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Requête recherchée : +infirmière

par phollande
jeu. déc. 06, 2018 5:18 pm
Forum : Les femmes dans la guerre
Sujet : les femmes pendant la Grande Guerre (+ accès au sommaire)
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Re: les femmes pendant la Grande Guerre (+ accès au sommaire)

Bonjour à tous,
Pascale, nouvelle inscrite à ce forum.
Je cherchais des informations sur Emilienne-Rose Ducimetière, originaire du village dans et avec lequel je vis depuis 25 ans.
En plus de ce que vous avez mentionné, j'ai trouvé ici https://books.google.fr/books?id=hds9Dw ... re&f=false
le texte suivant :
La guerre secrète en Suisse (1914-1918) : espionnage, propagande et influence en pays neutre pendant la Grande Guerre
De Olivier Lahaie :
"Une semaine après la condamnation de Gerlach, la Française Emilienne-Rose Ducimetière était condamnée au bagne à perpétuité. Cette Savoyarde de dix-neuf ans était employée comme femme de chambre à Genève ; elle avait été séduite par un Suisse alémanique du nom de Walter qui la poussa bientôt à partir se prostituer en France. Devenu son souteneur, Walter lui demanda plus particulièrement de racoler les soldats près de la gare de l'Est et de lui rapporter les informations qu'elle pouvait apprendre d'eux. Depuis 1914, Walter était en réalité affilié à l'annexe du S.R. allemand de Genève, empochant de l'argent à chaque "confidence sur l'oreiller" que sa protégée récoltait. En 1915, il la poussa même à s'engager comme infirmière sur le front italien, de manière à recueillir des renseignements ; c'est ainsi que, revenue à Paris en octobre 1916, elle se fit engager au Val-de-Grâce et écouta les confidences des blessés. Mais un des rapports, qu'elle adressait à Walter en Suisse, fut découvert par la censure postale ; la S.C.R. tendit alors son piège. Le 6 novembre 1916, Ladoux profita d'un bref passage de Walter à Paris pour faire arrêter les deux espions. Le 3ème Conseil de guerre de Paris devait les condamner à mort le 24 avril 1917 pour "espionnage militaire". Plus victime qu'espionne consentante, Poincaré consentit à commuer la peine d'Emilienne-Rose Ducimetière. Elle décéda au bagne en" 1923. (Olivier Lahaie dit 1932, mais j'ai l'acte de décès sous les yeux).
Née le 2 mai 1896 à Monnetier-Mornex, elle décède le 13 février 1923 à Rennes, rue de Chatillon, aujourd'hui encore centre pénitentiaire des femmes. Fille de Armand Joseph et de Marguerite Laruaz.

J'ai un doute, elle est parfois présentée comme une espionne, et parfois comme une héroïne. Comment faire la part des choses ?
En savez-vous plus ?

cordialement, Pascale Hollande
par yann prouillet
mer. févr. 21, 2018 9:25 pm
Forum : Les femmes dans la guerre
Sujet : les femmes pendant la Grande Guerre (+ accès au sommaire)
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Re: les femmes pendant la Grande Guerre (+ accès au sommaire)

Bonsoir Brigitte et à tous

Pour éviter le "petit compte-rendu forcément" incomplet, évoqué ci-dessus, je me suis permis de rédiger pour votre "petite encyclopédie des femmes dans la Grande Guerre" une notule intitulée voir infra. J'espère que ce résumé répondra à vos attentes.

Pour une chronologie des femmes témoins de la Grande Guerre dans les Vosges

Pour mémoire, deux périodes se distinguent dans l’histoire de la Grande Guerre dans les Vosges ; la bataille des frontières (3 août - 12 septembre 1914) et la guerre de position (13 septembre 1914 - 17 novembre 1918), générant ainsi deux typologies de combats très différentes. Différentes sont également les zones occupées mais aussi les caractéristiques de cette occupation. Au cours de la première phase de la guerre, 82 communes vosgiennes ont été touchées par l’invasion et ont donc subi, tout ou partie, une occupation. Le recul dû à la victoire de La Marne entraîne la libération de 56 d’entre elles, mais 26 restent durablement occupées. Seule Frapelle sera libérée avant la fin de la guerre, en août 1918.

