINE.
Médecin-Major : Louis THÉRON, Médecin principal.
Médecin de 2ème classe (du 15 janvier 1902) : Léon OLIVIER.
Aspirants : Charles BOURDEAUX - Pierre CAYLA - Georges GÉLIS - Gustave GUELPA - Nicolas MARCENET - Victor TRUCY - Charles ULLMO.

Au 1er janvier 1903, Escadre de Méditerranée (Vice-Amiral Edouard POTTIER, Commandant en chef l'Escadre).
Commandant (20 mars 1903) : Pierre Le BRIS, Capitaine de vaisseau.
Second : Sigisbert BLED, Capitaine de frégate.
Lieutenants de vaisseau : François CHAPUIS (torp.) - Hubert De BELLOY de SAINT-LIÉNARD - Henri DUNOYER - Alfred ROITEL (fus.) - Félix THOMAS de CLOSMADEUC (can.).
Enseignes de vaisseau : Charles BATHY-BERQUIN - Jacques CALVÉ (can.) - Camille CAMBON - Alexandre COUY - Louis De CHAULIAC (fus.) - Hippolyte MARIE - François PUECH.
Mécaniciens principaux : 1ère classe : Charles BESSIÈRE - 2ème classe : Gabriel CROISILLE - Charles DUHAMEL - Léon MIGNOT -
Commissaire de 1ère classe : Félix Le MOINE.
Médecin-Major : Louis THÉRON, Médecin principal.
Médecin de 2ème classe : Léon OLIVIER.
Aspirants : Louis BRINGUIER - Louis DECANTES - François De MALHERBE - Georges DERRIEN - Adalbert De SAINT-VICTOR de SAINT-BLANCARD - Charles LAFON - Etienne PAQUIER - François PASCAL.

Au 1er janvier 1904, Escadre de Méditerranée (Vice-Amiral Palma GOURDON, Commandant en chef).
Commandant (du 20 mars 1903) : Pierre Le BRIS, Capitaine de vaisseau.
Second : Ferdinand De BON, Capitaine de frégate.
Lieutenants de vaisseau : François CHAPUIS (torp.) - Victor COTONI - Georges DELAHET - Alfred ROITEL - Félix THOMAS de CLOSMADEUC (can.).
Enseignes de vaisseau : Camille CAMBON - Alexandre COUY - Louis De CHAULIAC (fus.) - Jean De RUFFI de PONTEVEZ-GÉVAUDAN (torp.) - Paul LAMBERT (can.) - François PUECH - Léon VIORT.
Mécaniciens principaux : de 1ère classe : Charles BESSIÈRE - 2ème classe : Clotaire BLANC - Gabriel CROISILLE - Léon MIGNOT.
Commissaire de 1ère classe : Abel NICODÈME.
Médecin-Major : Louis TOUCHET, Médecin principal.
Médecin de 2ème classe : Louis FOURGOUS.
Aspirants : Louis BRINGUIER - Louis DECANTES - Henry De MALET - Charles LAFON - Henri LÉVÊQUE de VILMORIN - Lucien MOUREN - Etienne PAQUIER - Jean RAFFI - Pierre VOISIN.

Au 1er janvier 1906, Escadre de Méditerranée (Vice-Amiral Charles TOUCHARD, Commandant en chef l'Escadre).
Commandant (du 10 août 1905) : Marie De la CROIX de CASTRIES, Capitaine de vaisseau.
Second : Charles NICOL, Capitaine de frégate.
Lieutenants de vaisseau : Frédéric BÉRARD - Armand CHAMPOISEAU (can.) - Henri DUNOYER - Albert JAYET de GERCOURT (torp.) - René SÉMICHON.
Enseignes de vaisseau : Paul ANTOINE - Georges CRON - Auguste DEVÉ (torp.) - Antoine FORTOUL - Camille GUÉRIN (can.) - Edmond HORTET (fus.) - Charles ULLMO.
Mécaniciens principaux : 1ère classe : Auguste LAURENT - 2ème classe : Alexandre BERTHIER - Georges SAUVAT - Louis SCHOLTÈS.
Commissaire de 1ère classe : Louis MARIN.
Médecin-Major : Olivier LASSABATIE, Médecin principal.
Médecin de 2ème classe : Jean CARRÈRE.
Aspirants : au nombre de 8 (non identifiés).

