Frontenay sur Dive 14-18

Évocation de parcours individuels
regis 79
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Re: Frontenay sur Dive 14-18

Message par regis 79 » sam. oct. 28, 2017 3:27 pm

Il y a cent ans, jour pour jour, le 28 octobre 1917……...

Ce 28 octobre 1917, Constant Corval, né à Frontenay en 1876, quitte le 69ème RIT, en poste, selon l'historique du régiment, au Chemin des Dames.
Il intègre le 87ème RIT jusqu'au 17 novembre 1917, date à laquelle il est versé au 84ème RIT. Difficile de suivre un quelconque parcours de Constant Corval au sein de ces unités, ne connaissant pas son bataillon qui, comme les 3 autres, est autonome et agit donc en fonction des divisions auxquellles il est rattaché.

Seul renseignement de l'historique du 84ème RIT, on retrouve ce régiment en Lorraine jusqu'en fin 1917, soit en premières lignes, soit employé à des travaux divers.

D'avril à novembre 1918, ce sera les Vosges et l'Hartmannsvillerkopf pour Constat Corval qui restera, rappelons-le, à plus de 40 ans , « aux armées » jusqu'en janvier 1919.

Constant Corval continuera sa vie à Frontenay et y décédera le 23 janvier 1942, à 65 ans. Il repose dans le cimetière communal.
Constant Corval n'aura pas la peine de voir disparaître son petit-fils Pierre Tronel, Mort pour la France à l'âge de 28 ans, lors du conflit d'Indochine, en juin 1953.


Ce même 28 octobre 1917, Isidore Marsault, né à Frontenay en 1884, quitte le 6ème Régiment du Génie pour servir au 33ème RA. Son métier de forgeron explique probablement son service dans ces armes et non dans l'Infanterie. Là aussi, impossible de suivre le parcours d'Isidore Marsault, n'ayant pas connaissance de son numéro de batterie et l'intéressé n'ayant plus de descendance à Frontenay.
Isidore Marsault va rester 9 mois au 33ème RA avant d'intégrer un Régiment d'Artillerie Lourde.

Une histoire que j'ai peut-être déjà racontée dans mes récits : Isidore Marsault est lié à ma famille par un fait particulier et non par cousinage.
En 1946, alors qu'il rentre des champs avec son épouse Harmance, couturière de son état, au moment de passer devant la maison de mon grand-père Joseph Depoys, Isidore Marsault s'écroule, victime d'une crise cardiaque. Son épouse appelle à l'aide, on traîne Isidore sous le porche, on l'assois sur une chaise et ma grand-mère le frotte énergiquement avec du vinaigre sur la figure pour le « réveiller ». Hélas rien n'y fait, il n'y aura plus qu'à constater le mort d'Isidore Marsault, ce 17 juin 1946.
Mon frère aîné, témoin de la scène, alors âgé de 6 ans, s'en souvient encore, « comme si c'était hier ».....

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Re: Frontenay sur Dive 14-18

Message par regis 79 » dim. oct. 29, 2017 2:19 pm

Il y a cent ans, jour pour jour, le 29 octobre 1917……...

Ce 29 octobre 1917, Joseph Depoys, mon grand-père, né en 1890 à Frontenay, envoie une carte postale à sa bien-aimée.
Il écrit :
« Lundi 29 8bre 1917
Ma Chère Marie
je t'adresse simplement cette petite carte pour te souhaiter
le bonjour. Je suis toujours en lignes et assez bien malgré
que le mauvais temps sévit toujours. Hier encore, nous avons passé
la journée du dimanche par une pluie des plus abondantes
et au milieu des bois.
C'est bien a* ces moments-là qu'on songe a* ses amours lorsque
l'on est de garde, je pense que pour vous, il en est de même,
lorsque le dimanche arrive et qui se passe bien sombrement.
Amitiés douces toujours. Ton ami qui t'embrasse. Joseph
 »

* = écrit ainsi sur la carte

Le recto de la carte envoyée ce 29 octobre 1917 par le grand-père Joseph est une photo de l'église de Suarce (Territoire de Belfort).
Le grand-père est bien en lignes dans cette région, puisque le JMO précise que le régiment cantonne à Crosnes, Rechézy, Vélescot, Courtelevent, tous des villages situés dans un rayon de 5 km de Suarce, village situé à la frontière avec l'Alsace qui, si je ne me trompe pas, est toujours allemande à cette date-là.......