Jusqu’à une période relativement récente, la place des civils dans l’« expérience de guerre » dans les Vosges a été sous représentée dans l’historiographie de la Grande Guerre, même si l’un des premiers textes publiés la rapportant émane de Louis Colin dans Les barbares à la trouée des Vosges. Récits des témoins. (Paris, Bloud & Gay, 354 pages) dès 1915. Par cantons de l’est vosgien, l’auteur produit un catalogue martyrologe des exactions, crimes et destructions commises par les Allemands au cours de la bataille des frontières, dans lesquels civil(e)s et prêtres paieront un lourd tribut, « en violation du droit des gens ». Non spécifiquement écrit par une victime de l’occupation, l’ouvrage de l’inspecteur d’académie Emile Meyer, Livre du souvenir. L'effort du personnel et des élèves des établissements de l'instruction publique du département des Vosges pendant la Guerre et pour la Guerre. (Epinal, Imprimerie Vosgienne, 1918, 269 pages) fait un état précis de l’enseignement dans un département en guerre en un livre d’or des enseignants vosgiens au service de la France. Dans cet ouvrage, il reporte entre autre les termes d’une enquête réalisée auprès des instituteurs rapatriés de la zone occupée, et qui rapportent leur expérience de cette claustration temporaire [Sur ce type d’enquête, lire Verdier, Pascale, Les instituteurs meusiens, témoins de l’occupation allemande. 1914-1918. Bar-le-Duc, Conseil Général de la Meuse, 2003, 198 pages]. Ainsi, les instituteurs Mignot, au Ban-de-Sapt, Perrin, au Vermont et les institutrices Claudel, à Luvigny, Falcinella, à Châtas et Gautrot, aux Merlusses-Lusse ainsi que le témoignage de mademoiselle Denise Trabach, élève de l’Ecole Normale à Vieux-Moulin, éclairent-ils sur la vie en zone occupée, mais pas sur la totalité de la durée de la guerre toutefois.

De fait, entre 1915 et 1939, la littérature testimoniale et les essais concernant l’occupation allemande dans les Vosges sont fortement teintés de martyrologe. Quelques rares textes sont publiés dans des revues, telles les Lettres de la Tuilerie, écrites par mademoiselle Marcelle Ferry, à sa cousine, Mme Jules Ferry entre le 2 août et le 19 octobre 1914 et publiées par la Revue de Paris du 1er février 1925 (19 pages pour 16 lettres). Il faudra attendre les travaux de la Société Philomatique Vosgienne, initiés pour le 50ème anniversaire du déclenchement de la Grande Guerre, pour étoffer le corpus des témoins des deux occupations. En 1963, la société savante publie Temps de guerre (Saint-Dié-des-Vosges, Société Philomatique Vosgienne, 247 pages) qui rapporte entre autres son journal de 43 jours de guerre à Saint-Dié par la comtesse Bazelaire de Lesseux.

Les années 80 seront fécondes pour l’avancée de cette historiographie. D’abord, le centre départemental de documentation pédagogique des Vosges revient sur La vie des civils dans les Vosges pendant la guerre de 14-18, (Epinal, CDDP des Vosges, 1980, 100 pages), dans une première analyse sociologique, l’une des très rares études sur ce sujet appliquée au département alors. En 1985, Jean-Claude Fombaron présente dans l’ouvrage 1914 à Raon-l'Étape. Récits inédits. (Raon-l’Étape, Kruch éditeur, Les cahiers d’Archipel, n°1, 1985, 32 pages) trois témoignages sur la période du 24 août au 12 septembre 1914, intervalle d'invasion de Raon-l’Étape par les troupes allemandes. A travers les récits de Jean Arnoux, Maria Braconnier et Constant Bourgeois, sont illustrées trois phases de ces temps troublés dans la région : à Raon-l’Étape même, aux Châtelles et à Laneuveville-les-Raon pendant la bataille des frontières.