Au 1er janvier 1908, Escadre de Méditerranée (Vice-Amiral Paul GERMINET, Commandant en chef l'Escadre).
Commandant (du 10 août 1907) : Bertrand SOURRIEU, Capitaine de vaisseau.
Second : Louis EXELMANS, Capitaine de frégate.
Lieutenants de vaisseau : Jean BRISSON (can.) - Frédéric DAMIGNY - Paul GUIRAL - Camille LAURENS - Achille LEFEBVRE (torp.).
Enseignes de vaisseau : Léon COLLOS (can.) - Charles CORNET - Joseph DENIS - Jean De LABORDE - Henri De REGNAULT de BELLESCIZE - Ernest ENO (fus.) - Eugène RIVET (torp.).
Mécaniciens principaux : 1ère classe : Jules RAT - 2ème classe : Henri CURNIER - Clément MARTIN - Louis TARDY.
Commissaire de 1ère classe : Edgar LOISELEUR des LONGCHAMPS-DEVILLE.
Médecin-Major : Marie SEGUIN, Médecin principal.
Médecin de 2ème classe : Louis BRUHAT.
Aspirants : au nombre de 8 (non identifiés).

Au 1er janvier 1909, Escadre de Méditerranée (Vice-Amiral Marie De FAUQUE de JONQUIÈRES, Commandant en chef l'Escadre).
Commandant (du 10 août 1907) : Bertrand SOURRIEU, Capitaine de vaisseau.
Second : Émile MALCOR, Capitaine de frégate.
Lieutenants de vaisseau : Jules BINOS de POMBARAT - Jean BRISSON (can.) - Albert GUILLAUME (torp.) - Mériadec GUILLON - X... (non identifié).
Enseignes de vaisseau : Léon COLLOS (can.) - Henri DARRÉ (fus.) - François De CHEVIGNÉ de POTERAT (torp.) - Joseph DENIS - X, Y,Z (non identifiés).
Mécanicien en chef : Charles SORS.
Mécaniciens principaux : 1ère classe : Antoine MULLER - Jules RAT - de 2ème classe : Clément MARTIN - Louis TARDY.
Commissaire de 1ère classe : Edgar LOISELEUR des LONGCHAMPS-DEVILLE.
Médecin-Major : Marie SEGUIN, Médecin principal.
Médecin de 2ème classe : X..., (non identifié).
Aspirants : Max AUBERT - Jean CONSTANTIN - Marie De la FOREST-DIVONNE - Hippolyte SÉNAC - W,X,Y,Z (non identifiés).

Au 1er janvier 1911, 2ème Escadre (Vice-Amiral Marie AUBERT, Commandant en chef l'Escadre).
Commandant (du 1er septembre 1909) : Michel MORIN, Capitaine de vaisseau.
Second : Joseph L'ÉOST, Capitaine de frégate.
Lieutenants de vaisseau : Armand CHAMPOISEAU - Maurice MOTTEZ (torp.) - Pierre NEUZILLET (fus.) - Jean ROSSEL - Léon WELFELÉ (can.).
Enseignes de vaisseau de 1ère classe : Pitre BERNIER - René D'ESTIENNE de SAINT-JEAN de PRUNIÈRES (fus.) - Raoul Le BRUN (can.) - François Le GALLOU - Jean MERRIEN (torp.) - Edouard RENAULT - Émile SICARD.
Enseignes de vaisseau de 2ème classe : Joseph BERNARD - Pierre JAVOURAY - Fréderic Le BRETON - Henri SAUGRAIN.
Mécanicien en chef : Victor TÉTÔT.
Mécaniciens principaux : 1ère classe : Jean DUPUY - Jean Louis MAILLOUX - 2ème classe : François JACOB - René LESCAILLE.
Commissaire de 1ère classe : Joseph ROULHAC de ROCHEBRUNE.
Médecin-Major : William BORIUS, Médecin principal.
Médecin de 2ème classe : André MARCANDIER.