La situation est plutôt calme dans le secteur, sauf quand les Allemands tentent de rares coups de main.......

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Re: Frontenay sur Dive 14-18

Message par regis 79 » lun. oct. 30, 2017 8:24 pm

Il y a cent ans, jour pour jour, le 30 octobre 1917……..

Ce 30 octobre 1917, Léopold THOMAS, né à Frontenay en 1875, envoie une carte postale à mon grand-père Joseph Depoys, son filleul.
Il écrit :
« Mon chére* Joseph,
je profite dun* petit moment pour te donner de mais* nouvelle* qui
son* assez bonne* et je désir* que tu en soit* de même. Sa* ne fait pas
bon a* Troyon. Enfin je tenvoit* une petite fème*° pour oublier
les jours de misère. Mon chére* Joseph, je ne voit*plus
rien de plus a* te dire, je termine en te serant* la main.
Ton parrain, Thomas L

Le malheur, sais* encore un moi* avant de partir
en perm, vivement mais* vingt trois jour*
fait le 30 octobre 1917
»

Léopold THOMAS est au front à Troyon, ancienne commune proche de Craonne, au Chemin des Dames, avec le 69ème RIT, à porter munitions et matériel en premières lignes ou bien à consolider des tranchées .......
Chaque jour apporte son lot de blessés par éclats d'obus ou gaz asphyxiants dans ce secteur. Le JMO ne rapporte pas de tués, mais il ne précise pas non plus la gravité des blessures ….............

* = écrit ainsi sur la carte postale
° = voir le recto de la carte jointe, il s'agit d'une photo de jeune femme en attente de son « poilu », la situation exacte du grand-père Joseph Depoys que son parrain Léopold THOMAS connaît bien …... Ça part d'un bon sentiment, mais comme pour tous les soldats, je pense que ça ne suffit pas pour remonter le moral du grand-père Joseph.

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Re: Frontenay sur Dive 14-18

Message par regis 79 » mar. oct. 31, 2017 11:07 pm

Il y a cent ans, jour pour jour, le 31 octobre 1917……...

Ce 31 octobre 1917, Clodomir Goubault, né à Frontenay en 1876, appelé communément « Domer » dans sa famille et grand-père de Guy Mercier, actuel président des anciens combattants des environs, termine son sursis d'appel.
Il vient de travailler durant 3 mois comme entrepreneur de machines à battre dans une localité voisine.
Il lui faut donc rejoindre son unité d'origine, la 7ème Section d'Infirmiers et se retrouver donc en « zone des Armées ».
Il va y rester 10 mois, avant d'obtenir un nouveau sursis, à cause de ses qualités professionnelles que réclament l'agriculture française bien à la peine à cette époque.

Ce 31 octobre 1917,
- le frère aîné de Clodomir, Alfred Goubault, né à Frontenay en 1869, est détaché pour travaux agricoles depuis le 5 février 1917. Il ne sera plus jamais rappelé.
- le frère cadet de Clodomir, Ludovic Goubault, né à Frontenay en 1873, est affecté au 19ème escadron du train et y restera jusqu'au 20 novembre 1918
- le frère benjamin de Clodomir, Ernest Goubault, né à Frontenay en 1877, renvoyé depuis 1915 dans ses foyers, à cause d'une grosseur à une jambe, n'a pas le même souci de retour sous les drapeaux, …..........pour l'instant. À l'heure de la Victoire, il sera pourtant rappelé de mars à juillet 1919, pour en laisser d'autres revenir chez eux.

A 41 ans passés, Clodomir Goubault fera partie de ceux qui sont rentrés en campagne contre l'Allemagne dès le début août 1914 et n'en sortiront qu'en 1919, hormis 2 courtes périodes de travaux agricoles.

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Re: Frontenay sur Dive 14-18

Message par regis 79 » jeu. nov. 02, 2017 11:54 am

Il y a cent ans, jour pour jour, le 02 novembre 1917……...

Ce 02 novembre 1917, Joseph Amauger, né à Frontenay en 1895, le frère de Maurice et Aimé, reçoit une citation.