En 1995, la Société Philomatique récidive dans une deuxième livraison de Temps de guerre (Saint-Dié-des-Vosges, Société Philomatique Vosgienne, 265 pages). Divisé en deux parties, ce bulletin traite des deux conflits mondiaux à Saint-Dié et sa région. La Première Guerre mondiale est évoquée dans les 117 premières pages. Axé principalement sur les témoignages de contemporains combattants ou non combattants, il reporte trois journaux de guerre, dont celui d'une habitante d'Etival-Clairefontaine, Sophie Vic. Refusant l'exode devant l'avancée allemande du 24 août 1914, elle va rester dans son village et s'improviser infirmière, se dépensant sans compter pour les blessés français. Début septembre, les Allemands avancent et Sophie Vic voit son "ambulance de campagne" se remplir d'ennemis qu'il faut soigner également. Au plein cœur des combats, les habitants qui ont choisi de rester ne connaîtront pas les affres de l'exode, du déracinement et de la crainte de tout perdre, mais ils connaissent l'occupation et la menace, les obus et les privations avant la libération du village par les troupes françaises le 12 septembre 1914.

Du 4 au 6 septembre 2008 se tient à Epinal, sous l’égide des Archives départementales, le premier colloque traitant de la Grande Guerre dans les Vosges. Dans un travail préparatoire pionnier, puisque le premier réalisé en France sur une telle aire géographique, un Guide des sources de la Grande Guerre dans le département des Vosges est d’abord publié, permettant d’en faire un état des lieux complet de la littérature, des sources archivistes et de ses monuments aux morts. Dans les actes de ce colloque parus l’année suivante, Philippe Nivet [Spécialiste de l’occupation allemande de la Première Guerre mondiale en France, on lui doit surtout une étude particulièrement documentée de ce paradigme qui renouvèle profondément la synthèse de Georges Gromaire in L'occupation allemande en France, 1914-1918, parue chez Payot en 1925, dans une vision moins martyrologe et donc plus conforme à la réalité des occupations, notamment et surtout dans les Vosges, particulièrement bien traitées et représentées dans cet ouvrage de référence. Nivet, Philippe, La France occupée. 1914-1918. Paris, Armand Colin, 2011, 480 pages], professeur à l’université Picardie-Jules Verne d’Amiens, amorce la première étude caractérisant la zone occupée des Vosges alors que Manon Pignot, maître de conférence à la même université, fait une première analyse du journal intime de la jeune Irma Parmentelot, qui a 19 ans quand la guerre éclate, et qui relate “sa” guerre dans la commune un temps envahie de Celles-sur-Plaine, et qui sera publié 10 ans plus tard [Chave, Isabelle (Dir.), Guide des sources de la Grande Guerre dans le département des Vosges, 2008, 295 pages et La Grande Guerre dans les Vosges. Epinal, Archives Départementales des Vosges, 2009, 348 pages].

En 2010 paraît le regard de Clémence Martin-Froment, premier journal de guerre d’une femme témoignant dans la zone envahie entre le 31 juillet 1914 et le 17 novembre 1918. "L'Ecrivain de Lubine". Journal de guerre d'une femme dans les Vosges occupées (1914-1918). Clémence Martin-Froment, (Moyenmoutier, Edhisto, 365 pages) bénéficie de l’analyse et de la compétence d’un collectif scientifique dirigé par Philippe Nivet et Jean-Claude Fombaron, historiens, et Isabelle Chave, alors directrice des Archives Départementales des Vosges, où les 15 cahiers qui forment le support de cette extraordinaire expérience rapportée sont conservés. Egérie du poids, dans les Vosges occupées, de la guerre et de l’occupation sur les femmes, Clémence subit doublement l’évènement ; les violences multiples d’une occupation qui rend carcérale la vie dans les villages et celles de la libération qui recherche et épure les collaborations inhérentes à toute occupation. Son récit, honnête et précis, en fait l’un des témoignages majeurs de la vie dans les 4,8 % du territoire vosgien restés sous domination allemande pendant la Grande Guerre. Pour éclairer le contexte de ce témoignage est évoqué celui de Bernadette Colin, jeune célibataire de 22 ans, débitante de boissons à Lusse, qui commence à tenir son journal le 26 juillet 1914 et qui le poursuivra jusqu’à sa déportation en Belgique en juillet 1918.