Au 1er janvier 1912, 3ème Escadre (Vice-Amiral Louis De MAROLLES, Commandant en chef l'Escadre).
Commandant (du 1er mars 1911) : Etienne AUBRY, Capitaine de vaisseau.
Second : Hubert De BELLOY de SAINT-LIÉNARD, Capitaine de frégate.
Lieutenants de vaisseau : Gabriel BROHAN (torp.) - Armand CHAMPOISEAU - Pierre NEUZILLET (fus.) - Léon WELFELÉ (can.) - X... (non identifié).
Enseignes de vaisseau : de 1ère classe : René D'ESTIENNE de SAINT-JEAN de PRUNIÈRES (fus.) - Raoul Le BRUN (can.) - Jules MERRIEN (torp.) - W,X,Y,Z (non identifiés) - de 2ème classe : François De ROURE de BEAUJEU - Pierre JAVOURAY - Gilbert MARTIN - X... (non identifié).
Mécanicien en chef : Jules HEIMSCH.
Mécaniciens principaux : 1ère classe : Jean DUPUY - Jean MAILLOUX - 2ème classe : Pierre BOEUF - X... (non identifié).
Commissaire de 1ère classe : Pierre PROVOST.
Médecin de 1ère classe : Alfred COROLLEUR.

Au 1er janvier 1914, Division de complément, 1ère Armée navale (Contre-Amiral Pierre DARRIEUS, Commandant la division)
Commandant (du 1er septembre 1912) : André BIARD, Capitaine de vaisseau.
Second : Benoît FOURNIER, Capitaine de frégate.
Lieutenants de vaisseau : Marie BOYER (torp.) - Fernand COLLIN - Pierre GENDRE (fus.) - Louis HAMON (Chef du service de sécurité) - Paul MASSE - Julien PERRETTE (can.).
Enseignes de vaisseau : de 1ère classe : Jean AUBERT (torp.) - Pierre LUCAS (fus.) - Julien SALIGNON - André TARRADE (can.) - de 2ème classe : Louis BENECH - Adrien ROUSTAN - X... (non identifié).
Mécanicien en chef : Jules CHAMBELLAN.
Mécaniciens principaux : de 1ère classe : Gabriel CROISILLE - Camille NERRY - de 2ème classe : Henri Le BARZIC.
Commissaire de 1ère classe : Pierre PROVOST.
Médecin de 1ère classe : Laurent MOREAU.

[:geneamar:4]
Cordialement. Malou

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Re: GAULOIS - Un cuirassé aux Dardanelles, l'attaque des détroits

Message par Ar Brav » dim. juin 01, 2008 8:56 pm

Bonjour à tous,

Je vous invite à suivre, pendant quelques jours, ce cuirassé lors de la tentative de forcement des détroits, avec le récit d’un médecin embarqué sur le Gaulois.
Ce texte est paru en septembre-octobre 1915 et tiré du tome cinquième de la Revue de Paris.
L’auteur n’a hélas pas signé ses écrits, même sous pseudonyme, rendant par là son identification difficile ; tout renseignement sera donc le bienvenu, merci par avance, ainsi que pour votre indulgence pour les erreurs de frappe.

Il est également possible que ce témoignage soit purement fictif, certains détails ou "tournures de phrases" me laissent perplexe. Bonne lecture toutefois

Cordialement,
Franck

Post 09.04.2010 :

Précisions apportées par Alain au sujet de l'auteur :


Simple information... l'auteur du texte publié dans la Revue de Paris et celui du livre "A bord du cuirassé Gaulois" sont une seule et même personne.
Il s'agit du Médecin de 1ère Classe Laurent Adolphe Moreau qui se trouvait à bord du Gaulois durant toute l'année 1915 et à vécu en direct
la "croisade" des Dardanelles..


AUX DARDANELLES
(FEVRIER-MARS 1915)
L'ATTAQUE DES DÉTROITS

Récit d'un témoin.