Toujours engagé avec le 224ème RA depuis que nous l'avons quitté le 01 février dernier, Joseph Amauger combat dans l'Aisne de juillet à octobre 1917. Il participe aux batailles dans des lieux du Chemin des Dames devenus tristement célèbres : Plateau de Madagascar, Soupir, la Malmaison.

Précisément, en juillet et août 1917, le JMO situe le premier groupe du 224ème RA à Longueval-Barbonval. Presque chaque jour, pendant ces 2 mois, des dizaine, des centaines, des milliers de munitions sont envoyées sur l'ennemi. Le 16 août 1917, on atteint le paroxysme avec 6 000 obus largués sur l'adversaire.
Le JMO nous dit que les échanges sont violents, bien sûr personne n'a comptabilisé les coups reçus.

Le JMO du second groupe du 224ème RA le situe en juillet à Juminy, entre l'Aisne et l'Ailette, juste en dessous du …........Chemin des Dames.
Les échanges avec les Allemands sont particulièrement violents le 20 juillet 1917 où le 2ème groupe du 224ème RA envoie pas moins de ….....7500 obus ! Mais, le 31 juillet, « le boche occupe la crête du Chemin des Dames », il va falloir inverser la tendance et ce n'est pas chose aisée.

Le 3ème et dernier groupe du 224ème RA cantonne au début juillet 1917 aussi près de Longueval-Barbonval. Le JMO de ce groupe rapporte quelques rares journées calmes au milieu de journées de bombardements intenses, voire inouïes. Ainsi, quasiment tout le mois de juillet fait l'objet d'attaques ennemies, précédées ou suivies d'attaques françaises.
Dans la nuit du 20 au 21 juillet 1917, pas moins de 6 000 obus sont envoyés sur les positions allemandes et le travail de harcèlement, de destruction, de neutralisation ne peut aller à son terme ….... faute de munitions.
Cela fait quand même 8 obus à la minute reçus par les Allemands chaque minute pendant 12 heures.....Allemands qui ne sont sûrement pas sans réagir.

Le 31 juillet 1917, l'attaque allemande est si puissante que 1 500 hommes des premières lignes sont faits prisonniers.
Même les observateurs des 1er et 2ème groupes du 224 ème RA sont pris au piège.
La 1ère quinzaine d'août 1917 est moins intense pour le 3ème groupe, mais quelques journées violentes de « tirs de harcèlement, de barrage, de neutralisation, de contre-préparation, de peignage, de protection » ont quand même lieu de part et d'autres. Finalement, le 3ème groupe est mis au repos, à la mi-août...

Je n'ai pas de certitude quant au groupe du 224ème RA auquel appartient Joseph Amauger (le 3ème groupe a priori suivant des indications d'août 1918!), mais la citation de ce jour et les résumés des combats sont sans équivoque possible: « Très bon chef de pièce consciencieux et dévoué, s'est particulièrement distingué dans les durs combats sur l'Aisne de juillet et août 1917 en assurant le service de sa pièce sous les plus violents bombardements : Croix de Guerre et Médaille Militaire »

Quand on pense que Joseph Amauger a été enseveli sous les décombres d'une maison le 24 décembre 1914 en Belgique et qu'il est toujours aussi efficace!
Un peu trop probablement, car c'est peut-être cela qui va lui jouer un mauvais tour en 1918 ….....................

Vous pouvez également lire le commentaire d'un internaute averti auquel j'ai posé la question sur ces différents obus et avoir des explications sur les OB, CN, CR (obus à balles, charge normale, charge réduite) en allant sur: http://pages14-18.mesdiscussions.net/pa ... _1.htm#bas

Très intéressant quand on sait que les Allemands connaissent le défaut de notre canon de 75. Mais les Français ne sont pas les champions du système D pour rien ….......

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Re: Frontenay sur Dive 14-18

Message par regis 79 » lun. nov. 06, 2017 12:47 am

Il y a cent ans, jour pour jour, le 05 novembre 1917……...

Ce 05 novembre 1917, Samuel Savattier, né à Frontenay en 1883, quitte le 214ème RI avec lequel il est au front depuis bientôt 7 mois.
Le régiment cantonne au moins depuis fin août 1917 du côté de Trugny et St Thierry, à 20 km à l'ouest de Reims, dans la Marne.