En 2014, si Dominique Michel réalise une étude locale basée sur l’étude d’archives départementales et municipales et sur quelques-uns des témoignages précités [Principalement les écrits d’Elardin, Villemin et Masson publiés par la Société Philomatique Vosgienne in Michel, Dominique, Vosges et Vosgiens dans la tourmente. 1914-1918. La confrontation avec l'ennemi, les rationnements, la survie, les déportations, la vie quotidienne... Haroué, Gérard Louis éditeur, 2014, 317 pages], concourant à une analyse des civils de chaque côté de la ligne de front dans la vallée du Rabodeau, c’est surtout la thèse d’Anne Peroz, Vivre à l’arrière du front, Vosges 1914-1918, (Moyenmoutier, Edhisto, 2015, 445 pages) qui produit l’étude paradigmique la plus profonde sur l’histoire toutes disciplines confondues des civil(e)s vosgiens dans la Grande Guerre. C’est dans ce travail d’analyse fondateur que la place des femmes, actrices et victimes de ce conflit, prend toute la réalité de son ampleur, de sa profondeur et de son universalité.

En 2014 également, poursuivant sa collection sur les femmes vosgiennes sur la ligne de front, Edhisto publie Lusse "entre deux feux", le journal de guerre de Bernadette Colin, débitante de boissons qui témoigne au centre du village-front de Lusse, que les vicissitudes de la guerre de montagne ont placé au bord du terrible champ de bataille de la Cote 607-Schusterberg. Son récit a permis d’illustrer le phénomène, également sous-étudié, des « tirs amis », puisque la quasi-totalité des civils tués dans la commune pendant toute la guerre l’a été par des balles françaises. En 2017, Irma Parmentelot, qui témoigne, comme Bernadette, d’un village-front, permet de mettre en miroir la situation des civils maintenus sur la ligne de feu, mais du « côté français ». Dans "Quatre ans sous les obus", c’est le témoignage d’une adolescente de 19 ans quand se déclenche la Grande Guerre qui illustre cette fois-ci la vie quotidienne sur la ligne de feu, à Celles-sur-Plaine, mais du côté « libre » des tranchées. Celles-sur-Plaine est également sous la menace d’un des champs de bataille les plus violents de la guerre dans les Vosges ; La Chapelotte. La mise en perspective de ces trois femmes vosgiennes dans la Grande Guerre sur le front des Vosges et la diversité de leur témoignage, malgré leur immédiate proximité de zone d’hyper-violence se révèle particulièrement éclairante.

Mais les parcours singuliers de Clémence, Bernadette et Irma sur la ligne de feu ne sauraient être les seuls représentatifs des femmes vosgiennes témoins de 14-18. De statuts radicalement différents, l’industrielle Marie Cuny et l’aristocrate Henriette Mirabaud-Thorens ont, outre un statut social plus élevé, le privilège de mettre les villes vosgiennes d’arrière-front au centre de leur expérience… Marie Favre, dans Reviens vite. La vie quotidienne d'une famille française pendant la guerre de 14. Publié chez l'auteur (imprimerie Jouve), 2012, 556 pages, a édité sa correspondance (voir sa notice complète sur http://www.crid1418.org/temoins/2012/12 ... 1873-1946/. Quant à Henriette Mirabaud-Thorens, aristocrate parisienne d’origine alsacienne mais possédant une villa au bord du lac de Gérardmer, elle a publié chez Emile-Paul Frères successivement Journal d’une civile. Publié par Altiar, en 1917 puis En marge de la guerre, en 1920. Ces deux derniers ouvrages mériteraient amplement une réédition critique tant ils sont, entre autre, représentatifs du statut, géographique et social, d’une ville d’arrière-front vosgienne, celle de Gérardmer.