1er février 1915


Au mouillage de Port-Trébouki, dans l'île de Skyros.
Les cuirassés à l'ancre semblent assoupis dans ce clair décor d'Orient, que ferme à l'Occident un horizon lumineux de collines, et, tout près de nous, à toucher presque notre proue, le fantastique écran de pierrailles que jaunit le soleil couchant. Aucun être humain ne les habite, ces pentes rocailleuses et ravinées, que des torrents, au creux de capricieuses vallées, dégringolent à la saison des orages. Quelque berger grec, attardé, le soir, dans le rose du crépuscule, pousse, seul, parmi les oliviers et les lavandes, la tache mouvante de son troupeau. La voile d'une tartane qui s'échoue palpite un instant près de la côte ; une chanson s'égrène à la brise qui meurt, tandis que dans le ciel, bleui de nuit, s'allume et naît la première étoile. La mélancolie de l'heure nous pénètre, et nous causons à mi-voix, d'un ton lassé, sur la plage arrière du navire…
Il y a si longtemps que nous sommes ici, dans l'ennui amollissant de l'inaction, au sein de cette même mer Egée, où nos escadres connurent si souvent de triomphantes croisières !
Avec quelle joie ne l'accueillait-on pas autrefois, cette tournée du Levant, quand la nouvelle, un beau matin, s'en répandait dans l'armée navale ; et cette Provence, vers qui va notre nostalgie, avec quel cœur léger ne la fuyait-on pas alors ! Mais les temps sont changés : cette mer, ces îles, toute cette nature, adorable en temps de paix, nous semblent aussi hostiles aujourd'hui que l'ennemi nouveau - pauvre peuple éternellement asservi - qui, dans un coup de folie, vient de prendre les armes contre nous.
Avant que la stupide Turquie ne nous obligeât à venir monter la garde aux Dardanelles, notre rôle n'avait été ni plus glorieux ni plus actif. Le 3 août, notre division, qui avait appareillé de Toulon avec l'armée navale, recevait en mer l'ordre de se détacher du gros de l'escadre et de rejoindre la côte d'Algérie. A Oran d'abord, puis à Alger, nous avions protégé, parmi les hourrahs, l'embarquement de nos troupes d'Afrique, que nous avions ensuite convoyées jusqu'à Marseille et jusqu'à Cette. Une croisière de trois longs mois, alors, près de Bizerte, autour du plus morne des caps, au pourchas des bâtiments de commerce contrebandiers, puis, dans les premiers jours de novembre, en route pour les Dardanelles !

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Re: GAULOIS - Un cuirassé aux Dardanelles, l'attaque des détroits