Le JMO rapporte que, le 01 septembre 1917, l'ennemi profite du brouillard pour tenter un coup de main. Mais le « Poilu » veille et l'ennemi repart bredouille.
Le secteur semble calme, et pourtant, les Allemands profitent encore du brouillard le 09 septembre et enlèvent 2 hommes, faisant par la même attaque 1 tué et 7 blessés.
Puis le 30 septembre suivant, les Allemands lancent des obus toxiques sur des positions tenues par le 214ème de Samuel Savattier, faisant un tué et 50 intoxiqués qu'on est obligé d'évacuer à l'arrière.

Voilà les conditions dans lesquelles évoluent Samuel Savattier, qui quitte donc, ce 05 novembre 1917, le 214ème RI pour rejoindre le 8ème Escadron du Train où il est impossible de suivre son parcours. On sait seulement qu'il y restera jusqu'au 20 décembre 1917, « aux Armées », avant de rejoindre le 20ème Escadron du Train.

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Re: Frontenay sur Dive 14-18

Message par regis 79 » ven. nov. 10, 2017 3:32 pm

Il y a cent ans, jour pour jour, le 10 novembre 1917……...

Ce 10 novembre 1917, 10 soldats de Frontenay, détachés pour travaux agricoles depuis février 1917 pour les plus anciens à septembre 1917 pour les plus récents, sont mutés administrativement au 109ème RAL pour être officiellement démobilisés.
Il s'agit de :
- Alcide Amauger né en 1870,
- Emmanuel Barry né en 1870,
- Augustin Deméocq né en 1871,
- Octave Dubois né en 1874,
- Isidore Huctin né en 1870,
- Gustave Penot né en 1875,
- Pierre Ernest THOMAS né en 1871,
- Mandé Valançon né en 1872,
- Eugène Vinais né en 1871, tous nés à Frontenay
- et Jean Ernest Aubourg né en 1869 à Moncontour.

Pour eux, la mobilisation, que ce soit au front ou à l'intérieur, est terminée. Ils vont pouvoir continuer les travaux agricoles entrepris depuis quelques mois.

Mais être muté au 109ème RAL ne signifie pas forcément être démobilisé.

C'est le cas, ce 10 novembre 1917, d'Auguste Aubert, né en 1873 à Frontenay, pourtant père de 5 enfants, dont Almyre et Augustine entre autres. Ce jour, il quitte le 119ème RIT pour intégrer le 109ème RAL où il restera jusqu'au …..11 janvier 1919.

S'il est difficile de suivre un soldat au 109ème RAL, le JMO du 3ème bataillon du 119ème RIT, le seul qui subsiste, rapporte que ce dernier cantonne le 15 octobre à Hallignicourt, dans la Marne, juste à côté de St- Dizier. Il aide la population à la constructions d'abris privés contre les bombardements.
On retrouve ensuite le 3ème bataillon le 24 octobre 1917, en direction de la Fère-en-Tardenois, dans l'Aisne, à 120 km de St-Dizier, avant de se rapprocher de St-Quentin le 31 octobre et d'être mis à la disposition du service routier.

Avec 5 enfants dont au moins 3 encore à charge, cultivateur de profession, Auguste Aubert va continuer à servir au 109ème RAL.
Après sa démobilisation, dès 1921, Auguste Aubert, atteint de « rhumatismes poly-articulaires à tendance déformante, de raideur des épaules, de raideur de la hanche droite, de déformation des mains et des doigts », aura un taux d'invalidité réduit probablement à cause de problèmes non entièrement imputables au service.

Auguste Aubert décède à Frontenay le 02 décembre 1945.

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Re: Frontenay sur Dive 14-18

Message par regis 79 » lun. nov. 13, 2017 11:17 pm

Il y a cent ans et 1 jour, le 11 novembre 1917……...

Ce 11 novembre 1917, la fiche matricule de Hyacinthe Bironneau, né à Frontenay en 1893, indique cette date comme début de sa campagne « en Orient ».
N'ayant pas d'autres informations sur le sujet, j'ai demandé de l'aide et Bernard Sonneck, internaute averti sur le forum « Pages 14/18 », m'a répondu.