Le texte intégral de cette analyse, comprenant tous les témoins (donc également masculins) a été publié en préface du livre de Martin, Henri, Le journal d’Henri Martin. 1917. Moussey sous l'occupation allemande, Moyenmoutier, Edhisto, 2014, 131 pages.
par aubrac51
dim. janv. 28, 2018 3:30 pm
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les femmes pendant la Grande Guerre Marie Louise Michel

Bonjour
Un hommage à Marie Louise Michel qui est une héroïne à St Gérand (Morbihan). Elle a comme beaucoup de femmes pendant cette guerre risqué sa vie pour sauver ou soulager des hommes.

la famille de Marie-Louise Michel
Ses parents sont de condition modeste : sa mère est journalière et Marie-Louise est la cinquième du couple qui a huit enfants. Depuis le début de la guerre, sa famille a payé déjà un lourd tribut : ses deux frères sont mobilisés et sa soeur Julienne est infirmière à Pontivy. Son beau-frère, Joseph Chauvel, menuisier à Saint-Gérand, est alors prisonnier en Allemagne. Un second beau-frère, Joachim Gausson, a été tué sur le front. Le mari de Marie-Louise, cocher dans la Région parisienne, est aussi tombé au champ d'honneur.
Infirmière sur le front
Lorsque la guerre éclate, Marie-Louise entre comme cuisinière à l'hôtel de la Martyre, chez M. Launay à Pontivy. Mais au bout de quelques mois, elle décide de partir à Paris pour devenir infirmière. Elle est alors envoyée dans les ambulances du front où elle se signale par son courage et son esprit de sacrifice, malgré les dangers.
Des actions héroïques
Elle est blessée, une première fois, à la main, en Champagne. Elle est décorée de la croix de guerre par le général de Castelnau, qui déclare alors : « Sous un bombardement par avions, Marie-Louise n'hésita pas à se porter, sous le feu, au secours des blessés d'une unité voisine. » Elle part ensuite à Verdun. Elle y restera 150 jours, au plus fort des bombardements allemands. Bien que grièvement blessée par des éclats d'obus à la poitrine, elle refusa de quitter son poste. L'été suivant, à Fleury, toujours au poste le plus dangereux, elle reçoit la Légion d'honneur, avec la citation suivante : « À fait preuve d'un esprit de sacrifice digne des plus grands éloges, en continuant, sous un bombardement intense de l'artillerie ennemie, ses soins à un lieutenant français grièvement atteint ; bien qu'elle ait été blessée à la jambe, elle n'a pas perdu son sang-froid et a toujours continué les soins »
J'ai receuilli ces informations dans le journal de Pontivy et son arrondissement du 8 avril 1917
par aubrac51
dim. janv. 28, 2018 9:34 am
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un hommage à Marie Louise Michel infirmière de St Gérand Morbihan

Bonjour
Permettez que je rendre hommage à travers votre forum à une femme de St Gérand (Morbihan)
la famille de Marie-Louise Michel
Ses parents sont de condition modeste : sa mère est journalière et Marie-Louise est la cinquième du couple qui a huit enfants. Depuis le début de la guerre, sa famille a payé déjà un lourd tribut : ses deux frères sont mobilisés et sa soeur Julienne est infirmière à Pontivy. Son beau-frère, Joseph Chauvel, menuisier à Saint-Gérand, est alors prisonnier en Allemagne. Un second beau-frère, Joachim Gausson, a été tué sur le front. Le mari de Marie-Louise, cocher dans la Région parisienne, est aussi tombé au champ d'honneur.

Infirmière sur le front
Lorsque la guerre éclate, Marie-Louise entre comme cuisinière à l'hôtel de la Martyre, chez M. Launay à Pontivy. Mais au bout de quelques mois, elle décide de partir à Paris pour devenir infirmière. Elle est alors envoyée dans les ambulances du front où elle se signale par son courage et son esprit de sacrifice, malgré les dangers.
Des actions héroïques
Elle est blessée, une première fois, à la main, en Champagne. Elle est décorée de la croix de guerre par le général de Castelnau, qui déclare alors : « Sous un bombardement par avions, Marie-Louise n'hésita pas à se porter, sous le feu, au secours des blessés d'une unité voisine. » Elle part ensuite à Verdun. Elle y restera 150 jours, au plus fort des bombardements allemands. Bien que grièvement blessée par des éclats d'obus à la poitrine, elle refusa de quitter son poste. L'été suivant, à Fleury, toujours au poste le plus dangereux, elle reçoit la Légion d'honneur, avec la citation suivante : « À fait preuve d'un esprit de sacrifice digne des plus grands éloges, en continuant, sous un bombardement intense de l'artillerie ennemie, ses soins à un lieutenant français grièvement atteint ; bien qu'elle ait été blessée à la jambe, elle n'a pas perdu son sang-froid et a toujours continué les soins »
Cordialement
par Skellbraz .
lun. déc. 25, 2017 3:50 am
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Re: les femmes pendant la Grande Guerre (en p 1: accès au sommaire)

