Les Polonais

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Eric Mansuy
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Re: Les Polonais

Message par Eric Mansuy » lun. oct. 30, 2006 10:54 am

Bonjour à tous,
Afin de venir en aide à un ami polonais dont le grand-père est venu en France, je cherche pour lui tout renseignement concernant :
- la caserne de Mamers (il souhaiterait savoir si quoi que ce soit subsiste de la caserne dont il possède une photo de 1918) ;

- les hôpitaux de Bayonne et de Lyon ayant accueilli des Polonais ;

- le site de Sillé-le-Guillaume, dans la Sarthe.

D'avance, de sa part et de la mienne, merci :hello:

Bien cordialement,
Eric Mansuy
"Un pauvre diable a toujours eu pitié de son semblable, et rien ne ressemble plus à un soldat allemand dans sa tranchée que le soldat français dans la sienne. Ce sont deux pauvres bougres, voilà tout." Capitaine Paul Rimbault.

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Terraillon Marc
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Re: Les Polonais

Message par Terraillon Marc » lun. oct. 30, 2006 7:13 pm

Bonsoir

Voici quelques éléments d'information sur Mamers :

"Une Caserne à Mamers

Dès le mois de février 1875, tout porte à croire que les travaux de construction de la caserne vont commencer puisque les entrepreneurs font tirer pierre et sable, en grande partie sur les lieux même ; malheureusement, en fin avril, les plans détaillés et modifiés des casernes ne sont pas encore remis aux entrepreneurs : MM. Renaud (ou Renault) et Durand qui font stopper l'extraction de pierre aux trente ouvriers. Ces plans n'arriveront qu'en juin, et le 14, chacun croit qu'enfin, les plans reçus, la construction démarre… Impossible " le génie, en envoyant les plans, a oublié de fixer les emplacements où devaient être construits les bâtiments " (oui) ; enfin, le jeudi 24 juin 1875, les cinquante ouvriers du chantier commencent les terrassements du bâtiment du fond, situé face à la rue Neuve Saint Jean. Les travaux sont menés bon train et pourtant fin juin 1876, le Ministre de la Guerre usant de la faculté que lui laisse le cahier des charges, décide que le marché passé avec M. Renaud serait résilié à la date du 1er janvier 1877. Une explication est nécessaire : l'entrepreneur qui avait soumissionné pour une caserne du Mans (à la même époque qu'il soumissionnait pour celle de Mamers) avait consenti (pour le Mans) une diminution sur le prix estimé. Depuis, jouant, sur la faculté de résilier le marché au bout de 3 ans, il avait usé de ce droit pour les travaux du Mans… Le Ministère de la Guerre joua de la même manière pour la caserne de Mamers vis-à-vis de ce M. Renaud. Il faut savoir que le ministère traitait non pas sur un projet déterminé à exécuter, mais sur une série de prix et une indication sommaire du total des dépenses qu'il se réservait d'ordonner. Le marché était conclu pour une période de six années avec faculté de résiliation au bout de trois années. Des deux côtés, on usa de cette faculté… et Mamers devait se retrouver un nouvel adjudicataire. En attendant, les travaux se poursuivent, d'autant plus que le Ministère voudrait installer rapidement un dépôt et même un bataillon à Mamers (en 1877). Le 5 février 77 avait lieu à la mairie de Mamers, l'adjudication " des travaux à exécuter pour terminer le quartier d'infanterie ". C'est un Monsieur Beldent qui avait déjà construit la caserne de La Flèche qui obtint le marché avec 14 % de surenchère (devant M. Renaud qui avait remis ça, mais avec 14,50 % de surenchère). Cette adjudication ne fut pas acceptée et en mars, un marché de gré à gré était passé avec un entrepreneur du Mans, M. Gorget pour seulement 10 % de surenchère.

Les travaux de la caserne se poursuivront à un rythme soutenu, si bien que le 25 septembre 1878, le 103e régiment, à l'issue de manœuvres, s'installera définitivement dans les casernes de Mamers. C'est à 9 heures, à Poudreuse que le Colonel Négrier à la tête de ses troupes sera accueilli par la Municipalité, la musique municipale et la population. Pour les soldats, la dernière étape avait été courte, ayant couché à Bellême, et ils défilèrent avec leur célèbre musique, en tête, jusqu'à la place des Grouas avant de rejoindre la caserne.

Les 28 et 29 septembre se déroulèrent à Mamers, en présence du Préfet de la Sarthe, de grandioses fêtes en faveur du régiment certes, mais surtout pour " la caserne " qui prendra plus tard le nom de " Gaulois " à la mémoire d'un héros, originaire de La Flèche : Manigault dit Gaulois que le Général Marceau avait appelé auprès de lui en 1794, en qualité d'adjudant-chef de bataillon. Nommé général de brigade en 1803. Le Général Joseph-Yves Manigault-Gaulois né en 1770 (donc à La Flèche - Sarthe) fut tué à la bataille de la Corogne (Espagne) en 1809. L'empereur a conféré à son fils le titre de baron en 1813. Les 103e et 115e régiment de ligne avaient participé à la campagne d'Espagne et longtemps continuèrent à commémorer certains batailles d'Espagne, le nom de Gaulois donné à leur caserne, était bien normal.