Voici ce qu'il écrit sur cette période :
« Après le dernier séjour de Hyacinthe Bironneau aux armées du Nord et du Nord-Est, il est signalé à l'intérieur du 17 octobre au 10 novembre 1917. Comme il était au 2e Génie, il était donc rentré au dépôt, à Montpellier. Probablement pour se préparer à partir pour l'armée d'Orient, où il a rejoint un détachement du 8e Génie, régiment dont il convient de rappeler qu'il rassemblait tous les sapeurs-télégraphistes (près de 70.000 hommes à la fin de la guerre). 
Il est signalé "en Orient" à partir du 11 novembre 1917. La règle étant de décompter une campagne outre-mer à partir du jour de l'embarquement pour rejoindre le territoire en question, on peut considérer sans trop d'erreur que son bateau est parti le 11 novembre 1917. Dans le même ordre d'idée, le 25 mai 1919 doit être la date de son débarquement en France, au retour d'Orient.
 »

Et avant de publier, à partir de fin décembre 1917, le récit de quelques cartes postales envoyées par le grand-oncle Hyacinthe, il convient d'en savoir un peu plus sur le 8ème Régiment du Génie, qui sera son unité jusqu'au 31 août 1919.

L'historique du 8ème RG rapporte les éléments suivants:

Au 1er janvier 1917, le 8e Régiment comprenait 35.000 hommes dont 650 officiers;
Au 1er janvier 1918, le 8e Régiment comprenait 55.000 hommes dont 1.000 officiers
Au moment de l'Armistice (11 novembre 1918), le 8e Régiment du Génie se composait, sans compter les 6 compagnies de dépôt à Angoulême, de :
- 18 Compagnies télégraphiques d'Armée:
- 34 Compagnies télégraphiques de corps d'Armée;
- 10 Compagnies de parc télégraphique d'Armée;
- 106 détachements de division d'infanterie ;
- 2 détachements de division de cavalerie à pied;
- 6 détachements de division de cavalerie;
- 3 détachements de division Polonaise;
- 2 compagnies d'instruction à Cesson ;
- 5 détachements de sapeurs-manipulants ;
- 4 Compagnies à l'intérieur (1 au G. M. P., Cie S/O/T, Cie S/O/G, Cie T/S/F 1).
Il y avait, en outre, au Maroc: 1 Compagnie télégraphique et 1 Compagnie radio,
et à l'Armée d'Orient :
- 1 Compagnie télégraphique d'Armée ;
- 1 Compagnie de parc télégraphique d'Armée ;
- 3 Compagnies télégraphiques de groupement de division;
- 9 détachements télégraphiques de division.

La simple comparaison des chiffres ci-dessus montre l'importance de l'effort demandé au 8e Génie au cours de la campagne
Disséminé en petits détachements qui suivent dans leurs mouvements incessants leur Corps d'Armée, leur Division, leur Groupe d'artillerie, leur escadrille d'aviation, formant aussi de puissantes compagnies télégraphiques d'Armée dont le travail durable s'étend sur de larges secteurs, le 8e Régiment du Génie est partout, sur tous les fronts, à toutes les époques de la campagne.

Eh oui, mon grand-oncle Hyacinthe Bironneau, mareyeur en 1913, marchand de légumes et de viande de chèvre après guerre, sert dans la télégraphie en Orient, ce que j'ignorais jusqu'à hier soir, information confirmée par une de ses cartes postales!

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Re: Frontenay sur Dive 14-18

Message par regis 79 » sam. nov. 18, 2017 3:36 pm

Il y a cent ans, jour pour jour, le 18 novembre 1917……...

Ce 18 novembre 1917, Joseph Depoys, mon grand-père, né à Frontenay en 1890, envoie une carte postale.
Il écrit :
« Dimanche 18 9bre 1917
Ma chère Marie,
un tout petit mot seulement pour te donner de mes nouvelles
et pour te tenir au courant de ma situation.
Comme je te l'ai annoncé la dernière fois, je suis en lignes,
c'est donc de là que je t'écrit* aujourd'hui. Tout se passe
bien jusqu'ici, espérons que ça continuera surtout comme
tranquilité*. Rien de plus à te dire, je termine en bonne santé,
je t'en souhaite ainsi.
Ton ami intime qui t'aime et qui ne t'oublie pas. Joseph n

Remarque bien, tu me diras si tu as compris. 
»

* = orthographe identique à celle de la carte postale

Par cette dernière phrase, Joseph Depoys insiste auprès de Marie Panier, la future grand-mère, pour lui faire comprendre que certaines lettres du texte de sa carte postale sont soulignés et qu'en y regardant de plus près, on découvre le nom de Pfetterhausen, village allemand, pris dès août 1914 par les Français, limitrophe de Rechézy en France et de Beurnevésin en Suisse.
Dans le même temps, on ne peut pas affirmer que la censure militaire soit efficace, car le code employé par le Joseph Depoys est parfaitement visible ....