Bonsoir à toutes et tous

Daneck intervient régulièrement sur ce Forum, il rédige aussi des articles sur son blog personnel. Il a récemment trouvé une photo de Nelly Martyl (son nom est parfois orthographié "Martil").
On peut noter que le visage de Nelly a bien changé, elle était une toute jeune cantatrice au moment où débute la guerre et elle a suivi une formation à la Croix Rouge pour devenir infirmière (gazée 2 fois). Si elle a chanté pour les poilus, elle n'exercera plus jamais son métier de cantatrice ni pendant, ni après la guerre, elle se mettra définitivement au service de ceux qui souffrent.

* Voici le lien Pages 14/18 pour retrouver nos recherches et discussions respectives sur Nelly ( chap V du sommaire) : http://pages14-18.mesdiscussions.net/pa ... tm#t121350
* Voici le lien pour accéder à l'article que Daneck a eu l'amabilité de me communiquer: http://photos1418.blogspot.fr/2017/12/n ... erdun.html
Cordialement
Brigitte
par air339
ven. déc. 15, 2017 6:34 pm
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Re: les femmes pendant la Grande Guerre (en p 1: accès au sommaire)

Bonjour,


A la liste des médaillées de la Reconnaissance française du 2 avril 1919 s'ajoute ces quelques noms prestigieux, paru dans "Le Gaulois" du 20 septembre 1920 :


Médailles de la Reconnaissance française:

Mme de Talode-Léon-du-Grail, née Pavin de Lafarge, à Viviers (Ardèche) :
« A créé à Viviers un hôpital de vingt lits complètement à ses frais, où elle a donné elle-même ses soins aux blessés et malades pendant plus d'un an.»

Comtesse Camille Terray, née Marie-Mercédès des Michels :
« Infirmière-major bénévole très compétente, a, pendant toute la durée de la guerre, montré le plus grand dévouement et donné le plus bel exemple de courage et de sang-froid en soignant les blessés dans les ambulances du front évacuées sous les obus ou dans les hôpitaux bombardé, comme à Dunkerque, où, en sa présence, ses deux infirmières ont été tuées d'un éclat d'obus, et aussi dans les hôpitaux de maladies contagieuses, fièvres typhoïde, scarlatine. Elle ne s'est arrêtée que pendant un mois pour se faire soigner d'une scarlatine infectieuse contractée dans son service et qui parait avoir occasionné une lésion cardiaque. »

Vicomtesse de Villers du Terrage, née de La Fons des Essarts:
« Infirmière diplômée bénévole, a soigné avec un dévouement absolu les malades et les blessés dans les hôpitaux de la zone des années; s'est dépensée sans compter et a payé d'une grave maladie ses efforts ininterrompus et ses fatigues supportées avec le plus grand courage. »

Mme Emile Thurneyssen, née Roy:
« A, dès le début des hostilités, été administratrice de l'hôpital auxiliaire n°6 puis, de janvier 1415 à janvier 1919, a dirigé et administré la cantine de la gare régulatrice de la Chapelle; a fait preuve dans le poste qui lui avait été confié de qualités d'administratrice éprouvée, auxquelles chacun s'est plu à rendre hommage; d'une activité méritoire, ne ménageant ni son temps ni sa peine, de jour comme de nuit, n'a jamais quitté la gare de la Chapelle, même aux époques où elle a été particulièrement bombardée. S'est dépensée sans compter pour assurer le plus de bien-être, possible aux combattants. »