Message par Ar Brav » dim. juin 01, 2008 9:22 pm


Voilà donc près de trois mois que nous naviguons dans ces parages, en compagnie des croiseurs anglais qui poursuivirent le Goeben et le Breslau. Aucun événement nouveau, depuis ce temps, du côté du Détroit, que barre une flottille de torpilleurs. Ténédos, Port-Sigri à Mitylène, Port-Trébouki à Skyros sont nos habituelles escales. Pas un jour de terre, ou dans des pays si désolés que l'esprit n'en pouvait plus chasser l'obsédante vision. Ce Sigri, où chaque fois nous revenons pour charbonner, comment imaginer, dans la laideur et la déchéance du présent, qu'il ait pu, sans la dégrader, naître au sein de l'antique et légendaire Lesbos ? Comme la moindre, la plus misérable bourgade d'Orient, il séduit, au premier aspect, avec sa vieille citadelle turque aux créneaux croulants, sa plage blonde où des pêcheurs s'ébrouent, le clocheton pointu de son minaret, et, dominant le semis des maisons arrêtées à mi-flanc du coteau, le primitif moulin qui tourne à la brise comme un minuscule jouet d'enfant. Mais, à terre, quel désenchantement ! Après la jetée de corail, où dansent à la houle les barcasses grecques accostées, c'est de suite le dédale des ruelles fangeuses, que bordent de misérables échoppes enfumées. Grossière enluminure des enseignes, vitres poussiéreuses où transparaît le visage étonné des buveurs d'araki, et, dans l'ombre du comptoir, le dédaigneux turban du vieux marchand turc impassible. Etrange mélange, en ce pays, de deux races si longtemps ennemies et pourtant si voisines ! Grecs et Turcs sont fusionnés au point que l'étranger ne saurait faire entre eux aucune distinction. Le noble pope qui m'a salué et que je suis sur les cailloux glissants, franchit le seuil également familier de la mosquée et de l'église. Pour nous, même accueil, réservé sans doute, de cette population - amie ou ennemie - à qui nous apportons l'espoir de quelque gain en proportion de l'effectif de nos navires. Très bienveillante est la neutralité du marchand grec qui fait venir à grands frais - ainsi que l'atteste sa note - les provisions dont s'emplissent pour nous ses maigres entrepôts. Très bienveillante et reconnaissante à la fois, cette foule d'émigrés qui ont fui devant les atrocités turques, et qui, entassés dans les masures de Sigri, ont reçu, aux premiers jours, les soins des médecins de notre escadre. Nous en rencontrons à tous les coins de rue, de ces lamentables réfugiés, des femmes surtout, qui, les pieds nus, dans la boue et vêtues de haillons, implorent, en se frappant la poitrine, la miséricorde du passant. Seuls, des groupes d'enfants, croisés dans le décombre du chemin, mettent à ce tableau d'infinie tristesse une note d'innocence et presque de gaieté. Ils trottinent près de nous, soulevant sur leurs mollets bronzés leurs robes trop longues, ou bien, le bras recourbé vers le front où se pose un menu fardeau, lèvent sur nous leurs graves regards bleus…
De temps en temps, après nos escales à Sigri, c'est à Ténédos que nous allions jeter l'ancre, et devant ce point de l'île où la terre ferme semble un grand mur abrupt qui vient de sortir du flot. Rade ouverte à tous les vents, mais si près des Dardanelles, dont on devine l'entrée, là-bas, dans la buée bleuâtre où disparaît Imbros. Là stationnent torpilleurs et sous-marins, vigilantes sentinelles croisant à tour de rôle aux portes mêmes du dangereux Détroit, prêts à donner l'alarme, si le Goeben ou quelque autre navire ennemi s'avisait de sortir. Mais, à se sujet, aucune crainte n'est possible : ni le Goeben, ni l’escadre turque n'oseront s'exposer au feu de nos cuirassés et des croiseurs de bataille britanniques. Pour qui connaît la façon dont les Allemands mènent la guerre - et personne ne l'ignore plus aujourd'hui - nul doute que c'est du côte de la mer Noire, où l'escadre russe est moins puissante et moins armée, que l'hétéroclite flotte ennemie ira cueillir, en bombardant des ports ouverts, de plus faciles victoires. Et c'est pourquoi notre rôle nous paraît ingrat et sans gloire : l’ennemi se dérobe au combat.

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Re: GAULOIS - Un cuirassé aux Dardanelles, l'attaque des détroits

Message par Ar Brav » dim. juin 01, 2008 9:52 pm


Quelquefois, une alerte ! Des torpilleurs turcs sont signalés dans le Détroit, et même des sous-marins, dont nous croyions la Turquie dépourvue. Renseignements officieux venant de diplomates peu avertis sur les choses de la marine et confondant de bonne foi des torpilleurs avec des sous-marins. N’empêche ! L'alerte était donnée, et l'on prenait, ne fut-ce que pour exercice, au sérieux l'avertissement… Un jour, à Dékéli, près de Ténédos, le canot de la Fanfare avait été accueilli par une vive fusillade. Les hommes qui le montaient avaient ordre d'incendier une barcasse turque échouée sur le rivage et pouvant servir au mouillage de mines. Un matelot avait été tué, deux autres blessés grièvement. A la suite de cette escarmouche, toute action provocante avait été interdite contre la côte, de peur sans doute des représailles dont on menaçait nos nationaux, et cela resserrait davantage, si possible, les limites de cette désespérante guerre de blocus, où commençaient à s'énerver nos énergies.

Depuis, ce blocus continuait, sans trêve ni imprévu, sans autre espoir que de le voir finir après la guerre. Comment penser autrement, autrement que ce soir, comme tous les soirs, devant Skyros, sur la plage arrière du navire, où nous causons à mi-voix, d'un ton lassé tandis qu'autour de nous tous les feux des vaisseaux à l’ancre se masquent déjà pour la nuit ?

15 février.