Des travaux se terminent, l'hospice militaire également (en grès de la Persinière), le terrain de tir du Rutin sera acheté, celui de la forêt de Perseigne installé et, la musique du régiment le jeudi, place des Halles, le dimanche, place des Grouas offrira un concert à la population (kiosque et chaises seront payés par souscription). Au théâtre, au-dessus de la halle aux toiles, la musique régimentaire offrira des concerts de bienfaisance, dont l'un en 1879 avec la chanteuse Madame Thérésa, au profit des sinistrés de la grêle. L'abattoir devenu nécessaire avec l'augmentation de la consommation de viande sera attendu jusqu'en 1882. Deux régiments se relaieront à la garnison de Mamers, alternant avec leur garnison à Paris : le 103e et le 115e. Il en sera ainsi jusqu'à la Grande Guerre. La Gendarmerie prendra le relais à partir de 1920 avec une école de gendarmerie et deux escadrons de gendarmerie dont un à cheval (jusqu'en 1924). En 1930, après une période de calme, la caserne abrite un Centre Mobilisateur, puis en 1932, un peloton de garde mobile à cheval.

Mamers, centre mobilisateur, présidera, à la déclaration de la guerre de 1939, à la formation de son régiment, le 102e. Après un bombardement aérien, léger, dans le secteur de la caserne, le 14 juin 1940, les allemands occuperont la caserne jusqu'en 1942, date à laquelle elle redeviendra Ecole de Gendarmerie. Centre Hospitalier pour les civils, blessés en Normandie, à la Libération, la Caserne restera Ecole de Gendarmerie jusqu'en 1948.

En 1949, des éléments de la 1ère Légion d'Intervention de la Garde Républicaine venant d'Allemagne arrivent à Mamers ; ils constitueront l'escadron 6/3 de Garde Républicaine dont l'appellation à partir de 1954 sera " de Gendarmerie Mobile ". Réorganisation dans la Gendarmerie en 1967 et l'escadron de Mamers deviendra le 4/10 : 4e escadron du 10e Groupement de Gendarmerie Mobile (Région de Pays de la Loire, avec Nantes pour P.C.).

Le quartier de la Caserne Gaulois représentant une importante fraction de la population de la ville, fait intimement partie de la vie de la région. Officiers, sous-officiers, gendarmes et leur famille sont des membres très actifs des sociétés locales : les mamertins ne concevraient pas leur ville sans " leur " Escadron.

Lettre d'un agriculteur mobilisé à la Caserne Gaulois de Mamers
Sous-officier au 115e Régiment d'infanterie.
Mamers, le 6 Août 1914
Cette guerre causera de grands désastres mais je crois que cette fois nous seront du côté du plus fort, notre organisation me paraît meilleure que l'on ne pouvait l'espérer, les trois régiments de Mamers, le 115e, le 315e et le 27e territorial sont ou vont être habillés, chaussés et équipés entièrement à neuf et cela fait un total d'environ 9 000 hommes et comme tout doit être en proportion dans toutes les autres garnisons de France, on peut se faire une idée de la masse énorme de vêtements et de cuirs qui peuvent y être emmagasinés.
En plus de cela, et je crois que c'est là le principal élément de succès, le moral des hommes est excellent ; tous sont convaincus que cette guerre est juste et tous marcheront comme un seul homme.
Un seul regret, c'est d'être laissé en arrière moi qui aurait tant désiré aller le premier au feu."

A bientot
Cordialement
MT

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Terraillon Marc
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Re: Les Polonais

Message par Terraillon Marc » lun. oct. 30, 2006 7:15 pm

Bonjour

Voici l'adresse du site où vous pourrez avoir des informations complémentaires :

http://aines.mamers.free.fr/mamers.htm

A bientot
Cordialement
MT

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Re: Les Polonais

Message par jean-claude bataille » lun. oct. 30, 2006 7:46 pm

Bonsoir
Est ce que l'ami serait interessé par les polonais prisonniers en Allemagne en 14/18?
cordment jean claude

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Eric Mansuy
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Re: Les Polonais

Message par Eric Mansuy » lun. oct. 30, 2006 8:06 pm

Bonsoir,
Merci Marc.
Jean-Claude, je pense que cela peut en effet l'intéresser car il constitue une base de données sur l'armée polonaise en 1918-19 (travail conséquent...).

Bien cordialement,
Eric Mansuy
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Frederic S.
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Re: Les Polonais

Message par Frederic S. » mar. oct. 31, 2006 3:22 pm

Bonjour,
Comme d'habitude, je n'ai pas d'info à vous apporter, juste la photo d'une médaille commémorative en bronze de 1919 :

Image

Cordialement,
Frédéric S.

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Eric Mansuy
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Re: Les Polonais

Message par Eric Mansuy » mar. oct. 31, 2006 4:17 pm

Bonjour Frédéric,
Bien bel objet...

Bien cordialement,
Eric Mansuy
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Re: Les Polonais

Message par jean-claude bataille » mer. nov. 01, 2006 7:09 pm

Bonjour à tous,
Afin de venir en aide à un ami polonais dont le grand-père est venu en France, je cherche pour lui tout renseignement concernant :
- la caserne de Mamers (il souhaiterait savoir si quoi que ce soit subsiste de la caserne dont il possède une photo de 1918) ;

- les hôpitaux de Bayonne et de Lyon ayant accueilli des Polonais ;

- le site de Sillé-le-Guillaume, dans la Sarthe.

D'avance, de sa part et de la mienne, merci :hello:

Bien cordialement,
Eric Mansuy
votre mail envoyé ne passe pas
cordment jean claude

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Eric Mansuy
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Re: Les Polonais

Message par Eric Mansuy » mer. nov. 01, 2006 7:27 pm

Bonsoir Jean-Claude,
J'ai bien eu votre mail, finalement, merci beaucoup !

Bien cordialement,
Eric Mansuy
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Stephan @gosto
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Re: Les Polonais

Message par Stephan @gosto » jeu. nov. 02, 2006 11:25 am

Salut Eric,

Je crois que tu as les "Notes et souvenirs" de Pierre Clément, du 414e. En fin d'ouvrage (p.107-110), il relate comment son régiment participa à la mise sur pied du 21e Régiment de Chasseurs Polonais.

Amicalement,

Stéphan

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