Baronne de Berckheim, née Pourtalès :
« D'abord infirmière auxiliaire à l'hôpital de Divonne-les-Bains, du début des hostilités à fin janvier 1915, a, depuis cette date jusqu'en avril 1919, comme infirmière-major du poste de secours de la gare Saint-Lazare, organisé et dirigé cette formation avec un zèle et un dévouement dignes des plus grands éloges. Quoique l'état, de sa santé, très ébranlée, paraisse le lui interdire, elle travaille, à l'heure actuelle, à la création d'oeuvres françaises d'hygiène sociale en Alsace. »


http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5 ... pelle.zoom

Nul doute qu'il doit y en avoir bien d'autres.


Bien cordialement,


Régis
par demonts
mar. déc. 12, 2017 9:59 am
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Re: les femmes pendant la Grande Guerre (en p 1: accès au sommaire)

Bonjour,

Un article trouvé dans Ouest-France sur Gabrielle MARCHIS DE LA CHAMBRE morte pour la France

Bonne lecture

Cordialement

François

Une femme parmi ceux tombés pour la France en 14-18

Image

Le 11 novembre 1918 fut signé l'armistice qui devait mettre fin à la Première guerre mondiale au cours de laquelle des millions de personnes ont perdu la vie. Dimanche sera l'occasion d'un hommage à ces Morts pour la France. À Carquefou, plusieurs familles ont été touchées par le deuil, au rang desquelles la famille Marchis de la Chambre qui y perdra Gabrielle, fille de Joseph et de Marie-Sinodie, née Burgerie.

Jean-Étienne Guihard, président du Souvenir Français qui écrit actuellement un ouvrage sur les Morts pour la France de Carquefou dans les conflits du XXe siècle (1) raconte.

Gabrielle naît à Carquefou le 7 août 1872. Elle était l'une des descendantes de Noël-Mathurin Marchis de la Chambre, capitaine des Navires du roi, qui fut maire de Carquefou de 1790 à 1795. Elle épouse le 20 août 1900 l'artiste peintre Joseph Le Pan de Ligny dont elle aura un fils, Joseph-René, né le 12 juin 1902.

Veuve dès 1908, lorsque la guerre mondiale éclate, elle décide avec sa soeur Marthe et sa mère Marie-Sinodie d'ouvrir le château de la Chambre aux blessés de guerre. De septembre 1914 à juin 1916, vingt lits y seront mis à disposition par les trois femmes qui s'occuperont à leurs frais de quelque 90 blessés.

Au décès de sa mère en 1916, Gabrielle s'engage en qualité d'infirmière militaire bénévole et est appelée sur le front. Blessée, elle sera rapatriée à l'hôpital de Nantes où elle mourra d'une embolie le 5 novembre 1917. Décorée de la médaille d'argent des Épidémies, elle repose aujourd'hui dans le tombeau familial des Gauteries aux côtés de son fils, tué en 1926 durant la guerre du Rif.
par demonts
mer. nov. 08, 2017 9:59 am
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Re: les femmes pendant la Grande Guerre (en p 1: accès au sommaire)

Bonjour,
Une vidéo de l'ECPAD :

La main d’œuvre féminine dans les usines de guerre

Août 1914 : épouse et mère, la femme offre son « premier sacrifice » et pleure le départ de l’aimé pour le front (séquence de fiction). 1918 : quatre années de guerre l’ont poussée à se mobiliser dans tous les secteurs. A la ville, elle est manutentionnaire dans les gares, conductrice dans les transports, serveuse ou « ramoneur » ; ouvrière à l’usine, affectée à différents postes, elle ne s’interrompt que pour allaiter son nourrisson à la crèche. A la campagne, elle conduit la charrue au temps des labours ou cueille les olives. Mais femme avant tout, elle apporte au soldat « fraternité et tendresse », colis, message d’amour anonyme glissé dans un casque qu’elle vient de fabriquer, soins aux blessés et aux enfants. Les morts, dont elle fleurit les tombes, restent présents dans son coeur et son image apaise le sommeil du poilu. La France reconnaît son héroïsme et récompense d’une médaille la veuve, l’infirmière ou l’ouvrière blessée lors des bombardements.

http://archives.ecpad.fr/categorie/coll ... gm/page/5/

Bon visionnage.