Serait-il vrai, mais nous n'osons y croire, que nous allons enfin sortir de notre inertie ? Depuis plusieurs jours, il n'est question dans les carrés que d'une action prochaine contre les Dardanelles. Nous en sommes bien un peu étonnés, car, à diverses reprises déjà, les deux amiraux des flottes alliées avaient, dit-on, soumis à leur gouvernement un projet d'offensive contre les Détroits, mais nulle réponse n'était encore venue de l'Amirauté ni de la rue Royale. Et puis, au début, les gens bien informés ne donnaient-ils pas mille raisons subtiles contre une semblable action commune de l'Angleterre et de la France ?
La tentative en elle-même est ardue, et nul n'ignore que le mince chenal qu'il faudra forcer, si l'on renonce à se contenter du bombardement à longue portée du 3 novembre, est semé de mines, de torpilles, et gardé par des forts puissants mis au point par la science teutonne. Non, malgré les précisions qu'on nous en donne, cette nouvelle, au moins prématurée, nous laisse sceptiques. Ne nous avait-on pas annoncé, en ce pays du mirage et de la fantasmagorie, que le premier bombardement des forts de l'entrée avait exterminé tant de Turcs que quarante charrettes avaient à peine suffi pour évacuer les cadavres ? Renseignements toujours de source officieuse, mais qui, avec le temps, perdaient en valeur ce qu'ils gagnaient en précision, les charrettes n'étant plus qu'au nombre de huit et bientôt de quatre ! Il était indéniable, toutefois, que les résultats obtenus ce jour-là, encore qu'ils n'eussent pas été exactement appréciés, dussent faire bien présager d'une attaque à plus courte distance.
Notre amiral, à qui je rends visite au retour d'une mission à Malte, s'étonne quand je lui apprends qu'aucun navire de guerre anglais n'était, lors de mon passage, mouillé dans ce port. Et pourtant, on attend sous peu une puissante escadre aux Dardanelles, où la flotte alliée ne compte à présent, outre les sous-marins et les torpilleurs, que trois cuirassés français et un croiseur de combat britannique. Le Saint-Louis, qui faisait partie de notre division de complément, nous a quittés récemment pour se faire réparer à Bizerte, et vient d'être rattaché à la division de Syrie. Le vice-amiral Carden est parti à Malte sur l'Indefatigable, pour discuter, croit-on, le plan de l'Amirauté. Mais la Vengeance arrive, ayant à son bord le contre-amiral de Robeck, suivie de près par le Cornwallis et par le Triumph.

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Re: GAULOIS - Un cuirassé aux Dardanelles, l'attaque des détroits

Message par Ar Brav » lun. juin 02, 2008 7:56 am


16 février.

L'amiral quitte le Suffren et vient inspecter à bord du Gaulois la compagnie de débarquement. Sur le quatrième pont du cuirassé, les cols bleus alignés présentent les armes, aux accents de la Marche Lorraine. Les canons de 65 ont été fourbis avec soin le matériel de démolition - pioches, grappins, cordes à nœuds - est correctement amarré au-dessus des havre-sacs. C'est qu'il faudra peut-être, une fois les forts détruits, aller par escalade enclouer les batteries et les empêcher de se braquer à nouveau contre nous. Tout est au point, et l'amiral paraît satisfait. Juché sur une glène de filin, dominant de sa svelte taille le cercle recueilli qui l'entoure, il explique en termes clairs la portée de l'action qui se prépare : la Turquie frappée au cœur, l'Allemagne humiliée dans son prestige, la Russie donnant par le Bosphore la main aux alliés, et cette longue guerre abrégée par la chute de Constantinople. L'auditoire a frémi, quand l'amiral, après un chaud serrement de main, a donné l'accolade au chef du corps de débarquement, et dans tous ces yeux, qu'un peu d'émotion vient troubler, passe, furtive lueur, un désir d'héroïsme et de noble gloire…