A ma connaissance, peu de soldats français, en 14/18, ont eu l'honneur de combattre en Allemagne. Le grand-père Joseph a ce triste honneur, en lignes de surcroît et dans l'ancienne France, puisque Pfetterhausen (Pfetterhouse en français) est un village d'Alsace, donc d'origine française, annexé en 1871 par Bismarck !

Le monument le plus célèbre dans ces trois villages, c'est la « borne des trois puissances », point de rencontre des frontières suisse, allemande et française, où avant guerre, il est courant de venir s'y faire prendre en photo (voir ci-dessous le recto d'une autre carte envoyée fin décembre 1917).

le JMO du 346ème RI, le régiment de Joseph Depoys, confirme bien cette position. Il précise que le 15 novembre 1917, les 4ème et 5ème bataillons de cette unité prennent la relève à Seppois-le-Bas (Alsace, donc en Allemagne de l'époque) et que le colonel commandant le régiment est à Suarce (actuel Territoire de Belfort, donc en France). Début décembre 1917, tout le régiment ira cantonner à …. Pfetterhausen et Courtelevent. Tous ces villages se tiennent dans un mouchoir de poche, de part et d'autre de la frontière franco-allemande.

La tranquillité annoncée par le grand-père Joseph est relative. Il y a 3 tués et quelques blessés fin novembre-début décembre 1917.
La mort rôde toujours, invisible pour chacun, mais possible pour tous, à tout moment ......
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Re: Frontenay sur Dive 14-18

Message par regis 79 » sam. nov. 25, 2017 8:25 am

Il y a cent ans, jour pour jour, le 25 novembre 1917……...

Ce 25 novembre 1917, Narcisse Drouet, né à Frontenay en 1891, cousin issu-de-germain de ma grand-mère Marie Panier et frère de la "Petite Lucie", change de régiment. Du 346ème RI, le même que celui de Joseph Depoys, mon grand-père, Narcisse Drouet rejoint la 14ème compagnie du 356ème RI.

On sait, pour avoir suivi les cartes postales de mon grand-père, que le 346ème RI est en poste, en cette mi-novembre, juste au-dessus de la frontière suisse, à la limite du Territoire de Belfort et du Haut-Rhin, Haut-Rhin à l'époque territoire allemand.

L'historique du 356ème RI rapporte que ce régiment est en Alsace depuis le 10 août 1917, en poste à Pfetterhausen et ses environs.
Narcisse Drouet n'a donc pas grand chemin à faire pour rejoindre sa nouvelle unité. En même temps que son transfert, il prend du galon et devient caporal.

La situation est « relativement » calme quand, le 1er décembre 1917, l'artillerie ennemie effectue des tirs de harcèlement sur tout le front. Le 02 décembre, ce sont 1200 obus qui tombent sur les tranchées françaises du centre de ce front.
Les 06 décembre, 8 avions ennemis survolent les lignes françaises. Le jour suivant, ce sont 6 drachens (ballons d'observation) et 15 avions qui épient et attaquent les positions françaises. L'aviation ennemie abat un de nos ballons d'observation appelée « saucisse », en raison de sa forme.
Tirs de harcèlement, rispostes, entretien des tranchées, différents travaux dans le froid qui arrive vont être les « activités » des deux parties jusqu'au mois de mai 1918, date à laquelle le 356ème RI est envoyé dans la Somme. Il va s'y entraîner à combattre en liaison avec les chars d'assaut.

Et puis fin mai 1918, ce sera le transfert au Chemin des Dames.
L'ennemi est loin d'avoir dit son dernier mot et le 356ème de Narcisse Drouet est immédiatement jeté dans la bataille, car il faut « endiguer la ruée allemande coûte que coûte » …...........

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