François
par CD9362
dim. nov. 05, 2017 11:36 am
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Re: les femmes pendant la Grande Guerre (en p 1: accès au sommaire)

Bonjour
Dans la rubrique Service Santé Lupita recherche des informations complémentaire sur sa grand-mère une infirmière Pauline LOUAZIL
infirmière ambulancière UFF, blessée décorée de la croix de guerre avec palme.
http://pages14-18.mesdiscussions.net/pa ... htm#t17276
un des articles de journaux qui lui sont consacrés.
J'ai pensé que cette dame à sa place dans la rubrique de Brigitte qui je suis certaine va aller fouiller partout pour trouver d'autres infos.

Cordialement
AD-Line
par demonts
lun. oct. 16, 2017 7:30 pm
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Re: les femmes pendant la Grande Guerre (en p 1: accès au sommaire)

Bonjour,

En voici une autre, Violette MORRIS, patriote elle participe sur le terrain à la bataille de Verdun. Sa fin, à la seconde guerre mondiale, ne pas glorieuse.

Violette Morris, sportive et collabo.

Violette Morris n'est pas faite pour la vie parisienne bourgeoise que ses origines lui prédestinent. Cette fille d'un baron capitaine de cavalerie rompt son mariage acté en 1913 pour rejoindre le front, par patriotisme et goût de l'action.

Tour à tour infirmière et estafette, elle vit au milieu des champs de bataille les plus meurtiers (Verdun, la Somme) dont elle revient avec un langage fleuri, une affection pour les vêtements masculins et des convictions arrêtées sur la place de la femme dans la société de l'époque. Au terme de la Grande guerre, Violette adopte le look Garçonne et s'adonne à de nombreux sports: football, athlétisme, courses automobiles, équitation, tennis, haltérophilie, boxe.

Baptisée "La Morris", elle accumule les titres pendant de nombreuses années, bien aidée par un physique d'athlète (166 cm pour 68 kg). Pourtant, la jeune femme vit et s'habille comme un homme, vide trois paquets de cigarettes par jour et bouscule les moeurs en se déclarant bisexuelle. Ce style de vie lui coûte sa place aux JO de 1928, les premiers à accueillir des épreuves féminines.

Sa licence lui est retirée pour "atteinte aux bonnes moeurs" et le port de la culotte en rue, tenue contraire à une ordonnance de 1800 qui invite les femmes à se vêtir d'un pantalon. Obligée de cesser toute activité sportive, "La Morris" rate sa reconversion dans le commerce d'accessoires pour automobiles et vélos, échec qu'elle attribue à son propriétaire d'origine juive ce qui contribuera à nourrir son antisémitisme naissant.

"Hyène de la Gestapo"
1936, JO de Berlin. Violette Morris est l'invitée d'honneur du IIIe Reich. Adepte de la pensée nazi, elle est remarquée par les services secrets allemands séduits par ses relations dans le milieu sportif et du tout-Paris. Un an plus tard, elle est enrôlée et confie de nombreux renseignements sur les plans de défense des villes françaises, dont une partie des plans de la ligne Maginot, ou sur les équipements de l'armée.

Sous l'Occupation, son rôle s'intensifie auprès de la Gestapo et des renseignements SS qui lui confient le recrutement d'espions et l'infiltration des premiers réseaux de la résistance. De 1942 à 1944, Violette Morris gagne son nom de "Hyène de la Gestapo" pour sa participation aux séances de torture de l'antenne française de la police politique hitlérienne. Sa réputation alerte les services anglais et françaises qui ordonnent aux services gaullistes de l'abattre.

Le 26 avril 1944, des maquisards l'attendent sur une route de campagne et canardent le véhicule qu'elle occupe avec une famille de collabos notoires. Après avoir réchappé par chance à plusieurs opérations, "La Morris" s'est définitivement tue.


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Bonne lecture.

François.

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