A 8 heures du soir, chaque bâtiment de la division française dépêche à bord du Suffren un de ses officiers pour y chercher des ordres. Ces ordres, c'est dans le Mémorandum anglais, dont le chef d'état-major fait la distribution, qu'on les trouvera implicitement contenus : le plan du forcement du Détroit, sa subdivision en sept phases principales, le bombardement des forts hors de leur portée, puis leur écrasement à très faible distance, le dragage des champs de mines sous la protection des cuirassés et des croiseurs, y sont exposés avec une clarté et une concision toutes britanniques. Douze cuirassés anglais, dont un superdreadnought, la Queen-Elisabeth, huit croiseurs rapides, seize destroyers, six sous-marins, sans compter les dragueurs de mines, un bateau porte-aéroplanes
et les nombreux navires de ravitaillement, doivent prendre part aux opérations, concurremment avec nos quatre cuirassés français, nos sous-marins et nos dragueurs. Un détail inquiète bien un peu nos canonniers : c'est la question du « tir indirect » des Anglais, cette méthode qui consiste à bombarder un but qu'on ne voit pas et que voit seul un avion ou un bâtiment appréciateur, et aussi celle du tir deliberate, du tir lent et bien ajusté, auquel nous préférons le tir rapide. Mais bast ! L'expérience permettra de juger, et ce sera le moment ou jamais, pour nos officiers de tir, de comparer les deux procédés.

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Re: GAULOIS - Un cuirassé aux Dardanelles, l'attaque des détroits

Message par Ar Brav » lun. juin 02, 2008 8:26 am


17 février.

Toute une escadrille de chalutiers anglais arrive en rade de Skyros. Ce sont les fameux dragueurs qui doivent relever les mines dans les Détroits et créer ainsi un chenal de sécurité pour les unités de haut bord. Besogne délicate et périlleuse que celle du dragage, d'autant que ces petits bâtiments n'ont, à part leur blindage, aucun moyen de se défendre contre le feu de l'ennemi. Voici, émergeant de l'arrière, les deux bossoirs qui soutiendront l'appareil déployé ; entraîné par le câble dragueur, l'orin de la mine arrachera du sol sous-marin le crapaud qui l'y fixe alors, remorqué dans des bas-fonds, le perfide engin n'aura besoin, pour couler, que de quelques coups de fusil, à bout portant, dans sa carapace¹.

¹ Le système français, très prisé d'ailleurs par nos alliés, repose, on le sait, sur un principe différent : l'orin est coupé par de puissantes cisailles que traîne à son arrière le dragueur, et la mine, ainsi libérée, remonte à la surface.


Nous les regardons longuement défiler, ces vaillants dragueurs, qui portent en tête de mât leur flamme de guerre fièrement déployée. Le succès de notre entreprise ne dépend-il pas d'eux pour une grande part, et ne sont-ils pas, ces satellites, les précieux auxiliaires des cuirassés qui, demain, Seddul-Bahr et Koum-Kaleh anéantis, se lanceront, confiants, dans leur sillage ?

Peu à peu nous rallient les unités annoncées dans le Mémorandum. Le croiseur Inflexible a remplacé l’Indefatigable, que nous n'avons pas revu depuis son départ. Sa silhouette, identique et trapue, se découpe sur la nacre du ciel, avec sa coque très basse, ses tourelles ramassées, ses trois courtes cheminées, dont l'une, surélevée, se cache derrière le mât de misaine. Il revient du combat des îles Falkland, où périrent les croiseurs allemands Scharnhorst et Gneisenau. Ses flancs sont tigrés de larges bandes blanches, qui, de loin, fondent son profil dans l'éblouissante nappe marine. A ses côtés, le fidèle Dublin, notre compagnon de blocus, montre à fleur d'eau, tachetées comme une robe de léopard, ses quatre obliques cheminées, que couronne un éternel panache de suie.

De retour d'une croisière devant Dédéagatch, l'Amiral Charner nous rapporte quelques impressions recueillies au cours d'un entretien avec des officiers bulgares. Quelle sera l'attitude de ce pays ? Sera-t-il favorable à la Duplice ou à la Triple Entente ? Les officiers, interrogés, n'ont pas caché que leur intérêt les portait plutôt vers l'Allemagne, malgré leur sympathie pour la France. Mais sait-on seulement si la Bulgarie a l'intention d'entrer dans le conflit ? Et la Grèce, va-t-elle saisir l'occasion qui s'offre de régler ses litiges avec le Grand-Turc ? Il nous revient que le Ministre de Grèce a quitté Constantinople, et l'on chuchote qu'une escale que fit dernièrement le Mirabeau au Pirée pourrait bien avoir une très haute signification... Mais ce ne sont là que des bruits, dont la source est souvent dans les journaux hellènes.

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